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30 mars 2024 6 30 /03 /mars /2024 15:17

 

Xiao Long reçoit souvent des questions de se lecteurs – et les en remercie !

 Voilà une question intéressante qui a été posée par une pratiquante qui s’étonne de l’absence d’enchainements épée/fourreau en vidéo. C’est effectivement très rare et Xiao Long n’a eu qu’une seule fois l’occasion de voir un tel enchainement lors d’une rencontre Europa taichi à Paris,il y a quelques années.

Petit Dragon n’a pas réponse à tout et ne peut qu’essayer de répondre à cette question qui fait réfléchir … La grande majorité des enchainements pratiqués dans les différents styles et écoles n’utilisent pas le fourreau et, même si, dans certains films wuxia, on peut voir quelques combats où le fourreau est utilisé, cela reste anecdotique.

 

PHOTO Xiao Long

 

On peut imaginer utiliser le fourreau afin de bloquer une attaque, pour se protéger, faciliter une avancée sur l’adversaire. Son utilisation peut être légitimée. Mais la rareté de ces formes semble indiquer cependant que cela ne se faisait guère en réalité, même si on peut y trouver une certaine esthétique. L’épée occidentale, même si les techniques sont un peu différentes dans leur exécution, ne l’utilise pas non plus à ma connaissance.

Dans la majorité des formes (que connait Petit Dragon - et donc ce ne saurait être exhaustif !), l’enchainement commence avec l’épée dans la main gauche,  on effectue ensuite un changement de main pour la saisir de la main droite- ce qui suppose donc que la main droite est libre au début. Dans un enchainement épée/fourreau, forcément les deux mains sont prises et le fourreau peut être gênant pour certaines techniques ou sans utilité réelle, dans l'enchainement que j'avais vu d'ailleurs, le pratiquant déposait son fourreau à un moment donné.

Dans un enchainement « classique » (épée / sans fourreau), la main libre prend la forme d’une épée « virtuelle », ce qui nous amène à la deuxième question posée : « le fourreau fait partie intégrante de l’arme pourquoi le remplacer par l’épée magique ? ».

Le fourreau est-il partie intégrante de l’arme ? ou n’est ce qu’une protection de l’arme? Pour Xiao Long, c’est un étui qui préserve l’arme, mais qui en est distinct, il n’est pas « intégré » à l’arme dans la mesure où l'épée n'a pas besoin de fourreau pour fonctionner. On peut effectivement s’en passer pour « combattre ».

Utiliser épée/fourreau ne génère peut-être pas non plus le même équilibre, même si on peut imaginer cependant un yin yang : épée  yang / fourreau yin, d’un côté l’attaque visible de l’autre la protection ? Mais l’épée est elle-même yin yang : elle pique, mais elle bloque aussi – elle attaque et elle protège tour à tour … Le fourreau sans doute est aussi en soi yin yang, il protège mais ne peut-il pas aussi attaquer, créer une percée ? Je ne connais ni ne pratique une telle forme, je ne peux donc que proposer une approche.

La main en mudra « épée » est censée apporter un équilibre parfait : une épée dans chaque main, une symbolique, une réelle et Xiao Long aime bien cette idée du visible et de l'invisible...

 

PHOTO Xiao Long

 

Après… chacun fait comme il le sent- dans le respect des principes Tai ji jian, il faut rester cohérent et cela vaut pour toutes les formes, avec ou sans armes. Peut s'ajouter à cela la dimension esthétique: veut-on simuler un combat ou plutôt renouer avec une danse de l'épée... Tout repose sur la compréhension de la pratique et la perception que l’on a en pratiquant

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
24 mars 2024 7 24 /03 /mars /2024 18:07

 

  Après le "Shi Zi Shou", le "Shou Shi", 势.

Mais ce « Shou » là ne signifie pas « mains » comme le Shou de Shi Zi Shou ! Il veut dire « rassembler, terminer, récolter ». Et le « Shi » ne signifie pas « dix » ici, c’est un caractère différent qui veut dire « situation, configuration » entre autres…  Bref, nous l’appelons « fermeture ».

On écarte lentement les mains qui étaient croisées paumes vers nous en dirigeant les paumes vers le sol, les mains glissent l’une sur l’autre, s’écartent, puis on baisse les mains et ...

En bas:

On "remonte" en position de départ. Xiao Long aime bien cette « formule », les mains se baissent, le corps remonte… Il y a du Yin/Yang dans l’air et ces deux mouvements opposés et complémentaires lui semblent appropriés. Cependant certains préfèrent remonter sur leurs jambes au moment de croiser les mains en dix… Et d’autres encore n’ont pas à remonter… car ils ne descendent pas… Chacun le fera comme il le sent ! (Mais euh, bon, le Yin/Yang… monter quand les mains se baissent…. Xiao Long aime BIEN).

Enfin, le pied gauche se rapproche du pied droit.

 

En haut:

Une fois les mains baissée,  « posées » sur le devant des jambes, on les laisse glisser sur les côtés pour retrouver la position de départ. On rapproche les pieds et.... On a terminé!

 

Attention à :

Ne rien précipiter : Souvent, inconsciemment, on « ferme » un peu trop vite. On ne prend pas le temps, de laisser les mains passer du devant vers les côtés. Les mains descendent en direct sur les côtés.

 De la même façon, on a tendance à ramener le pied trop rapidement, en oubliant de le « dérouler » tranquillement : C’est le syndrome du cheval qui sent l’écurie et la bonne avoine qui l’y attend !

 

PHOTO Xiao Long

 

Donc, la concentration devrait (doit!) être maintenue jusqu’au bout, sans faiblesse et le rythme reste constant jusqu’à la fin, sans accélération : on y est bien dans ce 24, personne n’est pressé d’en sortir (ou bien si ?).

Il est important de rester attentif et présent à la forme jusqu'au bout, ce n'est pas évident, mais cela s'acquiert avec le temps.

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
17 mars 2024 7 17 /03 /mars /2024 17:57

Cette technique est souvent utilisée après « Ban Lan Chui » : que signifie Ru Feng Si Bi ? Allez, on joue un peu… Ru se traduit par « Comme si, être comparable à ». Feng est « fermer, sceller ». Si veut dire « semblable » et Bi « clore, fermer ». Donc, au total, on peut traduire par : « Comme pour sceller, comme pour fermer », mais plus simplement, on choisit : « Fermeture apparente ».

Reprenons : dévier, parer, coup de poing… on a fini, nous voilà poing droit en avant, main gauche en renfort près du poignet droit.

La main gauche passe sous le poing droit qui s'ouvre, les deux mains ouvertes  se "posent" à plat et se placent comme pour tirer les deux bras de l'adversaire vers soi.

Coudes et épaules restent bas et souples. On ramène vers soi les deux mains ouvertes au niveau de la poitrine, soulevant la pointe du  pied avant afin d'avoir une bonne amplitude de retrait, le poids du corps est transféré sur la jambe arrière; le corps reste droit (comme d’habitude !), tête tenue par le petit fil céleste, accroché à Bai Hui.

Puis les deux mains descendent doucement jusqu'au Dan Tian, les paumes ouvertes se dirigent vers l'avant pour repousser.

 

On peut utiliser cette technique pour se dégager d'une saisie au poignet par exemple, la main libre, passant par dessous l'autre, la dégageant, puis une main posée sur le poignet, l'autre sur le coude de l'adversaire, on peut le déraciner l'amenant vers soi sur un côté, ou le repoussant vers l'arrière ...

 

 

Attention à :

Ne pas trop avancer le corps sur la poussée, le genou risquerait de dépasser le pied un peu trop et ne serait pas franchement content d’avoir à travailler en heures sup !

On évite aussi le « yoyo », du style, j’amène vers moi haut sur mes appuis et je repousse en plongée pour faire plus « costaud ».

SHI ZHI SHOU !!!

C’est presque la fin, et on croise les mains (et pas les bras, il y a encore quelques mouvements à exécuter tout de même !) 十字手 signifie les mains (Shou) en forme de 10 (Shi).

 

Que se passe-t-il "en bas"?

Le pied gauche se ferme: on veut retrouver notre position initiale, pointe de pied vers le « miroir » qui nous fait face (et tant pis pour ceux qui ne disposent pas d’une glace dans leur salle…)!

Le pied droit s'ouvre (normal! Un brin de Yin/Yang… puisque le gauche se ferme...) et le poids du corps passe à droite. Afin de faire passer "naturellement" le poids du corps de l'autre côté c’est-à-dire le gauche (il faut suivre un peu !). Le pied droit se ferme à son tour: on prend appui sur l'intérieur du pied droit pour le replacer près du pied gauche. Cette manœuvre permet de gagner en stabilité et en confort pour ramener le pied droit sans donner un grand coup de lombaires : ménagez-les, elles vous le rendront bien… Et la fluidité du mouvement n’en sera que meilleure.

Enfin les pieds sont parallèles...

 

Que se passe-t-il "en haut"?

Dans la phase "fermer le pied gauche et ouvrir le pied droit" la main gauche ne bouge pas vraiment, elle peut s’imaginer en blocage latéral pour lui donner un peu de sens ; la main droite, elle, suit la trajectoire globale du corps et va vers la droite, à l'horizontale: on se retrouve bras écartés. Et les mains (qui généralement suivent les pieds...! Quoi que…) se rapprochent lorsque les pieds se rapprochent en un mouvement du "jardinier qui ramasse les feuilles d'automne".

Les mains se croisent "en dix". Shi: + (enfin un caractère facile à retenir!!!) signifie 10. Durant ce passage, on évitera de chercher la petite bête dans les feuilles sèches, le dos restera vertical et nos jambes ne nous descendront que modestement pour nous éviter de piquer du nez vers le sol... On reste digne ! 

Attention à :

  • Bien exécuter le mouvement d’ouverture et fermeture des pieds afin d’être à l’aise sur vos appuis et de ne pas forcer sur vos genoux ou sur votre dos : on pratique le Tai Ji Quan pour rester en bonne santé et pas pour se détruire les articulations…
  • Conserver une bonne position du corps, le plus souvent, on se penche beaucoup trop vers l’avant (en sortant le postérieur !) ce qui est loin d’être harmonieux et ne contribue aucunement à notre équilibre.
  • La main droite est posée devant la main gauche dans le « dix », elles se placent au niveau du visage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
10 mars 2024 7 10 /03 /mars /2024 17:38

 

Shan Tong Bei   que l’on trouve traduit de différentes façons : Shan peut être « briller, étinceler ou esquiver », Tong signifie « passer à travers », communiquer et Bei se traduit par « bras », (bi), on trouve aussi bei, dos,  mon tout serait alors « L’éclair traverse le dos » (à ne pas confondre avec un lumbago qui se déclare !) ou « Esquiver la force avec les bras » (style Chen).  On imagine alors que l’on frappe avec la rapidité de la foudre…

Il existe en fait, en Chine, une race de singe aux bras longs qui peuvent se gratter le dos facilement et que l’on nomme « Tong Bei Yuan ».

Nous (style Yang école guiding) appelons cette technique, « séparer les mains comme un éventail », sans doute parce qu’on y retrouve un mouvement d’ouverture de bras similaire à un éventail qui s’ouvre… car il y a Shan bras et Shan éventail…. Bref, retenons l’image…

 

PHOTO Xiao Long

Sortons notre aiguille du fonds des mers et …tout en soulevant le pied gauche, les mains se rejoignent : la main droite remonte, paume vers soi, pendant que la main gauche jusqu’alors sur le côté se replace au niveau du coude de la main droite, paume vers le coude (« l’éventail » est fermé). Puis, je pose le pied gauche pour passer en Gong Bu pendant que les mains s’écartent, « l’éventail s’ouvre », la main droite au niveau de la tête, paume vers l’extérieur ; la main gauche poussant vers l’avant au niveau de l’épaule.

Que faisons-nous ?

Comme toujours, il y a plusieurs possibilités. On peut, dévier et se protéger avec le bras droit et pousser ou frapper sous l’aisselle notre partenaire avec la main gauche. On peut aussi dévier et saisir une attaque de poing avec la main droite et appliquer une clé à l’aide de la main gauche au niveau du coude du partenaire. On peut…faire plein de choses plus ou moins gentilles…

Points clés :

  • Ne pas lever excessivement le coude droit en dépliant l’éventail
  • Bien synchroniser passage de poids du corps dans la jambe avant et utilisation de la main gauche en frappe ou poussée afin de mobiliser l’ensemble du corps et pas seulement les membres supérieurs.
  • Savoir s’arrêter en finition, pour que le genou ne dépasse pas le pied !
  • Conserver un écartement de hanche naturel (ne pas avoir les pieds sur la même ligne !) et bien passer la hanche afin que le bassin soit engagé et le gong bu de finition correct.
  • Accessoirement, respirer, cela peut être utile, en respectant la règle : préparation en inspiration, finition en expiration.

     

Dernier virage…BAN LAN CHUI…

 

Éventail ouvert, nous voilà au bout de notre ligne… il s’agit encore une fois de se retourner (Zhuan Shen) et après un revers du poing, d’avancer pour donner un coup de poing.  !

Ban signifie « remuer, déplacer » ici « parer », Lan veut dire « bloquer, barrer », Chui « battre, marteler ». Muni de ces informations précieuses… passons à l’action !

 

Pour se tourner : le poids du corps passe dans le pied droit et on pivote sur le talon du pied gauche tout en reformant un ballon main gauche en haut, pouvant servir de protection, main droite en bas. La main droite se transforme en poing. Le pied droit se soulève et se replace alors que la main droite jusqu’alors « cachée », remonte pour effectuer un blocage latéral ; la main gauche descend. On prend appui dans le pied droit dont la pointe s’oriente à 45°, les bras s’ouvrent.

La main droite vient se replacer en poing à la taille, pendant que la main gauche se replace devant le corps en un mouvement de blocage, on avance en posant le talon du pied gauche.

Le poids du corps passe dans le pied gauche en même tant que l’on réalise le coup de poing. Le poing caché à la taille sort horizontalement et frappe, la main gauche venant en renfort sur l’avant-bras droit.

 

Attention à :

La synchronisation haut/bas. Les mouvements du haut sont amples, il faut contrôler le déroulement des pieds pour coordonner correctement et que la technique reste harmonieuse et parlante : si, au final, le poids est déjà dans la jambe avant, alors que le poing n’est pas encore arrivé, il faudra beaucoup d’imagination pour croire que ce coup porté –avec le bras seul et non pas tout le corps- puisse avoir une efficacité quelconque.

Nous voilà bien proches de la fin de l’enchainement!.

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
2 mars 2024 6 02 /03 /mars /2024 16:31

 

J'entends encore ce jeune dragon aux dents longues et aux griffes acérées dire à Xiao Long: "Le Tai Ji Quan, c’est facile, c'est lent, c’est comme de la gym en pyjama !". Il en faudrait beaucoup plus que ça pour mettre Xiao Long hors de lui. Il a appris à contrôler ses émotions et à respirer profondément devant ceux qui eux, ne manquent pas d'air!

Voilà bien des idées préconçues ! Ce n’est pas si facile, ce n’est pas toujours lent et ça n’est en aucun cas de la gym…

Une question se pose: à qui s’adresse le Tai Ji Quan ?

 Aux jeunes ? Aux vieux ? C’est une fausse question, en réalité il s’adresse à tous. Cela n’a rien à voir avec l’âge, cela à voir avec la patience…

Le Tai Ji Quan, c’est un sport: les articulations travaillent, les muscles bougent, on se déplace (pas vite, d'accord... mais on avance!). On peut jouer en solo, ou jouer duo (duilian/combat arrangés) ou "collectif " (démonstration en groupe)... On peut même jouer en solo dans le collectif... comme en foot quoi...mais ça, c’est une autre histoire….

Le Tai Ji Quan est plus qu’un sport, c’est un art. "Art" vient du latin (aïe!) ars, artis qui signifie talent, habileté, métier, connaissance technique...

C’est un 功夫, gōngfu quoi! Et l’art demande de la patience : gōngfu c’est le travail, la maitrise, le perfectionnement, c’est l’apprentissage auprès d’un maitre-artisan pour acquérir la technique. Le 工夫茶, gōngfuchá par exemple est « l'art du thé », c’est savoir le préparer correctement selon les principes établis.

 

PHOTO Xiao Long

La patience, c’est sans doute une qualité qui tend à disparaitre aujourd’hui. On est un peu dans le tout,  tout de suite… Oui, mais là, ça ne marche pas ! Et puis, on voudrait réussir d’emblée et sans mal, mais le Tai Ji Quan, c’est comme le patinage artistique, c’est chouette à regarder,ça à l’air facile, c’est lent, ça glisse tout seul… oui, mais… il y a un vrai travail derrière.  Et voilà le mot qu’il ne faut pas dire : travail !

 Si on s’inscrit à une activité après le travail,  ce n’est pas pour travailler ! Il est plus facile d’imiter les mouvements d’un professeur que de les apprendre puis de les comprendre. Pourtant, c’est ce travail même qui est « relaxant », impossible de penser à autre chose qu’à ce que l’on fait, la tête se vide du quotidien et de ses problèmes.

On ne va pas passer en revue tous les bénéfices que la pratique peut nous apporter : ils sont nombreux et reconnus.

Le Tai Ji Quan est une recherche, un travail sur soi, et peut devenir un nouvel art de vivre. Ouvrir l'esprit, contrôler le corps, améliorer la concentration, prendre de la distance face aux évènements: voilà qui s'adresse à tous quel que soit l'âge.

Et puis, il ne faut pas oublier qu’apprendre le Tai Ji Quan , ce n'est pas seulement glisser artistement en lenteur en exécutant une chorégraphie particulière, l'apprentissage peut être aussi "dynamique": Etudier les armes, travailler à deux en tuishou ou sur la finalité des mouvements connus, il n'y a pas de quoi s'ennuyer!

 Donc le Tai Ji Quan s’adresse à tous ceux qui ont envie de choisir une activité sur la durée, il n’existe pas de « fast taijiquan » ! (bémol : il existe effectivement des formes rapides dans certaines écoles, mais on les apprend tout de même sur la durée !).

Tout prend du temps dans la nature !

 

PHOTO Xiao Long

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
24 février 2024 6 24 /02 /février /2024 14:49

Le coq va se reposer et une jeune fille prend le relais : Yu Nu Chuan Suo.

Yu se traduit par « jade », le jade est ce qu’il y a de plus précieux, de plus doux, de plus beau. C’est une pierre-talisman, une pierre sacrée.  Nu signifie « femme, fille ».

Les termes Yu Nu ensemble évoquent une femme d’une beauté et d’une grâce sans pareilles.

Chuan c’est « percer, traverser, pénétrer » et Suo est la navette (d’un métier à tisser). Chuan Suo décrit le trajet de la navette qui passe entre les fils de l’étoffe que l’on tisse. Le geste demande une grande dextérité et une grande précision.

 

Ainsi donc, le coq pose sa patte gauche au sol en diagonale et en expirant, pendant que les mains reforment un « ballon », main gauche en haut (droite en bas donc…). La main gauche passe en bas, paume vers l'avant, la main droite en haut, paume vers soi.

Puis tout en prenant appui sur le pied droit et en inspirant, la paume de la main droite se tourne vers l'extérieur, comme si on bloquait un coup venant de haut en bas avec son avant-bras. La main gauche "remonte" (de la hauteur du ventre à hauteur de poitrine) pour repousser l’adversaire. On expire. Il est important de synchroniser la poussée de la main avec le transfert de poids afin que cette poussée soit initiée par le corps et non par le bras seul.

Le poids du corps se replace dans le pied gauche, la pointe du pied droit se "referme" pour retrouver l'axe de déplacement. Les deux mains décrivent une sorte de S, l'idée étant de dévier une attaque adverse en diagonale, avant de saisir à nouveau le ballon, main gauche en bas cette fois, main droite en haut.

Le pied gauche se libère pour se replacer à 45° à gauche de l'axe de déplacement (les fils de l’étoffe commenceraient-ils à s’embrouiller ?). On inspire. Même mouvement à gauche cette fois pour finir, main gauche en haut en blocage, main droite en

PHOTO Xiao Long

poussée. On expire.

Les clés :

  • Conserver la forme ronde du ballon pour le faire "rouler" (pas de galette bretonne, même si c’est délicieux !).
  • La main qui bloque en haut est placée au-dessus et en avant de la tête (pour ne pas se laisser assommer par l'adversaire et recevoir en prime son propre bras...).
  • Pour la transition en S, imaginer que l'on dévie le bras de l'adversaire pour garder un écartement logique entre les deux mains (une distance poignet/coude).
  • Ne pas zapper les changements d'orientation, bien aller vers les côtés pour réaliser la navette, prendre le temps de bien repositionner la pointe du pied sur l'axe à chaque fois, pour ne pas avoir le corps dans une direction et le pied dans une autre, ce qui casserait l'harmonie et défierait toute logique (sans parler des genoux qui ne seront pas d'accord non plus et vous le feront comprendre douloureusement...)
  • Le mouvement est très fluide, très rond, très agréable (si, si !), sans contrainte. La fille de jade lance la navette en douceur (ne pas confondre navette et club de golf...)

 

L’AIGUILLE AU FOND DE LA MER !

La fille de jade a terminé son tissage…, mais... son aiguille est tombée au fond de la mer! Il n’y a plus qu’à aller la chercher ! Hai Di Zhen…海底  Hai signifie « mer », Di est le fond : Hai Di est donc le monde sous-marin. Zhen est l’aiguille. Il existe une expression « Hai Di Lao Zhen » qui signifie « repêcher une aiguille dans la mer », équivalente à notre « chercher une aiguille dans une botte de foin » !

Que se passe-t-il... en bas?

Le poids du corps est dans la jambe gauche à la fin du mouvement précédent, on y place progressivement tout son poids afin de libérer le pied droit qui avance d'un demi pas. Progressivement, on "s'assoit" sur sa jambe droite, ce qui libère... la jambe gauche (bien sûr!). Le pied gauche se repose, pointé devant.

Que se passe-t-il en haut?

L'élément essentiel dans le mouvement du haut du corps reste la taille (toujours la taille !): ce ne sont pas tant les bras qui "bougent" que le haut du corps tout entier. Très souvent, la tentation est de "piquer au fond de la mer" en restant immobile au niveau de la taille, ce qui rigidifie le mouvement du spéléologue.

Pour plus de « fluidité » (Ne vous en faites pas, tout baigne…) c'est la taille par sa torsion qui ramène les bras vers le côté droit du corps, les mains restent assez fidèlement dans la position initiale (fin "fille de jade"). Simultanément, l'appui passe sur la jambe droite. On inspire (il peut être utile de penser à respirer, le « Grand Bleu » a oublié et cela ne lui a pas vraiment réussi…).

Puis au moment où le pied se pose pointé devant, on brosse avec la main gauche, et la main droite - dans un mouvement circulaire (du type roue d'ancienne locomotive à vapeur – mais en plus smart!!!?)- remonte légèrement du côté droit avant de piquer vers le bas. On expire.

Les clés :

*Ce n'est pas parce que l'on vise les profondeurs, qu'il faut plonger en avant et "piquer du nez" par la même occasion. Le regard est dirigé vers le bas, on admire les petits poissons, pas ses pieds...

 

PHOTO Xiao Long

Le dos reste droit: on est légèrement penché vers l'avant, dos droit. Eh oui, le dos peut être droit alors que l'on se penche... (Il n'est pas vertical: vertical signifie droit sur l'axe Terre Ciel).

 

*Pensez à ne pas trop rapprocher le pied arrière du pied avant dans le demi pas pour conserver un bon équilibre.

 

Alors cette aiguille ? L’avez-vous enfin trouvée ?

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
17 février 2024 6 17 /02 /février /2024 14:39

Après le coup de talon à droite, voilà Shuang Feng Guan Er !

La traduction la plus fréquente est: « Double vent traverse les oreilles », et elle n’a vraiment rien à voir avec le tigre… On imagine bien ce double vent, les deux poings, qui passe par les oreilles… ce genre de courant d’air ne doit pas être très agréable !

Mais il ne semble pas qu’il soit question de vent si l’on s’en tient aux caractères chinois : On trouve parfois celui de « Feng » qui signifie sommet/pic/ cime et on pourrait traduire cette technique par : « Deux pics transpercent les oreilles » : les pics seraient les poings… Et parfois celui de Feng qui signifie « tranchant, acéré » ! Tous ces homonymes nous font tourner la tête !

… Mais d’autres traductions encore sont proposées  « frapper aux tempes » ou « double attaque aux oreilles » ou « double spire traverse les oreilles »… Alors, bref…

Une fois le coup de talon donné, les mains se replacent, paumes vers le ciel, devant le corps et la jambe droite se replie.

 Puis, le talon droit se pose au sol pendant que les mains reviennent vers la taille. On inspire.

Enfin, les poings se forment et on passe en Gong Bu, pas de l’Archer, pour frapper des deux poings. On expire.

PHOTO Xiao Long

Les poings ( !?) clés :

Prendre le temps de ramener les mains à la taille, ouvertes : ne pas former les poings trop tôt.

Lorsqu’on passe en Gong Bu, attention à ne pas se pencher en avant exagérément, le genou ne dépasse pas le pied, la tête reste droite, le regard se porte devant soi (pas vers le sol !).

Les poings, en finition, ne sont pas trop proches : il faut imaginer une tête entre ces deux poings. L’écartement doit être « raisonnable », à moins d’avoir à faire à une victime des indiens Jivaros, ils ne se touchent pas.

Puis, on va se retourner et donner un coup de talon de l’autre côté avec le pied gauche cette fois.

 

SERPENT QUI RAMPE…

C’est le moment de parler des choses qui fâchent : Xia She Du Li !

On vient de donner fièrement un coup de talon avec le pied gauche et voilà que tout se complique : on ramène le pied gauche ainsi que les bras jusqu’alors écartés. La main droite forme le crochet (Gou) comme pour le simple fouet. La main gauche se place devant le corps, doigts en directions du poignet droit. Le pied gauche est pointé près du pied droit (appui). Et c’est parti pour faire le serpent…

On écarte le pied gauche, le posant légèrement en arrière (pour éviter d’avoir les deux pieds sur la même ligne !), l’appui est à droite, les deux pieds pour le moment parallèles. Cette position basse s’appelle Pu Bu… Nous en reparlerons !

La main gauche suit le mouvement et descend devant, le long du corps, paume vers soi. Lorsque la main gauche arrive au genou gauche, la main se tourne, paume vers l’extérieur, doigts pointés vers l’avant pendant que le pied gauche s’ouvre, pointe de pied sur l’axe de déplacement.

Puis le pied droit « verrouille » derrière, on passe la hanche droite (bassin face sur l’axe de déplacement). La main droite suit le mouvement, descend  le long du corps et les doigts réunis du crochet se retrouvent pointés vers le ciel.

Voilà pour Xia (en bas) She (serpent). Il est temps de parler de Pu Bu ! À vrai dire, il y a position basse et position basse… il y a serpent qui rampe et serpent qui rampe… moins ! Dans l’expression « serpent qui rampe », il y a de l’élégance, de la fluidité, de la discrétion : hors de question donc de rester bloqué en bas, de tirer la langue pour remonter ou de faire appel à une grue ou autre poulie. Une seule consigne : modestie !

« Tout ce qui descend, doit un jour remonter »

(Proverbe des plus célèbres de Xiao Long).

 

Le plus important est de respecter la technique et de garder une bonne position du corps (on ne pique pas du nez vers l’avant, et on ne ressort pas le postérieur pour équilibrer la posture !). Il n’est pas nécessaire de plonger très bas pour que le mouvement soit effectué correctement.

 

Après « Xia She », voilà Du Li (comme dans Jin Ji Du Li, le « coq d’or sur une patte »).

Le poids du corps est passé de la jambe droite dans la jambe gauche, on est face à l’axe de déplacement. On prend appui dans la jambe gauche, et les mains servent de balancier : la main gauche qui était en haut, descend pendant que la main droite qui était en bas, monte. Comme pour le « Coq », on se retrouve sur un pied (gauche), genou droit levé, main droite au-dessus du genou.

« Tout ce qui se fait d’un côté, se fera de l’autre côté »

(Autre proverbe non moins célèbre de Xiao Long !)

Je ne vais pas vous laisser sur la branche, le pied droit en l’air : On va reposer le pied droit à côté du pied gauche, ouvrir à angle droit le pied gauche tout en descendant la main droite qui rejoint le poignet de la main gauche qui forme le crochet. Et on peut repartir dans l’autre sens avec le Xia She et le Du Li qui suit. Voilà une grande aventure qui se termine heureusement… Suite au prochain épisode –

Recette de la maison : on peut ouvrir un peu la pointe du pied  d’appui du serpent ou du coq, afin de faciliter soit la descente, soit la bonne tenue de l’équilibre sur un pied.

 

Le serpent qui rampe ci-dessous, exécuté par un membre de l'équipe de Chine , venue à Rouen en 2015, est à regarder - et non à imiter: nous ne sommes pas des champions... juste des pratiquants , attentifs à leur santé et leur bien-être. Ce qui compte c'est la justesse de la technique et non la performance.

PHOTO Xiao Long

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
10 février 2024 6 10 /02 /février /2024 14:20

Après quelques nuages, le mouvement du simple fouet (Dan Bian) est reproduit comme précédemment. Puis arrive Gao Tan Ma, « flatter l’encolure du cheval » et, on a de la chance, celui-là n’est pas sauvage !

Le haut :

À la fin du simple fouet, la main droite en crochet s’ouvre, puis se place paume en coupe, vers le ciel, pendant que la main gauche se place aussi paume vers le ciel. Le regard se porte sur la main droite pendant cette préparation.

Le bas :

Pendant ce temps, les jambes aussi ont leur mot à dire, le pied droit, arrière se rapproche en demi-pas et devient jambe d’appui, libérant ainsi le pied gauche qui reste pointé au sol devant.

Dans cette position, la main droite vient glisser à l’horizontale sur la main gauche, paume vers le sol ; l’épaule droite avance un peu grâce au pivot de la taille.

Puis la main gauche, qui s’est placée naturellement (eh oui !) sur le côté gauche, passe au-dessus de la main droite, paume vers le ciel : les mains sont croisées, main droite dessous, main gauche dessus. Pendant cette opération, le regard suit la main droite d’abord, puis la main gauche.

Pas de poing cette fois pour « attaquer », mais la main ouverte, les doigts pointés vers l’avant. On peut par exemple imaginer que la main gauche saisit le poing de l’adversaire (on peut même le tordre un peu… gentiment … ou pas …) alors que la main droite attaque avec les doigts au niveau de la carotide.

 

Points clés :

Comme toujours sur les demi-pas, on prendra garde à ne pas rapprocher trop les pieds l’un de l’autre afin de conserver une bonne stabilité.

Le pied vide, devant est… vide : le poids du corps repose sur la jambe arrière. Cette position permet ensuite de soulever le pied pour le mouvement suivant sans casser la fluidité des mouvements.

PHOTO Xiao Long

DENG JIAO à droite

Deng Jiao est un coup de talon, à ne pas confondre avec Fen Jiao où le pied est pointé. Et l'équilibre sera une fois de plus à l'ordre du jour... Alors, pour donner son coup de talon, l’air de rien, détendu, naturel, voilà quelques « trucs ».

Je termine le Gao Tan Ma, pied gauche pointé devant. Les mains se sont croisées à l’horizontale (gauche au-dessus de la droite).

On sépare les mains au niveau du visage et on repose le pied gauche dans le sens de la marche, légèrement ouvert.

On  s'ancre au sol, tranquillement (c'est du Tai Ji Quan, le jeet kune do, ce n’est plus pour nous!), pendant que les mains décrivent un mouvement circulaire (du visage vers le bas).

Je soulève le pied droit, genou plié, les mains remontent, croisées, main droite à l’extérieur, jusqu’au niveau de la tête.

Puis je déplie « artistement » ma jambe pour donner mon coup de talon à 45°, tout en poursuivant le mouvement des bras qui s’écartent vers les côtés, le bras avant, au-dessus de la jambe levée, légèrement plus bas que le bras arrière.

Puis je replie en douceur la jambe en ramenant les mains ouvertes, paumes devant soi, en reposant le talon droit au sol….

Suite au prochain épisode, mais on n’allait tout de même pas rester sur un pied  jusqu’à la prochaine émission !

Points clés :

La modestie avant tout :

Le coup de talon se fait à une hauteur raisonnable, personne ne vous demande de la jouer « french cancan ». Il n'est pas primordial de lever haut la jambe. Ce coup de talon peut viser les côtes, il peut aussi viser le genou (aïe) ou le tibia (ouille !), voire la cheville de l'adversaire. L'important est d'être stable et "confortable"… et naturel (on ne tire pas la langue, on ne travaille pas l’apnée, on ne part pas en arrière…).

La lenteur :
Il est nécessaire de prendre le temps, cela signifie : ne pas zapper la phase où la jambe monte ou descend repliée. Si la jambe se soulève directement, le déséquilibre menace! On part en arrière et on languit d’atterrir.

(Pour les "trucs" sur l’équilibre, revoir les articles sur le sujet dans la catégorie Tai Ji Quan).

La respiration :
On inspire en montant le genou, pour être en expiration sur le coup de talon.

La souplesse :

Éviter de raidir les bras ou/et les jambes : il n’y a jamais de tendu-articulation bloquée !

 

   

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
3 février 2024 6 03 /02 /février /2024 14:07

Poursuivons....

 

Il est temps de passer au simple fouet. Dan peut se traduire par « simple » ou « unique » et Bian par « fouet » de cuir, de rotin… Il existe en Chine une arme traditionnelle, le « Jiu Jie Bian », fouet ou chaine à neuf sections.  

Le simple fouet est une technique que l'on retrouve souvent. Dans la forme 88, la forme longue, le Dan Bian revient une dizaine de fois : on a (dan) bian le temps de peaufiner !

Les pieds :

Après Lan Che Wei, nous sommes en Gong Bu (pas de l'archer), poids sur la jambe droite (en avant). On passe le poids sur la jambe arrière (la gauche donc!), puis le poids du corps revient dans la jambe droite: le pied gauche se rapproche et se place, pointé, à côté du pied droit.

Pour simplifier, on se balance d’un pied sur l’autre…

Les mains : Ah oui ! Les mains... Car, il n’y a pas que les pieds… les mains aussi ont des choses à faire !

Lorsque le poids du corps se replace en arrière, la main droite part en arc de cercle par le bas, continue sa route en arc de cercle pour se replacer sur la droite en « crochet », poignet cassé, doigts réunis, (Gou), sur la droite, à hauteur de l'oreille. Pendant ce temps, la main gauche s’active aussi et part en arc de cercle, par le bas, avant de se replacer à hauteur de l'avant-bras droit.

Accessoirement, on évite l’apnée : on inspire...

 

Épisode II :

Le bras gauche s'ouvre, s'éloignant de la poitrine, en arrondi alors que le pied gauche (qui était en léger appui sur sa pointe) se soulève et se repose en avant  (sur l'axe de déplacement donc) par le talon.

Et ENFIN, on déroule le pied gauche, pour terminer en Gong Bu, plaçant la paume gauche vers l'extérieur comme pour pousser. On expire.

Points clés :

Pour une belle stabilité :

  • Garder le corps vertical.
  • Conserver l’écartement de hanches pour l’épisode II.
  • Coordonner le déroulé du pied gauche et le déroulé de la main qui pousse (éviter d’être déjà en appui avant alors que la main n’a pas encore poussé !)

Pour ne pas « loucher » :

  • Le regard suit les mains, cela ne veut pas dire que l’on regarde sa main ! Les yeux voient et suivent les trajectoires des mains (à gauche, à droite, devant), mais ne fixent pas les mains, on regarde un peu au-dessus – ce qui permet aussi de ne pas baisser la tête et de bien garder l’axe du corps.

 

Et martialement parlant?

Ce ne sont pas les interprétations qui manquent : ce serait plutôt le temps pour les expérimenter sur le « terrain ». Le plus souvent le nom « simple fouet » est interprété comme suit : le corps est un  « bras », qui va donner l’impulsion au « fouet » qui est le bras (on suit toujours derrière ?). La main en crochet est le bout de la lanière…

Xiao Long propose d'interpréter le crochet de la main en blocage/saisie ou en frappe.

Si l'on saisit de la main en crochet, on peut ensuite frapper ou pousser de la main ouverte en avant, sous l'aisselle (par l'extérieur), au plexus (par l'intérieur).

Si l'on pare et dévie une attaque de la main ouverte, le crochet peut servir à frapper au visage, à la gorge...

(Attention : ne pas oublier qu’un partenaire est précieux et rare ! Ne tapez pas trop fort sur le vôtre… surtout qu’après – dans la phase deux, c’est vous qui allez servir de punchingball!)

Attention!😉

Toutes ces techniques bien sûr doivent rester fluides....

PHOTO Xiao Long

LES MAINS DANS LES NUAGES…

Les mains dans les nuages (et les pieds dans les flaques –en ce moment !), Yun (nuages) Shou (mains) est un bien beau mouvement qui demande une gentille synchronisation haut/bas…

Pour les « mains dans les nuages », la tête n’a pas intérêt à y être !

On achève le « simple fouet » (Dan Bian), en Gong Bu (pas de l’archer), appui jambe avant donc (la gauche).

On va refermer le pied gauche (pointe du pied vers un miroir virtuel pour ceux qui n’ont pas la chance d’en avoir un dans leur salle !), passer le poids dans la jambe droite, puis on repassera le poids dans la jambe gauche.

En même temps, la main droite, en crochet (Gou) s’ouvre, et amorce sa descente, pendant que la main gauche descend vers le bas et passe devant le corps.

Les mains décrivent un mouvement en forme de « jet d’eau » alternatif, du centre vers l’extérieur. Et en bas, il s’agit d’un genre de pas chassé trèèèèès lent (tai ji quan  quoi…).

Cela vaut la peine de se donner un peu de mal, car il faut reproduire ce mouvement 3 fois.

 

Les clés :

Les pieds:

Ils se déplacent latéralement, le pied droit va se rapprocher du pied gauche  et l'espace entre les deux pieds est d'un ... pied... à peu près. On ne joint pas les pieds, ce qui nous donne un meilleur équilibre.

Le pied se déroule à chaque fois du talon vers la pointe, se repose de la pointe vers le talon.

Les genoux sont parallèles –si possible- on ne fait pas chasse-neige, pointes en dedans ; on ne joue pas les canards non plus… pointes en dehors.

Les mains:

 Elles se meuvent dans les nuages (et pas dans du béton !), souples... légères.

La synchronisation pieds/mains est un point délicat. On peut globalement se repérer sur trois points : quand la main droite est en haut, le pied gauche est allégé ; main/pied sont sur une diagonale. Quand les pieds sont rapprochés, les mains sont au centre, droite en bas, gauche en haut. Quand je déplace le pied droit vers la droite, la main gauche est en haut… L’image même du parfait Yin Yang !

Une fois /, une fois I et une fois \ et hop, on repart !

Le regard :

 Il suit les mains au niveau du visage en alternant, une main passe, on la suit, l’autre main passe devant les yeux, on la suit. Le regard « suit le mouvement des mains » signifie que l’on suit le mouvement, pas les mains ! Si votre regard se fixe sur la main elle-même, au deuxième nuage, on ne saura plus où l’on habite!

Le corps :

C'est un mouvement dans lequel la taille joue un grand rôle, c'est elle qui permet l'amplitude du mouvement.

Le changement d’appui se fait sans faire « yoyo » ou montagne russe, on reste à la même hauteur (d’où l’intérêt de bien choisir sa « hauteur de croisière » dès le début… modestie, modestie…)

Accessoirement je n'oublie pas de respirer, ça peut aider! Main droite en bas, inspirer, main droite en haut expirer…


Application(S) :

 Comme toujours, elles sont nombreuses ( clés, projections, frappe... ! Et votre adversaire (car il n’est plus question de partenaire après tout ça !) ne verra plus aucun nuage…  Il ne verra que des étoiles (au moins 36 !)

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
27 janvier 2024 6 27 /01 /janvier /2024 15:52

 

Repousser le singe "dao juan gong", 4fois, fait suite au "pipa". Dans la forme 8 mouvements, tout se passait bien: les pieds restaient fixés au sol et il n’y avait pas à s’en préoccuper. Dans la forme 16, on repoussait 2 singes et ici... il va falloir en repousser 4 !!! Une famille entière !

 Les mains:

La main droite descend, bras relax, et va décrire un demi-cercle à 45°, la paume regarde naturellement le ciel. La taille initie le mouvement. Et la main gauche se replace devant soi, en avançant un peu le bras vers l'avant, paume vers le sol au même moment (enfin, on essaye!), les bras ne sont pas "tendus, bloqués".

La main gauche se tourne vers le ciel à l'instant précis où la main droite se tourne vers la terre. C'est une phase d'inspiration (comme pour les artistes, l’inspiration, il n’y a que cela de vrai). Inspiration d'autant plus utile que ... le pied droit se soulève au moment où... les mains commencent à monter.

 

PHOTO Xiao Long

 

Les pieds:

La pointe du pied gauche se repose au sol derrière le pied droit, au moment où la main droite, paume vers le sol, commence à glisser sur l'avant-bras gauche pour repousser les animaux en question.

C'est une phase d'expiration, d'ancrage au sol. Veillez à ne pas "croiser" les pieds (ce n’est pas du Tai Ji irlandais! Quoi que...): si le pied gauche se pose trop près derrière le pied droit, l'équilibre est plus difficile à tenir. La "torsion" ne vient pas de la position des pieds, mais de la flexibilité de la taille (sinon, « c’est de la triche »).

 

Penser à:

  • Le corps reste vertical: le déséquilibre peut pousser à se pencher trop en avant (surtout si on a à faire à un gorille).
  • Le regard suit la main droite.
  • Les mouvements des bras sont détendus, on ne retient pas le bras lorsqu'il descend, on remonte en arc de cercle (pas de coude proéminent!).
  • On place sa respiration pour inspirer lorsqu’un pied se soulève pour améliorer son équilibre…

 

Récompense:

Une fois réalisé à droite, repousser le ouistiti s’effectue à gauche...!

Pareil... en vice versa! (lumineux non?)

 

Après « Dao Juan Gong » (repousser le singe), nommé également « Dao Nian Hou » qui peut se traduire par « le singe bat en retraite », nous allons devoir nous occuper des oiseaux…

« Lan Che Wei », ce mouvement que l’on retrouve dans toutes les formes se traduit par « saisir la queue de l’oiseau » (ou du moineau…). Il y a beaucoup à dire à ce sujet, alors, accrochez vos ceinture, on est partis !

 

C'est un mouvement qui regroupe 4 techniques de base du Tai Ji Quan que l'on retrouve sous le nom de "4 portes" ou "4 potentiels" : Peng (parer), (tirer ou rouler vers l'arrière), Ji (presser), An (pousser). Bien, bien… mais que sont ces potentiels ?

  1. Peng: sert à parer, à se protéger, sert à pousser aussi: il est "expansif". C'est l'idée du ballon qui grâce à son élasticité reste solide et "plein", même si on appuie dessus pour le comprimer. Une belle image en est donnée dans « Tai Ji Master » avec Jet Li qui veut enfoncer une balle sous l’eau et la voit sans cesse ressortir…
  2. : sert à tirer, à emmener le partenaire jusqu'à sa limite d'équilibre, à le déraciner: il est "attractif" et relativement passif, puisque on ne fait que poursuivre le mouvement initié par le partenaire qui avance vers vous, on le laisse aller sur sa lancée... bel exemple d’économie de moyens pour une grande efficacité !
  3. Ji: se fait à deux mains, il est proche de Peng, il sert à propulser le partenaire: on ajoute à "l'expansif" de Peng, l'impulsif", et l’action de la main en "Peng" se voit renforcée par l'autre main.
  4. An: absorbe et utilise les paumes, pour pousser et déraciner le partenaire.

    Peng, Lü, Ji, An sont en correspondance avec les points cardinaux (sur ces liens avec les points cardinaux, les attributions sont fluctuantes... de quoi y perdre le nord! En ce qui concerne Xiao Long, il reste fidèle à l'enseignement de son Maître: Peng au sud, Lü à l'ouest, Ji à l'est et An au nord).
    On appelle ces 4 techniques Si Zheng (4 directions).


« Saisir la queue de l'oiseau »,  comprend donc les principes fondamentaux du Tai Ji Quan, pour cette raison, certains le surnomment "Le petit Tai Ji ".

Alors là aucune excuse de ne pas le faire ce mini-Tai Ji passe même dans un ascenseur !

Revenons-en à nos moutons- euh, nos moineaux … Dans la forme 24, nous allons saisir une fois à gauche puis une fois à droite.

 

Au sortir du « repousser », les mains se replacent pour prendre notre ballon virtuel, main droite en haut. Le pied droit sera notre appui, pied gauche ramené, pointé.  

La main droite est en haut, puis on déroule, comme pour Ye Ma Fen Zong, mais la main gauche, devant, se place à l'horizontale  (et non en diagonale), puisque l'on "pare". Et voilà « PENG! »

Puis la taille pivote légèrement, les mains se placent en pince, mains gauche en haut, paume vers le sol, main droite en bas, paume vers le ciel,  pour "tirer" en Lü. Vos mains se positionnent comme pour saisir (non, pas la queue du moineau…) le bras d’un adversaire au niveau de son coude et de son poignet.

On tire en diagonale, vers votre côté droit, pas de face, sans quoi votre partenaire, s'il était là, pourrait vous broyer les orteils…
 

Puis on se replace de face, les mains se rejoignent et se positionnent pour le Ji. Le bras droit aura du chemin à faire pour retrouver le bras gauche : il s’écarte latéralement et décrit un mouvement circulaire avant de revenir vers le bras gauche. La main droite se pose sur la main gauche, main droite paume vers l’avant, main gauche paume vers soi. Le contact ne se fait pas « du bout » des doigts : ce sont les « talons » des paumes qui entre en contact pour que ce Ji soit solide. On part du principe que l'on "presse" à sa hauteur (nos "adversaires fictifs" sont de notre taille : Il n’est pas loyal de s’attaquer aux plus petits, et dangereux de se mesurer aux plus grands…et cela permet de conserver les coudes et les épaules relâchées).
 

Enfin, après avoir absorbé, les mains se préparent à repousser « An ». La main droite glisse sur la main gauche, les mains s’écartent et tirent vers soi, paumes vers le sol, comme pour amener à soi un adversaire –déraciné- les mains descendent du niveau de la poitrine au niveau du ventre pour « absorber » avant de repousser comme si on voulait passer sous le centre de gravité de l’adversaire pour le « renvoyer » dans ses pénates.

Et voilà, le moineau est bien attrapé à gauche, il n'y a plus qu'à s'occuper de celui à droite!

Pour le passage d’un côté à l’autre, les 2 mains glissent comme pour « nettoyer la table » (terme non homologué, breveté Xiao Long !), la main droite va se replacer en bas d’un ballon virtuel, la main gauche en haut (bien sûr !), le pied droit pointé à côté du pied gauche. Et on y retourne…

PHOTO Xiao Long

Points clés :

Conserver le dos droit, ne pas se pencher en avant sur les poussées.

Les pieds ne sont pas (ils ne le sont jamais !) sur la même ligne afin de rester stable sur les « tirer » en particulier…

Ce mouvement nécessite un travail de taille, on pivote sans cesse, les bras bougent finalement assez peu.

Peng Lü Ji An se retrouve dans l’exercice à deux de Tui Shou, « tourner des mains ».

Peng Lü Ji An représentant l’axe des cardinaux, 4 autres potentiels existent et occupent les diagonales : Cai (cueillir, tirer vers le bas), Lie (tordre, fendre, séparer), Zhou (coude), Kao (épaule)…

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ces 4 portes, mais… il faut savoir ouvrir la fenêtre et laisser s’envoler les moineaux… À eux de découvrir la richesse de ces techniques…

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

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 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

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