"On peut toujours attendre qu'un lièvre
vienne se cogner à une souche"
Han Feizi
"On peut toujours attendre qu'un lièvre
vienne se cogner à une souche"
Han Feizi
Faire son ménage est une chose très moyennement passionnante, il faut l’avouer- et voilà qu’on veut nous le rendre thérapeutique ! Si ce n’est pas beau le progrès !
Il y a tant de façons de méditer… la dernière en vogue proposée est – nous dirons une forme de méditation en action !
Donc, on croyait jusqu’ici que ranger, dépoussiérer, trier était une vraie corvée, mais non, pas du tout !!! C’est le moyen d’accéder à un bien-être !
Comment faire ?
Au lieu de nettoyer le weekend la saleté de la semaine en maugréant, il faut se rendre compte que l’on se vide la tête en même temps – comme si l’on méditait… Bref, on enlève les moutons dans les coins et on vide les tiroirs du cerveau… (et non, on n’en profite pas pour ressasser toutes les choses négatives qui nous sont tombées dessus cette semaine !)
Il y a des bazars organisés pourtant !!!
... Et d’autres pas !
On crée un espace propre, net, duquel on élimine les parasites et qui nous permettra de goûter à une certaine forme de sérénité. Cela ne signifie pas avoir un intérieur désincarné tout beau comme une photo extraite d'un magazine de décoration- on y vit quand même!!! Mais... dépouillé des inutiles.
Une fois le ménage fait, les objets superflus rangés ou jetés ou donnés (c’est encore mieux !), on peut se reposer dans un espace libéré.
L’idée est simple et n’est pas nouvelle : intérieur et extérieur communiquent. Si votre intérieur extérieur (alors déjà, vous ne suivez plus !)- votre maison- est en désordre, alors votre monde intérieur est à son image…
Ce n’est pas faux, et même vrai… de là à parler de méditation… Petit dragon a un doute et le voit plutôt comme l’application d’une des règles de base du Feng Shui.
Le Feng Shui insiste sur le bon placement des objets dans une pièce pour permettre au Qi de circuler harmonieusement. Pour ce faire, il faut faire des choix et ne pas forcément garder des choses qui ne servent plus à rien, la pile de journaux des années précédentes, les vieilles chaussures entassées sous les chaises, les tapis roulés sous les lits, les cartons empilés sur les armoires, sans parler de tout ce qui est conservé à droite et à gauche, vis, clous, morceaux de bois et autres indispensables au bricolage - et qui « pourrait peut-être servir un jour »…
Mais l’expérience prouve que la plupart des objets qui n’ont pas été utilisés depuis une ou deux années, ne le seront plus jamais… (On a dit « la plupart », il peut arriver que l’on cherche ensuite désespérément le bon bout de ficelle pour ce carton là… le bout que l’on a jeté… Il faut bien une exception pour confirmer la règle.)
Et donc... c’est le « ménage de printemps », que l’on peut faire en toute saison d’ailleurs: il n’y pas de saison idéale pour un grand nettoyage -méditatif ou pas- mais certainement bénéfique ! L’essentiel est de faire un peu de vide !
Trier signifie choisir, prendre des décisions, classer, mettre au clair, redécouvrir parfois, gagner de l’espace, rétablir un équilibre harmonieux et gagner en énergie.
Voilà qui permettra d’être dans un intérieur aéré qui favorise le repos et la mise en place de nouveaux projets… et la méditation...
" Celui qui s'est brulé
en prenant du bouillon trop chaud,
souffle même sur le ragoût froid."
Li Jun Fan ou Li Xiao Long est une personnalité incontournable pour tout pratiquant d’arts martiaux que l’on fasse dans l’explosif ou dans le tranquille…. Il a marqué les esprits de toute une génération et a inspiré surement de nombreuses vocations.
Né une année du Dragon à l’heure du Dragon, son surnom « Xiao Long » lui va donc bien !
Et malgré ce beau nom chinois, Li Xiao Long, fils d’un comédien vedette de l’Opéra de Canton, est américain : il est né dans le quartier de Chinatown, à San Francisco en 1940. Si je vous dis que cet homme était philosophe, artiste martial, acteur, réalisateur, producteur, scénariste et qu’il créa sa propre voie martiale, le « Jeet Kune Do »… peut-être aurez-vous deviné de qui il s’agit?
Bruce Lee !
Il semblerait que son prénom américain lui ait été donné par… une infirmière ! Mais, il n’en profitera pas tout de suite puisqu’il repart vers Hong Kong avec ses parents. Très tôt, il jouera dans des films hongkongais, introduit dans ce milieu par son père. Ce n’est qu’adolescent qu’il découvre la passion de sa vie : les arts martiaux.
S’il est passé par la case Tai Ji Quan, c’est le Wing Chun surtout qui va former sa technique grâce aux enseignements de Yip Man puis de William Cheung
Finalement, ses parents décident de renvoyer en Amérique ce fils turbulent et bagarreur, qui n’était pas sans ennemis… Bruce enseignera le Kung Fu dans les parcs et intègrera l’Université de Washington pour y étudier la philosophie.
Petit à petit son expérience personnelle et ses réflexions philosophiques le poussent à créer son propre art martial : « La voie du poing qui intercepte », le Jeet Kune Do, plus pratique, plus fluide que le Kung Fu, adapté au combat réel, où techniques de boxe anglaise, de self-défense, de Kali se côtoient. (Le JKD sera même enseigné aux Forces Spéciales américaines).
Suite à une blessure, immobilisé pendant six mois, il entreprend de mettre sur papier ses réflexions et croquis sur l’art du combat: « Tao of Jeet Kune Do ».
Il n’y a pas que le « petit » Bruce Lee bondissant et hurlant des films qui l’ont fait connaitre en Europe, c’est pourtant malheureusement souvent cette image qui domine… Bruce Lee est un vrai penseur.
« Absorbe ce qui t’est utile, rejette ce qui ne l’est pas, ajoute ta propre expérience »
Voilà un bon résumé de sa pensée fondamentale…
Corps et esprit ne font qu’un et participent de l’Univers, on s’oublie soi-même, cette idée n’est pas nouvelle. Et la citation qui suit en rappelle d’autres plus anciennes :
« Vide ton esprit. Sois sans forme, informe, comme l’eau. Tu mets de l’eau dans une tasse, elle devient la tasse. Tu mets de l’eau dans une bouteille, elle devient la bouteille. Tu mets de l’eau dans une théière, elle devient une théière. L’eau peut couler ou elle peut tout balayer sur son passage. Sois l’eau, mon ami. »
Le Wu Wei, le non-agir reste la clé, pour faire face efficacement, on est relax, prêt à s’adapter, à accepter ce qui se présente. Pas de but ou de mobile, pas de calcul, le mouvement surgit du vide.
Pour cet esprit ouvert, il n’y a pas un style de combat unique ou meilleur qu’un autre. Les techniques préétablies figent le corps et l’esprit. L’art martial est une expression de soi, pour cette raison se soumettre sans réflexion à une seule doctrine est un obstacle à l’épanouissement de la personne. Les techniques sont apprises pour être oubliées, ne plus avoir de techniques, c’est les avoir toutes et la réponse devient spontanée, automatique, libre.
Compréhension, expérimentation, simplicité permettent de développer une « auto-connaissance ».
« Une fois que tu connais les racines, tu peux comprendre les bourgeons ».
Pour en savoir plus : le livre « Tao du Jeet Kune Do »…
"Dans les eaux profondes
les crevettes se moquent des dragons."
Encore un symbole…
Le poisson apparait très tôt dans les motifs décoratifs utilisés en Chine. À l’époque Zhou déjà (XIème siècle avant J-C), on le trouve sur des objets funéraires, il ferme les yeux des morts. Il semble qu’à ce moment-là, il ait été symbole de survie et de réincarnation.
Nous le connaissons mieux comme symbole de richesse. Ce sens est ancien et remonte au « Livre des Odes » (Anthologie du XIème au Vème siècle avant J-C). On trouve par exemple dans des restaurants des aquariums géant ou évoluent de nombreux poissons, idéalement 88, ce qui ne pourra que porter bonheur et fortune au propriétaire !
On pense en général que cette symbolique vient d’une homophonie. Le Poisson « Yu »鱼 [yú] serait substitué à « Yu » 裕 [yù] abondance. Voir de nombreux poissons signifiait que les récoltes seraient bonnes. On offrait autrefois au Dieu de la Richesse des têtes de poissons (la partie le plus recherchée parait-il, la moins comestible aussi…).
Pour le Nouvel An le plat de poisson est un incontournable du coup. Et il revient aussi sur les images ou les enveloppes rouges données pour le Nouvel An. Souvent il est accompagné d’un enfant qui joue avec lui. Rien de mieux pour souhaiter au destinataire une grande richesse et une postérité nombreuse.
Ce motif de poissons est toujours très répandu en Chine, sur les plats, les assiettes, les bols … pour y placer plus joliment une abondance de nourriture…
Un proverbe dit : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. » (Lao Zi)
Un autre sens encore est attribué aux poissons:
le symbole que nous connaissons sous le nom « yin-yang » est appelé souvent « les deux poissons ». Deux polarités, l’une yin et l’autre yang, il n’en faut pas plus pour en faire également l’emblème de l’harmonie conjugale, de la félicité dans le mariage… Comme les poissons dans l’eau, les époux vivent heureux !
Dans le cadre des fiançailles et du mariage, on choisit le cyprin doré, sans doute pour sa belle couleur rouge, celle du bonheur!
Enfin, notre poisson symbolise aussi ,dans le cadre du bouddhisme, la liberté d’esprit de celui qui atteint l’éveil, puisque, comme le poisson, il vit alors sans entrave ni contrainte, ayant échappé au piège des apparences et des désirs.
D’ailleurs les adeptes qui voulaient obtenir quelques mérites achetaient pour les fêtes des poissons qu’ils libéraient dans les bassins des temples. Certains mauvais esprits pensaient que les marchands les pêchaient peu avant dans ces mêmes bassins… une forme de recyclage de poissons ? Mais bon, il semble que la profession de pêcheur ait été considérée comme très noble…
Il n’y a donc plus qu’à acheter un aquarium et y mettre vos petits poissons pour devenir riches… Il en existe d’ailleurs maintenant des tatoués –au laser- de caractère de bon augures qui font fureur en Chine !
(Un article qui se termine –logiquement- en queue de poisson !)
🐠
" Il est difficile d'attraper
un chat
noir dans une pièce sombre,
surtout lorsqu'il n'y est pas.
Voilà le printemps, tout pousse, les mauvaises herbes aussi ! Et bientôt, nous verrons apparaître peut-être, dans un coin du jardin, du chiendent. Cette plante n’est pas très jolie : c’est donc une mauvaise herbe ! Elle a la réputation de se répandre facilement dans les jardins (elle n’est pas la seule…) , on la surnomme même « le froment rampant ».
Pourtant, cette herbe commune, est un symbole important en Chine. C’était une plante rituelle dans l’Antiquité pré impériale. Elle était utilisée pour filtrer les boissons sacrificielles.
Apparemment elle avait aussi un pouvoir démonifuge : sans doute l’élément avait-il peur de sa tête hirsute ?
On trouvait parfois des bouquets de chiendent suspendus sur les portes des maisons lors de la fête des « Cinq Vénimeux » : le cinquième mois de l’année est désigné sous le nom du mois du poison. La nature est en pleine expansion, et c’est le moment de repousser les pestilences qui sont représentées par cinq animaux vénimeux : le serpent, le lézard, le crapaud, le scorpion et le centipède, c’est-à-dire le mille-pattes.
Les cortèges funèbres étaient souvent précédés de personnes portant des bouquets de chiendent. On peut penser que sa couleur, un peu blanc, faisait qu’il était associé au deuil.
La représentation du chiendent n’étant pas très esthétique elle n’est pas utilisée dans les créations artistiques chinoises. On lui préfère avec raison la pivoine ou le lotus…
Sur le plan thérapeutique, le chiendent est bien connu pour ses vertus diurétiques. C’est aussi un calmant des inflammations des voies urinaires. Et on l’utilise aussi dans les problèmes de rétention d’eau.
Cette herbe n’est donc pas si « mauvaise »… et son nom peut-être un peu curieux :
嘎嘎草 Gāgā cǎo (herbe « coin coin » ? d’après ce que nous dit un traducteur … ou c’est un couac ? 杂草 zá cǎo, mauvaise herbe suffit.
Une année pour faire pousser une fleur,
Dix jours pour la contempler.
Les transcriptions :
Pour ce qui est de l'orthographe, on a un réel embarras du choix avec plus ou moins de consonnes: vingtsun, wingtsun, wingtsung, yongchun, wengchun, wyngtjun, vingtjun, wingtzun, wingtschun, etc…
Certains maitres créèrent leur propre appellation contrôlée, afin de se démarquer des enseignements traditionnels.
Enfin, bref…
🌼Wing chun signifie "poing du printemps" 咏春拳, (Yǒngchūnquanen en pinyin, je n’irais pas jusqu’à vous donner la version cantonaises et je n’ai pas la version en serbo-croate !! Désolée !)
Cet art martial est parfois désigné par 永春, traduits littéralement par « printemps éternel ».
Ces techniques nous viennent du sud de la Chine et se pratiquent à mains nues ou avec armes. Répandu essentiellement à Hong Kong et Taïwan, le Wing Chun se propage en Europe et aux USA au XXème siècle: son efficacité en intéresse plus d'un et Bruce Lee, alors à son apogée, joue aussi un rôle non négligeable dans ce phénomène d'expansion (des arts martiaux chinois en général d’ailleurs aussi) .
Les origines :
Le wing chun aurait été créé dans la province du Fujian en Chine il y a plus de trois siècles. L'enseignement initial était bien sûr purement oral, de maitre à élève, comme cela se faisait traditionnellement … ce qui ne nous aide pas à la collecte d’informations « fiables » !Comme souvent, en cas de doute, on a recours aux légendes !
Il y en a donc une (au moins) sur les origines du Wing Chun : Yim Wing Chun, une jeune femme, refuse la proposition de mariage d’un grand seigneur local (mauvaise idée !). Celui-ci se déclare prêt à renoncer à ce mariage à une condition : Que sa future épouse arrive à le vaincre au cours d’un combat.
Yim Wing Chun rend alors visite à une nonne bouddhiste Ng Mui et lui demande de lui enseigner l’art du combat. Et comme on pouvait s’y attendre, la jeune femme excelle et gagne le duel et… la liberté, ce qui lui permet d’épouser quelques temps après Leung Bok Chau, qui désigna cet art martial par « Wing Chun »… Bon, mais est-ce très historique ? Le doute est largement permis, mais l’histoire est belle !
Quelle qu’en soit l’origine véritable, le Wing Chun fait bien partie des arts martiaux qui ont été mis en sourdine lors de la Révolution Culturelle (1966-1976). De nombreux Maitres dans cet art interne/externe combiné, quittent la Chine d’alors, développant différents styles de Wing Chun.
Cependant, c’est bien le style de Yip Man qui domine et ce grâce ses anciens élèves : Bruce Lee (1940-1973) qui devient une star internationale et Leung Ting . Né en 1947, élève privé de Yip Man, il devient instructeur 20 ans après et favorise la diffusion du Wing Chun en structurant l’enseignement de cette discipline (uniformes, grades, diplômes…).
Les principes fondamentaux du Wing Chun sont proches de ceux des autres arts martiaux et s’appuient sur la « non force » : économie de mouvement et d’énergie, l’information qui passe par le contact est plus directe que celle qui passe par l’œil ; toujours protéger son centre en attaque et en défense ; canaliser la poussée des bras vers l’avant ; utiliser la force de l’adversaire et la retourner contre lui ; dévier la force en défense et utiliser la ligne droite en attaque (céder, renvoyer)… Gêner l’adversaire ; utiliser la masse corporelle et non la force de frappe.
Les techniques : L’exercice au mannequin de bois, Mu Ren Zhang, 木人樁, est sans doute l’aspect le plus typique de l’entrainement Wing Chun.Ces techniques de mains sont très efficaces (Chi Sao 黐手).
Les techniques de jambes… aussi ! Les « jambes collantes » sont moins connues, mais permettent d’éviter balayages et autres tentatives adverses… désagréables !
Les armes de prédilection du Wing Chun sont celles qui correspondent à ses origines Hakkas. Ce peuple vivait au bord des lacs et des mers au sud de la Chine où pullulaient les jonques fluviales et maritimes. On y pratiquait le commerce en général et … en particulier aussi (sur les « bateaux fleuris » ou « bateaux à lanternes rouges »… qui n’étaient pas les derniers, contrairement à leur dénomination… Voir les écrits de Van Gulik).
🌸En cas de mésentente, on utilisait « la perche à la fleur de prunier », une perche de plus de 4 mètres de long qui servait à faire avancer la jonque (les gondoliers pratiqueraient-ils le Wing Chun à l’ombre des ponts du Grand Canal sans que nous le sachions?).
🦋La paire de « couteaux papillons » étaient assez répandues aussi: en fait, il s’agit d’une paire de sabre d’appontage pour que les (faibles) femmes puissent dénouer sans force les nœuds marins ou trancher une corde d’appontage en cas d’urgence ! En dehors de ce contexte, ils étaient faciles à dissimuler et… permettaient de … « trancher » rapidement en cas de litige !
Le commerce, quel qu’il soit, mais surtout clandestin, n’étant pas forcément de tout repos, ces « outils » pouvaient devenir des armes utiles et redoutables !
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.
https://www.taijiqigongevreux.com/
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