La vie n’est pas tendre et les stress s’accumulent.
Il y a des moments où rien ne va, où rien n’avance comme on le voudrait ... où la moindre démarche devient un casse-tête chinois…
Avez-vous remarqué , dans notre monde où -soit disant- la communication est simplifiée, combien il est difficile, de se faire entendre et d’obtenir des réponses…
Le plus souvent personne en face de soi, il faut « créer son espace » pour envoyer un message, les mails restent sans réponses, le téléphone vous envoie une belle voix d’IA qui vous apprend que pour jouer, il faut taper 1 ou 2 ou 3 (et à la fin de l’annonce, votre cas n’étant pas prévu, vous finissez par taper n’importe quoi...)
Bref, se détendre n’est pas superflu !
PHOTO Xiao long
Il est bon de prendre sur soi et de se ménager une bulle de tranquillité au milieu de ce monde où l’on doit s’agiter beaucoup avant d’obtenir gain de cause.
Pour harmoniser les émotions, on peut, le soir, faire le point sur les contrariétés de la journée passées et tenter de les évacuer pour éviter que toutes ces pensées ne viennent nous empêcher de dormir.
Les techniques sont nombreuses et se fondent le plus souvent sur la respiration.
On peut, par exemple commencer en posant une main sur le ventre et une main sur la poitrine, un geste qui apaise, et écouter sa respiration tranquillement, se concentrant sur le mouvement du ventre qui monte puis redescend, sur le mouvement de la poitrine, qui monte puis redescend.
Respirer calmement, profondément est une aide pour calmer l’esprit.
On peut alors choisir un « problème », le formuler puis l’évacuer en expirant, comme si tout ce qui me pèse se répandait vers l'extérieur avant de disparaître …
Si on préfère s’allonger pour se détendre, on peut imaginer que c’est la terre qui absorbe ces pensées et nous libère.
Il est important de ne pas tout garder « à l'intérieur » et de ne pas laisser les émotions négatives s'empiler gentiment jusqu'à la rupture...
On peut ainsi opérer une sorte de "vidange" , un peu de ménage dans ce bric-à-brac de pensées, et permettre à l'esprit de souffler!
Parfois, il peut être difficile de se relaxer dans l’immobilité.
Alors… on peut être mobile (élémentaire, mon cher Watson!) : entre autres bienfaits le Qi gong et le Tai ji quan nous aide à nous détendre et à vider notre esprit.
Faire un enchaînement en restant concentré sur les mouvements que l’on exécute permet à notre esprit de sortir de la boucle des idées négatives.
Nous remplaçons ces idées, pesantes, par un mouvement bienfaisant qui demande à notre esprit de se fixer sur ce que nous faisons à cet instant.
Coordonner le souffle, le corps et l’esprit est véritablement libérateur. Ces pratiques lentes, fluides, douces, nous offrent des « bulles », des instants suspendus, où rien ne peut nous atteindre.
« Le corps parcours l’espace et l’esprit se libère » dit un proverbe chinois...
Prendre un moment pour soi est simple...😯 Il suffit... de le faire... 😉
On parle beaucoup de qì 氣 : mais qu'est ce que c'est?
Le symbole Qi氣 représente dans sa partie haute la vapeur s'échappant d'une céréale en train de cuire (partie basse). Il y a donc une dynamique, une transformation, le Qi est en mutation constante, se concentre, se dissout, circule...
Concept de base de la culture chinoise, le Qi (prononcer "tchi") précède la scission binaire du Yin et du Yang. Il est traduit le plus souvent par "l'énergie" ou "les souffles" en médecine traditionnelle chinoise (MTC).
Si l'on parle d'énergie invisible, impalpable, non mesurable... il est tentant de dire pour un occidental que tout ça n'existe pas ou que c'est du vent (!) et que l'on n'y "croit" pas, comme s'il s'agissait d'une religion…
Pour les chinois cette idée fait partie de leur conception du monde alors que les explications proposées en occident ne sont pas loin de dériver parfois vers l'ésotérisme.
Attention, on s'accroche, on va essayer de faire clair...
Cette idée d'énergie vitale n'est pas facile à appréhender pour les occidentaux rationnels que nous sommes. Pourtant l'idée se rapproche du "pneuma" grec, le souffle de vie ou du "spiritus" latin (de spirare=souffler) ou encore du "prana" indien...
Le Qi 氣 est partout, il anime toute forme de vie, il y a le Qi du ciel (Tian Qi), le Qi de la terre (Di Qi), chaque homme, animal, plante, minéral, est animé de Qi. Ainsi l'homme est un axe entre ciel et terre. Il reçoit le Qi du ciel et celui de la terre.
A l'intérieur du corps humain, le Qi circule dans les méridiens.
Le but de l'acupuncture, des massages, du Qi Gong et du Tai Ji Quan est maintenir l'équilibre et la bonne circulation du Qi dans le corps, car pour la MTC, lorsque le Qi se bloque, une maladie surgit.
La détente, les mouvements lents du Tai ji Quan ou le jeu des contractions, décontractions du Qi Gong permettent d'harmoniser la circulation du Qi.
Voilà une brève (et donc incomplète) explication de que l’on entend par Qi.
Vous entendez aussi souvent parler du Dantian. 丹田 « champ de cinabre ». On vous dit par exemple « posez les mains sur le Dantian »… Il est question alors le plus souvent du Dantian inférieur (et oui, du coup, cela signifie qu’il y en a d’autres… mais, pas tout à la fois!).
Pour certains il est défini comme l’emplacement du point « Mer du Qi », pour d’autres on le définit comme une zone assez étendue qui occupe l’espace entre la « mer du Qi » qì hǎi
et la « porte de la Vie » míngmén . Toujours est-il que c’est là un centre énergétique important. C’est un peu notre moteur, que nous nous devons d’alimenter pour que la machine tourne.
Bien sûr, on pourrait aller plus loin et plus précisément et si ces questions vous intéressent, je vous y engage. Ce n’est pas la documentation qui manque. Xiao Long espère juste que les choses sont un peu plus claires. Comprendre cette vision et cette démarche est important pour profiter au mieux des bénéfices de la pratique.
En début et en fin de cours, nous nous saluons . 🖐
Oui, mais pas n’importe comment… Nous utilisons BÀO QUÁN LǏ. Voilà qui mérite quelques éclaircissements...
Mais qu’est ce que ça veut dire ?
BÀO (抱) signifie « tenir », « cacher », "envelopper." QUÁN (拳) , on le connaît bien, signifie "poing".
Enfin, LǏ (礼) Signifie "salut" .
Nous sommes donc debout, pieds joints et bien droits, dignes pour effectuer notre salut.
Une main forme donc le poing, la main droite. Elle représente, la force, la bravoure. C’est le côté martial.
La main gauche est ouverte. Elle représente la raison, l’intelligence, la culture.
Ainsi la force est contrôlée par l’esprit, la connaissance.
Ce salut exprime le respect, celui des élèves vis à vis du professeur, celui du professeur vis à vis de ses élèves. Il exprime également le respect de la discipline et du lieu de pratique.
La main ouverte est plus yin, la main fermée plus yang. Ce salut crée donc un équilibre yin yang inévitable. Il semble qu’autrefois les hommes saluaient poing droit dans la paume gauche ouverte, tandis que les femmes faisaient l'inverse. Mais il n’y a plus de différence aujourd’hui.
Et qu’est ce qu’on raconte en chinois dans nos cours pour saluer et accompagner le geste ?
Au début du cours le professeur salue les élèves :
tóng xué men hǎo! (Bonjour les élèves)
( ce qui donne quelque chose comme « Tong chué mèn rhao »!)
Les élèves répondent:
lăo shī hǎo! (Bonjour professeur)
(Lao cheu rhao !)
A la fin du cours, le professeur dit :
tóng xué men zài jiàn! (Au revoir les élèves)
(Tong chué men tzaï tièn !)
Les élèves répondent :
lăo shī zài jiàn! (au revoir professeur)
(Lao cheu tzaï tièn !)
NB :
Dans le terme lăo shī , 老师 on trouve lăo "老" qui signifie vieux, ancien… Celui qui enseigne n’est pas forcément « vieux » pourtant !.
Ce terme est utilisé lorsqu’on s’adresse à quelqu’un pour exprimer le respect. Sans doute celui qui a de l’expérience et des connaissances mérite-t-il ce "老" , signe d’estime.
Désormais notre salut n’a plus de secret pour vous !
Les arts martiaux sont une bien ancienne « invention »…
à croire que depuis la nuit des temps, la tentation est grande de taper sur son voisin ...
( « Je te dis qu’il est frais mon poisson ! »
« Naaan, il est pas frais ton poisson !!! » etc.)
On parle le plus souvent de techniques d’auto-défense, mais… si l’on doit se défendre, c’est peut-être bien parce qu’on a été attaqué… Bref, quelle que soit l’époque, quelle que soit la situation géographique, les arts martiaux sont présents.
Pour éviter une baston générale😡, il fallait donc canaliser cette force brute et en parallèle à ces diverses techniques de combat sont nés des codes, code d’honneur, code moral, vertus martiales… quels que soient leurs noms: il fallait des règles.
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La plus ancienne tradition martiale remonterait à 3 000 ans avant notre ère. Le kalaripayat est apparu en Inde, dans la province du Kerala. On le considère souvent comme l'ancêtre commun des arts martiaux d'Asie. Les mouvements s’inspirent des comportements animaux et les enchaînements se combinent à des exercices respiratoires ainsi qu'à une parfaite connaissance des points vitaux.
D'après la légende, c'est le moine Bodhidharma qui a fondé la première école de kalaripayat au Sud de l'Inde, avant de prendre la direction de la Chine… où découvrant à Shaolin des moines affaiblis par leur pratique de l’ascèse, il développa une discipline associant corps et esprit, méditation et techniques guerrières, entraînements énergétiques et exercices pour préserver la santé.
De là serait né donc le Kung fu, mettant en avant la persévérance dans l'effort sur chemin de la perfection.
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Dans nos disciplines, il est question de Wǔdé.
Avez-vous déjà entendu parler de Wǔdé ? Non ? Alors, il est temps de se pencher sur ce principe.
Le mot Wǔdé existe depuis quelques 3000 ans dit-on et dans les communautés anciennes, les dirigeants ne pouvaient être choisis que s’ils possédaient cette qualité.
"Wu" (武) signifie martial , militaire, arme, c’est le caractère que l’on trouve dans wǔ shù (arts martiaux) ; "De" (德) signifie vertu, moralité, coeur, bienveillance. Le plus souvent, on le traduit par « vertus martiales ».
Il n’est pas sans intérêt de souligner qu’elles sont fondamentales, même si à l’heure actuelle, on les évoque toujours – verbalement- on peut bien voir qu’en réalité, elles sont reléguées à l’arrière plan !
Ces règles nous viennent du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme et mettent au premier plan le respect, la bienveillance, la loyauté. Bien sûr avec le temps, les choses évoluent et peu à peu ces valeurs traditionnelles nous paraissent désuètes et il a fallu adapter le discours au monde moderne et à la diffusion des arts martiaux à travers le monde.
Ces qualités/vertus initiales et chevaleresques sont au nombre de six :
1, rén : bonté et bienveillance
C’est la plus élevée. Avoir un grand cœur et être bienveillant vis à vis de chacun. Les parents sont bienveillants, les enfants également, les amis entre eux, le professeur est bienveillant , l’élève également.
2 – yì = ordre
Il s'agit ici d’accepter la place qui nous revient dans une communauté. Professeur, élève, parents – enfants... C'est le respect implicite des règles de préséance tenant compte de la hiérarchie. Nous devons rester humbles, reconnaître nos limites et nos progrès.
3 – Li = politesse
Se comporter dignement, rester courtois, avoir une tenue correcte, cela est indispensable pour établir des rapports humains harmonieux, et encore plus dans le milieu des arts martiaux où la rigueur est de mise et où les règles sont strictes. Dans le milieu traditionnel des arts martiaux il est dit qu'avant la technique il faut d'abord connaître la politesse.(Ce qui peut éviter d’en venir aux mains??) Au quotidien, tous les pratiquants doivent adopter un comportement à la fois naturel, poli et correct.
4 – zhì = sagesse
A tout moment, il faut rester maître de soi, savoir discerner le bon du mauvais, le vrai du faux et décider de la bonne conduite à tenir. On l’avouera, ce n’est pas simple...
5 - zhōng xīn = honnêteté et loyauté.
La parole donnée doit être respectée jusqu'au bout même si cela est difficile, risqué. D'une personne sans loyauté, on ne peut attendre ni générosité, ni grandeur d'âme.
6 – yǒng qì = courage(s)
Le grand courage protège, vient en aide au plus faible, combat la violence, lutte pour défendre une cause juste et cela en toute circonstance. Il en va de même du "petit courage" mais celui-ci s'applique plutôt dans les cas personnels ou particuliers, l'amitié, par exemple.
On retrouve ce même code (bushido) au Japon, les même valeurs y apparaissent :
Les samouraïs respectent 7 valeurs incontournables : Gi : 義 lesens du devoir – Yu : 勇 le courage – Jin : 仁 la bienveillance, la grandeur d’âme" – Rei :礼la politesse , l’étiquette , le respect – Makoto :誠)la sincérité, l’honnêteté – Meiyo : 名誉 l’honneur et enfin Chugi : 忠義la loyauté.
Même si ces valeurs semblent appartenir à un lointain passé, les arts martiaux devraient les mettre en avant et les pratiquants s’en inspirer et ne pas les glisser si souvent sous le tapis- tatami ?.
L’idée de base était de poser un idéal clair. Selon cette philosophie, le pratiquant travaille sérieusement et assidûment, il donne une image honorable de la personne, de la discipline, il respecte les professeurs, les partenaires, les adversaires, il sait partager avec les autres, communiquer. Il respecte les règles et reste serein sans dénigrer les autres (ou piquer une grosse colère quand l’arbitre le sanctionne par exemple.)
Mais...
Le milieu ses arts martiaux -chinois ou japonais- n’est pas si glamour… et les batailles d’ego sont bien présentes , on se croirait parfois dans une cour d’école… (C’est moi le plus fort, d’abord ! Na!).
Il serait souhaitable que ce code moral soit dépoussiéré et remis en vigueur car les arts martiaux pourraient être une belle école de vie.
Il est vrai que l’aspect compétitif, souvent développé à outrance dans certaines disciplines , surtout pour les enfants- encourage les dérives (« Vas-y, mors z’y l’oeil » dit le coach à son protégé !).
Dès qu’il y a un enjeu, il est plus difficile de rester « cool » ! (Ah, si mon « adversaire » pouvait se prendre les pieds dans ses lacets!🏆)
Pourtant ces disciplines pourraient trouver une place de choix dans les activités des jeunes en particulier (mais pas que...) en remettant à l’ordre du jour la notion de travail, d’apprentissage progressif et sur le long terme et non pas la victoire rapide et à tout prix et en soulignant la valeur du respect- de soi et des autres.
Trop de personnes à l’heure actuelle font du zapping ; si je ne réussis pas tout, tout de suite avec un minimum d’effort, je passe à autre chose. C’est une façon de faire où il ne peut y avoir d’acquisitions réelles, solides.
On retrouve le même phénomène en domaine scolaire. Pourtant se construire , c’est avancer pas à pas, découvrir, persévérer, accepter les échecs, les conseils, surmonter les difficultés, progresser.
🧘
« Le contact avec l'autre et le désir de comprendre ses valeurs entraînent seuls un respect sincère. Il faut apprendre à nous apprécier, à nous admirer les uns les autres ».
Si vous souhaitez pratiquer tout seul chez vous, n’oubliez pas de vous échauffer un peu avant votre pratique, surtout si vous choisissez de vous lancer le matin ( à 5h bien sûr ! Ou peut-être au lever du soleil- comme nous allons à petits pas vers l’hiver, vous n’aurez pas besoin de tomber du lit!).
Pourquoi « s’échauffer » avant de faire un peu de Qi Gong ou du Tai ji quan me direz-vous ? Vous pensez peut-être que ce n’est guère utile :Les enchaînements sont lents, les mouvements ne paraissent pas très exigeants… Oui, mais…. prévenir le corps qu’on va lui demander un effort n’est jamais superflu !
D’abord l’échauffement est une manière de rentrer doucement dans la pratique, mentalement nous passons du quotidien à la pratique, c’est une sorte de sas entre la vie de tout les jours et le moment que l’on s’accorde : la respiration se calme, l’esprit se pose, le corps se détend ... et donc le sang et le Qi peuvent circuler plus facilement.
Et bien sûr, physiquement, on prépare le corps à bouger sereinement et on peut ainsi éviter les mauvaises surprises. Muscles et tendons se mettent en action, s’étirent… 5 à 10 minutes suffisent pour se mettre en route.
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Que l’on soit chez soi ou en cours avec un groupe, tout commence par un salut. Ce salut symbolique nous centre déjà : en qi gong, nous connaissons plusieurs formes de salut, les deux mains sur le Dantien ou main droite doigts dirigé vers le ciel, placée comme un axe vertical entre ciel et terre, paume ouverte, pacifique ( !) et main gauche est posée sur le Dan Tian, zone « centrale », axe horizontal « ceinture », centre énergétique par excellence (notre chaudron !), centre de gravité. En Tai ji quan, salut classique BÀO QUÁN LǏ (抱拳礼). Le geste est réalisé avec la main gauche ouverte, symbolisant la connaissance, et la main droite formant un poing, représentant la martialité. On peut y voir le contrôle de la force par l’esprit… Les interprétations ne manquent pas ! Ce salut fait partie du rituel et même si l’on est seul, il a sa signification.
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Dans cette proposition d’échauffement de base, nous allons d’abord favoriser la circulation de sang et du qi dans tous le corps : frotter les mains, les poignets, le plexus, puis frotter en diagonale du plexus vers l’épaule, masser la nuque. Puis en tapotant nous allons suivre les méridiens yin en descendant par l’intérieur du bras (Poumon, Cœur, Maître Cœur) puis yang en remontant sur l’extérieur du bras (Gros Intestin/Triple Réchauffeur/Intestin Grêle).
Ensuite nous allons masser le dos d’abord de chaque côté de la colonne, verticalement et ensuite horizontalement. Nous tapotons à nouveau en descendant sur les jambes à l’arrière (Vessie) et faire vibrer les côtés (Vésicule Biliaire / Estomac) suivant les méridiens de nouveau jusqu’aux chevilles avant de tapoter les pieds et remonter par l’intérieur (Rein/Rate/Foie).
Rappel : les articulations sont des zones de blocage énergétique, on peut donc insister sur les poignets, les coudes, les épaules, les chevilles, les genoux, les aines…)
Ensuite choisissez quelques étirements , axe, bras, jambes, ceux qui vous vont bien -et vous font du bien- toujours calmement et sans excès : c’est une préparation ; Et enfin, placez votre esprit, centrez vous mentalement et physiquement. Respirez tranquille et… quand vous vous sentez prêt… « Action » !
Et … prenez aussi quelques minutes après votre séance: petit salut et pose mentale avant de repartir d’un bon pied vers de nouvelles aventures !
Il faut dépoussiérer cette image d’Épinal qui présente le Tai ji quan comme une activité qui s’adresse uniquement aux « plus tout jeunes »…
Si vous êtes pratiquants, n’hésitez pas à promouvoir cette fabuleuse discipline auprès des jeunes : enfants, ados, étudiants, jeunes actifs stressés… tous y trouveraient un grand bénéfice.
Les enfants :
La majorité des enfants vivent une vie intense, agitée et bruyante. Ils se lèvent tôt, souvent ils mangent dehors à midi et ne rentrent qu’en fin de journée à la maison. C’est un rythme d’adulte plus que d’enfant.
Ils sont dans le bruit en permanence, dans les couloirs, les classes, la cours de récré, la cantine, à tel point d’ailleurs que certains ne savent plus parler qu’en forçant la voix pour se faire entendre. Pas cool !😧
Et souvent, dès qu’ils sortent de l’école, ils doivent (encore) se dépêcher pour aller se changer pour participer à une activité rarement reposante. Bref, on leur apprend à être hyperactifs.
Ne serait-il pas profitable pour un enfant de se poser un peu, de souffler et de s’adonner à une activité plus « calme » ? Le Tai ji quan fait travailler la coordination, la mémorisation, la concentration . Cet apprentissage serait intéressant pour les enfants, qui certes , ont besoin de bouger et de se dépenser… mais pas que !
D’autant plus qu’ils pourraient s’initier après quelques temps aux pratiques avec éventail ou épée par exemple qui apporteraient un aspect plus ludique.
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Les ados :
Eux aussi ont une vie bien remplie, entre les cours qui occupent la journée, les réseaux sociaux, le net, les jeux vidéos et j’en passe. Le plus souvent tout se fait en même temps , on écoute de la musique en tapant ses messages, tout en faisant ses devoirs et en regardant du coin de l’œil le film dont tout le monde parle !
Des activités en parallèle qui entraînent de la fatigue et souvent une posture pas franchement géniale : tête vers le bas, dos arrondi, pouces en action;). Une posture statique, de fermeture plus que d’ouverture sur le monde…
Le Tai ji quan pourrait sûrement convenir à plus d’un, si on arrêtait de le considérer comme un « sport de vieux » ! Car, n’en déplaise à certains c’est un sport !! Il n’est pas nécessaire de s’agiter de tous les côtés et de finir rouge comme une tomate pour faire du sport. Tout le corps bouge, tous les muscles travaillent. On y apprend une bonne posture, verticale, ouverte, on apprend à respirer, à lâcher son esprit, à travailler en binôme en tui shou,ou même en groupe et pour ceux que la compétition attire, rappelons que cela existe aussi en Tai ji quan.
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Étudiants et actifs , même combat : le stress…
Là encore les préjugés ont la vie dure. On a l’impression que pour soulager le stress, il faut se défouler, ce n’est pas faux. Une bonne marche, un bon jogging, un bon cours de fitness/karaté/tennis… ou match de foot, basket, volley et d’autres… déstressent dans la mesure où l’énergie négative que nous avons retenue toute la journée, sort enfin et là, méga apport de dopamine , on est content, on a complètement lâché la pression… pour un moment et on la retrouve au sortir de ces activités.
Car pour évacuer durablement le stress, nous avons besoin de réapprendre certaines choses : nous recentrer, nous retrouver, reprendre conscience de ce que nous sommes, de notre valeur, nous devons apprendre à créer une distance entre nous et les désagréments/ contrariétés du quotidien. Et là encore le Tai ji quan est une excellente école.
Il y aurait beaucoup à dire sur ces sujets que Xiao Long ne fait qu’effleurer, car il est grand temps que le Tai ji quan soit apprécié pour ce qu’il est vraiment. Une façon de concevoir la vie autrement que comme une course effrénée vers on ne sait quoi ( enfin, si on sait! Ça finit toujours pareil… ) , une façon de concevoir le sport autrement que comme une hyperactivité physique...
Les beaux jours deviennent plus rares et il est plus difficile de pratiquer dehors, même si cela peut-être très agréable. Si nous en avions le courage, sans doute le ferions-nous plus souvent. Il suffit d’éviter les conditions climatiques trop désagréables, le trop froid, comme le trop chaud, le trop venté… bref le trop ! Et de se vêtir en conséquence. On évite de frimer en tee shirt par -10° !
Pratiquer à l’extérieur est une sensation très intéressante , le ressenti est alors plus important que la pure technique. Les pelouses à trou-trous ou le sable humide ne permettent pas les équilibres parfaits, mais nous pouvons travailler différemment : sentir le sol, ou même l’herbe si on adopte le pied nu ! Ou le sable ! … On sent comment notre pied s’ancre, comment tout le corps participe à cet équilibre et il est très plaisant d’être en contact direct avec cette nature dont nous nous inspirons.
PHOTO Xiao Long
Nous pouvons aussi respirer bien plus à l’aise en extérieur (éviter les chemins de terre sous les autoroutes !), et le plus souvent, on se rend compte que la pratique est autre, que l’on est plus lent ou au contraire plus rapide sur les positions d’équilibre qui sont moins tenues, ou que l’on est plus posé, car il faut bien assurer ses appuis avant de se déplacer, et souvent plus concentré.
Petit Dragon aime pratiquer en extérieur et redécouvrir les taolu dans un cadre apaisant et relaxant, sans murs, sans plafond. C’est comme si les mouvements pouvaient s’agrandir encore et remplir l’espace, les pieds dans le sol, la tête dans le ciel…🌄
Il ne faut pas hésiter à faire son petit qi gong ou son tai ji quan dehors en oubliant les regards de ceux qui peut-être passeront par-là à un moment donné. Tout est possible : votre jardin, la plage, la forêt, un grand parc près de chez vous...
Après tout, il est tout aussi intelligent de pratiquer nos disciplines dehors que de faire son jogging, d’aller à vélo, ou de parler tout seul dans les rues (euh, non, désolée, de parler au téléphone,,,) et de faire participer tout le monde à ses conversations…
Alors, avant que nous retrouvions nos intérieurs et salles de pratique, plus d’hésitation ! Hop ! On va dans la prairie/forêt la plus proche ou sur la plage !!! Et on RESPIRE !
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PRATIQUER au QUOTIDIEN
Car nous pouvons chaque jour (ou presque) faire une pause « pratique » : On peut, si on en a le temps et si l'on est motivé, se ménager une "Pause Tai ji quan" ou Qi gong dans la journée. Mais on peut aussi tout simplement appliquer les principes que l’on a appris dans notre pratique aux activités les plus courantes:
Sentir la tension et l'éliminer: Vous lisez depuis un bon moment, vous tapez à l'ordinateur, vous coincez votre téléphone entre épaule et oreille pour pouvoir continuer à agir pendant que l'on vous tient la jambe à l'appareil...(tout le monde n’est pas adepte du Bluetooth,,, Tension! Détendez vos épaules, vérifiez si vos accoudoirs ne sont pas trop hauts, si votre PC est ien placé, ou faites un choix: bricoler ou téléphoner? Nous avons tellement tendance à faire plusieurs choses à la fois,,,
Économiser ses forces: Vous poussez une porte trop lourde, vous passez l'aspirateur, vous repassez, vous avez à soulevez un gros carton, vous avez à faire avec un bocal récalcitrant? Au lieu de vous échinez à la force de vos bras, de vos mains, concentrez vous sur ... votre centre, utilisez l'ensemble de votre corps, lâchez vos genoux, placez vous correctement, comme on le fait dans notre pratique, ainsi vous n'utiliserez qu'un minimum de force pour un maximum d'efficacité! Si, si, ça marche...
Utiliser les moments "perdus" pour gagner en stabilité: Attendre le bus, faire la queue au supermarché, à la poste, voilà des instants qui ne passionnent personne! Alors travaillez votre stabilité, votre ancrage au sol, vous pouvez faire un petit exercice de Qi Gong (connexion à la terre) sans bouger, personne ne le remarquera! Jouez avec vos appuis au sol, passez votre poids, à droite, à gauche, respirez (inspir = je suis sur un pied, expir = je repose le pied), ou poids sur l'avant du pied, sur l'arrière... Pensez verticalité, axe du corps... Il y a de quoi faire passer le temps! Et c'est quand même mieux que de ronger son frein en attendant que le bus passe, que le client devant vous trouve sa monnaie ou retrouve sa carte à la caisse, ou encore que l'employée revienne à son bureau.
Nos disciplines sont très riches d’enseignements et il serait dommage de ne pas profiter des bienfaits de notre apprentissage au quotidien, c’est simple et ça ne coûte rien,,, Il faut juste y penser...
Dans la pratique du Tai Ji Quan, il est important d'avoir une posture correcte. Nous allons vérifier si tout est "aux normes",du haut en bas...
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La tête se tient droite et stable, le menton légèrement rentré, comme si la tête était tenue par un fil venu du ciel (ou comme une miss France qui porte un livre sur sa tête?). L’esprit est présent, clair, le cerveau fonctionne, l’œil vivant.
La nuque est droite mais relâchée, on tire un peu sur le fil accroché à Baihui, on ne se crispe pas, on ne fait que gommer la lordose cervicale. Les yeux regardent à l’horizontale, naturellement …
La langue est posée sur le palais, le contact produit de la salive qui est la quintessence des liquides du corps, précieuse, (Jing Ye). Elle nourrit le corps (contrairement à la transpiration, qu’il faut évacuer (Han) pour éliminer les toxines).
Les 2 épaules sont relâchées, baissées, souples, elles retombent, naturelles, légèrement orientées vers l’intérieur, (pas au "garde à vous" !) pour que l’énergie passe les articulations sans blocage, il n'y a alors pas de tension, ni dans la poitrine, ni dans le dos. Tout est équilibré et disponible. On ne ressent aucune fatigue.
Les 2 bras sont légèrement arrondis, remplis, « peng », les coudes ne touchent pas le corps, l’espace entre les 2 fait passer l’énergie et donne de la présence. C’est un peu comme si je défendais "mon" espace...
Les coudes sont relâchés, suspendus, l’articulation n’est pas visible, il n'y a pas d'angles. (Allez y, on essaie, tout de suite!)
Les mains sont naturelles, en « prise de tête » , mais non, cela ne veut pas dire que le Tai Ji Quan est une "prise de tête", cela signifie que les mains sont naturelles, comme si on venait de les poser sur son crâne. Ainsi l’énergie peut atteindre le bout des doigts. Si les mains poussent, le poignet se casse, l’esprit va en bas de la paume qui pousse ou frappe. Les doigts restent naturels.
Le buste est vertical, ainsi l’équilibre est bon pour aller où l’on veut, quand on veut. La position centrale est stratégiquement la meilleure pour pouvoir dégager de n’importe quel côté sans être déséquilibré. Cependant, selon le mouvement, il faut bien respecter le "plein" et le "vide", le yin et le yang, tout en conservant le corps vertical.
La poitrine est légèrement rentrée, pas bombée (du genre: "c'est moi le plus beau!"), pour que le Qi aille dans le dan tian, sinon le Qi monte et le haut du corps est lourd alors que le bas du corps est léger et sans racine.
🌲Le dos est droit, on se tient "comme un sapin (de Noël?)", pour que le Qi puisse remplir le dos et rayonne vers les côtes : le Qi se diffuse à partir de la colonne vers les mains, les pieds.
L’articulation de la hanche sont relâchées, on est souple et disponible. Toutes les forces passent par là sur le chemin de la terre vers le ciel.
Les fesses ne sont pas sorties ! Le bassin légèrement basculé, (on gomme la lordose lombaire), s’il y a cambrure, il y a perte d’énergie, rupture du circuit énergétique.
Les jambes sont présence et stabilité, le Qi et le sang y circulent librement, la force part du talon, remonte par les articulations vers le haut.
Les genoux sont droits, jamais décalés par rapport aux orteils, sinon vos articulations ne vont pas apprécier!
Les pieds "accrochent" le sol, ils sont notre ancrage; ce sont les racines de l’arbre (que nous sommes). Ancrage est un mot clé. Notre équilibre en dépend!
🙄Vous me direz: "Si je dois vérifier tout ça avant de me lancer, je ne vais jamais démarrer!», mais en réalité le plus souvent le corps se cale tout seul, il n'y a qu'à être attentif à certains paramètres. Tout va ensemble, le corps est une entité.
Si la posture est naturelle, confortable, alors elle est correcte. Si elle convient à notre morphologie, c’est la bonne.
La base : c’est l'axe Terre/Ciel: Racines / Bai Hui.
Les formes codifiées ont certainement pour but dans un premier temps de faire apprendre des techniques de base. Cela pourrait expliquer pourquoi les formes courtes, pédagogiques, sont apparues.
Ces formes sont également garantes d’une certaine fidélité aux principes de départ, pour éviter que trop des distorsions n’apparaissent au fil du temps. Il est difficile pour un occidental d’aborder d’emblée une forme longue d’une centaine de mouvements. Cela demande une patience, une persévérance, un travail profond et au long cours qui ne correspond pas forcément à ce que la majorité des pratiquants recherchent dans une activité de loisir.
Ce terme de loisir est important : il ne faut pas oublier que le Tai ji quan est une activité de loisir pour beaucoup, une façon de se détendre, de couper les ponts un moment avec le quotidien. Grâce à des formes courtes, on peut apprendre à maîtriser quelques techniques de base et avoir cette impression que nous aimons bien, à savoir que nous possédons quelque chose de fini. (Rien à voir avec les reportages qui montrent des enfants qui se lèvent avec le soleil, pratiquent avant même le petit déjeuner et vont passer leur temps à étudier et s’entraîner et dont le futur métier tournera évidemment autour des arts martiaux…)
Quel que soit le nombre de mouvements à exécuter, on peut se demander comment les exécuter. Car c’est bien là la difficulté !
Si l’on pratique dans une optique de détente, de santé, la tentation sera forte de réaliser les mouvements doucement, tranquillement, sans force… et du coup sans contenu réel. On se laisse porter, on respire, on est sur son petit nuage… on est peut être fluide, mais l’ensemble manque un peu de contenu…
Xiao Long vous rappelle à ce propos qu’être fluide et souple ce n’est pas être tout mou et que rester circulaire ne signifie pas agiter les bras en rond pour brasser de l’air … Il faut tout de même que votre forme ait une … forme !
À l’opposé, il y a des tenants de la martialité. Il est vrai à que chaque technique correspond à des applications martiales, cependant si l’on avait voulu que l’application soit totalement visible dans la forme, le critère de fluidité n’aurait pas été un des critères fondamentaux pour la pratique du Tai ji quan !
Xiao Long rappelle à ceux qui aiment que ça « bouge », que le kung-fu existe. Il ne faut pas oublier que les formes s’appellent formes CODIFIEES : la technique est un code c’est-à-dire qu’il ne faut pas forcément la prendre au pied de la lettre. Elle suggère, elle ouvre des perspectives, elle peut être interprétée, et c’est bien là que réside la richesse de la pratique.
Si l’on reste trop près d’une pratique martiale, on va raidir, on va figer, on va simplifier le geste et présenter une finition brutale. Très souvent aussi le mouvement se raccourcit, devient plus compact et les cercles se perdent. Petit Dragon rappelle qu’une des caractéristiques fondamentales de l’école Yang guiding est l’amplitude du geste et la finition « élastique » de chaque mouvement (et non pas « vlan, et un coup sur le nez »).
Bien, alors, ce n’est pas tout ça… Il doit bien–avoir une voie du milieu entre mollesse et dureté. Eh bien, oui !
La martialité est dans l’intention, l’intention est dans la précision du geste, dans la respiration, dans le regard ainsi que dans la mobilisation totale du corps à la fois fort et compact mais aussi souple est délié. La martialité s’exprime par l’alternance du relâché et du tendu qui donne vie aux mouvements - et non pas par la vitesse d’exécution.
Bien sûr, le Tai ji quan ne se résume pas aux formes codifiées et donc il est important de travailler avec un partenaire sur des applications martiales réalistes. Cependant, il faut faire la différence entre échange avec un partenaire et réalisation d’une forme. Les échanges avec un partenaire enrichissent les mouvements de la forme par ce qu’il y a un vécu derrière, mais il faut savoir doser l’expression de l’externe dans ces formes internes où l’invisible prend le pas sur le visible…
Bon, Xiao Long va s’arrêter là parce qu’il commence à dire des trucs bizarres sur le visible, l’invisible, l’interne et il ne faut pas l’oublier, l’énergétique, toujours présent dans nos pratiques.
Si, encore une petite chose : à propos de voie du milieu, ne travailler que la forme vous laissera sur votre faim, car la compréhension profonde des mouvements nécessite un travail avec partenaire. Privilégier le travail avec partenaire et délaisser la pratique individuelle vous privera aussi de sensations fines. Il faut arriver à équilibrer les deux pour que réaliser une forme traduise à la fois la solidité et la légèreté.
Pour une fois, c’est un proverbe de chez nous qui va faire l’ouverture :
« Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage ».
Voilà qui colle particulièrement bien à nos disciplines ! Lafontaine aurait pu être un bon pratiquant !?
Patience :
Lorsqu’on commence à pratiquer, on ne se doute pas forcément que notre patience va être testée à tout moment. Si on se lance dans ces pratiques avec l’idée que du jour au lendemain, tous nos mouvements seront harmonieux et fluides… alors on est loin du compte…
Si on croit que nous allons en retirer des bénéfices immédiats, alors la déception nous guette…
Tai Ji Quan et Qi Gong sont une belle école de patience et de persévérance. Petits Dragons speed s’abstenir…
PHOTO Xiao Long
On parle de Gong Fu : Ce terme, 功夫 (pinyin gōng fu) a été introduit en Europe dans les années 1970 pour désigner les films chinois d'arts martiaux, du coup, pour nous le Gong Fu, c’est l’expression « externe » des arts martiaux chinois, c’est Bruce Lee dans toute sa Fureur du Dragon ! … et on a perdu de vue sa signification première…
En chinois moderne il peut signifier soit une période de temps ( 五天的工夫 , 5 jours) ou un effort, un travail (花了好大工夫) , mais aussi le talent, l’art, l’habileté dans un domaine précis (这画工夫真到家 : cette peinture fait preuve d'une maîtrise exceptionnelle).
PHOTO Xiao Long
« Gong » désigne d'abord le « travail », puis la « maîtrise », le « perfectionnement » ou la « possession d'un métier ». Ce terme est proche du mot « artisan » comme on l’entendait en Europe au XIXe siècle : un homme de métier qui, par un apprentissage auprès d'un maître, acquérait connaissances, techniques et savoir-faire.
« Fu » désigne étymologiquement l'homme accompli puis le maître…
Il faut donc s’engager sur le chemin armé de patience qui finalement ne vous coûtera pas tant que ça, car à chaque pas vous attend une découverte sur la discipline, sur vous-même, sur les autres…
Rigueur :
La rigueur ici est celle du travail bien fait, de la précision de la technique. C’est elle qui va structurer les choses, c’est un peu le squelette, l’ossature de nos formes.
Bien sûr, au début, on reste essentiellement occupé à mémoriser les mouvements et on reste tout naturellement dans l’approximation pendant un temps. Mais c’est là que la patience joue, il faut savoir ne pas être trop gourmand et ne pas vouloir manger trop de techniques à la fois pour vite arriver au bout de la forme. L’indigestion vous guette sinon… Il faut savoir prendre le temps d’être rigoureux et essayer de corriger sa technique pour qu’elle soit correcte.
Prenons l’exemple des armes, où les inexactitudes sont d’autant plus visibles que notre main est prolongée par un instrument… Prenons l’éventail, cher au cœur de Xiao Long : la beauté des techniques vient, dans les enchainements que nous pratiquons, de la position nette de l’éventail : bien horizontal, ou vertical, ou diagonal : il ne doit pas y avoir de « flou » (qui dans ce cas-là ne saurait être « artistique »…) pas de David Hamilton de l’éventail.
L’éventail est bien tenu et positionné, pas d’éventail qui pendouille, triste, en oreille de cocker…
Connaitre l’enchainement des techniques n’est pas une fin, c’est un début, une base de travail.
PHOTO Xiao Long
Il en va de même en Qi Gong, où si l’on veut espérer des effets, on se doit de respecter les règles. Savoir si le mouvement se fait en tension ou en relâché, si l’angle, l’amplitude sont corrects.
Patience n’est pas synonyme d’ennui et rigueur ne signifie pas austérité.
Patience et rigueur font toujours partie des bagages, car la route est longue mais agréable : plus on avance, mieux on comprend et plus on découvre, plus on sent qu’il y a encore à découvrir…
C’est un cheminement bienfaisant au physique comme au mental et pour une fois, rien ne presse, on a le droit de prendre son temps ! Alors, profitons-en !!!
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.