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21 octobre 2023 6 21 /10 /octobre /2023 12:48

 

Il y a les pour, il y a les contre, il y a ceux qui n'en pensent rien et ceux qui n'en pensent pas moins!!  

Quelle est la place de la musique dans notre pratique?

 

PHOTO Xiao Long

A proscrire?

 Quelle est la place de la musique dans notre pratique?

Certains pensent que la musique n'a pas sa place ici et qu'il vaut mieux s'en passer et rester concentré sur l'essentiel: la forme, le silence... Il est bien rare de pouvoir se plonger ainsi dans la tranquillité même si on a la chance de pratiquer en extérieur.

La forêt elle-même recèle bruit d'avions, de voitures sur les routes plus ou moins lointaines, de...tronçonneuses (un vrai massacre!)… sans parler de certains joggeurs bavards qui parlent plus qu’ils ne courent !

 

 Mais après tout, le bruit, c'est aussi la vie (Bon, je ne vous conseille tout de même pas de vous installer sous une deux fois trois voies aux heures de pointes -encore que- j'ai pu voir la chose de mes propres yeux (écarquillés) à Guan Dong...).

Et puis, si la concentration est réelle, on oublie finalement ce qui se passe autour. Donc la musique n'est pas une nécessité, c'est sûr.

Et être à l'extérieur est un "plus" sans conteste pour renouer plus simplement avec cette fameuse Nature!

On peut aussi penser que la musique est une "distraction" qui nous sort de notre "intérieur": les pensées glissent, on écoute la mélodie et on ne sait plus ce que l'on fait, on n'en est pas aussi conscient.

 

PHOTO Xiao Long

Ouaip! Ce n’est pas faux...P'têt'ben... (Ai-je bien exprimé le doute...?)

 

 A prescrire alors?

Pourquoi pas? Il peut y avoir des avantages à pratiquer en musique.

La détente: A condition d'éviter "La chevauchée des Walkyries" et Nirvana (si ça, ce n'est pas un paradoxe!!!), la musique aide à la relaxation. C'est un sas entre deux réalités, celle du quotidien et celle de la pratique. C'est une sorte de cocon douillet, on est là, on est bien, c'est confortable, on peut se laisser (enfin!) aller...

Le bon rythme: bien choisie, la musique induit un rythme et calme le jeu (pour éviter de dérouler sa forme 24 en 1 minute chrono!)

 

Comment la choisir? Xiao Long a bôôôôcoup de mal à trouver de bonnes musiques! Les musiques chinoises sont agréables, car en plus de nous détendre et de ralentir le rythme, elle nous plonge dans un peu de Chine lointaine (pour pas cher!).

Oui, mais... car il y a un mais!

Les musiques traditionnelles sont parfois très "enlevées", le rythme rapide, la mélodie joyeuse... sympa, mais pas vraiment ad hoc pour se mouvoir avec la fluidité du nuage dans le ciel...

On court un peu moins de risque avec les musiques de relaxation, on en trouve un peu partout, y compris dans les ... jardineries (ces magasins qui font même des plantes entre deux bougies, un coussin et trois casseroles !

Certaines sont franchement psychédéliques, ou glauques à vous plomber un moral de fer... Rien que d'y penser Xiao Long en a les écailles frémissantes!!!

Toute musique qui vous plait ou vous parle fait l’affaire et en fonction de votre humeur de votre envie de pratiquer plus ou moins rapidement…

                              🎻

Alors ? 

 Ni pour, ni contre : il y a des moments où la musique a son utilité et il est parfois très agréable de synchroniser une forme à une musique qui parfait l’harmonie des déplacements. Alors, si on en a envie, pourquoi s’en priver ? Il y en a d’autres, où l’on préfère le silence et alors, pourquoi s’en priver ?

 

                      📯🎵

.

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 15:23

 

La posture de préparation et d’ouverture est fondamentale.

C’est le commencement, c’est le moment où l’on se pose !

 

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre » présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 – MPC.

«  La recherche d’équilibre est constante, que l’on soit en mouvement ou non. La station debout, à l’arrêt, n’est pas forcément la posture la plus simple à tenir lorsque l’équilibre n’est pas sûr. Il reste cependant plus aisé au départ de travailler à l’arrêt. Cela va nous permettre de nous concentrer plus finement sur nos perceptions.

Nous commencerons debout, pieds écartés, car, s’exercer à se tenir debout, les pieds joints, est plus compliqué que de s’entrainer à se tenir debout, les pieds écartés de la largeur du bassin.

      Quelles informations recevons-nous dans cette posture ? Si nous portons notre attention sur l’ensemble du corps dans une perception globale, il est clair que l’axe joue un rôle majeur.

En position debout, nous pouvons sentir que le corps est emporté vers l’avant si le regard est dirigé vers le bas, et que donc la tête n’est pas bien « droite » puisque le fil qui nous relie au ciel est distendu. Regarder droit devant soi, en rentrant légèrement le menton, permet d‘étirer les cervicales, de diminuer la lordose à cet endroit et de maintenir un axe correct, une belle verticalité. On peut imaginer que l’on cherche à empiler les vertèbres les unes sur les autres.

 

PHOTO Xiao Long

Nous sentons aussi nettement que si la lordose lombaire n’est pas gommée, le poids du corps se déporte vers l’avant. En poussant légèrement mìng mén (4 VG, Porte de la vie) vers l’arrière comme si nous cherchions à coller notre dos au mur, nous pourrons également limiter la lordose lombaire.

Nous pouvons aussi nous apercevoir que si les genoux sont verrouillés, nos jambes se raidissent et se comportent comme deux bâtons. Nous n’avons plus « d’amortisseurs » pour absorber. Pour absorber et pouvoir réagir à bon escient, nos jambes devraient être des bambous flexibles.

Chaque élément du corps dépend, pour sa stabilité et pour ses mouvements, de la position du segment sous-jacent. Donc, si les pieds sont mal positionnés, les éléments sus-jacents – comme les genoux par exemple, en souffriront. Il faut donc être particulièrement attentif à la position des pieds au sol.

Nous pouvons tester différents placements de pieds et nous nous apercevrons que la position la plus confortable et la plus stable est de conserver les deux pieds parallèles pour que nos genoux et nos hanches s’installent selon cet alignement.

Le premier exercice sera – en position pieds écartés de la largeur du bassin et parallèles - de partir de notre position naturelle et de prendre la position axée étirée du tài jí quán, en adoucissant la lordose cervicale et la lordose lombaire et en relâchant les genoux. Nous sommes alors  centrés et cultivons cette sensation de solidité en prenant le temps d’analyser nos sensations dans cette posture. Il est important d’étudier nos sensations pour mieux comprendre les réactions du corps. 

Nous pourrons ensuite alterner ces deux postures, posture naturelle puis posture axée, afin d’apprendre à mieux sentir les différences entre les deux et à adopter de plus en plus naturellement une posture favorable à l’équilibre en fonction de notre propre morphologie et de nos capacités physiques.

 

Les genoux par exemple seront plus ou moins relâchés, il faut juste prendre garde qu’ils restent dans l’alignement des pieds et ne pas les projeter au-delà des pieds. La fonction des jambes et des pieds est de transférer jusqu’au sol le poids provenant de la base du tronc.

L’important est que la hanche, le genou et la cheville soient alignés, le corps du fémur et le corps du tibia aussi.

Les pieds sont ancrés. Les orteils sont bien en contact avec le sol. Le poids du corps se répartit également dans les deux pieds. En position debout immobile et verticale, c'est le talon qui supporte la moitié du poids du corps. Ici, le poids du corps se place harmonieusement dans tout le pied, avec un point fort sur l’extérieur et une zone allégée à l’intérieur, comme on peut le voir ci-après.

Enfin, les épaules seront détendues et basses : elles ne s’affaissent pas pour autant, elles ne sont pas rejetées en arrière, la poitrine est simplement légèrement creusée. Sur cet exercice, les bras sont naturellement détendus et placés le long du corps..

Cet entrainement permettra par la suite, et au quotidien, de trouver plus facilement et plus rapidement la posture la plus favorable au maintien de l’équilibre en station debout à l’arrêt… »

On parle le plus souvent de tête droite, mais « droit » n’est pas synonyme de vertical. On peut par exemple dans la technique « coup de poing vers le bas » ou « aiguille au fond de la mer avoir la tête « droite », c’est-à-dire dans l’axe du corps, dans le prolongement de la colonne vertébrale, elle n’est alors pas verticale dans le sens sur l’axe Terre/Ciel.

Souvenons-nous de la fable de La Fontaine : « Le roseau plie »… mais il ne rompt pas!

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
6 mai 2023 6 06 /05 /mai /2023 15:01

 

Qui ne connait pas la forme 24 ou forme de Pékin, cette forme est sans doute la plus connue et la plus pratiquée à travers le monde. Créée il y a un certain temps (dans les années 50), et dans un but bien précis,  sa création devait répondre à des critères bien particuliers : il fallait une forme facile à apprendre pour tous, d'où tout signe extérieur de combativité soit gommé, une forme codifiée qui remplacerait toutes les autres formes existantes, qui ne durerait pas plus de 10 minutes. Cette forme pouvait donc se pratiquer le matin, avant le travail, et cela permettait à chacun  d’entretenir sa bonne santé.

PHOTO Xiao Long

Récemment, en 2013,  a été créée la forme 26. Vous me direz, pour quoi faire ? Encore une forme de plus ? Il y en a déjà assez… Peut-être… C’est une façon de voir qui tient la route. Il est vrai que l’on a déjà beaucoup à faire avant de maitriser un tant soit peu une forme, il n’est pas nécessaire d’accumuler.

D’un autre côté, on peut comprendre qu’il y ait une évolution qui amène les « créateurs » à proposer de nouvelles formes. N’oublions pas que c’est le fondement même de nos disciplines : la transformation…

Mme Ran Qianxin (sur la photo au dessus) , ainsi que Mme Qiu Huifang , venues à Rouen en 2015 avec l'équipe de Chine, nous ont montré les subtiles différences dans l’exécution de technique déjà connues.

 

Cette forme 26 a l’avantage d’être courte et de remettre en question certaines de nos « habitudes » (pas de mouvement avant-arrière-avant entre les déplacements par exemple, pour renouer avec une technique de déplacement plus classique). Toujours liée à ce qui l’a précédée, elle reste dans la tradition. Plus variée que la 24 dans les techniques et les changements de direction, elle a son charme. On la trouve sur le net sous le doux nom de  « new standard routine », ou encore « new Yang style Tai ji quan compulsory routine » 

À vous d’apprécier… (Avec les aménagements « standards » eux aussi, car ces présentations sont souvent exécutées par des sportifs et  nous n’avons pas de genoux aussi élastiques …

N’oubliez pas le fameux proverbe de Xiao Long : « Tout ce qui descend, doit aussi remonter »).

 

PHOTO Xiao Long

Les noms :

Certaines techniques sont regroupées par exemples : « aiguille au fond de la mer » et « éventail » ne sont comptées que comme une seule. Même chose avec « chevaucher le tigre » et « balayer le lotus »… Il en faut 26, pas un de plus…

qǐ shì    ouverture

lán qùe wěi  揽雀尾  saisir la queue de l'oiseau

dān biān  单鞭  simple fouet

bái hè liàng chì  鹤亮翅  la grue blanche déploie ses ailes

zǔo yòu lóu xī ào bù  左右搂膝拗步  brosser le genou

zhǐ dāng chúi  裆捶  coup de poing en bas

zǔo yòu yé mǎ fēn zōng 左右野马分鬃  séparer la crinière du cheval

bái shé tǔ xìn  白蛇吐信  le serpent darde sa langue

zhóu dǐ chúi  肘底捶  poing sous le coude

zǔo yòu dào jūan gōng  左右倒卷肱  repousser le singe

hăi dǐ zhēn - shăn tōng bèi  海底-闪通背  l'aiguille au fond de la mer – ouvrir l’éventail

yún shǒ云手  mouvoir les mains comme les nuages

zǔo yòu yù nǚ chūan sūo  左右玉女穿梭 la fille de jade tisse et lance la navette à droite, à gauche

     dēng jiǎ蹬脚  coup de pied (talon)

shūang fēng gùan ěr  双峰贯耳  frapper les oreilles du tigre

fēn jiǎ分脚  coup de pied (pointe)

pāi jǐao  拍脚  frapper le pied

zǔo yòu fú hǔ 左右伏虎  attraper le tigre à gauche, à droite

dān biān  单鞭  simple fouet

xià shì    serpent qui rampe

shàng bù qī xīng  步七星  pas en avant, sept étoiles

tùi bù kùa hǔ- zhǔan shēn bǎi lián 退步跨虎-转身摆莲 reculer, chevaucher le tigre, tourner, Balayer le lotus

wān gōng shè hǔ  弯弓射虎  tirer à l'arc sur le tigre

bān lán chúi 拦捶  pas en avant - coup de poing

rú fēng sì bì 如封似  fermeture apparente

shōu shì    fermeture

 Bonne découverte!

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
22 avril 2023 6 22 /04 /avril /2023 13:19

 

Pour ceux qui débutent, apprendre peut paraitre difficile. Nous avons tout à coup trop de mains et de pieds à gérer ! Un peu comme s’il nous en poussait partout au fil du mouvement !

 

PHOTO Xiao Long

 Ce que nous faisons en automatique, comme marcher ou prendre un livre sur une étagère nous semble tellement naturel que nous n’imaginons pas le travail d’apprentissage que nous avons dû faire pour y arriver... Même si il y a aussi des accidents de parcours comme buter contre un trottoir ou laisser tomber un livre  au sol… la vie n’est que dangers 😉

Les apprentissages laissent donc dans notre cerveau une trace physique, et cette dynamique s’appelle la plasticité cérébrale. La découverte de ce mécanisme par les neuroscientifiques a permis de comprendre une chose essentielle : rien n’est figé dans notre cerveau ! De nouvelles connexions se créent, d’autres disparaissent. Il s’adapte aux situations, il évolue sans cesse. Il le peut dans tous les cas, même si nous n’utilisons pas toujours les possibilités qui nous sont offertes.

La plasticité cérébrale permet donc de remodeler le cerveau en permanence selon nos apprentissages. Ce remodelage est non seulement relativement rapide, mais – malheureusement- réversible. En effet, une équipe de chercheurs a trouvé que certaines régions du cerveau chez de jeunes adultes présentaient des modifications structurelles importantes après trois mois d’apprentissage à la jonglerie, par rapport à des personnes n’ayant pas suivi cet apprentissage. Ces modifications disparaissaient quelques semaines après l’arrêt de cette activité.

 Voilà pourquoi, les écoliers, les étudiants, les  artistes et… les pratiquants doivent répéter, s’entrainer régulièrement... je dirais même tous les jours, au lever du soleil… ou presque ?

Nous sommes en quelque sorte « programmés » pour apprendre. L’organisation de notre cerveau peut s’adapter et se reconfigurer à tout moment, en fonction des expériences que nous vivons. Certaines périodes de la vie sont plus propices à certains apprentissages. Cependant tout reste possible à tout âge : Apprendre à parler une langue étrangère, à jouer d’un instrument, ou se lancer dans la peinture prendra plus ou moins de temps, mais cela se fera et plus nous varions nos activités, plus des « connexions » se mettent en place.

 

PHOTO Xiao Long

L’accumulation des expériences au cours de la vie augmente la quantité de connaissances stockées dans le cerveau. Cette accumulation d’expériences et la complexité des connaissances qui y sont associées sont plus importantes chez les personnes âgées (logique !). En vieillissant, nous pouvons tirer profit de notre raisonnement plus affûté pour apprendre de nouvelles informations … en prenant notre temps… Alors, pourquoi s’en priver ?

Car la plasticité du cerveau « s’entretient » (comme une voiture   vidange, graissage, changements des filtres…). En restant curieux, ouvert,  en continuant à apprendre, en diminuant les facteurs de stress, en ayant des relations sociales…

…Hmmmmm, bon, voyons voir… mais, c’est bien là la démarche du Tai Ji Quan et du Qi Gong si je ne m’abuse…🙄

Donc, pas d’impatience, le surplus de mains et de pieds va disparaitre, et chaque technique apprise et mémorisée va nourrir votre cerveau qui va « s’assouplir » en même temps que vous… et l’apprentissage deviendra de plus en plus facile !

Tellement facile, que lorsqu’on a commencé, on ne veut plus s’arrêter… si, si, c’est vrai !!!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 13:04

 

Le tàijí quán est un art martial interne, ça, on le sait… mais, il n’est pas tout seul !

Les arts martiaux chinois internes ne sont pas tous aussi « connus » que le tàijí quán, ils n’en sont pas moins intéressants et  connaitre leur existence ne peut pas nuire...

Bāguàzhǎng –八卦掌  - signifie « paume des huit trigrammes ». C’est un art traditionnel, « interne » donc, tout comme le tàijí quán. Cette boxe, originaire du nord, est  liée mythologiquement aux monts  Wudang.

*Bāguà signifie donc 8 trigrammes.

Les trigrammes sont des combinaisons de « traits ».  Tout vient du Taiji (principe) qui donne le yin  (représenté par deux petits traits – un trait discontinu) et le yang (représenté par un trait unique). Ces traits se combinent (par paires/ par trois –trigrammes-, par 6 –hexagrammes). Les trigrammes sont des symboles : par exemple le Ciel (3 traits yang) ou la Terre (3 traits yin)… et chacun de ces trigrammes correspond à une orientation, (Terre=Nord ou Ciel=Sud…)

Les hexagrammes, au nombre de 64, sont le fondement du yì jīng, le « Livre des mutations ».

Comme le tàijí quán ou le xíng yì quán - , 形意拳 - « poing de la forme et de l'intention » ,  le bāguàzhǎng ne désigne pas un style unique, mais plutôt une famille d'écoles qui ont des points communs et des différences. Comme il existe de nombreuses écoles et de nombreux maitres , les positions de mains peuvent varier par exemple, ou le pas…

Un certain nombre de principes sont toutefois communs; ils sont résumés dans un texte anonyme connu sous le titre de Shi Yao Ba Fa -  十要八法 autrement dit, les Dix ordres et les huit principes comme vous l’aviez parfaitement traduit...

 

PHOTO Xiao Long

Tout est rotation, pivot ; on tourne autour d’un axe et on tourne sur soi même, le mouvement reste fluide. Le déplacement est un pas glissé, le « pas dans la boue », l’image est parlante.

 

Personnalités :

On considère Dong Hai Chuan, né dans le Hebei (1797 ? - 1882), comme le fondateur de ce style. On ne sait que peu de choses sur cet homme, artiste martial et grand voyageur, a-t-il rencontré et étudié auprès de maitres ? A-t-il été moine taoïste ? Ou criminel notoire ?

Bref, flou artistique…

Il aurait vu pratiqué deux moines taoïstes dans les monts Jiu Gong. L’histoire veut qu’il ait été surpris par ceux-ci, outrés d’être ainsi observés sans leur accord… Il devient l’élève de l’un de ces moines et suivit pendant huit ans cet enseignement. Avant de reprendre ses pérégrinations…

Il forma bien sûr de nombreux élèves par la suite.

Aujourd'hui, maître Jung Yung-Hwan 8e duan et  maître Liu Jing Ru, 8° duan (Dragon d'argent) sont les deux personnages phares de la discipline.

 

PHOTO Xiao Long

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN ARTS MARTIAUX
1 avril 2023 6 01 /04 /avril /2023 12:40

 

Le Dao Yin Yang Shen Gong est une pratique très particulière, assez peu connue encore en France. Et nous pouvons nous poser la question de savoir si cette pratique se rapproche plus du Qi Gong ou du Tai Ji Quan, en particulier pour les formes en armes…

Le plus souvent, on vous dit que le Qi Gong n’est pas martial - mais énergétique et que le Tai Ji Quan est martial et - pas énergétique… C’est une façon de faire une réponse rapide, mais cela ne signifie pas que cette réponse soit satisfaisante.

 

Le Tai Ji Quan « classique », traditionnel, a une dimension martiale forte. Nous sommes dans l’attaque/défense. On peut partir du principe que c’est cette dimension martiale qui prime, l’action se ferait de l’intérieur vers l’extérieur, la posture est assez compacte, le poids du corps est placé plutôt au centre pour plus de disponibilité. Cependant, il n'y a pas seulement un aspect martial dans cette discipline. L’aspect énergétique est bien présent. Les écoles les plus récentes ont élargi la posture, le poids du corps oscille nettement entre l’avant et l’arrière, l’aspect énergétique est plus perceptible.

 

De la même façon, on ne peut affirmer que le Qi Gong soit purement énergétique : que faire alors de ces moines, qui après un gros travail de concentration se frappent la tête avec une plaque de métal. N’oublions pas que dans le yin yang les poissons ont des yeux : le poisson noir montre son œil blanc et le poisson blanc son œil noir. Si tout est transformation, on ne peut trancher nettement et décide que tout est noir ou bien que tout est blanc. L’énergétique est à la base de toute pratique martiale – ou devrait l’être… Mais souvent cet aspect est un peu oublié.

 

Le Yang Sheng Tai Ji ressemble, vu de l’extérieur au Tai Ji Quan, que nous connaissons, mais il a son propre caractère. L’idée fondamentale des enchaînements est le Yang Sheng, c’est-à-dire « le nourrir la vie ». Ainsi, même les formes exécutées avec une arme, un sabre, une épée, un éventail, sont des formes qui se rapprocheraient pour nous presque plus du Qi Gong que nous connaissons que  du Tai Ji Quan tel que nous le connaissons par les formes de style Yang que nous pratiquons.

 

Pour Maitre Zhang Jian, neveu de Maitre Zhang Guang De,  le Tai Ji Quan est plus « mou ». Petit Dragon fronce le nez un peu lorsqu’il entend Wakalin décrire le pratiquant de Tai Ji Quan, poitrine fermée et molasson… mais cette image est utilisée pour mettre en relief sa différence avec la pratique de l’école Dao Yin Yang Sheng Gong. Le Yang Sheng Tai Ji travaille sur l’extrême tension et le relâché.

 Maitre Zhang Jian insiste sur les différences entre le Dao Yin Yang Sheng Gong et le Tai Ji Quan ou le Qi Gong classique (entendez, Qi Gong santé).

Le DYYSG est un Dao Yin GONG, dit-il : c’est dans le mouvement que l’on recherche le calme. Pour lui le Qi Gong classique part du calme et va vers le mouvement, il y a un côté méditatif, statique au départ. On est dans la détente, le calme à 100%. Le Dao Yin GONG nous permet d’atteindre calme par la pratique.

 

Le DYYSG demande de la force (Yong Li) qui alterne avec la détente (Fan Song), une détente concentrée (Yi Nian).

Le travail est l’idée maîtresse, ce n’est qu’en travaillant que l’on peut améliorer l’état de notre corps et de notre esprit. Nous devons faire un effort.

Cette idée d’effort peut nous sembler étrange, car on nous présente ces disciplines comme une relaxation permanente. Mais que serait la détente s’il n’y avait pas de travail ?

On voit dans ces explications la volonté de démarquer cette école particulière, qui pour Xiao Long est comme un point d’équilibre entre Tai Ji Quan et Qi Gong.

PHOTO Xiao Long

On peut se demander si, comme dans bien d’autres domaines, nous ne sommes pas tout simplement tentés de mettre des choses dans des cases bien définies, comme si aucun échange n’était possible, alors que le contour de ces cases n’est pas linéaire.

Lors d’un entretien, le Petit Dragon avait posé la question à Maître Zhang Guang De de savoir si les méthodes avec armes ou de paume (Zhang 1 ou 2 ou 3) qu’il avait créées étaient des Qi Gong ?

Et sa réponse avait laissé le Petit Dragon bien méditatif :

« Tout dépend de l’état d’esprit lors de la pratique. »

Voilà qui ouvre de nouveaux horizons et nous fait comprendre que les frontières, c’est nous qui les élevons. Sans doute sont-elles beaucoup plus perméables qu’on ne pourrait l’imaginer.

 

Dans les enchaînements, nous retrouvons bien des points communs avec les techniques que nous utilisons dans notre pratique habituelle de style Yang. Certaines positions pourtant, sont très spécifiques. Ce sont en général des positions assez difficiles, pensées pour renforcer le corps.

Par exemple, la position racine, très fréquente, qui permet de renforcer les jambes tout en travaillant sur de nombreux points (sur Yong Quan, sur les points Jing et les points Yuan des membres inférieurs…)

De même, nous retrouvons plus souvent que dans nos enchaînements habituels, la position du cavalier qui devrait se faire avec les genoux et les pieds bien parallèles et le dos bien vertical. C’est le coccyx qui descend vers le sol comme pour s’asseoir pour bien stimuler les jambes.

    Ces positions sont loin d’être confortables… mais, ce n’est pas le but.

 

Certains mouvements sont très caractéristiques et pourraient se résumer en un mot : la vrille.

 Les avant-bras ou les bras tournaient vrille permettent de stimuler les points Jing et les points Yuan des membres supérieurs tout en stimulant la circulation du sang et travailler la souplesse des articulations. Tourner augmente l’amplitude du mouvement et la force déployée augmente par la torsion, le travail est plus complet, plus profond.

On parle d’essorage et l’image est très parlante.

C’est comme si notre corps et nos membres étaient un linge mouillé dont on voudrait faire sortir l’eau en le tordant. C’est ce travail en souplesse dans la continuité qui nourrit le corps et calme l’esprit. En cela, cette pratique s’oppose aux « sports » qui, plus raides, plus extrêmes, peuvent nuire au corps.

 

Les mouvements de torsion du buste sont fréquents, de même que les mouvements d’extension en arrière ou ceux où l’on se penche vers l’avant pour stimuler la circulation dans Ren et Du et faire communiquer Ming Men et Shen Que afin que s’harmonise Yin et Yang et pour produire de l’énergie pour nourrir Yuan Qi.

 

PHOTO Xiao Long

 

 Le travail est partout: on garde les genoux serrés, les pieds collés quand ils sont joints pour garder l’énergie dans le centre. Pour cette raison aussi, les pieds ne sont jamais tournés vers l’extérieur, ils sont parallèles dans les positions pieds écartés. De plus on stimule les points sur les méridiens qui passent à l’intérieur du genou et des jambes.

 

On comprend pourquoi  la méthode du professeur ZHANG Guang De est répandue en Chine et dans le monde.  La méthode repose sur les mouvements traditionnels du Dao Yin (conduire l’énergie par le mouvement), élaborés et assemblés selon les règles de la médecine traditionnelle chinoise. Par son travail, chaque individu peut améliorer sa situation physique et mentale.

Il ne nous reste plus qu’à nous mettre au boulot !

Bon courage !

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
25 mars 2023 6 25 /03 /mars /2023 12:57

Une question réapparait de façon cyclique:

Peut-on se défendre en pratiquant le Tai Ji Quan?

Réponse: oui et... non !

Oui, en théorie, car c’est un art martial.

Les techniques sont efficaces et si l'on commence plus jeune que la majorité d'entre nous, si l'on s'entraine régulièrement, si l'on est en bonne forme physique, si ...

Si l'on pratique le Tui Shou, l'écoute, alors oui, on peut se défendre: on est toujours, prêt, vigilant, présent, cela devient une seconde nature (car, le Tai Ji Quan, c'est "naturel" comme vous diraient de nombreux Maitres chinois!).

Réagir instantanément, sans avoir à réfléchir et ... rapidement, nous voilà tout de même proches de l'externe !

Mais, nous sommes d'accord, cela ne s'improvise pas. C'est un long travail, comme pour tout autre art martial, et - même s'il n'est pas au premier plan - le Tai Ji Quan martial existe!

Cela demande aussi un environnement adéquat, car au delà des clés et autres applications où l'on frappe ou pousse, il existe aussi les techniques de projection. Et là... il vaut mieux atterrir sur un tatami !

Cependant, si vous êtres branché "self defense", il vaut mieux choisir le krav maga !

Oui, mais...

 

PHOTO Xiao Long

Dans notre pratique modeste, la rapidité n'est pas un but premier ( ni même second d'ailleurs...). Et il faut être réaliste, même si nous développons quelques réflexes dans le travail à deux (bloquer, dévier...) le seul réflexe salvateur en ce qui nous concerne est la course de fond...

De même, il nous est difficile de juger de l'efficacité réelle de nos applications qui ne sont pas forcément "abouties": nous les passons moins rapidement qu'en combat réel et - comme nous tenons à conserver notre partenaire dans de bonnes dispositions- voire conserver notre partenaire tout court 😀 nous n'allons pas jusqu'à leur terme.

Cela ne signifie pas pour autant que le Tai Ji Quan ne soit pas "utile": on apprend à coordonner, contrôler ses mouvements, à gérer mieux l'ensemble de notre corps, à respirer, calmer notre esprit (qui en a bien besoin...) et à éclaircir nos idées (ce qui nous permet de prendre la bonne décision... et peut-être ... de déguerpir plus vite🙄?)

  Cela ne signifie pas non plus que l'on doive totalement occulter l'aspect martial de cette discipline interne et au delà de la pratique des formes, il est nécessaire de pratiquer le travail à deux, le Tui Shou et les applications martiales.

Xiao Long regrette qu'en ce moment, le Tai Ji Quan devienne une "gymnastique de santé": bien sûr, cette discipline est "bonne pour la santé", tout exercice physique , correctement fait, est positif pour la santé globale.

 Mais si on ne veut seulement "entretenir sa santé", alors il faut seulement faire de la gym... pas du Tai Ji Quan qui est, rappelons-le, un art martial interne!

 C'est un art, donc, on ne peut l'apprendre en un clin d’œil et la patience est un maitre-mot en ce domaine. Il faut être précis et donner du sens aux mouvements.

 Il est martial: cela dit bien les choses, les mouvements ont une finalité, on ne fait pas n'importe quoi parce que c'est joli! Les "mains dans les nuages" ont une utilité, on ne fait pas que brasser de l'air en agitant les bras avec élégance...

 Il est interne: l'esprit est concentré, clair, sollicité autant que le corps, cette dimension n'existe pas en "gym" (même s'il vaut mieux penser à ce que l'on fait plutôt que de se demander ce que l'on va manger ce soir...). Nous reviendrons sur ce concept flou de l’interne…

 Et j'ajouterais,

 Il est énergétique: l'énergie circule dans les méridiens et nos techniques ont un impact sur l'ensemble du corps, la circulation du sang et de Qi.

C'est une discipline extrêmement riche et l'harmonie finale ne peut s'obtenir que si toutes les composantes sont intégrées à la pratique...

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
4 février 2023 6 04 /02 /février /2023 15:16

 

Vues de l’extérieur, nos pratiques sont faciles. On se déplace tranquillement, lentement, l’air de rien, les mouvements paraissent simples… mais ce n’est là que la surface. Tout bien réfléchi, c’est un peu comme si on regardait évoluer des patineurs sur la glace : les gestes sont fluides, harmonieux, on ne voit vraiment pas en quoi réside la difficulté… et pourtant…

Et pourtant… lorsqu’on s’initie au Tai ji quan ou au Qi gong, on s’aperçoit que le mental aussi bien que le physique sont largement sollicités. Ainsi, notre posture de base (se tenir debout et évoluer) demande déjà un peu de travail.

Vous me direz, se tenir debout, ce n’est quand même pas très compliqué ! Et le Petit Dragon vous répondra que se tenir debout est tout un art…

On pourrait parler des appuis : une des remarques les plus répandues à la fin d’un cours lorsqu’une personne n’a encore jamais pratiqué, c’est que l’on sent bien ses jambes ! Car, si l’on se tient « debout », on se tient tout de même un peu fléchi, genoux relâchés, et, dans notre école en particulier, nous nous devons de rester au même niveau pour évoluer et éviter le célèbre syndrome du yo-yo, avec des « monter/descendre » non répertoriés ! ( appelé aussi « syndrome de la grue blanche » où la grue monte vers le ciel inopinément avant de déployer ses ailes et de poser sa patte au sol…)

 

Pour pouvoir rester fléchi le temps de réaliser une forme, il faut que nos jambes soient solides. Si nos jambes sont trop faibles, alors nous aurons tendance à remonter sur nos appuis pour nous soulager et nous évoluerons  de façon discontinue avec des hauts et des bas… et de plus en plus de haut – de moins en moins de bas ;)

 Ainsi, contrairement à une idée répandue, nous ne nous reposons pas…  nous travaillons : nos muscles sont sollicités et nous pouvons renforcer nos jambes en douceur.

N’oublions pas que les Chinois disent que nous vieillissons par les jambes, par les genoux. Entretenir la musculature de nos jambes c’est aussi entretenir notre santé. (ça vous fait une belle jambe, hein, ce que je dis !)

Mais :

Il ne suffit pas d’avoir de bonnes racines et d’être bien installé dans le sol. Se tenir debout c’est aussi se tenir vertical.

 

PHOTO Xiao Long

 

On pourrait alors aussi parler d’axe : on nous dit toujours d’imaginer qu’un petit fil de soie relie le sommet de notre crâne au ciel. Cette image peut être utile, mais il est souvent difficile de la garder en mémoire tout au long d’une forme, on a déjà assez à faire par ailleurs ! Parfois alors, ce petit fils se casse, la tête par vers l’avant, ou bien vers le côté. À nouveau, il nous faut travailler. Car penser à maintenir son axe nous demande un effort.

Mais ces efforts, celui de s’étirer vers le ciel et celui d’alourdir le bas de notre corps, sont toujours récompensés (si, si, je vous assure ! Et je ne parle pas ici d’engloutir des tablettes de chocolat pour se lester).

C’est cette attitude qui va nous permettre d’évoluer ensuite aisément et avec un minimum de fatigue. C’est ainsi que nous pouvons être détendus et concentrés, stables et présents à ce que nous faisons. C’est ainsi que nous pouvons respirer au mieux. C’est ainsi que nous pouvons laisser l’énergie circuler librement dans tout le corps.

Donc, en résumé, nous avons le droit, en toute modestie (mais oui !?), de nous redresser, d’être « fiers » de pratiquer le Qi gong ou le Tai ji quan.

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 14:52

 

Mais qui est ce Martial dont on nous parle ?

Il semble toujours délicat d’aborder cette question, le Tai Ji Quan donne cette belle image lisse, fluide, reposante et hautement pacifique. Nombreux sont ceux qui ne voient dans nos mouvements que des … mouvements lents –voire mous- exécutés en « pyjama » pour le plaisir des yeux. Et c’est souvent d’ailleurs de cette façon qu’on nous « vend » : facile, accessible à tous et coooool !

C’est oublier un peu vite l’aspect martial de cet art interne.

Et comme le dirait Xiao Long, si c’est pour faire du Tai Ji Quan 100% énergétique… il vaut mieux faire du Qi Gong !

 

Parler « martial » ne signifie pas que l’on doive se taper dessus en ahanant, tout rouge et en sueur… (Là, c’est de la lutte qu’il faut faire !).

Cela signifie simplement qu’il faut tenir compte de cet aspect qui fait partie intégrante du Tai Ji Quan (ben oui, il y a « Quan » quand même dans l’histoire et Quan, c’est le poing !)

 

Alors, finalement, à quoi cela sert-il de connaitre des applications martiales ?

À donner du « corps » à notre forme en complément de la dimension énergétique, un peu de Yang dans le Yin… Pour qu’une harmonie naisse de ce jeu d’équilibre entre énergétique et martialité.

 

Est-ce pour tout le monde ?

Ce travail sur les applications martiales est à la portée de tous.

Il suffit de se pencher sur une technique, se poser la question de sa finalité, puis de tester avec un partenaire les différentes possibilités, car il y en a toujours plusieurs  (il faut renoncer à la monomanie « une technique = une application !)

Le but n’est pas –pour nous- d’être rapide ou efficace au point d’envoyer valser son partenaire (mais le sera-t-il encore  après ça?) à l’autre bout de la pièce. Le but est de voir si l’application peut-être crédible, cohérente, comprendre mieux la technique, pourquoi la main est-elle ici, comme ça ? Pourquoi ce pied là ?...

Bref, redécouvrir le mouvement de la forme dans un contexte différent : à deux et non seul, face à … l’imaginaire.

Et au-delà de cette découverte, d’adapter à notre morphologie, à nos possibilités physiques du moment une technique : donc, tout le monde peut faire…

 Pas possible ! Une technique offre plusieurs possibilités d’applications !

Tout dépend de ce que l’on recherche : les professeurs souvent enseignent les applications qui sont les plus fidèles à la technique de la forme, car le but est de montrer la finalité de la technique en question. Ce ne sont pas toujours les plus « fun », mais c’est leur pouvoir pédagogique qui est intéressant.

On peut dans une technique mettre en avant l’un ou l’autre de ses potentiels et donc varier les applications en fonction de ces choix. Il faut juste ne pas trop « déraper » et proposer des choses qui restent dans l’esprit de la technique.

 

Mais, je n’ai pas de partenaire !

Le partenaire donne de la consistance à nos réflexions, il est nécessaire bien sûr ! Mais souvent j’entends dire « Je n’ai pas de partenaire, alors… je ne peux rien faire »… Et bien si, on peut faire quelque chose : en chercher un ! (Nous sommes d’accord, ce n’est pas toujours simple…)

Il n’est pas besoin ici de trouver un super taichiste de méga niveau, l’important c’est la collaboration et l’entente, la discussion et la patience (Rome ne s’est pas construite en un jour et les applications ne « germent » pas du jour  lendemain…).

S’entrainer est un jeu , il faut juste de la bonne volonté et arrêter de se demander si on sera à la hauteur : il faut juste s’y mettre…

 

PHOTO Xiao Long

Comment savoir si l’efficacité est là... alors que les attaques sont lentes et codifiées ?

L’efficacité ne peut être « réelle » : nous sommes dans le réalisme, pas dans la réalité. Mais, nous ne sommes pas non plus dans le style « full contact », si on entend efficacité au sens de mettre HS un autre individu : non, nous ne sommes pas efficaces ! et si c’est ce que vous recherchez, il faut aller vers l’externe.

Les applications ont du coup l’air factices puisqu’on fonctionne un peu « au ralenti »…

Mais transformer une attaque, repousser, déraciner son partenaire, appliquer une clé avec modération… prouvent que la technique est bonne et qu’elle « pourrait » être efficace.

Et là, en ce qui nous concerne, il vaut mieux prendre son temps, être précis, plutôt que de vouloir être trop rapide et utiliser finalement la force et non la technique pour arriver à ses fins, au risque d’ailleurs de se blesser ou de blesser l’autre. On cherche juste à savoir si dans les faits la technique tient la route, si elle est fai

Un jeu…

Finalement, ces applications sont un jeu, il n’y a que des gagnants, car les questions que l’on se pose, la réflexion que l’on mène à deux sur les techniques nous ouvre des perspectives.

Et l’on s’aperçoit que les solutions sont infinies ! On peut même créer un duilian (combat arrangé) en travaillant sur des transitions entre les applications alternées de l’un et de l’autre. C’est un travail (non, ce n’est pas un travail ! c’est un jeu on a dit !) sans fin et extrêmement enrichissant.

 

PHOTO Xiao Long

 Contrairement à certains qui vous diront : « Alors l’application de « La grue blanche déploie ses ailes » c’est comme ça. »

Sous-entendu, point barre, il n’y en a qu’une, c’est la bonne, c’est la mienne… On se rend compte que l’on peut imaginer de multiples solutions, et en fonction de notre physique, de notre personnalité, nous pourrons choisir celles qui nous conviennent le mieux.

Le plus difficile au début, c’est de rentrer dans cette optique et de se libérer d’un certain nombre de préjugés ou d’appréhensions… et de trouver un partenaire prêt à la même démarche !

Mais ceux qui s’engagent sur ce chemin ne le regrettent pas… C’est le premier pas qui coûte !

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 18:04

 

Le Tai Ji Quan guiding, mais qu’est-ce que c’est ?

Dans guī dìng 规定, il y a guī  qui signifie  règle  ou  (verbe) planifier et il y a dìng : fixé décidé. Il est question donc ici de formes codifiées conforme à une règle… Peut-être êtes-vous comme ce gentilhomme « bourgeois » de Molière qui faisait de la prose sans le savoir… peut-être pratiquez-vous le « guiding » sans être au courant…

Le Tai Ji Quan guiding est apparu dans les années 50.

La « forme de Pékin », c’est-à-dire la forme 24 mouvements est certainement la plus connue. C’est une version simplifiée de la forme développée par Yang Cheng Fu, elle comporte moins de mouvements et certaines difficultés techniques ont été laissées de côté afin d’en faire une forme abordable par le plus grand nombre.

Pour quelques puristes cette forme n’est que gymnastique en pyjama , car pour ces personnes, seule LA longue forme 108 existe… Pourtant, c’est faire preuve d’un esprit bien étroit que d’affirmer cela : la forme 24, comme les autres formes guiding,  se pratique selon les principes et règles fondamentales de la discipline : c’est une forme à part entière –plus courte- voilà tout.

Mais peut-être le Tai Ji Quan est-il réservé aux seuls ermites qui vivent perchés sur un pied au sommet des montagnes  comme sur les photos ?

Pour certains ces formes sont standardisées et sont donc de peu d’intérêt car restrictives … mais quelles que soient les formes – ne sont-elles pas par définition standardisées, ou bien ? Chacun fait-il dans « l’impro » ? Je connais quelques Maitres qui ne seraient pas contents du tout de savoir cela ! Bref, c’est l’éternelle querelle des Anciens et des Modernes.

 

PHOTO Xiao Long

 

 Quelques repères :

En 1956 la forme 24 est créée par d’éminents experts réunis par le gouvernement, parmi eux des représentants de la famille Yang, pour simplifier l’ancienne forme traditionnelle du 108, la rendre accessible à tous – but finalement louable puisque nous en bénéficions - et l’introduire dans l’éducation de la population, afin que chacun puisse se maintenir en bonne santé (puisque la prévention est primordiale !)

Ainsi est créée la 24- forme de Pékin- non sans critiques. C’est la plus connue à travers le monde.

 

En 1957 : la 88 –forme longue- est recrée par le fils de Yang Jian Hou (1839-1917), elle est restructurée et des indications claires sont données afin que les principes fondamentaux soient respectés.

1979 : la  48 est créée par des experts dans les 5 styles appelés par le ministère des sports. La 48 représente plus de difficultés que la 24, elle  est très technique, très équilibrée, vivante, riche et variée.

C’est aussi celle qui sera forme de compétiton, pendant un temps…

Puis la forme 42 est créée pour la compétition, elle apparait pour la première fois en 1991.

Dans les années 1997 : sont créées les formes 8 et 16 afin de développer les AMC : sans doute les Occidentaux peu patients sont-ils satisfaits d’avoir ces formes pédagogiques pour mettre le pied à l’étrier…

La plus récente à mains nues est la 26 qui renoue avec des techniques et un déplacement traditionnels…

D’autres formes y compris en armes existent, comme par exemple la 32  la 42 épée ainsi que la « new classic », la plus récente ou la 48 éventail…

 

PHOTO Xiao Long

Ce n’est pas parce que certaines formes sont  dédiées à la compétition  IWUF (International Wushu Federation) qu’il faut croire que Guiding est synonyme de compétition (ce que l’on appelle le Wushu sportif/taolu) : le Guiding c’est aussi des formes pédagogiques créées pour que chacun puisse progresser à son rythme sur l’acquisition des techniques de base,  et, on peut dire que la 24 comme la 88  ou la 32 épée, par exemple, sont des formes « traditionnelles ».

Traditionnel signifie « transmis de génération en génération », la tradition n’a pas besoin non plus de remonter aux calendes grecques ! Et d’ailleurs certaines formes « traditionnelles » dites anciennes ont été parfois très amendées par les générations suivantes et les ixièmes disciples : il ne faut pas croire que les écoles soient statiques et figées. Ce serait d’ailleurs à mon sens – un contresens- car, ce qui est figé est mort, la vie c’est le mouvement, la transformation…

 

La caractéristique de cette pratique est sa fluidité, les mouvements sont particulièrement amples, circulaires, constants…

Bref, on s’y sent bien, on y respire, on y combat des ombres, l’énergie y circule…

Alors, que demander de plus ?

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

Recherche

 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

https://www.taijiqigongevreux.com/

 

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