La main en crochet "Gou" est peu fréquente dans nos techniques.
Photo Xiao Long
On trouve "Gou" dans le mouvement du "simple fouet" Dan Bian et celui du "serpent qui rampe" Xia Shi (et dans le serpent qui rampe, ce n'est pas vraiment la main qui pose le plus de problèmes...).
La main doit rester souple, le poignet cassé naturellement sans exagérer la cassure. Les doigts sont relâchés et se rejoignent pour former une pointe.
C'est ainsi en tout cas en Yang Guiding...
Mais le "crochet" en Yang Sheng Tai Ji (École de Me Zhang Guang De) se forme en plaçant le pouce en contact avec l'index (interprétation plus énergétique, contact Poumon/ Gros Intestin ) et le crochet du style Chen est plus "rond... Donc en fonction des styles, écoles, intentions... le crochet peut être différent. Il faut toujours garder en mémoire qu'il y a des différences et que ce n'est pas "faux" pour autant, il y a toujours une raison...
Ce crochet peut avoir des finalités diverses:
On peut imaginer que l'on pique de la pointe des doigts, frapper tous les doigts rassemblés peut être très efficace pour atteindre une petite surface, voire un point précis.
On peut imaginer se servir du poignet cassé pour porter un coup, frapper le nez ou la gorge par exemple... et même se servir de la percussion du poignet puis de la pique des doigts, comme un"fouet"...
On pourrait aussi penser que le "crochet" symbolise une saisie qui dévie/intercepte une attaque et que la main libre effectue une poussée ou frappe... et l'imagination n'a pas de limite... Enfin si, quand même: voir avec un partenaire quelles sont les solutions qui tiennent la route!
Xie Bu, le "pas croisé" ou "pas assis", se rencontre dans l'enchainement court de Wushu (Wu Bu Quan) qui nous permet d'étudier les 5 pas de base (Gong Bu, Ma Bu, Xie Bu, Pu Bu et Xü Bu).
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Peu fréquent en Tai Ji Quan , il est présent dans les formes plus longues (48, 42 international) et ne se réalise pas forcément aussi "bas".Il est très fréquent par contre dans l'école de Me Zhang Guang De...)
Il s'agit de passer une jambe derrière l'autre, de caler le genou de la jambe arrière dans le creux du genou de la jambe avant et de descendre dans cette position qui, quoiqu'on en dise, n'est pas forcément inconfortable, mais peut l'être si...
comme en d'autres domaines, on oublie que la modération est de rigueur:
le pas croisé se réalise tout aussi règlementairement plus haut! Il est important de connaitre les limites de son corps et de les respecter. Cela aussi fait partie de notre apprentissage.
On "croise"(si j'ose dire) Xie Bu plus souvent dans les enchainements à l'éventail (Tai Ji Shan).
Alors, pour ceux et celles qui apprécient cette arme, il ne vous reste plus qu'à vous entrainer... raisonnablement!
Voilà une autre position, bien connue et qui semble simple au premier abord: Ma Bu.
Dans la "posture du cavalier" ou "pas du cheval" (Ma Bu), écarter les pieds un peu plus que la largeur des hanches, les pieds sont parallèles, le dos reste droit, la tête poussant le ciel.
On pourrait penser que le nom " posture du cavalier" soit uniquement inspiré des western de John Wayne... mais pour certains l'idée est qu'une jambe représente les antérieurs de la monture et que l'autre jambe représente les postérieurs. C'est une posture "forte", un bon ancrage au sol, un bon centrage et en même temps un étirement correct. Cependant, en ce qui concerne notre pratique, cette posture est peu utilisée dans les enchainements dans notre école Yang Guiding mains nues. On la trouve un peu plus à l'épée ou à l'éventail.
C'est une bonne posture d'entrainement par contre: Elle est idéale pour renforcer les jambes. Dans les enchainements, elle est le plus souvent une position de passage.
La difficulté est de respecter la verticalité, ne pas se pencher vers l'avant (il n'y a rien à chercher par terre...). Il ne faut pas chercher à descendre au delà de ce que votre force et votre flexibilité vous permettent.
Si nos jambes ne sont pas assez solides pour descendre, nous compenserons automatiquement en baissant le nez, et ce n'est pas le but! On a alors l'impression de descendre bas, mais en réalité, on ne fait que perdre son axe!
Il faut éviter de rentrer les genoux ou de les "ouvrir" trop ( ne pas poser les pieds pointes vers l'extérieur): cela peut paraitre plus confortable et de nouveau semble permettre de descendre, mais en réalité, les genoux sont alors très sollicités: ils ne sont plus alignés sur l'axe du pied et... ils sauront vous le dire!
Le poids du corps est bien réparti sur les deux pieds: 50% -50%.
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Énergétiquement parlant, cette position favorise le travail sur les méridiens des membres inférieurs (Rein, Rate ...), on la trouve donc dans certaines postures de qi gong, comme par exemple tirer à l'arc dans les 8 pièces de brocart.
les techniques fondées sur cette posture sont aussi souvent utilisées pour harmoniser Eau et Feu.
Actions
Cette posture nourrit le yin, tonifie les reins, harmonise l’estomac, renforce la rate, fait circuler le foie et vésicule biliaire. Elle agit aussi , du fait de la flexion, sur les points yuan situés aux alentours des chevilles, points en liaison avec yuan qi (énergie originelle) stockée dans les reins et enfin, elle a une action certaine sur les points jing (extrémités des orteils) et le point yong quan (R1) sous la plante des pieds).
Donc, si vous avez petit moment en soirée, posez vous en cavalier et vous n'y perdrez pas!
Pú bù , ( le pas rasant), n'est pas une mince affaire!
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Nous l'utilisons essentiellement pour le mouvement du "serpent qui rampe" (Xia She), et il faut bien l'avouer, les serpents ne sont pas vraiment tous égaux:
Certains "rampent" plus bas que d'autres...
Il ne faut pas se laisser impressionner par les athlètes asiatiques. ce sont des athlètes, nous n'avons pas cette prétention et ce sont des asiatiques, entrainés depuis leur plus jeune âge à diverses activités physiques. Nous ne pouvons vouloir raisonnablement "rivaliser" avec eux. Le but est de réaliser ce pas rasant correctement et sans dégâts collatéraux :)
Pour réaliser ce mouvement correctement, il n'est pas nécessaire de descendre très bas: il ne faut jamais perdre de vue que ...
"Tout ce qui descend doit aussi remonter" (proverbe inédit signé Xiao Long!)...
Il faut surtout conserver une bonne position du corps et de bons appuis. pour protéger son dos, ses genoux et ses chevilles.
On doit absolument éviter de se pencher trop en avant, même si cela nous donne l'impression d'être plus près du sol! En réalité, nous ne sommes pas plus près du sol et faisons un serpent "qui pique du nez" assez peu élégant avec un postérieur qui ressort!
Pour prendre l'exemple de ce mouvement particulier du "serpent qui rampe": Les pieds sont parallèles au début du mouvement et pour plus de confort, le pied droit -qui sera votre pied d'appui- peut être légèrement ouvert, on fléchit à droite et/ou on descend , le pied gauche "s'ouvre" lorsque la main gauche passe devant afin de se replacer pour la montée dans le sens de déplacement.
Il ne faut pas aller trop vite (!). On accélère souvent lorsque la position est inconfortable - on veux bénéficier de la dynamique pour passer plus vite ce moment désagréable ;)
Avant de remonter , il est nécessaire de bien passer le bassin face à l'axe de déplacement, cette petite manœuvre est indispensable si l'on souhaite (et nous le souhaitons tous) remonter avec élégance, en douceur, sans malmener son dos, d'autant plus que ce "serpent" en Pú bù. se termine le plus souvent par un superbe "coq" en Du Li (sur une patte)... qui perdra un peu de son éclat si il agite les ailes pour garder l'équilibre...
Cette position peut être défensive : elle permet de passer sous une attaque moyenne ou haute de son adversaire, et après avoir esquivé, on choisira une technique pour répliquer.
La main postée en hauteur en crochet peut symboliser un blocage ou une saisie, celle qui se déplace peut être une frappe avec le tranchant de la main ... ou peut servir à soulever et projeter .
虚步 Xū bù, voilà une position de pieds assez sympathique.
Le "pas vide" ou "posture fausse", ou encore "pas du petit chat", ne demande qu'une bonne jambe d'appui, solidement enracinée.
En effet, nous retrouvons ici encore la position "assise", c'est à dire que le poids du corps est dans la jambe arrière et que le corps reste bien vertical: le pied arrière, que l'on a donc pris le temps de bien installer est Yang, l'autre pied reste pointé, reposant légèrement sur le sol, il est Yin.
C'est une position de défense, permettant une contre-attaque. Ainsi on est prêt à soulever la jambe avant, soit pour repartir vers l'arrière (si l'on préfère se replier sur des positions préparées à l'avance...) ou se servir de ce pied "vide" pour frapper vers l'avant, ou encore opérer un autre déplacement latéral... Ce pas permet une grande disponibilité, n'oublions pas que ces techniques sont martiale et non pas juste esthétiques...
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Difficultés:
Il faut surtout veiller à maintenir le dos bien vertical afin de s'asseoir correctement sur sa jambe arrière et rester stable. Et ne pas oublier que le pied avant n'est que très légèrement en contact avec le sol comme si on posait la pointe du pied sur un oeuf ! à na pas casser!!!
Si nous prenons même un petit appui dans ce pied, nous ne sommes plus centré correctement et nous ne pourrons pas réagir efficacement! De même si l'adversaire fauche ce pied avant, le pratiquant garde son équilibre car tout son poids est sur le pied arrière.
Nous utilisons le "pas vide" par exemple dans "La grue blanche déploie ses ailes" ou "L'aiguille au fond de la mer" ou encore dans "Avancer d'un pas et former les 7 étoiles" ...
La position peut être plus ou moins haute suivant les écoles : conseil de Xiao Long, ne frimez en descendant bas que si vos articulations et votre musculature le permet!!!
Le genou avant est plus ou moins fermé. Le genou de la jambe arrière doit être dans la direction de la pointe du pied arrière. Il vaut mieux avoir la pointe du pied de la jambe d'appui dirigée vers l'avant.
C'est sans doute la première position, position de l'archer ou pas de l'arc ou encore Gong Bu, que l'on étudie et celle que l'on retrouve le plus dans nos enchainements.
Il faut dans cette position garder le dos bien vertical et le sommet de la tête doit "pousser le ciel" tout en conservant notre ancrage solide au sol.
Les "racines" doivent être profondes: pour ce faire , il faudra respecter l'écartement des hanches ( ne pas avoir les deux pieds sur la même ligne), lâcher les genoux afin de descendre le centre de gravité et penser à bien "verrouiller" le pied arrière.
Le talon du pied arrière glisse en fin de mouvement afin de laisser le bassin se replacer sur l'axe de déplacement. Ainsi, les genoux sont bien positionnés et le poids du corps est idéalement réparti (70% à l'avant enfin... à peu près!)
Quelle que soit la posture, le premier souci est la stabilité.... et le confort!
Si la position est correcte , il n'y a aucune contrainte, et en théorie, on pourrait rester ainsi... longtemps (là dessus, les avis sont partagés...).
Ce pas de l'arc (Gong) est fondamental dans l'enchainement, le pied arrière, bien ancré, puise dans le sol l'énergie nécessaire à l'aboutissement des techniques exécutées par le haut du corps. Sans cette force qui vient du bas, il n'y a pas d'efficacité.
Photo Xiao Long
Ce pas de l'arc est aussi très symbolique et n'est pas sans rappeler le caractère Rén où la "jambe" arrière soutien l'avant du caractère, une sorte d'arc boutant.
Ce pas de l'arc accompagne les première techniques que l'on apprend: Séparer la crinière du cheval sauvage ou bien brosser le genou ou encore saisir la queue de l'oiseau (en alternant poids du corps à l'avant et à l'arrière , ce qui nous fait bien sentir l'alternance Yi Yang en statique)
Mais qu'est-ce que c'est que ça?
C'est un jeu d'enfant!
Tui Shou signifie poussée de mains (tui = pousser, shou = mains).
C'est un exercice à deux dans lequel il s'agit de prendre contact avec le partenaire, de le suivre et de "l'écouter".
On peut prendre contact à une main ou à deux mains: dans ce cas, une main se pose sur le coude du partenaire et l'autre sur son poignet. Quand on dit "prendre contact", cela signifie bien la légèreté: on ne saisit pas ...
Suivre son partenaire signifie que les mains servent "d'antennes", on sent ce que l'autre veut faire, où il veut aller et on le suit en restant collé, c'est à dire en restant en contact permanent avec lui. On "l'écoute". "Suivre" veut bien dire suivre... On n'essaye pas à toute force de faire faire à l'autre ce que l'on veut. Et "écouter"veut bien dire écouter, l'esprit libre et non pas en train d’imaginer un scenario qui va prendre l'autre en défaut (du genre: "Je veux qu'il fasse ça, pour que je puisse placer ça, alors je vais faire ça...")
Le corps comme l'esprit doivent être disponibles.
Ces exercices font partie intégrante du Tai Ji Quan et il est bien dommage qu'ils soient souvent absents des cours...
En réalité, le plus souvent, les élèves ne voient pas le lien entre exercices à deux et forme. Ils ont l'impression que ce qui est important c'est de faire et refaire la forme seule.
Mais, c'est quoi une forme? Si c'est juste une chorégraphie , un enchainement de mouvements mémorisé, alors ce n'est pas vraiment une forme... On peut mémoriser aussi un enchainement de step, on peut mémoriser un enchainement de danse bretonne ... Ce ne sont pas des formes.
Ce qui fait la différence, c'est l'arrière plan "martial" , autrement dit: nous ne sommes pas seuls, nous inter- agissons, il y a une "ombre" qui nous répond à chaque technique, les mouvements ont une consistance, ils ont un sens.
Mais, me direz-vous (si, si, je vous entend bien...) pour cela alors, il y a les applications martiales, pas besoin de Tui Shou! Oui, bien sûr, mais... Lorsqu'on réalise une application martiale, il n'y a pas ce "flux" que l'on trouve dans le Tui Shou et que l'on trouve dans la forme.
C'est une expérimentation du Yin Yang , de la transformation, une recherche constante d'équilibre, de bon enracinement,...
Ces exercices permettent de développer des sensations qui aideront à la visualisation, qui rempliront nos mouvements de sens.
Dans le cadre de la pratique du Tai Ji Quan, ces exercices commencent simplement et certaines choses peuvent même être travaillée en solo avant de travailler à deux.
On peut l'envisager comme un jeu: essayer de déstabiliser le partenaire amicalement en trouvant son point faible (et on s'amuse tout en apprenant beaucoup sur soi!).
C'est l'exercice que Me Yuan appelle "le jeu en Ji", face à face, les mains en Ji, en contact avec le partenaire, pieds parallèles, axe tenu, dos rempli... Il faut ajuster sa poussée sans dépasser sa propre limite et essayer que l'autre aille au delà de ses limites à lui, pour se dérober et le laisser passer. On peut apprendre ainsi à rester vigilant, à rester souple, enraciné, à utiliser la taille...
On peut choisir une pratique relaxante, un contact léger (pas simple non plus: léger ne veut pas dire mollasson!), sans décoller, pour dépasser les tensions physiques, détendre le mental... (c'est une forme de lâcher-prise et c'est bien agréable aussi...). Cet exercice demande une bonne concentration pour que le "mouvement" des mains ne devienne pas un automatisme, où "ça" tourne sans nous! Lâcher prise ne veut pas dire qu'on a la tête ailleurs ou qu'on dorme debout...
On peut choisir de pratiquer le martial ou la compétition:
Le Tui Shou peut devenir combat (mais cet aspect ne nous concerne pas vraiment, Xiao Long est profondément pacifique...)
C'est un autre chapitre, ce que l'on peut voir en compétition, en combat est souvent déformé et il faut parfois chercher loin pour y retrouver les principes de base... Le concurrent cherche la victoire, l’efficacité et il peut y avoir de la casse... Il y a souvent beaucoup d'agitation.
En stage de Tui Shou, mon maitre disait: "Le premier qui bouge, perd" et pour avoir eu la chance de "Tui shouter" librement avec lui - bien trop rarement, je sais que le contact léger, le calme, l'attente sont bien plus redoutable que l'agitation. Pour moi, le Tui Shou , c'est ça. Le calme, la finesse, le ressenti, l'écoute, la disponibilité. Le corps est prêt, l'esprit est prêt et peuvent agir ensemble spontanément.
C'est gentil de raconter tout ça, mais, on fait quoi si on n'a pas de partenaire!!!
Je crois que c'est un problème que nous avons tous eu , à un moment ou à un autre...
Lorsque j'ai posé cette question , on m'a répondu: "Il faut former ton partenaire". D'accord, je vois...
Mais avant de pouvoir le former, il faut le trouver! Il faut trouver une personne qui a envie de découvrir cet aspect du Tai Ji Quan, qui a compris que c'est un facteur de progression dans son "cursus" de pratiquant. Un curieux avec lequel on s'entend bien .
Ensuite, il va falloir assister à des stages avec un bon professeur. Si possible en y allant déjà à deux, car deux mémoires valent mieux qu'une (quand on sort du stage, on sait encore bien des choses, mais on oublie extrêmement vite de nombreux détails...
Conseil:
A l’issue du stage - même si vous ne savez plus comment vous vous appelez- filmer les exercices que vous avez retenus en faisant des commentaires. Ce sera votre base de travail, votre pense-bête.
Reprenez ces exercices le plus rapidement possible, pas forcément dans une salle de pratique, il n'y a pas besoin de beaucoup d'espace, votre salon, votre jardin, votre garage feront l'affaire (OK, le garage, c'est pas glamour... mais ça a son utilité!).
Ensuite c'est la pratique... Il faut faire, refaire, réfléchir de moins en moins, se détendre , prendre confiance... refaire un/des stages quand on est plus à l'aise et poursuivre et continuer... Xiao Long appelle ça "les heures de vol".
C'est bien au début d'avoir toujours le même partenaire car on apprend à se connaitre, on se détend plus facilement, il y a un vrai travail de recherche à deux. Il ne faut pas se sentir jugé, il faut être en confiance.
Plus tard, il est intéressant de changer éventuellement de partenaire, mais je ne suis pas trop pour le papillonnage quand on fait ses premiers pas. Chaque partenaire est différent et s'adapter demande un esprit libre- qui ne l'est pas vraiment lorsqu'on débute.
Bref!...
Essayez (essayer, c'est l'adopter...)
Jouez! (ne vous prenez jamais trop au sérieux ... quoiqu'il arrive, il n'y a pas mort d'homme!)... ne vous prenez pas la tête!!!
La foire aux questions: les mêmes interrogations reviennent. régulièrement, les mêmes doutes...
Mais une question a-t-elle une (seule) réponse?
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A quelle vitesse faut-il pratiquer?
C'est une question sans réelle réponse (heureusement!). Il ne faut rien du tout en réalité... On ne peut que donner quelques indications:
La vitesse du mouvement... n'est pas rapide, elle est lente, régulière, à l’image de l’eau qui coule ou du nuage qui passe dans le ciel, le mouvement se déroule doucement…
On est souple, flexible, élastique comme le bambou sous le vent (qui plie et ne rompt pas: ça vous rappelle quelque chose?).
La vitesse est naturelle, sans à coup, synchronisée avec la respiration. Et donc particulière à chacun. Lorsqu'on le peut, il est bon de faire un enchainement seul. En groupe, on est moins "naturel", on se laisse moins porter par son propre rythme. Et si vous êtes attentif, vous pourrez constater que vous avez une "vitesse" qui est confortable pour vous, cependant chaque jour est différent et votre vitesse ne sera pas forcément une constante!
La "mauvaise" vitesse!
Il faut surtout se méfier de la vitesse qui vous fait avaler la fin des mouvements, c'est souvent pour cette raison que l'on est plus rapide (et que les copains eux se sentent franchement à la ramasse du coup...)😅
Quand on est débutant, on est trop rapide parce que la tête pense et anticipe le mouvement suivant et c'est ainsi que le mouvement d'avant n'est pas abouti, fini, et que le mouvement d'après souvent est "compacté" au démarrage...
Mais les pratiquants de longue date connaissant aussi cet écueil: on connait "trop bien" sa forme, l'esprit s'échappe et on se laisse vaguement porter, la concentration se dissout et ... même résultat, les finitions ne sont plus à l'ordre du jour et on est en pilotage automatique, imprécis et flottant (au mauvais sens du terme!)🙄
La bonne vitesse reste celle qui vous permet d'aller au bout de vos techniques tout en respectant la fluidité du déplacement.
Il n'est pas inintéressant de travailler sa forme à des vitesses différentes pour mieux ressentir ce que l'on fait -ou pas. C'est une recherche instructive qui va permettre de mettre le doigt sur nos points faibles.
Car une forme se travaille aussi, on ne fait pas que l'apprendre et puis voilà, je la connais, c'est plié, je ne m'en occupe plus... On passe à autre chose. Une forme demande du temps pour s'installer, se l'approprier, en faire à la fois quelque chose de précis, propre et conforme aux principes de bases mais aussi quelque chose de personnel qui colle à votre respiration, votre morphologie, votre personnalité...
Bon, et puis si vous voulez aller plus vite... passez au Kung Fu!!!
Pour ceux qui veulent du plus lent, pensez à la sieste!
Comment se déplace-t-on?
Le déplacement des pieds est léger, souple, à l’image du chat qui marche, on déroule le pied, on le pose en douceur. On est stable, le pied sûr. On est disponible et on peut changer de direction à tout moment. Pour cette raison, les déplacements ne se font pas en "projection", mais à partir d'un pied d'appui fort.
Quel est notre état d'esprit?
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Comme le chat, on reste calme mais on est vigilant: on ne s'endort pas, on est prêt à bondir.
La force intérieure est ininterrompue, constante, comme si l’on dévidait un fil de soie, un long fil fin, infini et résistant: c'est la notion de"chan si jing".
C'est l'image de la force tranquille, l'idée de l'aiguille cachée dans le coton... C'est une concentration légère mais constante, présente.
Quand peut-on (enfin) accéder au bien-être?
A lire ce qui précède, on se dit que ce n'est pas cool de pratiquer, on apprend, on est concentré, on travaille, et c'est moins "vendeur" que l'image du Tai Ji Quan qui se répand de plus en plus: quelque chose de facile, d'accessible à tous rapidement, un cachet de zénitude...🤗
Cette image correspond bien à notre époque, où l'on veut se sentir bien avec un minimum d'effort et où adultes comme enfants passent d'une activité à l'autre d'une année sur l'autre.
Le Tai Ji Quan demande du temps, de la patience, de la régularité, mais effectivement, il est source de bien-être.
Oui, mais quand alors?
Quand il y a harmonie: le mouvement du corps, la respiration, l'esprit (Jing, Qi, Shen) sont unis et synchronisés, on ne réfléchit pas, tout est fluide, sans coupures, sans hésitation.
Le matin du 9 novembre 2020 a eu lieu au salon funéraire Longshan à Taiyuan, Shanxi une grande cérémonie d'adieu en l’honneur de M. Yang Zhenduo, troisième fils de Yang Chengfu. Cette figure emblématique du Tai ji quan a quitté ce monde au petit matin du 7 novembre à l'âge honorable de 95 ans. Les dirigeants les plus célèbres et les représentants des arts martiaux de tout le pays ainsi que les parents de Maitre Yang Zhenduo, Yang Zhifang, Yang Bin, Yang Yong… sont venus lui rendre un dernier hommage.
Pour les pratiquants de l’école Yang familiy, c’est une page qui se tourne, même si son petit fils, Yang Jun, a repris le flambeau déjà depuis quelques temps : En juillet 2009, lors du premier symposium international de Tai Chi Chuan, Maître Yang Zhenduo a annoncé que Maître Yang Jun était le cinquième héritier officiel de la lignée du Tai ji quan de style Yang traditionnel.
Pour tous les pratiquants de Tai ji quan, c’est une figure qui a marqué l’histoire du Tai ji quan qui disparait.
Mieux le connaitre :
Yang Zhenduo est né à Pékin en 1926 et sa maison ancestrale est dans la province du Hebei. Très jeune, il s’engage dans la tradition familiale, apprend et s’entraine avec son père et son frère. Il travaille dur, apprend sans cesse et progresse dans sa compréhension de la théorie du Tai ji quan.
En 1960, Maître Yang Zhen Duo s'installe à Taiyuan, province du Shanxi. Depuis lors, l’école Yang s'est progressivement étendue et rayonne aujourd’hui à travers le monde.
Par sa pratique, mais aussi par ses actions et grâce aux différents postes qu’il a occupés, il a permis à la famille Yang de rester au premier plan. Voici quelques dates phares :
Il a été vice-président de l’Association Shanxi Wushu depuis 1980.
En 1982, il a fondé et a été président de l’Association Shanxi Yang Style Tai Chi Chuan et en a été le président honoraire à vie. Cette association compte maintenant plus de 30 000 membres dans toute la province et est la plus grande organisation d'arts martiaux du genre en Chine.
En 1998, Yang Zhenduo a fondé l’Association internationale de Tai Chi Chuan de style Yang. Sous sa direction, l'association compte désormais 28 centres dans 12 pays avec plus de 2000 membres dans le monde.
En 1996, l'Académie chinoise de Wushu a reconnu Yang Zhenduo comme l'un des 100 meilleurs maîtres de Wushu en Chine.
Ses connaissances, ses recherches, sa gentillesse et son désir de transmettre ont fait de lui un Maitre hors du commun.
On vous serine en Tai Ji Quan « Tenez votre ballon, reprenez votre ballon, soyez rond,circulaire... ». Mais c’est difficile, il est complètement virtuel ce ballon, alors il se rebelle, il s’écrase en ballon de rugby, se riquiquise en balle de tennis, se dilue en pneu dégonflé sans volume…comment le maitriser?
⚾ Alors, peut-être serez-vous content d’apprendre que le ballon … existe… Il n'est pas si virtuel que ça... Il existe des exercices qui se font avec une balle!!!
Et d’où nous viens cette balle de Taiji?
Autrefois cette pratique s'appelait le « Qi Gong yin-yang de la balle de taiji ». D’après Yang Fukui (dit Yang Lu Chan), l'utilisation de la balle comme outil pour le Tai Ji Quan viendrait du style Chen, puis se serait diffusé dans les styles Yang et Wu.
Un « chant de la balle » est attribué à Chen Chan Xing (1771-1853), qui était le professeur de Yang Lu Chan. La balle aurait été très à la mode dans les années 20 à 40 (il y a toujours des modes!), puis la balle est tombée ;) un peu aux oubliettes…
De nos jours, et déjà depuis de nombreuses années, c’est Yang Jwing-Ming –qui réside aux États-Unis qui a remis l’exercice de la balle –en bois- au goût du jour. Ces balles osnt belles et agréables et pèsent leur poids! C'est un bon moyen de prendre conscience de ce qu'est réellement une balle et de la façon dont on peut la manipuler, la faire rouler!
De nombreuses combinaisons sont possibles, par exemple :
En échauffement :
La balle de Taiji est un outil pédagogique qui gagne à être connu, notamment pour le travail en spirale du tronc, et la souplesse des articulations des hanches. C’est donc un bon échauffement.
Le travail est ludique, peut se faire seul, ou à deux. Il existe des exercices spécifiques et même de petites formes.
La masse de la balle renforce l'intensité de l'exercice qui du même coup devient plus ou moins exigeant. On peut donc, selon sa forme, et ses envies choisir une balle plus ou moins lourde et faire travailler ses petits muscles.
En Tai Ji Quan, on ne cherche pas non plus à devenir Rambo -ou bien?, donc des balles de 1 à 4 kg sont bien suffisantes pour développer une force souple et dynamique, ou travailler la vitesse et le délié, sans risques pour les articulations. Pensez à elles, elles vous le revaudront bien, c’est sûr ! On trouve des balles en plastique et des balles en bois –plus chères bien sûr- mais bien belles !!!🏐
Certains pratiquants les « parfument » avec des huiles essentielles… C’est aussi donc un "Méga antimites" si vous les mettez dans votre penderie… s’il y a de la place !
La balle peut aussi servir à présenter les exercices de Tui Shou.
On fait des cercles verticaux en tenant à deux la balle. Ce travail doit être précédé d'un travail en solo car le mouvement implique tout le corps, il faut apprendre d’abord à manier « l’outil » seul, pour ensuite savoir synchroniser avec un partenaire. Une souplesse élastique de la colonne vertébrale est recherchée, n’oubliez pas cependant de ménager vos cervicales et lorsque le mouvement se propage aux bras, il ne remontera pas vers le cou!.
Une fois que les partenaires sont à l'aise, on peut commencer le travail d'attaque et de neutralisation.
On est vraiment dans l’état d’esprit Tui Shou : L’important est d'écouter pour ne pas s'opposer, mais juste dévier, absorber, transformer…
🤼♀️Le geste est continu, on écoute, on suit... On y trouve la circularité et une approche solo et/ou duo qui permet de prendre conscience des trajectoires des poussées, de comprendre que neutraliser et contre-attaquer forment une unité. On peut s’entrainer sur place ou à pas mobiles… Bref, infinies possibilités !
Le travail avec la balle est aussi une façon d’approcher ce qu’est le Dan Tian.
Sentir son centre et sentir que les mouvements viennent de ce centre...C’est une bonne base pour acquérir fluidité, souplesse et élasticité. Savoir garder son axe et travailler la taille.
"Tenez la balle et imaginez qu'il y a un axe
Cet axe fait face au Dan Tian et est le centre de toutes les directions."
(Extrait du Chant de la balle attribué à Chen Chan Xing.
Il existe de nombreuses formes, comme par exemple « La forme de balle de Yang Lu Chan » qui conviendra bien aux personnes pratiquant les styles Yang qui ont l’habitude d’être en appui arrière permanent.
Mais bon, comme toujours, il faut apprendre avec un professeur qui saura vous mettre en garde contre les « mauvaises postures » !
Allez, au travail, vous serez bientôt un enfant de la balle…
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.