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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 13:21

 

       Du Fu (-prononcé « tou fou »… no comment !) (712-770) laissa derrière lui 1458 poèmes. Il y a donc de quoi lire… (Projet de vacances ?).

 

Ce confucianiste convaincu y exprime son aspiration à jouer un rôle politique dans le pays. Issu d’une famille de lettrés et pourtant recalé aux examens, il n’occupera que deux postes mineurs dans l’administration : il semble que son tempérament de poète ne le prédisposait pas à se plier aux contraintes qu’auraient exigées de grandes fonctions.

 

L’intérêt qu’il portait aux grands évènements historiques de son temps a valu à son œuvre le nom de « shishi », histoire en poèmes. Pour lui, le poète avait aussi un rôle social à jouer.

 

De nombreuses pièces poétiques évoquent la famille, l’histoire ancienne, la vie de tous les jours. Cet homme, rempli de compassion, parle des injustices, de la misère et en parle d’autant mieux qu’il vit lui-même ces choses.

 

S’adressant à l’Empereur, il dépeint clairement sa situation :

 

« Depuis la septième année de mon âge jusqu’à la quarantième que je cours à présent, je n’ai fait autre chose qu’étudier, lire, composer des pièces d’éloquence et faire des vers. J’ai acquis quelque réputation mais point de biens ; je suis dans la plus grande misère. Quelques herbes salées et un peu de riz font toute ma nourriture, tous mes vêtements consistent dans l’habit que j’ai sur le corps. Si Votre Majesté ne Se hâte d’y mettre ordre, elle doit S’attendre, au premier jour, à entendre dire que le pauvre Du Fu est mort de froid ou de faim ; Il ne tient qu’à Elle de S’épargner ce triste récit. »

 

 

Il eut gain de cause, mais n’en profita pas longtemps :

La révolte d’An Lushan, ce général qui mit en fuite l’Empereur Tang et fut tué par son propre fils peu de temps après... (le « tu quoque » chinois ?) mit un terme à cette brève période de bien-être.

 

Son style reste simple, sobre, direct, il donne vie à cette période mouvementée, où les combats séparent les familles,où la famine décime les populations et durant laquelle on assiste à la chute d’un empire brillant, celui des Tang.

 

Il a su atteindre une perfection technique telle que de nombreuses générations d’admirateurs ont tenté de l’imiter, mais n’ont pu l’égaler : il reste proche du quotidien, du réel, du familier. Il sait faire naître les émotions et toucher en choisissant les mots justes.

 

Condamné à l’errance, il mènera une vie qui sans aucun doute l’inspirera et qui explique la force de son réalisme. Il ne connaîtra une réelle aisance que lorsque le gouverneur de Chengdu le prendra sous son aile.

PHOTO Xiao Long

 

« Perspective printanière » est son œuvre la plus connue.

 

Le pays est brisé, monts et fleuves pourtant demeurent ; la cité est au printemps, l'herbe et les arbres sont profonds.

Ému par le temps, les fleurs semblent éclaboussées de larmes ; en haine de la séparation, les cris d'oiseau bouleversent le cœur.

Feux de guerre ininterrompus depuis trois mois ; une lettre de la maison vaut dix mille pièces d'or.

Cheveux blancs, que je gratte, ils s'amincissent encore ; presque, ils ne pourraient plus tenir l'épingle à cheveux.

 

Toujours en peu de mots les images surgissent et marquent l’esprit :

 

« Le départ des soldats et des chars de guerre » (Extrait)

 

Les chars crient … Les chevaux soufflent ;

Les soldats marchent, sur leurs dos l’arc et les flèches.

Les pères, les mères, les enfants les accompagnent, courant confusément au milieu des rangs ;

La poussière est si épaisse qu’ils arrivent au pont de Hien Yang sans l’avoir aperçu ;

Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;

Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève jusqu’aux nuages. (…)

 

A découvrir...

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE DES PAGES et DES IMAGES
21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 15:42

Qui ne connaît pas le film, enfin le dessin animé, "Mulan" avec son super mini-dragon, Mushu (non, ce n’est pas un lézard!) , son grillon veinard et les grands méchants Huns? Entre nous, si vous ne connaissez pas, il va falloir combler cette lacune culturelle ;)

 

Bien sûr, cette adaptation prend quelques libertés avec ce que l'on sait de Mulan. Pourtant ce film restitue les grandes lignes de la légende de Hua Mulan:

On ne peut affirmer - ça commence bien!-  que son nom, Hua (fleur) Mulan (magnolia) soit le vrai...

Dans les annales des Ming, elle se nomme Zhu, dans celles des Qing, on la nomme Wei... Nous en resterons à Hua Mulan.

Que ce personnage soit imaginaire ou non, peut importe finalement. Ce qui est important, c'est l'impact artistique et idéologique de cette figure dans l'esprit du peuple chinois.

Mulan est un idéal pour les chinoises: une femme qui vit sur un pied d'égalité avec les hommes, dans les meilleures traditions  de moralité et de fidèle amitié... 

Mulan, entrainée aux arts du combat, comme beaucoup de filles d'officiers, se déguisa en homme pour partir à la guerre, prenant la place de son père, trop âgé ou de son frère, trop jeune. Voilà qui témoigne de sa piété filiale et de sa fidélité à la patrie, menacée par les invasions étrangères venant du Nord: cette histoire est dans le droit fil de la morale confucéenne.


De même les grands principes taoïstes ne sont pas loin et apparaissent nettement.
Le non-agir (Wu Wei) :

Mulan refuse le  poste de haut dignitaire qui lui est offert à son retour, et  après 12 années de combats, elle ne souhaite qu'une chose: retrouver les siens et son village.
Le Yin Yang:

Mulan est l'équilibre parfait entre adaptabilité et volonté, finesse morale et force physique. Ce "général", brillant stratège et remarquable combattant, devait être aussi habile à l'aiguille qu'à l'épée.
Transformée, elle reste elle-même pourtant, et le poème du Vème siècle à l'origine de l'histoire de Mulan montre que la guerre n'était qu'un épisode, et que ce  "général" retrouvera avec plaisir ses vêtements féminins!
Vaillance et détermination, intelligence
et finesse, élégance et abnégation, comment résister à cette héroïne?


 

PHOTO Xiao Long

 

La ballade de Hua Mulan

Mulan tisse sur son seuil, mais ce bruit répété

N'est pas celui de sa navette ; vous n'entendez que ses soupirs.

Pense-t-elle à quelqu'un ? Se souvient-elle de quelqu'un ?

Elle ne pense à personne, elle ne se souvient de personne.

Hier soir, elle a vu le décret de mobilisation ; le khan recrute des troupes,

Et sur les douze décrets, le nom de son père figure.

Son père n'a pas de fils adulte, Mulan n'a pas de frère aîné ;

Elle veut acheter selle et cheval et remplacer son père.

Au marché de l'est, elle achète un coursier, au marché de l'ouest selle et tapis de selle,

Au marché du sud, un harnais, au marché du nord, une cravache.

A l'aube elle prend congé de ses parents, le soir elle couche au bord du Fleuve Jaune.

Elle n'entend plus les appels de ses parents, mais seulement les eaux du fleuve qui coulent.

A l'aube elle prend congé du Fleuve Jaune, le soir elle arrive au pied de la Montagne Noire.

Elle n'entend plus les appels de ses parents, mais seulement le bruit des cavaliers barbares.

Volant par-dessus cols et montagnes, au bout de dix mille lieues elle avance jusqu'au front.

Le vent du nord frappe le cantonnement, la lumière glacée éclaire les armures ;

Le général après cent combats fut tué, les soldats au bout de dix ans reviennent.

Au retour, elle est reçue par l'empereur ; le Fils du Ciel est dans la salle du trône.

Ses mérites lui valent douze promotions, des récompenses innombrables.

Le khan lui demande ce qu'elle désire : "Mulan n'a que faire d'un poste à la cour, Je ne veux qu'un chameau rapide qui me ramène à la maison".

Son père et sa mère, apprenant son retour, appuyés l'un sur l'autre, sortent du village ;

La sœur apprenant le retour de Mulan, s'est faite belle et l'attend sur le seuil ;

Le jeune frère, apprenant le retour de sa sœur, a aiguisé un couteau pour tuer porc et mouton.

Elle ouvre la porte de la chambre de l'est, elle s'assied sur son lit à l'ouest,

Elle retire ses habits de guerrier et revêt ses vieux vêtements,

Elle refait son chignon devant la fenêtre, elle se poudre face au miroir,

Elle sort voir ses compagnons, ses compagnons sont surpris :

"Nous avons été ensemble pendant douze ans et nous ne savions pas que Mulan était une fille".

C'est à ses sauts qu'on reconnaît le lièvre, à ses yeux la hase ;

Mais quand un couple de lièvres court côte à côte, comment reconnaître le mâle de la femelle ?

Pour ceux qui aiment les "happy end", on arrête là!

Mulan est revenue chez elle, parmi les siens! 


Pour ceux qui préfèrent les «thrillers" (trilleur?trieur ? frilleur?  Finalement l'anglais n'est pas plus facile a prononcer que le chinois...), on raconte que l'empereur apprit que ce fabuleux général était une femme. Il désira qu'elle devienne sa concubine.

Il envoya  à plusieurs reprises des messagers, mais Mulan refusait à chaque fois. L'empereur s'obstina et finalement, elle se suicida avec son épée.
En son honneur, l'empereur organisa des funérailles suivies d'honneurs spéciaux...

Comme toujours les variantes sont nombreuses... Certains affirment qu'elle demanda en récompense un fringant coursier pour rentrer plus rapidement dans son village, d'autres lui font demander un ... chameau... ce qui pour nous n'évoque pas forcément une image grandiose!
Mais après tout, peu importe la monture, les moments clés de l'histoire sont identiques. 

 

PHOTO Xiao Long


Pour en savoir plus, un livre des éditions You Feng vous fera découvrir Hua Mulan "Hua Mulan, femme général de la Chine antique", roman anonyme traduit par Yan Hansheng...

Pour les plus sérieux d’entre vous, ou les allergiques aux dessins animés, nombres de films existent sur Mulan, mon favori reste  le film de 2009,« Mulan, la guerrière légendaire» avec Wei Zhao et Kun Chen Wentai

... mais le film de 2020 avec Yifei Liu, Gong Li et Donnie Yen n’est pas mal non plus !


 


 

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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 15:11

 

Robert Van Gulik n'est pas un chinois, même en y mettant la prononciation ad hoc... et pourtant! Il intéresse Xiao Long … Il y a des livres à lire et à relire et ceux là en font partie et même s'ils ne datent pas d'hier, ils n’ont pas pris une ride !


Orientaliste, diplomate, musicien, ce néerlandais est aussi écrivain : il est l'auteur d'une série d'histoires mystérieuses dont le héros est le juge Ti.

 

D’autres auteurs s’y sont essayé, mais il est difficile, lorsqu’on connaît l’œuvre de Van Gulik, de les apprécier pleinement.

Il a su si bien donner vie à ce juge Ti et avec tant de finesse.

 

Ce personnage connu sous le nom de Dí Rénjié , né vers 630 , est une figure historique qui vécut sous la dynastie Tang. Son grand-père était secrétaire général du bureau exécutif du gouvernement et son père, préfet…

Lui, fut connu surtout en sa qualité de juge. Apprécié pour son efficacité, ses jugements furent nombreux et justes. On ne sait cependant que peu de choses précises à son sujet, si ce n’est qu’il semble avoir été d’une grande perspicacité.

 

PHOTO Xiao Long

De nombreux romans ont repris ce personnage inspirant. Fin des années 40, Van Gulik commence par traduire un roman policier chinois, le Dee Gong An qui présente trois affaires criminelles résolues par Di.

 

A partir de là , il écrira 16 romans avec notre juge.

Au delà des intrigues ingénieusement montées, ces romans nous font découvrir de nombreux aspects de la vie sociale en Chine sous les Tang (618-907), période extrêmement brillante sur le plan culturel, l'âge d'or de la poésie classique chinoise.

Rien n’est laissé au hasard et c’est bien ce qui fait la qualité de ces romans, qui toujours, se terminent sur une citation de sources précises, ainsi que sur des explications rigoureuses qui nous permettent de mieux appréhender cette période pour le moins lointaine !

 

PHOTO Xiao Long

 

Suivent les titres pour vous mettre en appétit :

  • Trafic d'or sous les Tang

    Le Juge Ti à l'œuvre

    Le paravent de laque

    Meurtre sur un bateau de fleurs

    Le Singe et le Tigre

    Le monastère hanté

    Le squelette sous cloche Le pavillon rouge

    La perle de l'Empereur

    Le collier de la princesse

    Assassins et poètes

    Le mystère du labyrinthe

    Le fantôme du temple

    L'énigme du clou chinois

    Le motif du saule

    Meurtre à Canton

  • Bonne lecture!🍵

 

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Published by Xiao Long - dans DES PAGES et DES IMAGES CULTURE
28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 14:08
PHOTO Xiao Long

Devant mon lit,  une clarté lunaire,
Est-ce bien du givre sur la terre?
Je lève la tête, je regarde la lune.
Je baisse les yeux, je songe à mon pays natal.


Ce poème est sans doute le plus connu de  李白, Lǐ Bái

Lǐ Bái que l’on connaît aussi sous les noms de Lǐ Bó, ou encore Lǐ Tàibái serait né vers 701 et mort vers 762. Il serait peut-être originaire d’Asie centrale… difficile d’avoir des certitudes en ce domaine…

Il est considéré comme l’un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang. Proche de la pensée taoïste, il est sensible à la nature sauvage et à ses manifestations.
Ce fin lettré voyagea beaucoup et ne resta que deux années au service de l'Empereur avant de reprendre son errance. Il se maria bon nombre de fois et vécu tour à tour en ermite ou en poète de cour…


La tradition dit qu'il se serait noyé en essayant d'embrasser l'image réfléchie de la lune dans une rivière. Version plus poétique que les autres qui disent qu’il serait mort d'un empoisonnement au mercure (aurait-il abusé de l'élixir de longue vie taoïste ? ), de maladie ou encore de l'abus d'alcool…

Comme nombres de poèmes célèbrent les soirées de joutes poétiques copieusement arrosées, cette théorie est possible!… Bref, là encore aucune certitude.

 

Peu importe, ses poèmes restent très appréciés, même si la traduction ne peut rendre vraiment l’art de la versification chinoise et doit faire des choix de termes ou tournures… Difficile de rendre les tons, la musicalité…

 

Il a écrit plus de 1000 poèmes de « style ancien », gu ti shi , la majorité de son œuvre donc ! Les poèmes anciens sont de forme assez libre, il n’y a pas encore de règles très établie concernant les tons ou les rimes. La forme est régulière, généralement en quatre vers de cinq ou sept caractères chinois.
 


 


 


 

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14 février 2026 6 14 /02 /février /2026 16:22

 

Un petit film de Kung fu de temps en temps, ce n’est pas une si mauvaise occupation… Ces films où l’on vole à travers les bambous, où l’on marche sur les toits, sur les murs, où le moindre regard intense pétrifie votre adversaire! On ne s’en lasse pas (ou si?)🤔

The Grandmaster n’est pas en ce sens un “vrai” film de Kung fu, mais… il va intéresser certainement ceux qui aiment les belles images, les précisions techniques. C’est un tableau vivant plus qu’un film...

 

Le sujet : Ip Man (encore!)

Ip Man est un sujet inépuisable : il y a eu tant de film autour de ce personnage hors pair… Ce maître légendaire de Wing Chun semble inspirer.

Wilson Yip n’y était pas allé de main morte : Il y a eu Ip Man, puis le Ip Man 2 (avec un Donnie Yen au top de la forme), puis le Ip Man 3 (avec le jeune Yu Hang To)…

On pensait enfin tout savoir sur ce Maitre exceptionnel… Ben non !

 

PHOTO Xiao Long

 

Il y a aussi le film de Wong Kar-Wai . Un film qui a demandé beaucoup de travail et a maturé un certains temps (5 ans!) avant de voir le jour. Le maître hongkongais a pris son temps – pourtant les critiques ne sont pas toutes très positives…

 

Tony Leung, l’acteur principal s’est entraîné dur pour incarner le Maître : il aurait passé dit-on des journées entières à pratiquer. Une blessure (bras cassé) l’a même obligé à stopper le tournage un moment… Bref, du sérieux tout ça ! Tout n’est pas encore virtuel au cinéma… (heureusement!)

 

 

Zhang Ziyi –que l’on ne présente plus- ou si quand même ?

Son parcours n’est pas des moindres : « Tigre et dragon », « Le secret des poignards volants », « Hero », « Mémoires d’une geisha » et j’en passe…. Bref, Zhang ZiYi est là (c’est tout dire !) dans le rôle de Gong Er, fille de Gong Baosen, Maître de Ba Gua.

PHOTO Xiao Long

 

Un film aux très belles images, beaux décors, beaux costumes, beaux combats … (Yuen Woo-Ping doit y être pour quelque chose !). Là tout le monde est unanime !

 

Le directeur artistique,William Chang Suk Ping , est aussi celui qui a créé les costumes . Et il n’a pas chômé : recherchant la perfection jusque dans les détails et afin que les costumes soient en accord avec l’époque.

150 costumes ont été faits pour ce film, brodés main souvent assemblés main pour plus de réalisme… De nombreuses recherches ont été faites pour que les couleurs, les tissus , les techniques soient les plus proches possibles de ce qui se confectionnait alors. Rien n’est laissé au hasard ! Même les chaussures ont été réalisées à la main.

Le tournage a duré trois ans : quelques 360 jours effectifs de tournage, avec de grandes pauses intermédiaires… et une histoire évolutive. Un film d’orfèvre.

PHOTO Xiao Long

 

Ce pourrait être « paaarfait », mais il semble que l’on se perde tout de même un peu dans les méandres de l’histoire –car il y en a une !

Celle du Maitre Ip Man dans la Chine des années 30-40, alors qu’il commence à enseigner à Hong Kong. Une période marquée par l’invasion japonaise, période chaotique s’il en est, pendant laquelle les arts martiaux ont la part belle.

 

Reste une impression de patchwork très esthétique, un Ip Man au panama blanc immaculé qui reste nickel quoi qu’il arrive… et une Gong Er (Zhang Ziyi), Maître de Ba Gua « belle à tomber »… ce qui n’enlève rien à l’efficacité de sa technique !

 

Une grande fresque historico-poético-philosophique sur laquelle les avis divergent… Un grand voyage romantico-nostalgique… Bref, même si ce film ne plaira pas à tout le monde, c’est beau et ça vaut le détour !

 

 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 13:16

Chungliang Al Huang
(Guy Trédaniel Editeur) 1986

Il y a des livres que l’on lit, et des livres que l’on relit. Celui-ci en fait partie.

Chungliang Al Huang, est né en Chine, à Fujian . Issu d’une famille de lettré, il étudie les Classiques et les arts asiatiques, ainsi que les arts martiaux. Très jeune, après la guerre sino-japonaise, il émigre aux États-Unis où il étudie l'architecture et la danse.

Il sera danseur, étudiera la chorégraphie et fondera sa propre compagnie. Il renoue par la suite avec l’étude des arts martiaux, étudie la philosophie comparée et se lie d’amitié avec Alan Watts (philosophe anglo-américain qui préface ce livre) , tout deux progressant dans une démarche de rapprochement de l’Occident et de l’Orient.

 

Il écrit ici un livre non pas tant sur les techniques du Tai Ji Quan que sur la recherche des sensations dans la pratique. Car la technique, c’est bien, mais ce n’est pas tout. Il ne suffit pas de savoir exécuter un mouvement , il faut aussi lui donner vie et ce souffle vital, ce n’est pas dans la technique qu’on le trouve, c’est au plus profond de nous (et oui, pour une fois, on a le droit de « s’écouter »…)

 

PHOTO Xiao Long

Si vous observez quelques pratiquants en action, vous ne pourrez que voir la différence.

Au delà du mouvement juste, il doit y avoir quelque chose d’autre. Ce petit quelque chose qui fait que l’on s’approprie les formes, qui exprime ce que nous avons à l’intérieur, qui fait que l’on ne fera jamais deux fois la même forme de façon identique, parce que ce petit quelque chose traduit le « ici, maintenant » qui ne peut être qu’inédit. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’on ne peut pas se lasser d’une forme .

Enfin, Xiao Long -qui commence a avoir quelques heures de vol- ne voit pas comment on peut s’enquiquiner en faisant pour la dix millième fois la 24, puisque ce n’est jamais pareil !!! … Donc, si vous vous cassez les pieds , c’est qu’il y a peut-être autre chose à trouver là-dedans ! )


A travers ses propres expériences et celles de ses élèves et stagiaires, l’auteur décrit un Tai ji quan vivant, fluide, intuitif, libéré même pourrait-on dire des "contraintes" techniques. Bien sûr, ses expériences de danseur enrichissent sa vision.

 

Ce livre est « rare », il y a beaucoup de livres qui parlent du Tai ji quan ( et pas que des bons…), mais celui-ci propose une approche singulière qui vaut le détour : il nous aide à cultiver cet esprit d'ouverture qui parfois nous fait défaut tant nous sommes à la recherche du "bon" mouvement…

Mais y-a-t’il un « bon » mouvement ? Et bien là, ô surprise (et soulagement!), nous allons découvrir qu'il n'y en a pas:

"La forme n'est qu'un moyen pour atteindre
la fluidité: ce n'est pas quelque chose de
figé, ni d'établi une fois pour toutes,
comme peut l'être une photographie."

On mets les warnings!!

Attention cependant, car -comme en tout domaine – il est conseillé de tenir la voix du milieu : je m’explique…

S’exprimer dans une forme codifiée ne signifie pas délaisser la technique, le codage. Il s’agit simplement de laisser s’exprimer nos sensations, nos émotions générées par le mouvement.

PHOTO Xiao Long

 

Par contre, si l’on veut « danser » librement, on peut imaginer créer sa propre forme, voire improviser une forme, et laisser les mouvements, les techniques, se succéder au fil des sensations et des mouvements.

Il est important de préserver cette différence entre forme codifiée et forme libre.

La codification est le socle nécessaire, c’est par l’apprentissage précis des formes et des techniques que nous accumulons connaissances et expériences, comme le peintre qui commence par imiter, copier, avant de peindre ses propres toiles.

Il faut juste que ces codes et techniques n’étouffent pas l’expression personnelle.

Ce n’est pas pour rien que l’on parle d’art et que les pratiquants sont des artistes martiaux… L’harmonie, l’esthétique des mouvements sont essentielles, même si la composante martiale est présente dans notre intention.

 

Bonne lecture !!!🤔

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 16:48

 

Il est temps de découvrir-si vous ne connaissez pas- le cinéma chinois wǔxiá piàn :

le wǔxiá piàn se traduit souvent par « film de chevalier errant ». Cela se rapproche un peu de notre tradition des films de cape et d’épée avec la dimension « fantasy » en plus).  Xiao Long voulait vous parler d’un de ses films préférés « LE ROYAUME INTERDIT » sorti en 2008.

Le face à face Jet Li et Jackie Chan vaut le détour (4 étoiles au moins au guide Xiao Long, qui bien entendu est une référence incontournable !) C’est le seul film où ils se font face et leurs combats sont signés Yuen Woo-ping – en plus !!

 

PHOTO Xiao Long

 

Ces deux acteurs sont très connus – et même en France, si, si ! Ils sont tous les deux de grands experts en arts martiaux chinois, en cascades et autres démonstrations courantes dans les films chinois (cela peut aller du combat dans les bambous géants à l’escalade d’un méga-mur, en passant par l’incontournable marche sur les toits et sauts interminables).

Jackie Chan, plus connu pour ses films très humoristiques, mérite aussi d’être vu dans des films plus « classiques » !

L’histoire n’est pas très compliquée : un jeune américain se trouve propulsé dans un autre monde  avec la mission de restituer un « bâton » à son propriétaire. Il apprend par Lu Yan (Jackie Chan) qu’il a entre les mains le bâton mythique qui appartient au Roi Singe (Jet li)…

Voilà un film en tout cas, où l’on apprend que ce ne sont pas les manches longues de sa robe qui pourraient gêner Jet Li dans son combat et que l’homme ivre sait en réalité boxer avec maestria…

 

Peut-être cela vous donnera-t-il envie d’aller plus loin, tout en restant dans votre fauteuil ?

NB : Il ne manque pas de films wǔxiá piàn, puisque depuis les années 20 où ils sont apparus… on en a tourné quelques-uns !!! (Bon, d'accord, ce ne sont pas tous des succès...)

On peut dire que les années 60 ont largement apporté leur contribution  et la Show Brother connait alors une renommée mondiale. Les combats sont déjà finement chorégraphiés.  Les années 90 renouvellent le genre, mais les Occidentaux ne découvrent vraiment ces productions que dans les années 2000 (il était temps !) avec « Tigre et dragon » ou « Hero » ou encore « Le secret des poignards volants »…

 

PHOTO Xiao Long

 

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11 novembre 2023 6 11 /11 /novembre /2023 14:59

La conception d’un monde selon les principes de « Tao », « Ying Yang », « Wu Xing » (5 mouvements) s’applique à tous les domaines. La médecine ne fait pas exception.

C’est une vision globale, « ronde », dans laquelle tout est lié, où les éléments se correspondent et se répondent. Nos habitudes  occidentales sont plus « carrées », une chose se considère en tant que telle, indépendamment des autres, sans aller chercher trop loin les interactions…

La médecine chinoise cherche à harmoniser un ensemble en mutations permanentes, elle travaille sur les souffles, sur de l’impalpable. La médecine plus classique cherche à supprimer un symptôme plus tangible, de surface (et ça fait du bien, il faut le dire… mais, tout n’est pas réglé pour autant…). Elle a parfois tendance à nier en bloc le non visible, le non mesurable. S’il n’y a rien à tâter, à couper… elle reste perplexe.

Mais, pas question ici de jeter bébé avec l’eau du bain ! Ces deux approches sont complémentaires, on ne peut que regretter qu’elles ne soient pas « fondues » dans un grand tout, pour la plus grande joie (et santé) de nombreux malades… Ce serait un beau Yin Yang, non ?

Le plus ancien ouvrage de médecine traditionnelle chinoise est le Huangdi Nei Jing (), Classique interne de l'empereur Jaune. La rédaction de cet ouvrage est attribuée au mythique Empereur Jaune. Il se présente comme un dialogue entre l'Empereur Jaune et Qí Bó (岐伯), son médecin et ministre (déjà du cumul de fonction…).

L'Empereur Jaune aurait régné de -2697 à -2598 avant J.-C. (soit 100 années) et aurait notamment mis en place l'administration chinoise, développé l'écriture, inventé l'acupuncture ainsi que le cycle sexagésimal des dix troncs célestes et des douze rameaux terrestres. Il fait partie des cinq Empereurs légendaires. Cet Empereur a-t-il existé ? A-t-il rédigé ce recueil ?

N’est ce qu’une « compil » réalisée durant la période couvrant les Royaumes combattants et la dynastie Han ? La réponse ne sera guère plus précise que celle fournie habituellement aux questions : « Le Roi Arthur a-t-il existé ? Homère a-t-il écrit l’Iliade ?  Encore une question : L’essentiel n’est-il pas que ces ouvrages existent, tout simplement ?

Ce recueil comprend deux parties de 81 chapitres: le Sùwèn (素問, Questions élémentaires) et le Língshū (靈樞, Pivot de l'esprit). Tous les aspects de la médecine y sont abordés, on y évoque plus particulièrement le traitement par acupuncture. On y parle de l'usage de poinçons de pierre qui auraient pu être utilisés avant l'apparition des aiguilles en métal : Cette méthode était appelée bian jiu1. Ce traité vise à rétablir l'harmonie de l'homme avec la nature.

Et comme souvent, il existe plusieurs versions de ce recueil « unique »… celle de Wang Bing (762), une autre retrouvée au Japon, celle de Yang Shang Shan, proche de la version de Shenzong (1070) , celle de Li Nien Wo, plus tardive puisque sous la dynastie Ming...

Mais, bon, quelle qu’elle soit, le fond reste identique : une analyse de la place de l’homme dans l’univers, conformément à la conception taoïste.

L'ouvrage étudie les dérèglements selon les saisons, les variations du teint, les subtilités des pouls, l'état des cinq organes, des cinq saveurs, des six énergies… Il précise le maniement de l'aiguille, et la pratique des moxas (technique de stimulation des points d'acupuncture par la chaleur), afin de rétablir l'harmonie entre le haut et le bas, entre l'intérieur et l'extérieur.

 

PHOTO Xiao Long

 Xiao Long a choisi quelques passages du Sùwèn qui n’ont pas prit une ride… De quoi « méditer » sur un nouvel « âge d’or » qui ne peut s’atteindre sans quelques efforts et/ou changements de trajectoire…

De la pureté naturelle dans la haute antiquité

Il y eut jadis un Empereur Huángdì. Perspicace dès la naissance, disert dès le jeune âge, il fut sage dès l'adolescence, grandit en droiture et en finesse, puis ayant achevé sa tâche, il monta au ciel. Il dit au Maître Céleste Qí Bó :

« – On m'a rapporté que, dans la haute antiquité, on vivait centenaire sans que l'activité faiblisse. Les gens d'à présent sont déjà affaiblis à 50 ans. Est-ce par suite d'un changement d'époque ou par la faute des hommes ?

– Obéissant au Dào, les anciens se modelaient sur le Yīn-Yáng et se conformaient aux Nombres. Ils étaient modérés dans leur alimentation et réglés dans leurs activités. Ils évitaient le surmenage, se gardaient de détériorer leur corps et leur esprit, se permettant ainsi de vivre un siècle. Les gens d'à présent n'agissent plus de même, ils se gavent d'alcool, sont téméraires et luxurieux. Les passions épuisent leur essence et dilapident leur Souffle naturel. Insatiables et inconsidérés, ils se livrent à leurs penchants, vont à l'encontre des vraies joies de la vie, s'agitent sans mesure et se fatiguent prématurément.
Les Sages de la haute antiquité apprenaient à chacun à éviter à temps les « perversions d'épuisement et les vents pirates », et à maintenir, par le calme et la concentration, leur souffle naturel dans la docilité, à bien contenir leur esprit à l'intérieur de telle sorte que les maladies soient sans prise. Grâce à la restriction des appétits et à la contention des velléités, le cœur demeure paisible et sans émoi, le corps travaille sans s'épuiser, le souffle suit un cours régulier et chacun d'eux est satisfait. Appréciant leur nourriture, contents de leur vêtement, joyeux dans leur médiocrité, sans envie pour de plus hautes conditions, les gens étaient ce qu'on appelle « simples ». Aucune cupidité ne ternissait leur regard, aucun dérèglement n'atteignait leur cœur. Gens ordinaires ou savants, sages ou non, tous ignoraient les émois, car ils se conformaient au Dào. Ils atteignaient cent ans sans que leur activité se lasse car leur vertu était sans défaillance. »

Poème :

« Dans le calme, on atteint l’état de non-agir, pour tout faire.

Dans le calme profond, on arrive à atteindre un objectif plus loin, plus complet.

Dans l’état de calme profond, dans la joie du vide et du non-avoir, alors l’énergie véritable se produit,

Si l’essence et l’esprit sont conservés à l’intérieur, d’où la maladie pourrait-elle venir ? »

 

Allez, « calme et voie du juste milieu »…  une petite méditation là-dessus, un bon petit repas équilibré en saveurs et couleurs et … au dodo !

 

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7 octobre 2023 6 07 /10 /octobre /2023 15:11

 

Le Livre : LE TAO DES CHATS

Voilà un bien bel ouvrage… Les textes et les illustrations sont de Christian Gaudin. On y trouve donc de très beaux dessins, inspirés des peintures asiatiques, ainsi que quelques assertions de Miao, le vieux chat, à méditer… Car c’est lui, matou infiniment sage, qui transmit la Voie à Lao Zi !

Tous ceux qui partagent la vie de chats les retrouveront sans surprise d’une grande sagesse et d’une incroyable « zénitude » (vous savez, cette qualité qui nous fait trop souvent défaut !).

 

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Ces enseignements ainsi que les dessins ne sont pas sans humour, ce qui ne gâche rien et a cha(t)rmé Xiao Long.

Ces propos ouvrent agréablement l’esprit, nous font parfois sourire et souvent hocher du chef, tant la vérité qui s’en dégage nous touche.

« Un panier plein de poissons et de croquettes ne peut être gardé ».

N’est pas là une bien belle vérité ?

 

L’auteur :

Christian Gaudin, ancien éditeur aux Humanoides associés –entre autres-, est auteur-scénariste et dessinateur de bande dessinée et de livres. Depuis plus de quinze ans, il dessine des chats zen, adeptes des pratiques de bien-être, de Yoga ou de Tai Chi…

 

Et aussi :

Peut-être aviez-vous déjà fait l’acquisition d’un « Chagenda » (2014) ?… Chaque saison y était présentée avec une phrase zen, et chaque semaine est introduite par une grande illustration, beaucoup de poésie et… un proverbe  qui ne vous laissera pas insensible...

Pour vous mettre en appétit :

« La nuit de la sainte Choupette, rajoute des croquettes » ou bien « Passé la sainte Gribouille, petit chaton fait l’andouille »…

 

Aucun doute Xiao Long va malheureusement devoir réduire les portions de croquinettes pour Dragon  et se mettre au régime « ch »ec pour pouvoir acquérir les nombreux ouvrages de Christian Gaudin qui lui manquent…

 Pas grave, car «  Dragon au régime ne sera pas cacochyme » et « Dragon à jeun est un bon frangin » ! (Stooooooop ! Désolée…)

 

Vous n’aurez que l’embarras du choix pour choisir une lecture : « Chats de sérénité »,  « Les 40 commandements du chat », « Massages pour chats et pour leurs maitres », « Proverbes pour chats » ou encore « Vrai zen pour chats et pour leurs maitres » … « Tao des chats » bien sûr et bien d’autres…

 Bonne découverte !

 

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23 septembre 2023 6 23 /09 /septembre /2023 14:51

Si vous aimez les films chinois, vous ne pouvez passer à côtés des productions de la Shaw Brothers !

Il n’y en a pas que des bons … d’accord… mais il y en a aussi des bons !!!

 

Les studios :

Dans les années 20, quatre frères décident de créer leur société (« l’Unique ») et de se lancer dans le cinéma… et avec succès… du moins jusqu’à ce que la censure passe par là (les films d’arts martiaux n’étaient plus franchement au goût du jour…) puis l’occupation japonaise (1939)… bref, les studios ferment alors. Mais ces pionniers n’avaient pas dit leur dernier mot et après la guerre (la seconde- mondiale), leur société prend le nom de « Shaw and sons » et s’installe à Hong Kong. La concurrence est rude et… finalement un des frères, Run Run Shaw, jusqu'alors chargé de la distribution dans le sud-est asiatique, s'installe à Hong Kong pour fonder une société distincte, la Shaw Brothers, en 1958.

 

Run Run Shaw :

Il fait l’acquisition de terrains considérables sur lesquels sont construits des studios, des décors, une école d’acteurs... et engage des centaines d’acteurs et techniciens. Une entreprise monumentale !

Run Run, décédé en 2014 à l’âge de 106 ans (!!!), est une des figures les plus connues dans l’industrie du divertissement asiatique et a bien mérité son étoile sur l’avenue des stars de Hong Kong.

Au début sont produits beaucoup de drames historiques, des comédies musicales. Grâce au succès de films comme  L'Ombre enchanteresse  (1960) de Yang Kwei Fei (1962) ou  de La Reine diabolique (1963),  le cinéma chinois finit par se faire connaitre à  l'international.

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L’HIRONDELLE D’OR :

Dans les années 60, le studio se tourne vers le Wu Xia Pian (le cape et d’épée à la chinoise en quelque sorte…). Les films d’arts martiaux ont de nouveau droit de citer. Pour les amoureux du « vintage » (d’autres, mauvaises langues de Dragons aigris diraient « kitsch » !), Xiao Long vous conseille « L’hirondelle d’or » avec Cheng Pei Pei. Pour ceux qui ont l’œil, Jackie Chan, 12 ans à l’époque y joue un petit rôle !

Un délice… Une jeune femme « chevalier » sans peur et sans reproche (la gentille) cherche son frère, haut fonctionnaire de l'Empire enlevé par une bande de brigands (les méchants) menée par Tigre Face-de-Jade… On est encore proche de l’esprit de l’Opéra chinois et on peut y trouver des faiblesses, c’est sûr, les techniques actuelles nous ont rendus exigeants et pourtant, ce film a un charme certain…

Cheng Pei Pei :

Cheng Pei Pei  est « La reine du Wu Xia Pian », c’est le surnom qu’on lui donne : issue de l’école de la Shaw Brothers, où elle apprend la danse et la comédie dès l’âge de 16 ans, elle tourne de nombreux films et devient réellement une star en 1966 avec ce rôle de l’Hirondelle d’or qui va transformer cette ballerine en… artiste martiale.

Le réalisateur apparemment pensait que si l’on sait danser, on sait aussi se battre… Ce lien entre danse et art martial est fréquent en Chine où de nombreux artistes martiaux ont été formés par l’Académie d’étude du théâtre chinois (Peking opera scool) comme Sammo Hung ou Jackie Chan…

Elle partira dans les années 70 aux USA et après une petite éclipse renouera avec le cinéma : c’est elle Jade la Hyène dans le célèbre « Tigre et Dragon »…

Et il y a même une suite, au titre sans véritable surprise : « Le retour de l’hirondelle d’or ».

 

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Après ce film, les studios connaitront alors de nombreux autres succès avec principalement trois grands réalisateurs Chang Cheh (« Le justicier de Shanghai » / « Un seul bras les tua tous »…) Chu Yuan (« Le poignard volant »/ »Le tigre de Jade »…) et Liu Chia Liang (« la 36ème chambre de Shaolin » à voir…)

Bref, quelques heures agréables en vue … pour cet hiver ? au coin du feu avec une tasse de thé - chinois bien sûr (en cette saison, Xiao Long vous conseillera un Wu Long ou un Pu Er…)

 

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