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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 16:42

La posture de préparation et d’ouverture est fondamentale.

C’est le commencement, c’est le moment où l’on se pose !

 

 

 

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre » présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 – MPC.

 

«  La recherche d’équilibre est constante, que l’on soit en mouvement ou non. La station debout, à l’arrêt, n’est pas forcément la posture la plus simple à tenir lorsque l’équilibre n’est pas sûr. Il reste cependant plus aisé au départ de travailler à l’arrêt. Cela va nous permettre de nous concentrer plus finement sur nos perceptions.

Nous commencerons debout, pieds écartés, car, s’exercer à se tenir debout, les pieds joints, est plus compliqué que de s’entrainer à se tenir debout, les pieds écartés de la largeur du bassin.

      Quelles informations recevons-nous dans cette posture ? Si nous portons notre attention sur l’ensemble du corps dans une perception globale, il est clair que l’axe joue un rôle majeur.

En position debout, nous pouvons sentir que le corps est emporté vers l’avant si le regard est dirigé vers le bas, et que donc la tête n’est pas bien « droite »[1], puisque le fil qui nous relie au ciel est distendu. Regarder droit devant soi, en rentrant légèrement le menton, permet d‘étirer les cervicales, de diminuer la lordose à cet endroit et de maintenir un axe correct, une belle verticalité. On peut imaginer que l’on cherche à empiler les vertèbres les unes sur les autres.

Nous sentons aussi nettement que si la lordose lombaire n’est pas gommée, le poids du corps se déporte vers l’avant. En poussant légèrement mìng mén (4 VG, Porte de la vie) vers l’arrière comme si nous cherchions à coller notre dos au mur, nous pourrons également limiter la lordose lombaire.

Nous pouvons aussi nous apercevoir que si les genoux sont verrouillés, nos jambes se raidissent et se comportent comme deux bâtons. Nous n’avons plus « d’amortisseurs » pour absorber. Pour absorber et pouvoir réagir à bon escient, nos jambes devraient être des bambous flexibles.[2]

Chaque élément du corps dépend, pour sa stabilité et pour ses mouvements, de la position du segment sous-jacent. Donc, si les pieds sont mal positionnés, les éléments sus-jacents – comme les genoux par exemple, en souffriront. Il faut donc être particulièrement attentif à la position des pieds au sol.

Nous pouvons tester différents placements de pieds et nous nous apercevrons que la position la plus confortable et la plus stable est de conserver les deux pieds parallèles pour que nos genoux et nos hanches s’installent selon cet alignement.

 

Le premier exercice sera – en position pieds écartés de la largeur du bassin et parallèles - de partir de notre position naturelle et de prendre la position axée étirée du tài jí quán, en adoucissant la lordose cervicale et la lordose lombaire et en relâchant les genoux. Nous sommes alors  centrés et cultivons cette sensation de solidité en prenant le temps d’analyser nos sensations dans cette posture. Il est important d’étudier nos sensations pour mieux comprendre les réactions du corps.  

http://taichi.snowcron.com/chigun_jan_joan_pictures/jan_joan_05.jpg

Nous pourrons ensuite alterner ces deux postures, posture naturelle puis posture axée, afin d’apprendre à mieux sentir les différences entre les deux et à adopter de plus en plus naturellement une posture favorable à l’équilibre en fonction de notre propre morphologie et de nos capacités physiques.

Les genoux par exemple seront plus ou moins relâchés, il faut juste prendre garde qu’ils restent dans l’alignement des pieds et ne pas les projeter au-delà des pieds. La fonction des jambes et des pieds est de transférer jusqu’au sol le poids provenant de la base du tronc.

L’important est que la hanche, le genou et la cheville soient alignés, le corps du fémur et le corps du tibia aussi.

 

Les pieds sont ancrés. Les orteils sont bien en contact avec le sol. Le poids du corps se répartit également dans les deux pieds. En position debout immobile et verticale, c'est le talon qui supporte la moitié du poids du corps. Ici, le poids du corps se place harmonieusement dans tout le pied, avec un point fort sur l’extérieur et une zone allégée à l’intérieur, comme on peut le voir ci-après.

 

 

 

Enfin, les épaules seront détendues et basses : elles ne s’affaissent pas pour autant, elles ne sont pas rejetées en arrière, la poitrine est simplement légèrement creusée. Sur cet exercice, les bras sont naturellement détendus et placés le long du corps.

 

Cet entrainement permettra par la suite, et au quotidien, de trouver plus facilement et plus rapidement la posture la plus favorable au maintien de l’équilibre en station debout à l’arrêt… »

 

http://taichi.snowcron.com/chigun_jan_joan_pictures/taichi_twist_04.jpg

 

[1] On parle le plus souvent de tête droite, mais « droit » n’est pas synonyme de vertical. On peut par exemple dans la technique « coup de poing vers le bas » ou « aiguille au fond de la mer avoir la tête « droite », c’est-à-dire dans l’axe du corps, dans le prolongement de la colonne vertébrale, elle n’est alors pas verticale dans le sens sur l’axe Terre/Ciel.

 

[2] Souvenons-nous de la fable de La Fontaine : « Le roseau plie »… mais il ne rompt pas.

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 10:39

 

Nei en chinois signifie  intérieur ou dedans. Jing signifie la chaîne d’un tissu, le fil de chaine qui entrecroisé avec le fil de trame forme un tissu. Mais il peut aussi avoir le sens d’écritures classiques ou de de canon religieux, qui finalement sont aussi des « trames ». Tu, c’est un plan, une carte, un dessin (comme dans Taiji tu).

Nei Jing Tu peut se traduire par « carte de notre trame intérieure ».

La version la plus connue de cette représentation  a été trouvée sur une stèle datée de 1886 qui se trouve sur un mur d’un des bâtiments du temple taoïste des nuages blancs à Beijing (白雲觀). Cette représentation du travail interne aurait environ mille ans (difficile de vérifier à la source J ).

On y voit quoi ?

Le diagramme se lit de bas en haut et représente le corps humain vu de profil. On distingue trois parties essentielles : les trois champs de cinabre (Dan tian). Il dépeint les différentes transformations énergétiques qui surviennent lors des pratiques d’alchimie interne.

On voit à la colonne vertébrale et le crâne. On y voit les organes symbolisés.

 

Dans la partie inférieure, un garçon et une fille (le Yang et le Yin),  travaillent ensemble pour actionner une roue hydraulique permettant d’envoyer l’eau (le Jing – l’Essence , dans cette région est le Rein), le long du canal sinueux (la colonne).

En inversant le jing ou l'Essence, représenté par le cours d'eau le long de la colonne vertébrale, ils évitent qu'elle s'écoule vers le bas et qu'elle soit perdue. Cette eau va croiser différents passages.

Elle va être réchauffée au niveau du Dan Tian moyen 中丹田 afin de produire la vapeur  (le Qi )  qui va être diffusée vers le Dan Tian supérieur 上丹田 ,  lui-même représenté par le mont Kun Lun représentant les différentes composantes de l’esprit et du cerveau.

 

Le champ de cinabre inférieur est placé à côté des quatre symboles du Yin-Yang qui représentent les quatre agents extérieurs (bois, feu, métal, eau), avec le cinquième (la terre) au centre.

Sur la droite, on aperçoit une forêt, le Foie. Sur la gauche du champ du cinabre se tient un buffle qui laboure la terre et plante la pièce d'or, une image de la première graine de l'élixir doré. Le buffle qui laboure la Terre, symbolise ainsi la fonction de transformation du Centre (associé à la Rate, Estomac et Intestins).

 

Au centre se trouve le champ de cinabre médian, en forme de spirale et situé dans la région du cœur. Juste au-dessus, un jeune garçon tient la constellation de la grande ourse, symbole du centre du cosmos. Cette boule de Feu est associée au Cœur, symbole de l’amour et de la compassion  et qui est également la demeure du Shen , la conscience organisatrice.

Selon le légende du « Bouvier et de la Tisserande », Niu Lang 牛郎 et Zhinü 織女. Un vacher, correspondant à l’étoile Altaïr, ne peut retrouver son épouse, l’étoile Vega, qu’une fois par an. En médecine chinoise, la tisserande représente la fonction de thésaurisation du Jing des Reins et le bouvier représentant le Feu empereur du Cœur, tous deux formant l’axe Shao Yin.

 

 

Plus haut, au-dessus et derrière la pagode  (la trachée, lieu de passage de l’énergie du Ciel et de la Terre), on trouve l'oreiller de Jade, situé à l’arrière du crâne.

La partie supérieure de l'image représente le champ de cinabre supérieur. Derrière les grandes montagnes, sur la gauche, émerge le méridien gouverneur, Dumai; le vieil homme assis à côté de lui est Laozi 老子.

En dessous commence le méridien concepteur, Renmai, qui se déroule sur le devant du corps. Le moine debout, avec les bras levés, se tourne vers  Bodhidharma 達摩 (qui introduisit le bouddhisme Chan en Chine). Les deux points des yeux sont  représentés par le soleil et la lune.

 

Et ça nous dit quoi ?

C’est l’illustration de l’interaction entre nos trois Dan Tian, il présente le flux qui se déploie dans les « Huit Merveilleux Vaisseaux » Qi Jing Ba Mai et révèle les résonnances qu’il y a entre le Ciel , l’Homme et la Terre . La nature est au dehors, la nature est en nous, nous fonctionnons comme elle, et nous la prenons pour modèle pour gérer notre quotidien. On ne peut aller contre la nature.

IL évoque aussi Yuan Shen 元神, « l’Esprit originel »,  et décrit les cinq Shen* associé aux cinq organes Zang plus un Shen associé à la vésicule biliaire .

Cette carte est intéressante et nous aide à mieux comprendre comment les Chinois voient le fonctionnement interne et énergétique de notre corps. Rien à voir avec notre conception de l’homme « machine » : Le corps est « une machine qui se remue de soi-même », est la formule employée par Descartes. Le corps est comme une horloge, avec des rouages, tout fonctionne comme un mécanisme bien huilé. Le corps, c'est de la matière et rien que de la matière…

 On conçoit bien que les occidentaux aient un peu de mal à percevoir le corps comme le Nei jing tu !

 

Shen*  est une notion complexe que l’on ne peut qu’aborder… à creuser pour ceux qui sont intéressés sur des sites de MTC.
C’ est la forme la plus immatérielle du Qi. * Il regroupe l'ensemble de nos fonctions psychiques et spirituelles. L' Esprit Shen est  un des « trois trésors », il se décline sous cinq formes en lien aux aspects psychiques et émotionnels .


Le Shen -  Cœur     Source de vitalité, joie ,discernement
Le Hun  -  Foie       Source de créativité et d'élaboration de projets  
Le YI –     Rate       Source de l'apprentissage et de la cohérence  
Le Po –     Poumon Source de l' instinct de survie et de la protection de soi
Le Zhi –    Rein      Source de la volonté et de l'affirmation du soi


 

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18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 13:44

 

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre »

présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 –

MPC.

 

Il est important de comprendre comment nous fonctionnons, de découvrir les ressources que nous propose notre organisme qui, à l’image de la Nature, est capable sans cesse de s’adapter à de nouvelles conditions.

En réalité, l’éducation que nous recevons ne nous apporte que peu d’éléments sur le fonctionnement de l’être humain et sur l’interaction entre physique et spirituel, au sens philosophique du terme. Nous nous préoccupons davantage de la surface, de l’extérieur de notre corps, que de ce qui se passe à l’intérieur. Phénomène de société, symptôme finalement d’un déséquilibre qui accorde plus d’importance à ce qui se voit, au manifeste, qu’à ce qui est latent et se passe en profondeur.

 Il est bon d’élargir nos connaissances par un questionnement intelligent.

 

Le terme « équilibre » nous vient du latin « aequilibrium », de « aequus » : égal et « libra » : balance, poids. Ce concept décrit les situations où les forces  en présence sont égales.

Communément, l’équilibre se définit comme une attitude, une position stable, généralement verticale. Le poids est réparti également des deux côtés d'un point d'appui, de sorte que l’on ne bascule ni d'un côté ni de l'autre. Mais on ne se rend pas compte que ce processus n’est simple qu’en apparence, et qu’il repose en réalité sur un jeu de forces. La stabilité vient d’une dynamique, que l’équilibre soit statique ou dynamique.

 

PHOTO XIAO LONG

En effet, un équilibre peut être « statique ».

 

Et c’est bien là une première découverte : Debout, être debout, rester debout : c’est déjà une recherche d’équilibre. En restant simplement debout pendant un moment, immobile, nous pouvons sentir le corps osciller, aller de l’avant vers l’arrière, de l’arrière vers l’avant, et prendre conscience de la permanente accommodation qui est nécessaire pour se maintenir naturellement à la verticale sur nos deux pieds. Être immobile signifie réaliser un équilibre grâce à des ajustements constants. Ainsi l’équilibre « à l’arrêt », n’est pas réellement statique, au sens où nous l’entendons communément.

 

Mais un équilibre peut être également dynamique.

 

Pour un équilibre dynamique, le système est plus complexe, puisqu’il faut gérer en plus le déplacement du corps : des rétroactions de sens contraires peuvent se produire pour maintenir ou rétablir un certain niveau d'équilibre. Ces mécanismes peuvent s’opérer de manière réflexe, et font appel aux systèmes musculo squelettiques et au système nerveux pour permettre les mouvements qui permettront de s'adapter au contexte de la pesanteur.

PHOTO XIAO LONG

L’équilibre de l’homme a été analysé comme celui d’une grande structure qui reste debout sur une surface d’appui relativement petite.

Le squelette constitue la charpente du corps. Il est formé de 206 os reliés, pour la plupart, par des articulations. Il a pour rôle de supporter le poids du corps, de permettre sa mobilité et de protéger les organes internes. Le corps de l’homme est donc un ensemble de chaînes articulaires. Chacune de ces chaînes est composée de nombreux segments reliés par des articulations.

Pour chaque segment de notre corps, les forces de gravité doivent être rééquilibrées. Chaque segment repose sur un segment placé plus bas et l’articulation fait fonction de support.

Les surfaces des articulations étant très petites, le soutien du segment est difficile.

( … )

Les efforts d’un individu, pour maintenir la position verticale, résultent de micros mouvements incessants qui assurent un équilibre dans les 3 plans de l’espace: à la fois dans le plan sagittal antéropostérieur, dans le plan frontal, et aussi dans le plan horizontal.

Dans le plan sagittal avec mise en jeu des muscles antéropostérieurs.

Dans le plan frontal grâce à un système de haubans musculaires tendus entre la colonne vertébrale et les ceintures scapulaires et pelviennes.

Dans le plan horizontal avec mise en jeu des muscles rotateurs internes et externes. Le corps humain comprend plus de 650 muscles qui lui permettent de se mouvoir.

 

On voit combien ce mécanisme est complexe. C’est ainsi que l’on s’aperçoit que nous passons notre temps à réaliser un équilibre fugace. Si le moindre élément ne tient pas sa place, l’ensemble de la structure est affecté et doit compenser cette faiblesse.

 

 

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 14:26

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre » présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 – MPC.

 

 

Il y a parfois confusion entre les termes tài jí quán et tài jí.

On utilise l’un pour l’autre en considérant « tài jí » comme une abréviation de tài jí quán en langage courant. Mais en voulant faire « plus court », on fait surtout peu juste. Il faut distinguer l’art martial de son concept fondateur.

 

Tài jí est le « faîte suprême », elle évoque l'idée de la poutre faîtière qui préserve l'existence de tous les êtres et les choses. Ce faîte suprême est le principe supérieur, au-delà duquel il n’existe rien.

 

Le tài jí quán, 太极拳, est une discipline, un art martial interne. Le premier caractère tài signifie très ou trop. Le second caractère jí signifie sommet, ou extrémité, ou pôle. Le dernier caractère quán signifie poing ou boxe.

La traduction proposée est le plus souvent « boxe du tài jí » ou encore « boxe du faîte suprême ». Le terme boxe renvoie à la dimension martiale de la discipline. Le terme tài jí renvoie quant à lui à la dimension culturelle et philosophique de cet art, à la notion de sommet ultime. De cette clef de voûte, qui soutient la structure entière de l’univers, naissent le yīn et le yáng.

Lorsqu’on parle communément  du « tài jí », on fait allusion en réalité au taì jí tú, 太极, concept taoïste appelé aussi plus simplement « symbole du yīn et du yáng ». On y trouve l’idée d'un axe principal, essentiel, du point central, du fondement originel de l'univers.

 

(…)

 

Si on reste fidèle à cette image, le tài jí quán, qui repose sur les concepts précédemment évoqués, est une pratique qui s’effectue sur la plus haute crête de la montagne, entre adret et ubac, sur l’ultime cime, entre yáng et yīn.

Yáng et yīn ne sont pas opposés mais complémentaires.

FireShot Capture 109 - Les caractères chinois du Yin et du yan_ - https___fr

Nous avons dans yīn et dans yáng une première partie commune qui symbolise une colline  colline.

 

(…)

 

La graphie moderne conserve lidée fondamentale avec le choix commun de « colline » associée à « lune » pour le yīn et à « soleil » pour le yáng.

FireShot Capture 110 - yinyang-pinyin – Association Yin Yang_ -

 

Le pratiquant se déplace sur un fil, sur un axe. Ce dernier représente l’équilibre parfait. Toute oscillation vers un côté est immédiatement compensée par une oscillation vers l’autre côté, pour réaliser un centre permanent et mouvant.

Le tài jí quán est la représentation parfaite de l’équilibre qui se construit sans cesse, et n’est jamais acquis, une mutation perpétuelle.

La forme est un cycle, elle est une vie qui se déroule et qui se termine là, où elle avait commencé. C’est le chemin du wú jí au wú jí, de l’indifférencié à l’indifférencié.

 

https://upload.wikimedia.org

 

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 14:54

 

Extrait du mémoire "TAI JI QUAN, la voix de l'équilibre"

présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 - MPC.

 

Le taì jí tú des origines selon Hú Wèi

 

Il existe encore une autre image possible, la plus courante et que nous associons directement dans nos esprits au concept yīn et yáng.  Elle nous est plus familière : celle du taì jí tú des origines.

Les Chinois l’appelle « poissons yīn et yáng ». Le point noir figure l’œil du poisson blanc, alors que le point blanc figure l’œil du poisson noir. Selon Hú Wèi (1633-1714), auteur de l’ouvrage « Discrimination des diagrammes de mutations »,  ce dessin représente le mouvement d'alternance des qì yīn, en noir, et yáng, en blanc. Inconcevables l’un sans l’autre, chacun recèle aussi le germe de l’autre. Lorsque l’un décline, l’autre prospère.

C’est cette image qui est aujourd’hui la plus connue. Le yīn évoque entre autres, le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité … Le yáng, quant à lui, représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur, le mouvement …

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/17/Yin_yang.svg/466px-Yin_yang.svg.png

Le taì jí tú de Lái Zhīdé

 

 Le taì jí tú de Lái Zhīdé[1] est une représentation ancienne moins connue. Créée par un néo-confucianiste et pratiquant taoïste de la dynastie Ming, elle est moins complexe que celle envisagée par Zhōu Dūnyí.

Lái Zhīdé1525-1604) est l’auteur d’un important commentaire du Zhōu yì, autre nom du Yì jīng. Nous y retrouvons le cercle bien sûr, mais il y a cette fois un fort axe central. Nous imaginons sans peine les concepts complémentaires de yīn et de yáng ainsi que la dynamique qui anime l’ensemble, grâce à la spirale qui émane du centre et s’élargit vers l’extérieur, comme nous pouvons le voir sur le dessin.

 

 

https://fr.wikipedia.org

 

Cette représentation souligne le rôle central de pivot du principe li[2].

« Cette spirale relie un cercle extérieur large à un cercle intérieur petit. La vision en creux est le lien par une spirale vide d’un vide infini extérieur à un vide limité intérieur. [3]»

 

L’idée fondamentale que l’on retrouve dans ces diverses représentations reste celle d’une interaction, d’un mouvement créateur d’équilibre. Cependant ces représentations ne sont que des dessins et nous donnent une image figée d’un processus tout en dynamique. C’est bien ce mouvement qui les anime et qui est la clé même de la compréhension de ces concepts.

Pour moi, le taì jí tú de Lái Zhīdé est l’image la plus adéquate pour symboliser notre pratique.

Le centre y est nettement matérialisé. Le centre librement s’exprime. Il suggère la dynamique de laquelle va naitre l’équilibre. On imagine aisément le mouvement de rotation, le tourbillon, qui nait de cet axe central fort.

Il figure l’expansion au sein d’un cercle, la rondeur, la solidité de la structure, la notion de « rempli », de spirale énergétique … Il peut figurer en même temps un vortex, qui absorbe, comprime l’énergie. Entre compression et expansion, il figure l’équilibre parfait.

 

 

[1] Lái Zhīdé (来知徳) :1525-1604,  néo-confucianiste et pratiquant taoïste de la dynastie Ming, auteur du Zhōu yì zhù (周易集注) (1598), important commentaire du Zhōu yì dans lequel se trouve son diagramme.

[2] Li, les lois de la nature antérieures au Qi, l'intelligence universelle en tant que cause efficiente, dans le Confucianisme.

 

[3] Extrait de l’article «  Spirale et logo de la Faemc » de Hugues Deriaz , Yi Mag n°5 juin 2017. Commentaire de la représentation du  « Fanghu waishi » de Lu Qianxu (vers 1550).

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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 13:00

Restez zen, soyons zen,  optez pour une déco zen... Le zen est à la mode, il est partout! Mais c'est quoi au juste le zen? Une option marketing?

Xiao Long pense pouvoir répondre par l'affirmative. Il n'y a qu'à regarder tout le matériel qui est proposé et qui tourne autour de la méditation. Il faut tout de même être attentif et ne pas forcément rentrer dans ce jeu de consommation qui finalement va à l'encontre de ce que nous cherchons...

Le but n'est plus d'avoir, mais d'être.

 

Et Xiao Long est stupéfait, pauvre petit Dragon, lorsqu'il voit des bols tibétains vendus à prix  d'or... Ce sont des bols... On voit aussi proliférer les méthodes de méditation, en vidéos, en livres, en CD. Comme si il s'agissait d'accumuler les savoirs pour se rassurer.

Mais, le but n'est pas d'accumuler, il est de laisser derrière soi.

On ouvre même un débat sur la méditation de "pleine conscience", certains préfèrent, "pleine présence", d'autres, techniciens MBSR... mindfull based stress reduction... ça fait franchement classe!

Xiao Long appelle ça "l'instant feuille"... Le moment où on s'arrête, où on prend conscience de la dernière feuille encore sur l'arbre que le vent d'automne n'a pas encore emportée...

... Ou bien, Xiao Long n'a pas compris?

...

http://www.zen-deshimaru.com

zen, alors... qu'est ce que c'est?

Le zen est une forme de bouddhisme mahāyāna  (wouaw!) qui insiste sur la méditation et particulièrement sur la posture dite de "zazen":Le mot zen est la transposition de la prononciation du caractère japonais ou 禪 et signifie « méditation silencieuse » et prononcé chán en mandarin . Car le zen est une chinoiserie  et non une japonaiserie à l'origine...

Zazen, c'est l'éveil (satori) où la pratique est réalisation. Il suffit de s’asseoir immobile et silencieux. On se place sur un coussin (zafu), bien droit, calme, conscient, tranquille  (et non pas avachi dans son canapé!).On ne fait rien, on ne dit rien...

 

La légende de l'origine de la tradition zen et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Shākyamuni à ses disciples: pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'Udumbara. Un seul disciple aurait compris le message. Le "chan" selon Bodhidharma* est sans d’écrit, c'est un enseignement qui touche directement l’esprit pour révéler la vraie nature de Bouddha (« 不立文字、教外別傳, 直指人心,見性成佛 »).

*Bodhidharma, vingt-huitième patriarche dans la filiation indienne, serait venu en Chine autour de 520. On lui prête un attachement particulier pour le Sūtra Lankāvatāra et la première école chan constituée est connue sous le nom d'école Lankā (楞伽宗). Selon la légende, il se serait rendu en Chine pour réaliser une synthèse du bouddhisme et du taoïsme. Surnommé le Grand Voyageur par la tradition chinoise ou parfois le Moine aux yeux clairs, Bodhidharma aurait fondé les arts martiaux dont les mouvements et gestes seraient des représentations symboliques et initiatiques.

 

 Pour la faire courte:

Malgré l’importance de Bodhidharma dans la légende du chan, on peut considérer ses successeurs chinois comme les véritables fondateurs de l’école. A partir du début du VIIIe siècle apparurent (bien sûr!) de nombreuses branches de Chan, certains groupes sont à l'origine des écoles du Zen japonais (du VIe au XIIIe siècle, le bouddhisme zen fut importé de Chine au Japon, par vagues successives).

 Malgré la définition du Chan comme "sans écrit", certains maîtres en ont laissé et des disciples ont rassemblé l'enseignement de leurs maîtres dans des recueils ( le Sūtra Lankavatara : La tradition en fait le texte de référence de Bodhidharma; le Sūtra du Diamant, le Sūtra du Cœur...). Parmi les textes écrits en Chine pendant les premiers siècles du Chan, le Sūtra de l’Estrade, attribué à Huineng, ainsi que deux recueils de koan* (dont le fameux "Recueil de la falaise bleue") sont importants.

Le courant zen et la pratique du zazen eurent beaucoup de succès au Japon et s'accompagnèrent du développement par les moines de plusieurs arts et techniques, soit directement importés de Chine, soit créés localement en intégrant des éléments du nord de la Chine et de la Corée: les usages du thé ou l'esthétique simple et dépouillée (feng shui et pratique pour le ménage!). Le zen japonais reste fortement influencé par le taoïsme.

 (Sur la photo, le dessin du cercle zen: le vide...)

 

 

http://connectingcompassion.ca

Les *kōan sont des propositions  qui semblent le plus souvent absurdes ou paradoxales que  le maître donne à son  disciple qui doit les méditer. Il n'est pas question de "résoudre" l'énigme, mais plutôt de les "dissoudre"dans la vacuité du non-sens, laissant son "moi" glisser dans une absence de tensions et de volonté, que l'on peut comparer à la surface parfaitement lisse d'un lac reflétant le monde comme un miroir. Alors, empoignez votre "zafu", installez vous au milieu de votre salon  et en position! Il n'y a qu'à méditer ces quelques "koan"(extraits de Taisen Deshimaru- "La pratique du zen"):

 

"Minuit est la véritable lumière,

 L'aube n'est pas claire".

 

"Les yeux horizontaux, le nez vertical".

 

"Le soleil de midi ne fait pas d'ombre".

 

"Qui peut entendre une seule main qui applaudit?"

 

ou encore, pratique pour les contrôles routiers:

 

"Quand Choko boit du saké, Rioko est saoul".

 

 https://www.gerbeaud.com

Xiao Long apprécie les  livres de Taisen Deshimaru sur le zen (Albin Michel "spiritualités vivantes").

 

Il rêve (parfois) d'un jardin zen où il n'y aurait pas de gazon à couper, ni de haies à tailler, ni de plantes à arroser...

Mais, bon, ça manque un peu de couleurs tout ça!

 

 

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 13:51

行 ! 5-elements-cycles-transformation-L-1.jpeg

 

On les trouve sous différentes appellations : 5 éléments, 5 phases, 5 agents …  « Wu » signifie 5 et là nous sommes tous d’accord. « Xing » signifie marcher, aller, agir et induit un processus, un mode d’action, le terme « phase » est plus proche que le terme « élément ».

     Il est question

du bois,

du feu,

de la terre,

du métal et

de l’eau.

Ces notions apparaissent sous les Royaumes Combattants (Vème-IIIème siècle). Ce là ne date pas d'hier donc!!!

 

Tout un système de correspondances est né qui nous servira bien si l’on veut mieux comprendre la pensée chinoise, la médecine et… nos exercices de Qi Gong !

Comme le principe Yin/Yang, les Wu Xing sont des incontournables si l’on veut aller plus avant dans la découverte de nos disciplines.

 

  220px-Wuxing_fr_2_svg.png

Il y a donc une notion de dynamique dans les Wu Xing que le mot « élément » ne rend pas. Cette théorie veut mettre un peu d’ordre dans les phénomènes naturels et humains, cosmiques et sociaux, par un jeu subtil de similarité, de correspondances et de liens qui soutiennent une transformation permanente.

 

Ainsi le Feu correspond à l’Été, à la direction Sud, à la couleur rouge, à la joie… au Cœur.

 

Le Métal correspond à l’Automne, à la direction Ouest, à la couleur blanche, à la nostalgie, la tristesse… Au Poumon.

 

L’Eau correspond à l’Hiver, au Nord, au noir ou bleu nuit, à la peur … au Rein.

 

Le Bois correspond au Printemps, à l’Est, au vert, à la colère… au Foie.

 

La Terre correspond à la saison intermédiaire, au centre, au jaune, à la rumination… à la Rate.

 

Dans le Qi Gong des 5 Animaux par exemple, on retrouve ces notions, ce lien entre émotions et organes…

On trouve fréquemment des cercles représentant ce cycle. Il faut savoir que dans les représentations le Nord est en bas, le sud en haut…

Dans certaines le Jaune, la Terre est au centre ; dans d’autres, elle se glisse entre le rouge et le blanc…

 

  5-elements-dossiers.jpg

 

Pour créer une dynamique, deux mouvements existent :

Le premier est celui de « l’engendrement ».

Le métal devient liquide et donne l’eau, l’eau nourrit le bois  qui alimente le feu, les cendres retrouvent la terre qui cache le métal….

 

Le second est un cycle de « domination ».

Le métal coupe le bois, le bois épuise la terre, la terre absorbe l’eau, l’eau éteint le feu, le feu fond le métal…

 

Par ce biais et le jeu entre notions, un équilibre peut-être maintenu ou rétabli afin d’obtenir une harmonie qui permet la vie dans de bonnes conditions.

 

    arton14-14595.jpgAinsi en médecine chinoise, le Cœur est considéré comme la mère de la Rate, celle-ci est mère du Poumon. Le Poumon est mère du Rein et celui-ci est mère du Foie. Le Foie est mère du Cœur.

Nos « organes » forment une grande famille et pour rester en bonne santé, il faut que chacun reste à sa place et fonctionne correctement, en belle harmonie.

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 17:06

Le Wu Wei  (无为) est un concept taoïste qui littéralement signifie "sans" "action", souvent traduit  en français par "non agir".  On se dit alors que tous les chats sont des adeptes du Wu Wei puisqu'ils passent leur temps en boule sur leur coussin, si ça n'est pas du non agir, ça! On pourrait donc croire qu'il n'est question que de repos, de paresse, d'inertie ou de passivité, ce qui, il faut l'avouer, nous conviendrait assez bien en cette saison!
Mais non, c'est raté, on a tout faux!! Ce n'est pas aussi simple. Le Wu Wei irait-il à l'encontre du Taoïsme qui, au contraire invite à la mise en mouvement, puisqu'il faut s'engager sur la Voie?! Alors... C'est à n'y rien comprendre!
      
                       wuwei2.jpg                   
"Non-agir", ce n'est pas ne rien faire, mais plutôt faire à bon escient et en accord avec la Nature. Il ne s'agit pas d'insouciance ou de laisser-faire, mais de se mettre à l'écoute des rythmes de l'univers: on ne s'agite pas,  on ne court pas dans tout les sens pour faire avancer de lointains projets, on ne calcule pas, on s'économise. De toute manière, ce qui doit arriver, arrive. C'est un peu notre "Tout vient à point à qui sait attendre"... (proverbe non chinois pour une fois). 
Pas de réponse disproportionnée, on ne fait que ce qui doit être fait, spontanément. On est intérieurement disponible et l'on obéit à une "Volonté Céleste" ou une "Intelligence universelle"...  Ce concept apparait dans le yi jing et le Laozi. On y retrouve souvent l'image de l'eau. Comme l'eau coule et s'adapte au terrain ou se transforme selon le climat, sans jamais perdre pourtant sa nature profonde, les évènements surgissent, on y réagit... en gardant la juste mesure. Le chat dort, la souris passe, l'oeil s'ouvre: s'il n'a pas faim... l'oeil se referme.
Voilà une belle idée, et l'on voudrait être capable plus souvent de Wu Wei!  



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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 15:57
Après Yang Lu Chan (23 mai 2009) et Chen Wang Ting (20 juin 2009), voilà un autre personnage d'importance: Wang Zong Yue!

Wang Zong Yue (1736-1796) est natif du Shanxi, il aurait vécu sous le règne de Qian Long.

Selon les sources Wang aurait fait halte à Chen Jia Gou et aurait appris son art auprès de la famille Chen. On affirme parfois qu’il aurait été le maître de Jiang Fa. D’autres documents attestent qu’il aurait, dans son vieil âge, été professeur dans sa propre école de Luoyang en 1791. On dit aussi qu’il aurait été actif encore en 1795 à Kaifeng… Difficile de s’y retrouver.

Une chose est sûre cependant: son livre le " Tai Ji Quan Lun ", autrement dit le "Traité sur le Tai Ji Quan", a beaucoup contribué à la propagation du nom de cette discipline. Cette œuvre en constitue le fondement théorique, puisque pour la première fois des textes définissent la pratique de cette « boxe du faîte suprême».

 

Sa thèse s’inspire avant tout du Yi Jing, le « Classique des Mutations », le plus ancien traité divinatoire du monde qui doit permettre à celui qui le consulte de mieux comprendre l’ordre de l’univers, la situation qu’il vit lui-même et peut l’aider à prendre une décision, à déterminer sa conduite pour vivre en harmonie avec la Nature. Xiao Long vous en reparlera bientôt...

Au début, il y a le Wu Ji,  l’indifférencié, qui existe depuis toujours.

C’est le moment où dans la forme l’individu est statique : on est calme, on existe simplement, le poids est réparti également sur les deux pieds, il n’y a ni avant, ni arrière, ni gauche, ni droite, ni intérieur, ni extérieur.

De cette immobilité naît le mouvement. L’énergie circule dans le Dan Tian bien qu’il n’y ait pas d’action. C'est le Tai Ji.

Dès le premier mouvement le Yin se sépare du Yang. Ils se distinguent dans la droite et la gauche, le haut et le bas, l’avant et l’arrière.

Ainsi se dessinent les 5 déplacements (Wu Bu, comme dans Wu Bu Quan, le petit enchainement que beaucoup d'entre vous connaissent... mais si, vous connaissez...) correspondants aux 5 éléments (Wu Xing) : le feu avance (Qian Jing), l’eau recule (Hou Tui), le bois regarde à gauche (Zuo Gu), le métal prend garde à droite (You Pan), la terre occupe le centre (Zhong Ding).

Les déplacements s’orientent selon 8 directions (Ba Gua), les 8 points cardinaux. On obtient les 8 portes (Ba Men) qui correspondent à 8 techniques: parer (Peng), tirer (Lu), presser (Ji), pousser (An), emmener vers le bas (Cai), déraciner vers le côté (Lie), coup de coude (Zhou), coup d’épaule (Kao). C'est bien, vous n'avez pas perdu le nord...
Bref, c'est Wang qui pose sur le papier les bases théoriques du Tai Ji Quan!

Et Xiao Long boude (et un dragon qui boude, ce n'est pas commode!), il n'a pas pu trouver de portrait de Wang Zong Yue, ni une traduction valable à proposer en français... Il continue ses recherches!

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 16:36

C'est toujours la grosse question qui empêche de dormir (Non, même pas!): "Qui a inventé le Tai Ji Quan alors?" 
Ce serait simple de dire qui a inventé le téléphone ou qui a inventé le fil à couper le beurre (encore semble-t-il ne pas l'avoir inventé... pas malin!). 
Et il est toujours aussi délicat, lorsqu'on s'aventure sur ces sentiers,  de savoir où commence le conte, où s'arrête l'histoire véridique. Sans doute pourrait-on trouver un proverbe chinois pour affirmer que " Pratiquer sans curiosité, c'est pratiquer l'esprit libéré"?
Mais Xiao Long est un dragon curieux (et un curieux dragon!).
CHEN Wang Ting (1600-1680) semble bien être celui qui crée le Tai Ji Quan, même s'il n'existe encore aucune théorie sur le papier, la technique est là!
Passionné d'arts martiaux et de littérature, il associe sa connaissance des techniques de santé, de la philosophie taoïste, de la stratégie militaire pour inventer une nouvelle boxe caractérisée par des mouvements souples et fluides, combinés à de puissantes explosions de force. A la recherche du mouvement logique et efficace, il crée  quelques enchaînements (mains nues et armes).
Tous les principes de base sont là: technique martiale, technique de respiration, circulation énergétique dans les méridiens, alliance Yin Yang... Mais il faudra encore attendre un siècle avant que Wang Zhong Yue ne pose par écrit la théorie du Tai Ji Quan dans un traité (Tai Ji Quan Lun).
Le style Chen, dont découle le style Yang, est toujours largement pratiqué, mais demande une bonne condition physique si on veut réaliser fidèlement les mouvements vrillés, les sauts, les Fa Jin (explosions de force), les postures basses...
Pour avoir une idée du style Chen, allez voir la vidéo du 56
Chen  http://video.google.fr/videosearchq=style+chen&hl=fr&emb=0&aq=f#q=style+56++chen&hl=fr&emb=0

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