"La crevette est petite mais trouve sa place
dans les grands banquets"
🦐
"La crevette est petite mais trouve sa place
dans les grands banquets"
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En début et en fin de cours, nous nous saluons . 🖐
Oui, mais pas n’importe comment… Nous utilisons BÀO QUÁN LǏ. Voilà qui mérite quelques éclaircissements...
Mais qu’est ce que ça veut dire ?
BÀO (抱) signifie « tenir », « cacher », "envelopper."
QUÁN (拳) , on le connaît bien, signifie "poing".
Enfin, LǏ (礼) Signifie "salut" .
Nous sommes donc debout, pieds joints et bien droits, dignes pour effectuer notre salut.
Une main forme donc le poing, la main droite. Elle représente, la force, la bravoure. C’est le côté martial.
La main gauche est ouverte. Elle représente la raison, l’intelligence, la culture.
Ainsi la force est contrôlée par l’esprit, la connaissance.
Ce salut exprime le respect, celui des élèves vis à vis du professeur, celui du professeur vis à vis de ses élèves. Il exprime également le respect de la discipline et du lieu de pratique.
La main ouverte est plus yin, la main fermée plus yang. Ce salut crée donc un équilibre yin yang inévitable. Il semble qu’autrefois les hommes saluaient poing droit dans la paume gauche ouverte, tandis que les femmes faisaient l'inverse. Mais il n’y a plus de différence aujourd’hui.
Et qu’est ce qu’on raconte en chinois dans nos cours pour saluer et accompagner le geste ?
Au début du cours le professeur salue les élèves :
tóng xué men hǎo! (Bonjour les élèves)
( ce qui donne quelque chose comme « Tong chué mèn rhao »!)
Les élèves répondent:
lăo shī hǎo! (Bonjour professeur)
(Lao cheu rhao !)
A la fin du cours, le professeur dit :
tóng xué men zài jiàn! (Au revoir les élèves)
(Tong chué men tzaï tièn !)
Les élèves répondent :
lăo shī zài jiàn! (au revoir professeur)
(Lao cheu tzaï tièn !)
NB :
Dans le terme lăo shī , 老师 on trouve lăo "老" qui signifie vieux, ancien… Celui qui enseigne n’est pas forcément « vieux » pourtant !.
Ce terme est utilisé lorsqu’on s’adresse à quelqu’un pour exprimer le respect. Sans doute celui qui a de l’expérience et des connaissances mérite-t-il ce "老" , signe d’estime.
Désormais notre salut n’a plus de secret pour vous !
"Calme et vide
font retrouver sa demeure".
Il était une fois Hua Tuo (110-207 ? Dynastie des Han de l'Est). Comme souvent, beaucoup de légendes tournent autour de ce personnage né à Qiao (Province de Anhui) et peu de choses sont vérifiables...
Il aurait étudié l'astronomie, la géographie, la littérature, l'histoire et ... l'agriculture (!) Puis, il choisit la médecine et devint expert en acupuncture.
Médecin taoïste, il aurait pratiqué aux alentours de sa province natale de très nombreuses interventions chirurgicales et aurait même découvert l'anesthésie (... sous chanvre indien!).
Constatant que l'exercice physique facilitait la digestion et la circulation et qu'il fortifiait le corps, Hua Tuo créa le "Jeu des 5 animaux"(Wu Qin Xi). Il semble cependant que ces exercices soient antérieurs à Hua Tuo qui les aurait rassemblés.
En imitant la férocité du tigre, la douceur du cerf, la fermeté de l'ours, l'agilité du singe et le déploiement de la grue, le corps et l'esprit se détendent.
"Le corps humain a besoin de travailler, mais il ne faut pas l'épuiser (bien d'accord! dit Xiao Long.) Si on le secoue, le sang circule bien, les 100 maladies n'apparaissent pas".
Hua Tuo aurait été victime d'un chef de guerre, le célèbre Cao Cao, qui souhaitait en faire son médecin personnel, ce que Hua aurait refusé.
Une autre version dit que Hua aurait préconisé une intervention chirurgicale à Cao Cao qui souffrait de migraines, celui-ci (un peu parano...), croyant à un complot pour le supprimer, aurait ordonné la mort du médecin.
Le qi gong que nous pratiquons, 五禽戏 , wǔqín zhī xì, intègre donc le Tigre, le Cerf, l’Ours, le singe et enfin la grue.
Il existe cependant d’autres formes appelées également animaux, mais qui ont choisi d’autres animaux de référence. Par exemple, les 5 animaux du Wudang sont le dragon, le tigre, le léopard, le serpent, et la grue.
Chacun de ces animaux représente un des 5 mouvements également. La tortue pour l’Eau, le serpent pour le Feu, la grue pour le Métal, le dragon pour le Bois et enfin le Tigre pour la Terre.
Dans notre enchaînement, si la grue est bien liée au Métal, le Tigre symbolise lui, le Bois, alors que le singe représente le Feu, l’ours la Terre et le Cerf est choisi pour l’Eau.
Mais peu importe, il s’agit toujours du même travail énergétique.
Dans notre forme, l’Ours est au centre, c’est la Terre, la stabilité.
Le Tigre est l’image de la vitalité, de la puissance .
Le Cerf est l’image du courage, de la majesté, la force tranquille.
Le Singe, lui, n’est que souplesse, vivacité, malice.
La Grue qui est l’animal qui clos cet enchaînement est déploiement, grâce.
Pour profiter de cette forme, il ne suffit pas d’appliquer une technique, il faut se mettre « dans la peau » de l’ours (avant de la vendre…), ou du singe.
Il faut se laisser aller et donner vie à ces animaux pour équilibrer nos émotions et laisser au mieux circuler l’énergie...
"L'expérience est un peigne
pour les chauves".
Si on vous offre en cadeau « porte-bonheur » 8 figurines chinoises, il est bien possible qu’ils s’agissent des 8 Immortels. Ces divinités taoïstes ancestrales ) sont au nombre de huit 八仙, pinyin :Bāxiān (bien sûr!!!).
Ils se contentaient, dit-on, de résider paisiblement dans des îles de la Mer de l'Est, dans leurs modestes palais d'or. La vie de château, quoi…
Leur identité a varié au fil du temps et se fixe semble-t-il sous les Ming, même si ils sont supposés avoir vécu sous les Tang ou les Song.
Qui sont-ils ?
Il y avait Béquille de Fer - 鉄拐李 Tieguai Li - qui se déplaçait en s'appuyant sur sa canne de fer pour soutenir son ivresse...une calebasse remplie de vin dans sa main libre !
Lan Caihe,藍采和 , pieds nus et en haillons, parfois homme, parfois femme , un excentrique qui toujours chantait à tue-tête, portant un panier de fleurs représentant le bonheur et la longévité ! Il ne porte qu’une seule chaussure.
Fils d'un noble, Zhong Liquan ,鐘離権 , fait plus sérieux : il ést le messager du Ciel. Ce général bien dodu de la dynastie Han possédait un éventail qui lui servait à ranimer les morts.
Le vieux Zhang Guolao, 張果老 , parcourait quant à lui des milliers de kilomètres par jour, juché sur un âne blanc qu'il pliait et mettait dans son sac lorsqu'il n'avait pas besoin de sa monture (ancêtre de Mary Poppins?). Il protégeait quant à lui les peintres et les calligraphes.
Han Xiangzi ,韓湘子 , surnommé « le Pur » est le créateur de la musique liturgique, il jouait de la flûte et protégeait les musiciens.
Cao Guojiu ,曹国舅 , Oncle Impérial Cao , était le frère de l'Impératrice Coa parait-il, il est souvent représenté tenant une plaquette de jade comme celle que les fonctionnaires tenaient pour se présenter devant l’Empereur. Quelqques-une y ont vu des castagnettes (?) et pour cette raison sans doute, il est devenu le protecteur des acteurs.
Le chef de cette petite troupe était un alchimiste taoïste: Lü Dongbing. 吕洞宾 , Armé de son épée, il chassait inlassablement les démons. Compatissant , proche des gens, il incarne bien l’esprit du taôisme. Et ce, même si certain courant populaire le voit plus en ermite anticonformiste.
Enfin, n’oublions pas Demoiselle Immortelle, He Xiangu 何仙姑 ,. Elle était née avec six cheveux dorés et était souvent représentée une louche à la main ou un chasse-mouches, parfois encore avec un lotus (plus poétique!).Quelquefois, c’est une pêche qu’elle tient, une pêche d’immortalité bien sûr !!! Elle est herboriste et devineresse.
Ces Immortels sont les héros de nombreuses légendes, dont la plus connue est un périple dans le monde sous marin.
Au cours de ce voyage, Lan Caihe fut fait prisonnier par le fils du Roi-Dragon de la Mer Orientale. Les Immortels durent affronter le Prince pour libérer leur ami avant de poursuivre leur route.
Pourquoi évoquer ces personnages? Ces Immortels auraient-ils un lien avec les arts martiaux ?
Il existe un poème Tang, « Les huit immortels dans le vin », qui décrit les Immortels en train de s’enivrer et selon certains, les styles de Kung fu qui utilisent la « boxe de l’homme ivre » zuì quán / 醉拳 "le poing ivre", s’en seraient inspirés.
Ces techniques qui imitent les mouvements d’un homme qui titube auraient, selon une légende, servi à leurrer les adversaires potentiels et faire croire que - même ivre- un moine peut être redoutable ! A moins que ce ne soit juste pour faire croire à l’adversaire que l’on est une proie facile ?
Il existerait 8 façons de faire, 8 formes, chacune de ces formes s’inspirant des techniques de l’un des Immortels et mettant en avant ses caractéristiques…
Ainsi, celui qui imite Béquille de fer utilise surtout une jambe et sollicite beaucoup moins l’autre. Celui qui imite Han Xiangzi fait comme s’il jouait de la flûte ! …
Il existe également « l’épée ivre » ainsi que le bâton … la flûte de champagne n’est pas répertoriée...
"Le ministre avant l'audience attend,glacé,la cinquième veille de la clepsydre;
le général, sous son armure de fer, franchit les passes de nuit.
Pendant ce temps dans la montagne, le soleil est haut,
et le moine n'est pas encore levé.
A tout prendre, la gloire et le profit
ne valent pas la tranquillité."
Le chat, cet animal domestique, chez lequel nous habitons – quand nous en avons un- s’est rapproché de l’homme, il y a bien longtemps : près de 9000 ans pour certains… Cet animal solitaire à l’origine a peut-être fini par succomber à l’attrait d’une belle gamelle bien remplie…
Des ossements de chat vieux de 5300 ans ont été découverts il y a quelque temps déjà sur le site archéologique de Quanhucun, petit village chinois du Hunan, par l’équipe dirigée par Yaowu Hu, de l'Académie chinoise des sciences.
Soyons pragmatiques : Si la relation homme-chat a existé très tôt, ce n’est pas parce que que les chats cherchaient des genoux, mais parce que les hommes se sont mis à stocker du grain, ce qui attirait les rongeurs.
C’est donc pour grignoter du rongeur que le chat s’est rapproché de l’homme. Les chats, « par l’odeur alléchés », faisaient un peu de ménage et il s’agissait d’une relation « donnant-donnant » et non de réelle domestication.
Chacun trouvait avantage dans la présence de l’autre, tout le monde était content : les chats avaient à manger et les hommes préservaient leurs récoltes…
Seuls les rongeurs et autres nuisibles n’y trouvaient pas trop leur compte, mais bon, après tout, ils n’avaient qu’à bien se tenir !
Mais avec les découvertes de Quanhucun il y aurait sans doute plus que cela : Les chats auraient alors cessé de se nourrir exclusivement de leur chasse. On aurait retrouvé des traces de mil dans leur nourriture (ne me demandez pas comment ! ah, si ! par analyse isotopique !). Cette découverte suggère que l’homme leur aurait donné à manger - ce qu’il fait encore et bien trop parfois, on se demande même si certains chats savent encore repérer les souris… plus facile de chasser les croquettes !!!. Le chat serait-il alors, déjà, un chat domestiqué ? Nourri par les paysans en récompense de ses services et pour l’inciter à rester là ?
Difficile à dire… Il y a les faits (présence de céréales avérée) et les interprétations possibles...
Xiao Long, esprit critique s’il en est, se demande si le millet n’était pas tout simplement dans un bon gros rat bien dodu dévoré par le minet ? Ou si les chats –vaincus par la pub des marques de l’époque (?) ne s’étaient pas déjà mis aux céréales le matin ?
Bref, l’argument reste que le matou retrouvé dont il est question semblait être âgé et bien nourri…
Mais qui pourrait nous dire s’il ronronnait sur les genoux du fermier le soir à la veillée –ou bien s’il était mis proprement dehors pour faire son job de dératiseur?
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"Un habit, on le préfère à l'état neuf,
Un ami, on le préfère de longue date"
Yanzi Chunqiu
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Puisque c’est le week-end et que vous avez le temps de cuisiner( mais si, mais si!), voilà une petite recette simple…
Manger est nécessaire, bien manger est important ! La cuisine chinoise est très attentive à la composition des recettes et l’équilibre est toujours recherché, dans les couleurs, les saveurs… Un des « must » de la cuisine chinoise que nous connaissons est le riz cantonnais.
Il en est des recettes comme des légendes, , il n’y a pas « une » , mais des versions de cette recette. Le 广式炒饭 (guǎngshì chǎofàn) se décline de plusieurs façon, même si les fondamentaux sont les mêmes.
Loin de ce que l’on nous propose le plus souvent dans de trop nombreux restaurants chinois, voici une version du riz cantonnais qui mérite le détour et qui vous réconciliera ( si besoin) avec la cuisine chinoise !
Car, il faut avouer que trop fréquemment le riz cantonnais se résume à du riz parsemé de quelques bribes de jambon et deux trois petits pois qui se battent en duel (du coup deux alors !) avec dessus ou mélangée, une omelette coupée en morceaux…
Pourtant, ce qui fait la particularité du riz cantonais, c'est la façon de cuisiner les œufs ! On verse en réalité les œufs battus sur le riz et on fait cuire en mélangeant constamment pour que chaque grain de riz soit enrobé d’œuf. Mais, ça change tout, me direz vous ! Et vous aurez raison !
Donc, pour ceux qui voudraient tenter l’expérience (et cela en vaut la peine, rien que d’y penser, Petit Dragon en a déjà l’eau à la bouche !)…voilà comment réaliser cette recette :
🥁
Pour 6 personnes, il vous faudra 600 g de riz* cuit, 140 g de petits pois, 100 g saucisse chinoise de Canton et si vous n’habitez pas à proximité un chorizo doux fera l’affaire, 4 œufs, 1 carotte, 2 c. à soupe d'huile végétale, ne pas oubliez les 4 ciboules et les 2 cuillères à soupe de sauce soja, un peu de sel et de poivre si besoin. On peut y ajouter pour les gourmands 50 g porc chāshāo -en cantonais "caa siu"- (mariné dans une sauce sucrée-salée puis cuit au four… hummmmm) et 100 à 140g de grain de maïs.
*le riz jasmin à grains longs va bien, le basmati ou le riz thai font également l’affaire...
Alors, comment s’y prendre ?
Couper en petits dés la carotte, le porc, la saucisse, couper en rondelles les ciboules et battre les œufs. Dans le wok, faire revenir les dés de saucisse puis les sortir et faire revenir la carotte et le porc, ajouter la sauce de soja, laisser 1 minute, puis , ajoutez les petits pois et le maïs. Laisser cuire 1 ou 2 minutes et sortir tout ça et réserver. Ajoutez l'huile dans le wok, mettez le riz à sauter (pif, paf, c’est fait ! … c’est le riz qui saute), bien séparer les grains de riz et verser les œufs, bien battus, puis mélangez tout de suite avec le riz sans s’arrêter , il faut éviter que les œufs fassent « omelette », puis on remet tout ce qui était en réserve, les rondelles de ciboule, un peu de sel et de poivre, on touille délicatement et hop ! On sert tout chaud !
Et voilà un bon plat complet, bien coloré en accord avec les 5 mouvements . On a le vert des petits pois et de la ciboule pour symboliser le Bois , le jaune des carottes et du maïs pour symboliser la Terre , le riz blanc pour le Métal, le rose-rouge des saucisses pour le Feu , un joli brun noir du porc mariné pour l’Eau… Un plat complet et bien équilibré !
Il est important de rechercher l’harmonie dans tous les aspects de la vie y compris dans la nourriture.
Manger ne signifie pas remplir son estomac n’importe comment…. On est loin du mauvais fast food !aaah ? Il en existe un bon ?
Il faut que les saveurs, les couleurs les textures s’accordent entre elles et fassent du repas un plaisir et un atout santé… Il ne reste plus qu’à s’asseoir tranquillement et savourer lentement : bonne digestion assurée !
Bon appétit !
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.
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