Il faut dix ans pour cultiver un arbre,
cent pour cultiver un homme...
Il faut dix ans pour cultiver un arbre,
cent pour cultiver un homme...
La méditation assise et silencieuse est celle que préfèrent les Français, paraît-il. Peut-être pourriez-vous utiliser un peu de votre temps libre (ou pas… après tout le temps libre est bien celui que l’on se libère…) pour tester cette forme de recentrage agréable.
Il suffit de se poser, de s’asseoir confortablement (inutile d’essayer de se faire des nœuds dans les jambes avec des « Aie ! » et des «Ouah ! » pour ressembler à un yogi « pro »), il faut être à l’aise :
On peut s’asseoir sur le sol, sur un tapis, un zafu, un gros pouf, ou sur une chaise (pas un canapé, tout de même !), dos et nuque à la verticale. Si vous êtes assis sur un siège, tenez-vous droit, sans contact avec le dossier de votre siège, et les pieds à plat sur le sol, jambes à angle droit (et non repliées sous la chaise ou chevilles croisées).
Peu importe la hauteur de l’assise, il faut être bien pour se détendre. Si la position est contrainte ou inconfortable, ce sera contre productif puisque la détente ne pourra pas s’installer… autant aller faire autre chose !
Si vous êtes au sol, ancrez-vous bien dans la terre, laissez tomber les genoux : l’idéal est que les genoux soient posés au sol. Deux solutions, ou bien on est « hypersouple » et ils descendent tout seuls ou… pas. Dans ce cas, on choisira un coussin ou zafu assez haut, épais pour soulager les hanches et nous aider à libérer les genoux.
On peut aussi placer un plaid sur les jambes ou les épaules éventuellement pour que ce soit chaud et confortable. On peut rester ainsi 10, 20 30 ou 40 minutes. Soyons modeste pour commencer…
Fermez les yeux, respirez normalement. Restez autant que possible immobile, ne modifiez votre posture que si c'est absolument nécessaire, et faites-le alors en douceur, sans mouvement brusque. Concentrez-vous sur le mouvement du ventre, à chaque inspiration et expiration.
Au bout de quelque temps votre attention sera sollicitée par d’autres choses, lorsque cela se présente, laisser aller votre attention vers ce bruit, cette odeur, cette pensée, examinez la chose, faites-en le tour et revenez à votre respiration.
Il ne faut pas s’en vouloir de s’être laissé distraire un moment de sa respiration, on reste vigilant, on suit, on accepte ce qui passe, on est présent puis on revient au souffle.
Si la posture assise est difficile pour vous, pourquoi ne pas commencer allongé… l’essentiel est de commencer… (sans s’endormir si possible… encore que : quelle meilleure preuve de relation que de piquer un petit roupillon ?)
Facile donc ! : il n’y a qu’à se poser… Le plus difficile : se poser !
Un chat pressé
n'attrapera pas de rats...
" Zhuāngzǐ rêva qu'il était papillon, voletant, heureux de son sort, ne sachant pas qu'il était Zhuāngzǐ .
Il se réveilla soudain et s'aperçut qu'il était Zhuāngzǐ.
Il ne savait plus s'il était Zhuāngzǐ qui venait de rêver qu'il était papillon ou s'il était un papillon qui rêvait qu'il était Zhuāngzǐ."
Ce "rêve" de Zhuāngzǐ ( 莊子 ) , date du IVème siècle avant notre ère et fait partie d'un recueil de contes allégoriques qui contient tout l'esprit du Tao. Ce texte est à la fois philosophique et littéraire et influencera nombre d’écrivains et dramaturges.
On ne sait que peu de choses sur cet homme qui vivait à l'époque des Royaumes Combattants (476 à 221 av. J.-C.).
Originaire peut-être du district de l’état de Chu, il occupera une place de petit fonctionnaire avant de se retirer du monde. Comme cela est le cas pour bien d’autres penseurs, certains doutent de son existence… Toujours est-il que le texte est là ! Et pour nous, c'est ce qui compte...
Son œuvre est un des Classiques fondamentaux de la pensée chinoise. Il invite l'Homme au wu wei, un non-agir qui ne signifie pas passivité, mais plutôt conformité de l'action à la nature des choses et des êtres.
"Le rêve du papillon" est sans doute le passage le plus connu du Zhuangzi et pose la question de la nature de la réalité...
Si vous voulez butiner plus, il vous suffit de voleter tranquillement, de vous poser chez votre libraire et de chercher "Le rêve du papillon", de Tchouang Tseu (et oui, une autre transcription!!!), aux éditions Albin Michel, collection "spiritualités vivantes".
Presque 13 ans déjà que ce blog a fait son apparition: Le blog avait besoin d'un nettoyage de printemps ( bon, ce n'est pas encore le printemps...mais il va venir!)
Beaucoup d'articles, de nombreux thèmes... pas facile de s'y retrouver! Donc, certains articles vont être revus, complétés... et le classement simplifié. Il faut de temps à autres faire un peu de ménage...
😉
Zhu Xiao Di a repris le flambeau : Van Gulik – disparu depuis plus de 40 ans à présent- avait su avec brio rendre vie au juge Ti, ce magistrat chinois du VIIème siècle. Nous découvrions ses enquêtes bien menées ainsi que la société chinoise sous les Tang.
L’auteur des « Nouvelles affaires du Juge Ti », Zhu Xiao Di, est un sino-américain, né à Nanjing, aujourd’hui professeur à Harvard… Grâce à lui nous retrouvons notre juge Ti dans le district de Pou Yang où il fait bon vivre. Robe de brocart vert, coiffe empesée, longue barbe noire (rien à voir avec le pirate du même nom !), intraitable, il fait régner la justice et sidère la population et ses proches par ses facultés de déductions hors du commun.
Aucun casse-tête (chinois bien sûr !) ne lui résiste et ce virtuose peut même régler une affaire sans se déplacer tant ses « petites cellules grises » sont performantes : cet Hercule Poirot de Pou Yang est étonnant.
Il y a une parenté entre ce grand juge à longue barbe et ce petit belge à fines moustaches, même si Ti adore le thé –et pas n’importe lequel : les Jeunes Pousses Duveteuses de la Province de Anhui- et si Poirot préfère sa tisane (à chacun son addiction…).
Autre point commun entre ces deux personnages : ce n’est pas la modestie qui les étouffe et le juge Ti doit s’attendre à quelques tapes sur les doigts…
Incroyablement clairvoyant, il admire Confucius, se sent naturellement proche du taoïsme et cherche à mieux comprendre le bouddhisme.
Ce roman est constitué de dix nouvelles. Au fil de la lecture, on constate qu’elles sont reliées entre elles, on y voit l’évolution des personnages proche du juge, ses trois femmes, ses deux aides au tribunal… les situations changent aussi et, n’étant pas suffisamment diplomate, l’étalage de ses facultés de raisonnements finira par conduire le juge Ti sur les routes : il sera muté dans les terres sauvages de Lan Fang.
Ce roman a été publié en 2010 et Zhu Xiao Di est bien digne de son prédécesseur. Ces nouvelles rendent très vivant ce juge incorruptible, conscient du rôle qu’il a à jouer dans cette société imprégnée de confucianisme, et profondément humain dans ses décisions. Les énigmes qu’il résout nous semblent encore plus proches de celles qui nous ont été transmises par la littérature chinoise.
Il semble qu’aucune suite ne soit envisagée… – dommage !
Le juge Ti, inspiré de Di Renjie (630-700), reste un personnage très prisé en Chine, mis à l’honneur dans de nombreuses séries et films (dont « Detective Dee » en 2010 de Tsui Hark).
Di fut un des personnages les plus célèbres du règne de l’Impératrice Wu Zetian, réputé pour son efficacité, son honnêteté.
D’autres auteurs s’y sont essayés… Mais le juge est une figure bien particulière et il ne lui est pas toujours rendu … justice !
Voilà un titre prometteur et les lecteurs ne seront pas déçus.
Cet ouvrage, coécrit par les Docteurs Angles, Darakchan et le Professeur Zhu Mian Sheng, est une bonne approche pour tous ceux qui cherchent à approfondir leurs connaissances dans ces domaines « subtils » du souffle et de l’énergie.
Le Docteur Angles est depuis longtemps élève de Maitre Zhang Guan De (créateur du Dao Yin Yang Sheng Gong, récemment décédé à l’âge de 88 ans) qui a rédigé la préface de l’ouvrage.
Le Docteur Darakchan était versé en phytothérapie chinoise.
Le Professeur Zhu est une éminente experte, elle a publié de nombreux travaux en Chine et enseigne à Paris XIII.
Y sont présentés les différents types de Qi Gong ainsi que les principes de bases nécessaires à une bonne pratique. Une dernière partie propose quelques exercices simples.
Si l’on souhaite aller au-delà de la simple « gymnastique », il est un moment où il faut se pencher un peu plus (pas trop non plus….) dans la pensée chinoise et le fonctionnement de celle-ci. Ce livre a le mérite d’être abordable facilement, contrairement à bien d’autres qui ne s’adressent en fait qu’aux (déjà bien) initiés !
Si donc vos soirées « télé » ne vous satisfont plus, ce bouquin pourra vous tenir compagnie et éclairer votre lanterne (chinoise, bien sûr !).
« Souffle et énergie » aux éditions du Rouergue.
Toujours à la recherche d’un ouvrage qui puisse expliquer clairement et précisément la place de l’énergétique dans la pratique du Qi Gong et du Tai Ji, je viens de relire le livre de Yang Jwing Ming « Le chi-kung du taichi » aux éditions BUDO.
Le livre :
On peut y trouver les définitions fondamentales du Qi, des Qi Gong, des concepts de Jing, Shen, Yi, du Yin et du Yang, brefs les incontournables sont bien là ! Et les formulations sont nettes (contrairement à d’autres livres –que nous ne nommerons pas- où les explications sont si alambiquées qu’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour espérer s’y retrouver !!!)
Mais il n’y a pas que la théorie.
Quelques exercices très intéressants sont proposés en images et reprennent les fondamentaux de toute pratique.
Ainsi, si vous êtes à la recherche de lecture, ce livre sera tout indiqué et répondra sans doute à bon nombre de vos questions.
L’auteur :
Yang Jwing Ming est un expert dans nos disciplines.
Originaire de Taiwan, il a appris deux styles de Shaolin ainsi que le Tai Ji Quan, le Bagua Zhang et le Qi Gong.
Il a fondé le YMAA (Yang’s Martial Arts Association) qui compte 50 écoles dans 16 pays. Il a publié plus de 30 livres. (Il n’est pas nécessaire de lire l’intégrale !!! Mais certains sont spécifiques : sur le thème de l’épée par exemple… et valent un détour).
Ainsi quelle que soit votre école, votre style… il y a des fondamentaux qui eux sont permanents et qui sont bien présentés.
Le temps passe avec la rapidité de la flèche.
En un clin d’œil, un mois s'écoule
un second lui succède
et voici que l'année est déjà terminée.
Il est parfois étonnant dans le milieu des arts martiaux de voir à quel point certains s’écartent totalement des principes fondamentaux de « fonctionnement » des arts martiaux.
Loin de la sérénité, du respect mutuel, de l’ouverture d’esprit auxquels on pourrait s’attendre, on y retrouve des clans, des pour et des contres, des « ego » surdimensionnés, des intrigues de cour …
Xiao Long le déplore, cet état des lieux l’attriste sincèrement. Il aimerait bien que ces disciplines restent à l’écart de l’évolution générale et qu’au moins là, on puisse préserver quelques valeurs fondamentales… et il voudrait modestement rappeler les « vertus martiales » que nous devrions tenter de mettre en application : wǔ dé (武 德)
武, wǔ c’est un caractère que nous connaissons bien, celui que l’on retrouve dans wǔ shù, arts martiaux.
德, dé c’est vertu / moralité mais aussi volonté / cœur (que l’on voit dans la partie inférieure du caractère) et c’est encore bonté / bienveillance
Ces notions sont très anciennes et bien sûr, elles peuvent paraitre « ringardes »… et pourtant …
C’est un état d’esprit qui est le socle de nos pratiques (enfin, qui devrait l’être…).
Trop souvent, les cours oublient les bases simples (le salut par exemple) comme si l’on était pressé de passer à l’action, au corps du cours.
En ce qui nous concerne, les 6 vertus martiales sont :
1– rén 仁 cœur et bienveillance
Avoir du cœur, être bon, savoir partager et savoir pardonner.
Aimer son école, sa pratique, ses enseignants, ses proches, ses « concurrents »…
2 – Yi ordre
意 ? comme jìng yì
C'est le respect implicite des règles : préséance et hiérarchie.
3 – Li politesse (Rites, attitudes, bienséance, étiquettes)
礼 ? comme lǐ mào
La politesse c’est savoir se comporter avec les autres, rester correct, afin de conserver des rapports humains harmonieux.
On peut exprimer un désaccord sans se mettre à hurler sur le premier qui passe… (plus difficile, mais ça se fait…)
4 – Zhi discernement
智 ? zhì sagesse
Rester maître de soi, faire la part des choses, du vrai et du faux, du bien et du … moins bien. Savoir tenir la place qui est la sienne.
5 – Xin honnêteté(sincérité, fidélité)
心 ? comme dān xīn
Dans le milieu des Arts Martiaux Chinois, les notions d'honnêteté et de loyauté sont très importantes.
Une parole donnée se respecte, un engagement se respecte…
6 – Yong courage
勇 comme yǒng qì
Venir en aide, lutter pour défendre une cause juste, c’est une forme de courage, en respectant les notions qui précèdent…
Il est aujourd’hui encore nécessaire de les connaitre et de les suivre en les adaptant à notre « monde ». Dans tous les cas tenter d’appliquer ces principes ne peut pas nuire.
Le respect des autres est une valeur sûre, la cohérence entre nos paroles et nos actes aussi, la mise en sourdine de l’ego est nécessaire (et comme le disait la grand-mère du Petit Dragon : « On finira tous au même endroit », donc pas la peine de se pousser du col !).
La vie est courte, la « gloire » éphémère et relative :
« Derrière la montagne, il y a une autre montagne ».
Ce n’est pas souvent, mais de temps à autre Xiao Long est très sérieux…
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.
https://www.taijiqigongevreux.com/
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