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2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 16:22

 

🤔

"Le talon de la chaussette
ne couvre pas le haut du pied".

 

🧦

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 16:19

On le sait, c’est un art bien délicat que le tuishou. Il y a tout de même quelques fondamentaux à ne pas perdre de vue :

 

LES QUATRE ÉNERGIES DE BASE

 

Zhan – Coller/toucher

Zhan c’est adhérer à son partenaire comme de la colle adhère au papier. Quand le contact est fait, essayez de ne plus le perdre. Cela vous permettra de toujours savoir où est votre partenaire et sentir son intention., Restez détendu sur ce « coller », il ne doit pas devenir un « pousser »...

 

Nian – Collant/poisseux

Zhan et Nian ont des significations proches, mais ne sont pas exactement la même chose pourtant. C’est une question de point de vue. Zhan et Nian vont ensemble et alternent :Si vous êtes dans le Zhan, votre partenaire est dans le Nian (l’inverse est vrai et vice et versa… C’est un jeu à deux et non une simple « volonté » individuelle.

 

 

Lian – Continu

Des mouvements continus, des attaques continues, des énergies continues.

Tout est lié dans un flux continu. On maintient en permanence le lien, sans rupture quel que soit le contexte.

 

Sui – suivre

Sui c’est suivre votre partenaire. Allez avec lui, suivez le, il suffit d’aller là où l’on vous emmène et non de vouloir diriger une manœuvre quelconque. On reste relax. Si votre partenaire bouge, vous bougez, si il s’arrête, vous vous arrêtez.

 

PHOTO Xiao Long

 

On ne peut écouter son partenaire que si on se relâche, trop souvent on y met une « volonté d’action » qui pousse à la rupture ou qui casse le flux.

 

Coller c’est ce qui permet de sentir, si on perd le contact, si on rigidifie le contact, on perd les sensations. On n’utilise pas la force , on ne résiste pas.

 

Il faut savoir de quel type de tuishou on parle.

 

Lorsqu’on voit le tuishou de compétition, on se rapproche plus de la lutte chinoise que du tuishou initial, et pas de problème, si c’est ce qui vous plaît, allez-y ! Pour moi, cela reste très proche de l’externe et n’est plus assez interne, il s’agit d’autre chose et ce n’est pas ce tuishou-là qui m’intéresse .

 

Comme disait mon maître, Yuan Hong Hai, il n’y a pas de « gagner ou perdre » quand on pousse les mains. S’il y a une volonté de victoire, on est dans une autre démarche. Ce n’est pas forcément la plus intéressante pour nous. Petit Dragon envisage le tuishou comme une coopération, un jeu sans enjeu.

 

L’écoute est le but de la pratique des 4 énergies ci-dessus. Si on écoute bien (et si on s’entend bien…:😄), on sent les failles, les possibilités de pousser l’autre au déséquilibre avec un minimum d’effort. Il faut juste trouver LE bon moment.💡

 

Pour cette raison, avec le temps, je ne suis plus très fan des tuishou codifiés. Ils induisent une mécanique où le geste est un imposé, et comme chacun sait ce qu’il « doit » faire, on tourne dans le vide et non dans la conscience du mouvement. 🎡

 

On comprend bien pourquoi ces exercices ont été créés, mais finalement, je me demande s’ils ne sont pas contre-productifs et -paradoxalement- surtout pour les débutants, qui moulinent, en pilotage automatique en se racontant leur week-end. 😉

 

Certes, ces exercices permettent un apprentissage postural et la mise au point de certains réflexes, mais… il ne faut pas faire que ça !

 

Et il n’est pas superflu de pratiquer, dès le début un tuishou « libre », c’est à dire où les mouvements ne sont pas des imposés, mais sont aléatoires et où le seul but est d’appliquer les 4 énergies fondamentales.

C’est le corps qui « travaille » et non la tête. On est dans la sensation et non dans le raisonnement. Dévier, absorber, transformer, répondre au plein par le vide, tout cela se fait « naturellement », sans préméditation.

C’est une forme de non agir… pour mieux agir ensuite. L’action se fait toute seule dans le sens de la moindre résistance.

 

C’est la façon de voir du Petit Dragon, aujourd’hui. Il y a d’autres façons de voir et chacune correspond à un moment de vie, de pratique, à une personnalité.

Rien n’est fixe et défini une fois pour toute… (mini proverbe chinois?)

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
26 avril 2026 7 26 /04 /avril /2026 14:45

 

"La feuille tombée
retourne à sa racine"

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
26 avril 2026 7 26 /04 /avril /2026 14:42

 

Rien ne vaut un bon petit proverbe chinois, il y en a de tout poil, des sérieux, des curieux, des paradoxaux (les meilleurs!), des incompréhensibles (pour nous?), des moralisateurs, des longs, des courts…

Bref, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les circonstances. N’en abusez pas tout de même , cela pourrait lasser vos interlocuteurs…

 

PHOTO Xiao Long

 

Pour les amateurs de proverbes donc, il y a bien sûr internet, mais on peut se demander si tous sont bien des proverbes chinois… Pas sûr !

De toute façon, rien ne vaut un bon petit bouquin que l'on peut feuilleter, abandonner, reprendre... (et avec lequel on pourra éventuellement caler une table plus tard… il existe peut-être même un proverbe sur le sujet ? du genre :

« Un mauvais livre est bon pour une table bancale » ???). 

 

Les recueils de proverbes sont nombreux, l'un d'entre eux s'intitule "Sagesse millénaire en quelques caractères" aux éditions You Feng.

Cet ouvrage collectif présente le proverbe en chinois et sa traduction et il précise, lorsque cela est possible son auteur et/ou le document d'où il est extrait. Ces indications ne se retrouvent pas toujours dans les recueils basiques.

Les proverbes sont classés par thèmes. Et à la fin, on peut trouver une chronologie des dynasties chinoises, ce qui n'est pas superflu... (pour les fans d’histoire !)

 

Et voilà: *tout petit, pas très cher, à emporter partout et à ne pas oublier n'importe où! Son étude vous permettra peut-être d'accéder à la Connaissance, car :

 

« Savoir qu'on sait, quand on sait,

Et savoir qu'on ne sait pas quand on ne sait pas,

C'est là la vraie connaissance. »

 

Entretiens Confucius II

PHOTO Xiao Long

 

Les proverbes chinois reposent souvent sur des images, des contradictions des expériences simples du quotidien et ils parlent facilement à l’esprit.

Bien sûr, ces 谚語 yànyǔ « proverbes » ou 俗語 súyǔ « dictons » sont pour nous des traductions, et nous y perdons certainement quelque chose en route. Mais, bon…

Cependant, les idées sont là et ces proverbes nous font réfléchir ou sourire, ou les deux :

« Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. »

 

Il y a toujours, au-delà de la simplicité, un message à découvrir :

 

« Le dragon immobile dans les eaux profondes devient la proie des crevettes . »🦐

 

ou une valeur à trouver :

« La porte la mieux fermée est celle qui peut rester ouverte. » (confiance)

 

« Grimpez la montagne comme une personne agée pour atteindre le sommet comme un jeune. » (persévérance)

 

Ils transmettent souvent une sagesse héritée, une morale :

« Le professeur ouvre la porte, mais vous rentrez de votre propre chef. »

 

 

« Étudier le passé nous aide à comprendre le présent. »

 

 

« Un voyage de mille lieues commence par un premier pas. »

 

NB:

*Il y en a bien d’autres livres, comme par exemple:

Sentences et proverbes de la sagesse chinoise

de Bernard Ducourant chez Albin Michel

Le Grand livre des proverbes chinois

De Patrice Serres aux Presses du Châtelet

ou encore

Proverbes chinois (pour réfléchir)

de Laurent Deburge chez OSKAR

(destiné aux enfants , les proverbes sont expliqués et même les « grands » y apprennent des chose !)

Bref, ce ne sont pas les livres qui manquent…

 

« Ouvre un livre, c’est lui qui t’ouvrira. »

📕📖

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Published by Xiao Long - dans DES PAGES et DES IMAGES CULTURE
12 avril 2026 7 12 /04 /avril /2026 15:55

 

 

" Cent fois entendu

ne vaut pas une fois vu".

 


Histoire des Han

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
12 avril 2026 7 12 /04 /avril /2026 15:36

Il existe un enchaînement, que nous ne pratiquons pas dans notre école, mais qui représente la quintessence des principes et des techniques du tai ji quan .

Il comporte 13 mouvements.

Ces treize mouvements associent les huit gestes principaux/ huit potentiels (parer, tirer, presser, repousser, couper, séparer, donner un coup de coude, donner un coup d'épaule), aux cinq déplacements (vers l'avant, vers l'arrière, vers le droite, vers le gauche, rester au centre).

 

Comme toujours, il recèle aussi un sens symbolique -sinon, ce ne serait pas marrant.

Le chiffre huit est associé aux huit trigrammes (ba gua) du Yi JING ( le Traité des mutations, un des livres Classiques de la Chine).

Le chiffre cinq, quant à lui, est associé aux cinq mouvements de l'énergétique chinoise (eau, bois, feu, terre, métal).

Ces cinq mouvements ou « éléments » sont reliés à cinq déplacements :

« vers l'avant » pour le feu, « vers l'arrière » pour l'eau, « vers la droite » pour le métal, « vers la gauche » pour le bois, et « rester au centre » pour la terre.

Approches des 8 potentiels

Vous trouverez ici une présentation synthétique des 8 potentiels, tels que nous les définissons -brièvement 😀 .

 

Peng (p’ĕng)

Parer, embrasser, avoir la sensation d’être comme un ballon gonflé, toute pression le fait tourner sur lui-même autour de son centre.

C’est comme un bouclier qui protège qui nous protège. C’est ce qui , en contact avec un partenaire par ce potentiel, nous permet l’écoute tacite de l’autre.

L’énergie est sur l’extérieur de l’avant bras.

Les notions de rondeur, volume, absorption représentent le côté yin de ce potentiel. Le côté yang de Peng se manifeste par l’explosion, un rebond, on retrouve l’idée du ballon...🌍

La traduction habituelle est «  Parer ». Le potentiel est expansif.

 

Lu (lǚ)

Tirer - je préfère « guider » à tirer : nous accompagnons la force existante, nous n’en appliquons pas une, nous guidons l’adversaire vers l’arrière, dans le vide, et utilisons sa propre force.

Le potentiel est attractif.

 

Ji

Presser, percuter. Ji est souvent confondu avec Peng. Si Ji est correctement exécuté, il n'y a pas de rebond comme avec Peng, mais plutôt une attaque qui ébranle l’adversaire.

Le potentiel est propulsif ( une impulsion et une expansion en même temps !).

 

An (àn)

Repousser d'une main ou des 2 mains. L’action de repousser est progressive et déracinante. La clé de ce mouvement est la légère bascule du bassin qui permet d’absorber d’abord et ensuite la détente de la jambe arrière sur la poussée.🧐L'image est celle de la vague qui recule avant de réavancer.

Le potentiel est impulsif 

 

Cai cǎi

On trouve souvent la traduction « cueillir » ou « couper » ou « tirer vers le bas ». On y trouve une idée de levier, de soudaineté de l’action. C’est peut-être un des potentiel les plus difficiles à appliquer et nombreuses sont les questions à son sujet. Le potentiel est extensif.

 

Lie liè

On le traduit par « séparer » ou « tordre », il y a l’idée de spirale, d’énergies appliquées en sens contraires pour déraciner par exemple ou pour casser (moins drôle!!)

Le potentiel est offensif.🤕

 

Zhou zhǒu

Traduit souvent par « donner un coup de coude », c’est utiliser son coude (mais aussi toute autre articulation saillante) pour percuter ou faire levier, etc…

Pas de surprise, le potentiel est percutant !

 

Kào (k’ào)

C’est l’action de donner un coup d’épaule , mais cela vaut aussi pour toute autre partie du corps qui percute ou pousse pour attaquer les bases de l’adversaire ou le propulser.

Le potentiel est heurtant (le bump…🕺)

 

 

Un peu de lecture pour aller plus loin , pour ceux qui aiment bien jouer avec la théorie….🙄🤔

 

Traité sur le taijiquan de Zhang Sanfeng

" Parer (Peng), tirer vers l’arrière (Lu), presser (Ji), repousser (An), cueillir (Cai), tordre (lie), donner un coup de coude (zhou) et donner un coup d’épaule (kao) représentent les huit trigrammes.

 

Avancer (Jin Bu), reculer (Tui Bu), se déplacer vers la gauche (Zuo

Gu), se déplacer vers la droite (You Pan) et se fixer au centre (Zhong Ding) correspondent aux cinq éléments.

 

Parer, tirer vers l’arrière, presser et repousser correspondent respectivement aux trigrammes Qian, Kun, Kan et Li ; ils représentent les quatre orientations cardinales.

Cueillir, tordre, donner un coup de coude et donner un coup d’épaule correspondent respectivement aux trigrammes Xun, Zhen, Dui et Gen, qui représentent les quatre orientations diagonales.

 

Avancer, reculer, se déplacer vers la gauche, se déplacer vers la

droite et se fixer au centre correspondent respectivement au Métal

(Jin), au Bois (Mu), à l’Eau (Shui), au Feu (Huo) et à la Terre (Tu).

Ces gestes représentent les treize mouvements."

 

Et bien sûr :

Extrait des « 8 portes et 5 déplacements »

de Yang Ban-Hou (fils de Yang Lu

Chan) :

"(...) Les 8 trigrammes [et donc les 8 potentiels] sont dissimulés dans les mouvements des mains et dans le déplacement des pieds conformément aux 5 éléments. Les mains et les déplacements, 8 et 5, donnent le chiffre 13." 

 

Pour préciser et prendre en compte les variantes de traductions, voici un panel de possibilités. Il faut toujours éviter de rester sur une seule traduction et profiter des idées données grâce à cette variété de propositions qui peuvent nous aider à mieux appréhender des notions qui ne sont pas simples…

 Péng : « Parer », « Esquiver », « Repousser » en un mouvement de ressort. « Creuser la poitrine et arquer le dos ».

 Lŭ : « Rouler en arrière », « Tirer à soi », « guider vers l’arrière »

 Jǐ : « Presser », « percuter »

 Àn : « Appuyer », « Pousser », « Repousser ».

 Căi : « Cueillir », « Saisir », « tirer vers le bas ».

 Liè : « Séparer », « Fendre », « Déchirer », « Briser ».

Zhŏu : « coup de coude » « Percuter »

 Kào : « s’appuyer contre », ou « s’appuyer sur », « propulser »

 

Le nombre 5, quant à lui, fait référence aux 5 déplacements des membres inférieurs (Wŭ Bù 五步), ceux ci se combinent avec les potentiels ci-dessus.

 Pas en avant ou « avancer » (Jìn Bù 进步)

 Pas en arrière ou « reculer » (Tuì Bù 退步)

 Prendre garde à gauche / Se préoccuper de la gauche (Zuŏ Gù 左顾)

 Regarder à droite (Yòu Pàn 右盼)

 Équilibre central (Zhōng Dìng 中定)

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 13:26

 

 

"Il n'y a pas de rosée

qui ne mouille les souliers"

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 13:21

 

       Du Fu (-prononcé « tou fou »… no comment !) (712-770) laissa derrière lui 1458 poèmes. Il y a donc de quoi lire… (Projet de vacances ?).

 

Ce confucianiste convaincu y exprime son aspiration à jouer un rôle politique dans le pays. Issu d’une famille de lettrés et pourtant recalé aux examens, il n’occupera que deux postes mineurs dans l’administration : il semble que son tempérament de poète ne le prédisposait pas à se plier aux contraintes qu’auraient exigées de grandes fonctions.

 

L’intérêt qu’il portait aux grands évènements historiques de son temps a valu à son œuvre le nom de « shishi », histoire en poèmes. Pour lui, le poète avait aussi un rôle social à jouer.

 

De nombreuses pièces poétiques évoquent la famille, l’histoire ancienne, la vie de tous les jours. Cet homme, rempli de compassion, parle des injustices, de la misère et en parle d’autant mieux qu’il vit lui-même ces choses.

 

S’adressant à l’Empereur, il dépeint clairement sa situation :

 

« Depuis la septième année de mon âge jusqu’à la quarantième que je cours à présent, je n’ai fait autre chose qu’étudier, lire, composer des pièces d’éloquence et faire des vers. J’ai acquis quelque réputation mais point de biens ; je suis dans la plus grande misère. Quelques herbes salées et un peu de riz font toute ma nourriture, tous mes vêtements consistent dans l’habit que j’ai sur le corps. Si Votre Majesté ne Se hâte d’y mettre ordre, elle doit S’attendre, au premier jour, à entendre dire que le pauvre Du Fu est mort de froid ou de faim ; Il ne tient qu’à Elle de S’épargner ce triste récit. »

 

 

Il eut gain de cause, mais n’en profita pas longtemps :

La révolte d’An Lushan, ce général qui mit en fuite l’Empereur Tang et fut tué par son propre fils peu de temps après... (le « tu quoque » chinois ?) mit un terme à cette brève période de bien-être.

 

Son style reste simple, sobre, direct, il donne vie à cette période mouvementée, où les combats séparent les familles,où la famine décime les populations et durant laquelle on assiste à la chute d’un empire brillant, celui des Tang.

 

Il a su atteindre une perfection technique telle que de nombreuses générations d’admirateurs ont tenté de l’imiter, mais n’ont pu l’égaler : il reste proche du quotidien, du réel, du familier. Il sait faire naître les émotions et toucher en choisissant les mots justes.

 

Condamné à l’errance, il mènera une vie qui sans aucun doute l’inspirera et qui explique la force de son réalisme. Il ne connaîtra une réelle aisance que lorsque le gouverneur de Chengdu le prendra sous son aile.

PHOTO Xiao Long

 

« Perspective printanière » est son œuvre la plus connue.

 

Le pays est brisé, monts et fleuves pourtant demeurent ; la cité est au printemps, l'herbe et les arbres sont profonds.

Ému par le temps, les fleurs semblent éclaboussées de larmes ; en haine de la séparation, les cris d'oiseau bouleversent le cœur.

Feux de guerre ininterrompus depuis trois mois ; une lettre de la maison vaut dix mille pièces d'or.

Cheveux blancs, que je gratte, ils s'amincissent encore ; presque, ils ne pourraient plus tenir l'épingle à cheveux.

 

Toujours en peu de mots les images surgissent et marquent l’esprit :

 

« Le départ des soldats et des chars de guerre » (Extrait)

 

Les chars crient … Les chevaux soufflent ;

Les soldats marchent, sur leurs dos l’arc et les flèches.

Les pères, les mères, les enfants les accompagnent, courant confusément au milieu des rangs ;

La poussière est si épaisse qu’ils arrivent au pont de Hien Yang sans l’avoir aperçu ;

Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;

Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève jusqu’aux nuages. (…)

 

A découvrir...

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE DES PAGES et DES IMAGES
21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 15:46

 

" Celui dont la pensée ne va pas loin,

verra ses ennuis de près".

Confucius

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 15:42

Qui ne connaît pas le film, enfin le dessin animé, "Mulan" avec son super mini-dragon, Mushu (non, ce n’est pas un lézard!) , son grillon veinard et les grands méchants Huns? Entre nous, si vous ne connaissez pas, il va falloir combler cette lacune culturelle ;)

 

Bien sûr, cette adaptation prend quelques libertés avec ce que l'on sait de Mulan. Pourtant ce film restitue les grandes lignes de la légende de Hua Mulan:

On ne peut affirmer - ça commence bien!-  que son nom, Hua (fleur) Mulan (magnolia) soit le vrai...

Dans les annales des Ming, elle se nomme Zhu, dans celles des Qing, on la nomme Wei... Nous en resterons à Hua Mulan.

Que ce personnage soit imaginaire ou non, peut importe finalement. Ce qui est important, c'est l'impact artistique et idéologique de cette figure dans l'esprit du peuple chinois.

Mulan est un idéal pour les chinoises: une femme qui vit sur un pied d'égalité avec les hommes, dans les meilleures traditions  de moralité et de fidèle amitié... 

Mulan, entrainée aux arts du combat, comme beaucoup de filles d'officiers, se déguisa en homme pour partir à la guerre, prenant la place de son père, trop âgé ou de son frère, trop jeune. Voilà qui témoigne de sa piété filiale et de sa fidélité à la patrie, menacée par les invasions étrangères venant du Nord: cette histoire est dans le droit fil de la morale confucéenne.


De même les grands principes taoïstes ne sont pas loin et apparaissent nettement.
Le non-agir (Wu Wei) :

Mulan refuse le  poste de haut dignitaire qui lui est offert à son retour, et  après 12 années de combats, elle ne souhaite qu'une chose: retrouver les siens et son village.
Le Yin Yang:

Mulan est l'équilibre parfait entre adaptabilité et volonté, finesse morale et force physique. Ce "général", brillant stratège et remarquable combattant, devait être aussi habile à l'aiguille qu'à l'épée.
Transformée, elle reste elle-même pourtant, et le poème du Vème siècle à l'origine de l'histoire de Mulan montre que la guerre n'était qu'un épisode, et que ce  "général" retrouvera avec plaisir ses vêtements féminins!
Vaillance et détermination, intelligence
et finesse, élégance et abnégation, comment résister à cette héroïne?


 

PHOTO Xiao Long

 

La ballade de Hua Mulan

Mulan tisse sur son seuil, mais ce bruit répété

N'est pas celui de sa navette ; vous n'entendez que ses soupirs.

Pense-t-elle à quelqu'un ? Se souvient-elle de quelqu'un ?

Elle ne pense à personne, elle ne se souvient de personne.

Hier soir, elle a vu le décret de mobilisation ; le khan recrute des troupes,

Et sur les douze décrets, le nom de son père figure.

Son père n'a pas de fils adulte, Mulan n'a pas de frère aîné ;

Elle veut acheter selle et cheval et remplacer son père.

Au marché de l'est, elle achète un coursier, au marché de l'ouest selle et tapis de selle,

Au marché du sud, un harnais, au marché du nord, une cravache.

A l'aube elle prend congé de ses parents, le soir elle couche au bord du Fleuve Jaune.

Elle n'entend plus les appels de ses parents, mais seulement les eaux du fleuve qui coulent.

A l'aube elle prend congé du Fleuve Jaune, le soir elle arrive au pied de la Montagne Noire.

Elle n'entend plus les appels de ses parents, mais seulement le bruit des cavaliers barbares.

Volant par-dessus cols et montagnes, au bout de dix mille lieues elle avance jusqu'au front.

Le vent du nord frappe le cantonnement, la lumière glacée éclaire les armures ;

Le général après cent combats fut tué, les soldats au bout de dix ans reviennent.

Au retour, elle est reçue par l'empereur ; le Fils du Ciel est dans la salle du trône.

Ses mérites lui valent douze promotions, des récompenses innombrables.

Le khan lui demande ce qu'elle désire : "Mulan n'a que faire d'un poste à la cour, Je ne veux qu'un chameau rapide qui me ramène à la maison".

Son père et sa mère, apprenant son retour, appuyés l'un sur l'autre, sortent du village ;

La sœur apprenant le retour de Mulan, s'est faite belle et l'attend sur le seuil ;

Le jeune frère, apprenant le retour de sa sœur, a aiguisé un couteau pour tuer porc et mouton.

Elle ouvre la porte de la chambre de l'est, elle s'assied sur son lit à l'ouest,

Elle retire ses habits de guerrier et revêt ses vieux vêtements,

Elle refait son chignon devant la fenêtre, elle se poudre face au miroir,

Elle sort voir ses compagnons, ses compagnons sont surpris :

"Nous avons été ensemble pendant douze ans et nous ne savions pas que Mulan était une fille".

C'est à ses sauts qu'on reconnaît le lièvre, à ses yeux la hase ;

Mais quand un couple de lièvres court côte à côte, comment reconnaître le mâle de la femelle ?

Pour ceux qui aiment les "happy end", on arrête là!

Mulan est revenue chez elle, parmi les siens! 


Pour ceux qui préfèrent les «thrillers" (trilleur?trieur ? frilleur?  Finalement l'anglais n'est pas plus facile a prononcer que le chinois...), on raconte que l'empereur apprit que ce fabuleux général était une femme. Il désira qu'elle devienne sa concubine.

Il envoya  à plusieurs reprises des messagers, mais Mulan refusait à chaque fois. L'empereur s'obstina et finalement, elle se suicida avec son épée.
En son honneur, l'empereur organisa des funérailles suivies d'honneurs spéciaux...

Comme toujours les variantes sont nombreuses... Certains affirment qu'elle demanda en récompense un fringant coursier pour rentrer plus rapidement dans son village, d'autres lui font demander un ... chameau... ce qui pour nous n'évoque pas forcément une image grandiose!
Mais après tout, peu importe la monture, les moments clés de l'histoire sont identiques. 

 

PHOTO Xiao Long


Pour en savoir plus, un livre des éditions You Feng vous fera découvrir Hua Mulan "Hua Mulan, femme général de la Chine antique", roman anonyme traduit par Yan Hansheng...

Pour les plus sérieux d’entre vous, ou les allergiques aux dessins animés, nombres de films existent sur Mulan, mon favori reste  le film de 2009,« Mulan, la guerrière légendaire» avec Wei Zhao et Kun Chen Wentai

... mais le film de 2020 avec Yifei Liu, Gong Li et Donnie Yen n’est pas mal non plus !


 


 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE DES PAGES et DES IMAGES

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 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

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