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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 12:13

Un peu de fraicheur en ce début d’été…

 

PHOTO Xiao Long

 

 « Au bord de l’eau »,  浒传 Shuǐhǔ Zhuàn, signifie littéralement « Le Récit des berges ».  C’est un roman d'aventures tiré de la tradition orale, compilé et écrit sans doute par plusieurs auteurs, mais attribué à Shi Nai'an (XIVème siècle).

Ce roman raconte l’histoire de 108 « bandits » luttant contre la corruption du gouvernement et des hauts fonctionnaires de la cour de l'Empereur. De nombreuses versions existent et cette histoire est très célèbre.

Il est donc difficile de déterminer avec certitude qui est l'auteur / qui sont les auteurs du livre. La compilation originale en 100  chapitres est attribuée à Shi Nai'an, mais certains pensent que l’auteur serait plutôt Luo Guanzhong (auteur du Roman des Trois Royaumes). Shi Nai'an ne serait alors qu'un pseudonyme pour Luo Guanzhong ?
Une autre hypothèse dit que Shi Nai'an (dont l'existence n'est pas certaine), aurait écrit les 71 premiers chapitres, et son élève Luo Guanzhong, aurait rédigé les 29 suivants. Théorie du compromis ?

Bref, peut importe en réalité, car cela n’impacte en aucune façon l’intérêt de ces écrits.

Ce roman fait partie des quatre « Classiques » de la littérature chinoise à côté de « L’histoire des Trois Royaumes » (qui mérite aussi le détour !), du « Rêve dans le pavillon rouge » et de « La  Pérégrination vers l’Ouest ».

L'ouvrage est la source d'innombrables expressions littéraires ou populaires et on retrouve souvent sous forme de pastiche, des scènes connues dans des publicités, des dessins animés, des clips vidéo.

 

PHOTO Xiao Long

De nombreuses adaptations télévisées du livre ont été réalisées en Chine et à Hong Kong tout comme au Japon où une série de jeux vidéo  nommée « Suikoden » (Le récit des berges) a vu le jour. Car l'histoire des 108 bandits de Liangshan a connu un grand succès au Japon, où de nombreuses traductions et versions ont été éditées. Au fur et à mesure, les héros ont eu tendance d’ailleurs à être assimilés à des Japonais, mais on ne va pas … chinoiser !

Chez nous est sorti il y a déjà un moment le film «  Les 108 Rois-Démons » qui prend aussi cette histoire pour toile de fond.

Un peu d’histoire :

Song Jiang, le chef des bandits, est un personnage historique, chef d'une rébellion sous les Song qui réussit à s'emparer de la capitale orientale, l'actuelle Kaifeng et de la Province du Hebei. Les troupes de l'Empereur mirent des années à le vaincre. Sa bande céda face à l'armée de l'empereur en 1121.

Bien qu'imprégnés de valeurs morales et d'un grand courage, ils sont poussés dans la clandestinité par les cadres corrompus de l'administration de l'époque (Song du Nord). Les 108 héros arriveront à obtenir une amnistie de l'empereur, chose que désire plus que tout leur leader Song Jiang. Ils se battront ensuite pour l'Empire, obtenant honneurs et la sympathie du peuple. Happy end donc !

 

PHOTO Xiao Long

108 !

Cent-huit est un nombre important dans les croyances chinoises, et on le retrouve souvent. Le chapelet bouddhiste compte 108 grains. On sonne les cloches 108 fois, certains taolu traditionnels comportent 108 mouvements…C’est le nombre d'étoiles sacrées dans l’astrologie chinoise…. Les bandits les plus populaires de Chine ne pouvaient qu'être cent-huit.

Trente-six d'entre-deux sont liés aux astres célestes, ce sont les « meneurs » ; soixante-douze autres, moins puissants, sont liés aux astres terrestres, ce sont les forces « actives ».

Parmi les 36 premiers, on trouve : Tête de Léopard, la Licorne de Jade, Le Dragon Bleu, Le Pèlerin (Wu Song que nous connaissons bien puisque certains mouvements de Qi Gong Dao Yin Yang Sheng Gong le mentionnent dans leur nom !) et bien d’autres aux noms tout aussi évocateurs…

Parmi les 72 « lieutenants », on citera Le Général tacticien, Éventail de Fer, Moustaches pourpres…. Les exploits de chacun, leur rencontre et leur combat commun sont racontés en détails.

 

Les traductions du livre

Le livre Au Bord de l'eau a été traduit dans de nombreuses langues. L'une des premières traductions en anglais fut celle de la célèbre américaine Pearl S.Buck.
La version la plus appréciée des Chinois  a été traduite intégralement en français par Jacques DARS (Gallimard dans la Pléiade) 

Bonne lecture !

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5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 12:55

" Zhuāngzǐ rêva qu'il était papillon, voletant, heureux de son sort, ne sachant pas qu'il était  Zhuāngzǐ  .

Il se réveilla soudain et s'aperçut qu'il était  Zhuāngzǐ.

Il ne savait plus s'il était  Zhuāngzǐ qui venait de rêver qu'il était papillon ou s'il était un papillon qui rêvait qu'il était  Zhuāngzǐ."

 

PHOTO Xiao Long

Ce "rêve" de  Zhuāngzǐ  ( 莊子 )  , date du IVème siècle avant notre ère et fait partie d'un recueil de contes allégoriques qui contient tout l'esprit du Tao. Ce texte est à la fois philosophique et littéraire et influencera nombre d’écrivains et dramaturges.

 

On ne sait que peu de choses sur cet homme qui vivait à l'époque des Royaumes Combattants (476 à 221 av. J.-C.).  

Originaire peut-être du district de l’état de Chu, il occupera une place de petit fonctionnaire avant de se retirer du monde. Comme cela est le cas pour bien d’autres penseurs, certains doutent de son existence… Toujours est-il que le texte est là ! Et pour nous, c'est ce qui compte...

 

Son œuvre est un des Classiques fondamentaux de la pensée chinoise. Il invite l'Homme au wu wei, un non-agir qui ne signifie pas passivité, mais plutôt conformité de l'action à la nature des choses et des êtres.


 

"Le rêve du papillon" est sans doute le passage le plus connu du Zhuangzi et pose la question de la nature de la réalité...

Si vous voulez  butiner plus, il vous suffit de voleter tranquillement, de vous poser chez  votre libraire et de  chercher "Le rêve du papillon", de Tchouang Tseu (et oui, une autre transcription!!!), aux éditions Albin Michel, collection "spiritualités vivantes".
 


 

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 12:34

 

Voilà un titre prometteur et les lecteurs ne seront pas déçus.

Cet ouvrage, coécrit par les Docteurs Angles, Darakchan et le Professeur Zhu Mian Sheng, est une bonne approche pour tous ceux qui cherchent à approfondir leurs connaissances dans ces domaines « subtils » du souffle et de l’énergie.

Le Docteur Angles est depuis longtemps élève de Maitre Zhang Guan De (créateur du Dao Yin Yang Sheng Gong, récemment décédé à l’âge de 88 ans) qui a rédigé la préface de l’ouvrage.

Le Docteur Darakchan était versé en phytothérapie chinoise.

Le Professeur Zhu est une éminente experte, elle a publié de nombreux travaux en Chine et enseigne à Paris XIII.

 

Y sont présentés les différents types de Qi Gong ainsi que les principes de bases nécessaires à une bonne pratique. Une dernière partie propose quelques exercices simples.

 Si l’on souhaite aller au-delà de la simple « gymnastique », il est un moment où il faut se pencher un peu plus (pas trop non plus….) dans la pensée chinoise et le fonctionnement de celle-ci. Ce livre a le mérite d’être abordable facilement, contrairement à bien d’autres qui ne s’adressent en fait qu’aux (déjà bien) initiés !

Si donc vos soirées « télé » ne vous satisfont plus,  ce bouquin pourra vous tenir compagnie et éclairer votre lanterne (chinoise, bien sûr !).

 

« Souffle et énergie » aux éditions du Rouergue.

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 12:31

 

Toujours à la recherche d’un ouvrage qui puisse expliquer clairement et précisément la place de l’énergétique dans la pratique du Qi Gong et du Tai Ji, je viens de relire le livre de Yang Jwing Ming « Le chi-kung du taichi » aux éditions BUDO.

 

Le livre :

On peut y trouver les définitions fondamentales  du Qi, des Qi Gong, des concepts de Jing, Shen, Yi, du Yin et du Yang, brefs les incontournables sont bien là ! Et les formulations sont nettes (contrairement à d’autres livres –que nous ne nommerons pas- où les explications sont si alambiquées qu’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour espérer s’y retrouver !!!)

Mais il n’y a pas que la théorie.

Quelques exercices très intéressants sont proposés en images et reprennent les fondamentaux de toute pratique.

Ainsi, si vous êtes à la recherche de lecture, ce livre sera tout indiqué et répondra sans doute à bon nombre de vos questions.

 

L’auteur :

Yang Jwing Ming est un expert dans nos disciplines.

Originaire de Taiwan, il a appris deux styles de Shaolin ainsi que le Tai Ji Quan, le Bagua Zhang et le Qi Gong.

Il a fondé le YMAA (Yang’s Martial Arts Association) qui compte 50 écoles dans 16 pays. Il a publié plus de 30 livres. (Il n’est pas nécessaire de lire l’intégrale !!! Mais certains sont spécifiques : sur le thème de l’épée par exemple… et valent un détour).

Ainsi quelle que soit votre école, votre style… il y a des fondamentaux qui eux sont permanents et qui sont bien présentés.

 

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 14:17

 

        Voilà quelques récits de voyages pour agrémenter vos soirées ! Alexandra David Néel  est une femme exceptionnelle, fascinée par la civilisation tibétaine, elle est prête à tout pour découvrir Lhassa, la capitale interdite et nous raconte ses aventures ...

Louise Eugénie Alexandrine Marie David, née en 1868, est une femme hors du commun à plus d’un titre. Tout d’abord sa famille : son père, instituteur, était franc-maçon et de souche huguenote ; sa mère était belge, d’origine scandinave et sibérienne, et catholique. Comment alors, ne pas avoir l’esprit curieux et ouvert ? Assez tôt Alexandra s’intéresse aux idées anarchistes de son époque et au milieu des féministes.

 

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On ne peut guère la définir en un mot : Chanteuse d’opéra (elle chanta à l’opéra d’Hanoï, puis à Athènes, à Tunis…), cette  orientaliste, éminente tibétologue, est aussi journaliste, franc-maçonne, écrivaine et exploratrice. Elle vécut jusqu’à l’âge de 101 ans… A 100 ans et demi, elle demanda le renouvellement de son passeport, et l’avenir semblait encore lui appartenir !

A lire sa biographie, il n’est pas étonnant qu’elle ait été, en 1924,  la première femme d’origine européenne à séjourner au Tibet, à Lhassa.

C’est à Tunis, en 1904 qu’elle épouse Philippe Néel, ingénieur en chef des chemins de fer tunisiens, et même si leur vie commune se termine en 1911 (3ème départ en Inde d’Alexandra), ils resteront en contact de longues années encore. Il faut dire que ce voyage, qui devait durer 18 mois, dura en fait 14 ans…

PHOTO Xiao Long

Au cours de ce périple, elle visita de nombreux monastères bouddhistes et rencontra celui qui devint son fils adoptif Aphur Yongden.

Elle apprit le tibétain,  reçut les enseignements de célèbres ermites, passa la frontière tibétaine à deux reprises et ne rêvait que d’atteindre Lhassa et d’y entrer.

A cause de ces tentatives, Alexandra fut expulsée du Sikkim en 1916!

Ne pouvant rejoindre l’Europe alors en guerre, Alexandra et Yongden vont en Inde, puis au Japon et en Corée, avant de s’arrêter en Chine qu’ils traverseront d’est en ouest. Après le désert de Gobi et la Mongolie, ils arrivent au Tibet. Huit mois difficiles, d’immense solitude et de privations dans le « Pays des neiges ». C’est alors que déguisée en mendiante, accompagnée de Yongden, elle atteint Lhassa, en 1924.

Tout au long du voyage, elle fut attentive à son costume, à sa coiffure, modifiant ce qui devait l’être pour se « fondre « dans la masse ». Elle sera finalement démasquée pour  propreté excessive (elle se lavait quotidiennement dans la rivière !) Les autorités les laissèrent partir cependant et ils purent continuer leur périple…

Ce n’est qu’en 1928 qu’elle reviendra en France et s’installera à Dignes. Elle y écrivit de nombreux livres et se lança dans une tournée de conférences en France et en Europe. En 1937, Alexandra reprend le chemin de la Chine, en pleine guerre sino-japonaise. Elle y voit les horreurs de la guerre, les famines, les épidémies et erre à travers la Chine jusqu’à rejoindre l’Inde en 1946 avant de retrouver sa maison de Dignes.

Ses cendres seront transportées  à Vârânasî afin d’être dispersées dans le Gange. 

 

Les récits de voyage sont peut-être un peu passés de mode et pourtant… c’est une lecture captivante !

 

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Alexandra David Néel nous laisse de nombreux écrits sur l’Inde, le Tibet, le bouddhisme et… quelques phrases pour nourrir nos réflexions :
« Mieux vaut s’accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. »

« Ce qu’il faut chercher et trouver, c’est la douceur sereine d’une inébranlable paix ».

« Il fait froid parce qu’on regarde là où il n’y a pas de chaleur ».

« Négliger les petites choses sous prétexte qu’on voudrait en faire de grandes, c’est l’excuse des lâches. »


 

« La forteresse de la méditation », « Samten Dzong », la maison d’Alexandra existe toujours, elle est à présent centre culturel et musée. Le site :

https://www.alexandra-david-neel.fr/a-propos/

 

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https://www.taijiqigongevreux.com/

 

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