Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 14:52

 

Mais qui est ce Martial dont on nous parle ?

Il semble toujours délicat d’aborder cette question, le Tai Ji Quan donne cette belle image lisse, fluide, reposante et hautement pacifique. Nombreux sont ceux qui ne voient dans nos mouvements que des … mouvements lents –voire mous- exécutés en « pyjama » pour le plaisir des yeux. Et c’est souvent d’ailleurs de cette façon qu’on nous « vend » : facile, accessible à tous et coooool !

C’est oublier un peu vite l’aspect martial de cet art interne.

Et comme le dirait Xiao Long, si c’est pour faire du Tai Ji Quan 100% énergétique… il vaut mieux faire du Qi Gong !

 

Parler « martial » ne signifie pas que l’on doive se taper dessus en ahanant, tout rouge et en sueur… (Là, c’est de la lutte qu’il faut faire !).

Cela signifie simplement qu’il faut tenir compte de cet aspect qui fait partie intégrante du Tai Ji Quan (ben oui, il y a « Quan » quand même dans l’histoire et Quan, c’est le poing !)

 

Alors, finalement, à quoi cela sert-il de connaitre des applications martiales ?

À donner du « corps » à notre forme en complément de la dimension énergétique, un peu de Yang dans le Yin… Pour qu’une harmonie naisse de ce jeu d’équilibre entre énergétique et martialité.

 

Est-ce pour tout le monde ?

Ce travail sur les applications martiales est à la portée de tous.

Il suffit de se pencher sur une technique, se poser la question de sa finalité, puis de tester avec un partenaire les différentes possibilités, car il y en a toujours plusieurs  (il faut renoncer à la monomanie « une technique = une application !)

Le but n’est pas –pour nous- d’être rapide ou efficace au point d’envoyer valser son partenaire (mais le sera-t-il encore  après ça?) à l’autre bout de la pièce. Le but est de voir si l’application peut-être crédible, cohérente, comprendre mieux la technique, pourquoi la main est-elle ici, comme ça ? Pourquoi ce pied là ?...

Bref, redécouvrir le mouvement de la forme dans un contexte différent : à deux et non seul, face à … l’imaginaire.

Et au-delà de cette découverte, d’adapter à notre morphologie, à nos possibilités physiques du moment une technique : donc, tout le monde peut faire…

 Pas possible ! Une technique offre plusieurs possibilités d’applications !

Tout dépend de ce que l’on recherche : les professeurs souvent enseignent les applications qui sont les plus fidèles à la technique de la forme, car le but est de montrer la finalité de la technique en question. Ce ne sont pas toujours les plus « fun », mais c’est leur pouvoir pédagogique qui est intéressant.

On peut dans une technique mettre en avant l’un ou l’autre de ses potentiels et donc varier les applications en fonction de ces choix. Il faut juste ne pas trop « déraper » et proposer des choses qui restent dans l’esprit de la technique.

 

Mais, je n’ai pas de partenaire !

Le partenaire donne de la consistance à nos réflexions, il est nécessaire bien sûr ! Mais souvent j’entends dire « Je n’ai pas de partenaire, alors… je ne peux rien faire »… Et bien si, on peut faire quelque chose : en chercher un ! (Nous sommes d’accord, ce n’est pas toujours simple…)

Il n’est pas besoin ici de trouver un super taichiste de méga niveau, l’important c’est la collaboration et l’entente, la discussion et la patience (Rome ne s’est pas construite en un jour et les applications ne « germent » pas du jour  lendemain…).

S’entrainer est un jeu , il faut juste de la bonne volonté et arrêter de se demander si on sera à la hauteur : il faut juste s’y mettre…

 

PHOTO Xiao Long

Comment savoir si l’efficacité est là... alors que les attaques sont lentes et codifiées ?

L’efficacité ne peut être « réelle » : nous sommes dans le réalisme, pas dans la réalité. Mais, nous ne sommes pas non plus dans le style « full contact », si on entend efficacité au sens de mettre HS un autre individu : non, nous ne sommes pas efficaces ! et si c’est ce que vous recherchez, il faut aller vers l’externe.

Les applications ont du coup l’air factices puisqu’on fonctionne un peu « au ralenti »…

Mais transformer une attaque, repousser, déraciner son partenaire, appliquer une clé avec modération… prouvent que la technique est bonne et qu’elle « pourrait » être efficace.

Et là, en ce qui nous concerne, il vaut mieux prendre son temps, être précis, plutôt que de vouloir être trop rapide et utiliser finalement la force et non la technique pour arriver à ses fins, au risque d’ailleurs de se blesser ou de blesser l’autre. On cherche juste à savoir si dans les faits la technique tient la route, si elle est fai

Un jeu…

Finalement, ces applications sont un jeu, il n’y a que des gagnants, car les questions que l’on se pose, la réflexion que l’on mène à deux sur les techniques nous ouvre des perspectives.

Et l’on s’aperçoit que les solutions sont infinies ! On peut même créer un duilian (combat arrangé) en travaillant sur des transitions entre les applications alternées de l’un et de l’autre. C’est un travail (non, ce n’est pas un travail ! c’est un jeu on a dit !) sans fin et extrêmement enrichissant.

 

PHOTO Xiao Long

 Contrairement à certains qui vous diront : « Alors l’application de « La grue blanche déploie ses ailes » c’est comme ça. »

Sous-entendu, point barre, il n’y en a qu’une, c’est la bonne, c’est la mienne… On se rend compte que l’on peut imaginer de multiples solutions, et en fonction de notre physique, de notre personnalité, nous pourrons choisir celles qui nous conviennent le mieux.

Le plus difficile au début, c’est de rentrer dans cette optique et de se libérer d’un certain nombre de préjugés ou d’appréhensions… et de trouver un partenaire prêt à la même démarche !

Mais ceux qui s’engagent sur ce chemin ne le regrettent pas… C’est le premier pas qui coûte !

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 18:04

 

Le Tai Ji Quan guiding, mais qu’est-ce que c’est ?

Dans guī dìng 规定, il y a guī  qui signifie  règle  ou  (verbe) planifier et il y a dìng : fixé décidé. Il est question donc ici de formes codifiées conforme à une règle… Peut-être êtes-vous comme ce gentilhomme « bourgeois » de Molière qui faisait de la prose sans le savoir… peut-être pratiquez-vous le « guiding » sans être au courant…

Le Tai Ji Quan guiding est apparu dans les années 50.

La « forme de Pékin », c’est-à-dire la forme 24 mouvements est certainement la plus connue. C’est une version simplifiée de la forme développée par Yang Cheng Fu, elle comporte moins de mouvements et certaines difficultés techniques ont été laissées de côté afin d’en faire une forme abordable par le plus grand nombre.

Pour quelques puristes cette forme n’est que gymnastique en pyjama , car pour ces personnes, seule LA longue forme 108 existe… Pourtant, c’est faire preuve d’un esprit bien étroit que d’affirmer cela : la forme 24, comme les autres formes guiding,  se pratique selon les principes et règles fondamentales de la discipline : c’est une forme à part entière –plus courte- voilà tout.

Mais peut-être le Tai Ji Quan est-il réservé aux seuls ermites qui vivent perchés sur un pied au sommet des montagnes  comme sur les photos ?

Pour certains ces formes sont standardisées et sont donc de peu d’intérêt car restrictives … mais quelles que soient les formes – ne sont-elles pas par définition standardisées, ou bien ? Chacun fait-il dans « l’impro » ? Je connais quelques Maitres qui ne seraient pas contents du tout de savoir cela ! Bref, c’est l’éternelle querelle des Anciens et des Modernes.

 

PHOTO Xiao Long

 

 Quelques repères :

En 1956 la forme 24 est créée par d’éminents experts réunis par le gouvernement, parmi eux des représentants de la famille Yang, pour simplifier l’ancienne forme traditionnelle du 108, la rendre accessible à tous – but finalement louable puisque nous en bénéficions - et l’introduire dans l’éducation de la population, afin que chacun puisse se maintenir en bonne santé (puisque la prévention est primordiale !)

Ainsi est créée la 24- forme de Pékin- non sans critiques. C’est la plus connue à travers le monde.

 

En 1957 : la 88 –forme longue- est recrée par le fils de Yang Jian Hou (1839-1917), elle est restructurée et des indications claires sont données afin que les principes fondamentaux soient respectés.

1979 : la  48 est créée par des experts dans les 5 styles appelés par le ministère des sports. La 48 représente plus de difficultés que la 24, elle  est très technique, très équilibrée, vivante, riche et variée.

C’est aussi celle qui sera forme de compétiton, pendant un temps…

Puis la forme 42 est créée pour la compétition, elle apparait pour la première fois en 1991.

Dans les années 1997 : sont créées les formes 8 et 16 afin de développer les AMC : sans doute les Occidentaux peu patients sont-ils satisfaits d’avoir ces formes pédagogiques pour mettre le pied à l’étrier…

La plus récente à mains nues est la 26 qui renoue avec des techniques et un déplacement traditionnels…

D’autres formes y compris en armes existent, comme par exemple la 32  la 42 épée ainsi que la « new classic », la plus récente ou la 48 éventail…

 

PHOTO Xiao Long

Ce n’est pas parce que certaines formes sont  dédiées à la compétition  IWUF (International Wushu Federation) qu’il faut croire que Guiding est synonyme de compétition (ce que l’on appelle le Wushu sportif/taolu) : le Guiding c’est aussi des formes pédagogiques créées pour que chacun puisse progresser à son rythme sur l’acquisition des techniques de base,  et, on peut dire que la 24 comme la 88  ou la 32 épée, par exemple, sont des formes « traditionnelles ».

Traditionnel signifie « transmis de génération en génération », la tradition n’a pas besoin non plus de remonter aux calendes grecques ! Et d’ailleurs certaines formes « traditionnelles » dites anciennes ont été parfois très amendées par les générations suivantes et les ixièmes disciples : il ne faut pas croire que les écoles soient statiques et figées. Ce serait d’ailleurs à mon sens – un contresens- car, ce qui est figé est mort, la vie c’est le mouvement, la transformation…

 

La caractéristique de cette pratique est sa fluidité, les mouvements sont particulièrement amples, circulaires, constants…

Bref, on s’y sent bien, on y respire, on y combat des ombres, l’énergie y circule…

Alors, que demander de plus ?

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 14:05

 

shí liù shì   十六式

 

Dans la progression sur la voie du Tai Ji Quan, le 16 est une forme intéressante: dans la forme huit, les déplacements sont limités et il suffit d'aller à droite, à gauche, le tout bien sûr en respectant la position des pieds, l'écartement des hanches...

Pour le 16, voilà que s'amorce le déplacement linéaire caractéristique des formes traditionnelles. Et c'est la compréhension (déjà acquise grâce au 8 mouvements!) de l'alternance du yin et du yang qui va nous faciliter les choses!

C’est une forme simple, sans équilibre sur un pied.

Je vous propose de regarder d’abord comment cette forme est construite:

qǐ shì: ouverture

zuǒ yòu yě mǎ fēn zōng: séparer la crinière du cheval

bái hè liàng chì: la grue blanche déploie ses ailes

zuǒ yòu lǒu xī ào bù: brosser le genou

jìn bù bān lán chuí: avancer et coup de poing

rú fēng sì bì: fermeture apparente

dān biān : simple fouet

shǒu huī pí pá: jouer du pipa

dào juǎn gōng; repousser le singe

zuǒ yòu chuān suō: la fille de jade lance la navette

hǎi dǐ zhēn: l'aiguille au fond de la mer

shǎn tōng bì: séparer les mains comme un éventail

yún shǒu: mouvoir les mains comme des nuages

zuǒ yòu lǎn què wěi: saisir la queue de l'oiseau

shí zì shǒu: croiser les mains en dix

shōu shì : fermeture


 

On peut voir que de nombreux mouvements sont déjà connus et apparaissaient dans la 8, voilà donc qui va nous simplifier la tâche, même si, ici, la direction n'est  pas identique!

Nous pouvons passer sur l'ouverture qui est en tout point identique. Et nous finiront agréablement (14, 15,16) sur un enchainement appris pour la forme 8 mouvements. Que d'économies....

Pour nous donner du courage, il faut se dire que les quelques mouvements nouveaux de la 16 mouvements se retrouveront... dans la forme 24: laissez transparaitre votre joie face à cette excellente nouvelle!!! Finalement, c’est un principe de poupées russes… il suffit de commencer par la « petite » !

 

🐴 Prochain épisode donc, avancer en séparant la crinière du cheval !

A l'issue de notre ouverture, nous voilà prêt au départ:

Je saisis mon ballon Tai Ji, main droite en haut (et donc... main gauche en bas!), je passe mon poids dans la jambe droite pour libérer le pied gauche, et c'est parti! Je pose mon pied gauche par le talon sur le sol et je déroule lentement, bien sûr je déroule mes bras en même temps afin que mon mouvement soit coordonné, ce qui me permet, tout naturellement (si, si!), de "finir" simultanément haut et bas, mains et pieds.

 

Je n'ai pas oublié de respecter l'écartement de hanches en posant mon pied. Je n'oublie pas de regarder l'horizon (et non mes orteils). J'ai tout bien respiré, inspir en préparation, expir en finition (l'apnée, c'est que pour la plongée.🐟..).

Je porte mon poids sur ma jambe avant (pas de l’arc), je soulève doucement la pointe du pied gauche en faisant passer mon poids sur la jambe droite, j'ouvre la pointe en pivotant sur le talon, et replace mon pied, pointe orientée vers la gauche à 45° (on viendra vérifier, attention!), je place tout mon poids dans la jambe gauche pour libérer ma jambe droite, tout en reprenant mon ballon main gauche en haut.

Puis je ramène le pied près de la jambe gauche avant de la reposer devant en respectant l'écartement de hanches et je repars tranquillement pour le second mouvement, séparant doucement la crinière de ma monture!

🐥 Une fois la crinière de notre monture soigneusement caressée et par deux fois (!), voilà qu'apparait la grue blanche, une grue qui bat des ailes (et non de l'aile!!!)

Difficulté avec cet animal: le demi-pas.

On a souvent tendance à faire un pas (complet) et à caler le pied gauche juste derrière le pied droit. Et là, on est bien obligé de battre des ailes pour tenir en équilibre! Mais cela manque singulièrement d'élégance... pas digne d'une belle grue chinoise!

Il faut donc se contenter d'effectuer un vrai demi-pas, afin de rester bien stable et pour pouvoir confortablement "s'asseoir" sur sa jambe arrière.

Problème, enfin, non,  petit soucis n°2: le pas vide.

Une fois que l'on est bien "assis" et alors seulement, je libère le pied avant, le soulève doucement et repose le pied, impavide, en pas vide (Xü Bu). Et s'il est vide... il n'est pas plein (!), le poids du corps reste entièrement sur la jambe arrière (et l'on redécouvre certains muscles à l'occasion?).

La taille est un élément vital dans le battement d'aile de la grue. Le mouvement des bras part du centre, ce qui donne l'amplitude nécessaire au mouvement pour battre des ailes avec aisance. 🐣

Enfin, voilà un oiseau qui souffre souvent du syndrome du "yoyo":

Au cours de ces déplacements de pieds, de poids sur les pieds, droit, gauche... le volatile est enclin à utiliser ses pattes comme des ressorts et monte par-ci, descend par là...

Et l'on se pose une question: la grue aurait-elle un coup dans l'aile?

On pensera alors à bien choisir sa "hauteur" de pratique, afin de pouvoir rester toujours au même niveau et éviter des oscillations dignes de l'encéphalogramme de Xiao Long le jour du blog!📈

La grue s'est posée en douceur et il faut à présent "brosser le genou". Le mouvement n'est pas très compliqué, bien moins que la grue, d'autant plus que si vous avez appris le 8 mouvements, cette technique est déjà connue.

On commence par brosser son genou droit, dégageant largement la poussière de la main droite et poussant face à soi de la main gauche.

Il suffit de vérifier:

*que le corps reste vertical (penser au fil!),

*que le genou ne dépasse pas les orteils en finition d'un beau gong bu (avec poids plus en avant et non pas un gong bu "d'occasion" avec poids trop au milieu... pour le cas où il faudrait partir plus vite que prévu!) 

*que les épaules soient détendues, les coudes relâchés...

Rien que de très classique tout compte fait!

Puis on reproduit cette technique de l'autre côté.

 

D'un point de vue moins "ménager" (dépoussiérer ses genoux...) et plus efficace, on peut imaginer que la main qui brosse bloque et dévie une attaque de poing ou de pied, ce qui donne un peu de contenu au mouvement de balayage latéral.

L'autre main peut pousser ou frapper, pousser l'épaule du partenaire (si l'attaque est croisée) ou frapper au plexus, ce qui peut aider à conserver la main à un niveau correct et logique (on ne s'attaque jamais à plus petit que soi! C'est une question d'éthique! Ni d'ailleurs à plus grand... C'est une question de prudence!)

Genoux propres... prochaine mission: coup de poing en avançant!

 Le poids du corps passe sur la jambe arrière (droite), le pied gauche s’ouvre à 45°. Je prends appui sur la jambe gauche. Le poing droit se prépare passant près du corps, la main gauche protégeant l’avant et placée devant le poing en question, comme pour le dissimuler. J’inspire sur la phase préparation.

Le poing sort de sa cachette (Ban) et en même temps le pied droit se pose par le talon pour avancer. J’expire.

Le pied s’ouvre à 45° vers la droite au moment où les deux bras s’écartent vers les côtés (chacun le sien…): à droite le poing, pouce vers l’arrière et à gauche la main ouverte (Lan). J’inspire. La main gauche poursuit son chemin vers l’avant pour bloquer-dévier, la main (poing) gauche continue vers l’arrière, puis passe à la taille, prêt pour la suite !!!

Au milieu de tout ça, je n’oublie pas d’avancer (Jin Bu) : appui arrière droite, talon gauche au sol, je n’ai plus qu’à passer le poids du corps sur la jambe gauche tout en frappant du poing (Chui), droit vers l’avant, la main gauche venant renforcer le poing au niveau du poignet. J’expire.

🙄Un bien joli mouvement où la synchronisation est à l’ordre du jour : nous avons en effet, pour ceux auxquels ce fait aurait échappé, 2 bras, 2 jambes, ces éléments s’articulant en harmonie (en plus !), le tout coordonné à la respiration (eh oui, on respire, on ne se refuse rien!)

A présent la « fermeture apparente », que l'on prononce un peu comme "lou fenk si pi"... est appelée dans sa traduction "fermeture apparente", (l'autre fermeture – la vraie, à la fin,  ne l'est pas?).

En fait, littéralement, "ru feng si bi" signifie "comme scellé étroitement" ou "semblable à enfermer" ( ce qui pourrait m'arriver à force de chercher des traductions parlantes pour ces techniques...).

Notre « dévier, parer, coup de poing » étant fini, nous voilà poing droit en avant, main gauche en renfort près du poignet droit. La main gauche passe sous le poing droit qui s'ouvre, les deux mains ouvertes  se "posent" à plat et se placent comme pour tirer les deux bras de l'adversaire vers soi;

Coudes et épaules restent bas et souples. On ramène vers soi les deux mains ouvertes au niveau de la poitrine, soulevant la pointe du  pied avant afin d'avoir une bonne amplitude de retrait, le poids du corps est transféré sur la jambe arrière; le corps reste droit, tête tenue par le petit fil céleste (pas à la patte celui-là!) accroché à Bai hui, au sommet du crâne.

Puis les deux mains descendent doucement jusqu'au Dan tian, les paumes ouvertes se dirigent vers l'avant pour repousser. 

On peut utiliser cette technique pour se dégager d'une saisie au poignet par exemple, la main libre, passant par dessous l'autre, la dégageant, puis une main posée sur le poignet, l'autre sur le coude de l'adversaire, on peut le déraciner l'amenant vers soi sur un côté, ou le repoussant vers l'arrière ...

Au sortir de la fermeture apparente, nous sommes en gong bu (pas de l'archer), poids sur la jambe gauche (en avant). On passe le poids sur la jambe arrière (la droite donc!), afin de libérer la jambe gauche: le pied gauche se rapproche et se place, pointé, à côté du pied droit.

Voilà le simple fouet, c’est une technique que l'on retrouve dans de nombreuses formes. Dans la forme 88, la forme longue, ce simple fouet revient régulièrement... (10 fois... Pour s'endormir certains comptent les moutons, d'autres les simples fouets de la 88...).

Ah, s'il n'y avait que les pieds... on serait sauvés, mais non, les mains aussi ont leur mot à dire! Lorsque le poids du corps se replace en arrière, la main droite part en arc de cercle par le haut, pour se placer, en crochet, sur la droite, à hauteur de l'oreille. Pendant ce temps, la main gauche ne reste pas inactive et part en arc de cercle, par le bas, avant de se replacer à hauteur de l'avant bras droit. Ah, j'allais oublier: on inspire...

Bien, nous voilà en position, mais... ce n'est pas fini! Le bras gauche s'ouvre, s'éloignant de la poitrine, en arrondi alors que le pied gauche (qui était en léger appui sur sa pointe) se soulève et se repose en avant (sur l'axe de déplacement an conservant l’écartement de hanches ad hoc) par le talon.

Et enfin, enfin, on déroule le pied avant, pour terminer en pas de l’arc, plaçant la paume gauche vers l'extérieur comme pour pousser. On expire.

 

🤼Et que faire de cette technique, martialement parlant? L'imagination débordante de Xiao Long propose d'interpréter le crochet de la main en saisie ou en frappe. Si l'on saisit de la main en crochet, on peut frapper ou pousser de la main ouverte en avant, sous l'aisselle (par l'extérieur), au plexus (par l'intérieur). Si l'on pare et dévie une attaque de la main ouverte, le crochet peut servir à frapper au visage, à la gorge... Les versions sont nombreuses. (et parfois un peu fantaisistes…)..

🎸Un peu de musique à présent ! Jouons du pipa

Le pipa (琵琶; pinyin: pípá) est un instrument de musique à cordes pincées. Muni de 4 cordes en soie, ou à présent en acier (moins poétique tout de même...). On le retrouve parfois sous l'appellation de "luth". On parle de pipa déjà dans certains textes datant du IIème siècle AV J.C!

A l’issu du simple fouet, on fait un demi-pas  (Attention, un demi seulement, pas un entier, qui rapprocherait  trop les deux pieds et nous pousserait au déséquilibre…). En même temps, la main droite qui formait le crochet (Gou) se déplace vers l’avant. Le poids du corps se trouve donc sur la jambe gauche.

Puis, je prends appui sur la jambe droite (arrière) et je « m’assois » tout en ramenant la main droite (en fait, c’est la torsion de la taille qui fait se déplacer le bras), le bras gauche suit naturellement (il bouge assez peu). Inspirer.

Les mains se placent pour jouer du pipa, main gauche en haut, main droite au niveau du coude gauche et pressent l’une vers l’autre.

Le pied gauche se place devant, sur le talon (qui peut servir à bloquer le pied du partenaire ou… à lui écraser discrètement les orteils?).   Expirer.

Cette technique peut être appliquée comme une clé : la main en bas saisissant ou contrôlant le poignet, la main du haut exerçant une (désagréable) pression sur le coude de l'adversaire (on parle ici d'adversaire car après cet exercice, il ne sera peut être plus votre partenaire...).

Ainsi les mains ne peuvent être trop "proches" l'une de l'autre, puisqu'elles doivent tenir compte de l'espace entre le poignet et le coude.

Nous sommes arrivés au bout de la ligne, il ne reste plus qu’à … retourner vers notre point de départ… Et nous démarrons en marche arrière !

🐵 Repousser le singe par deux fois, fait suite au "pipa".

La main droite descend, bras relax, et va décrire un demi-cercle à 45°, la paume regarde naturellement le ciel. La taille initie le mouvement. Et la main gauche se replace devant soi, en avançant un peu le bras vers l'avant, paume vers le sol au même moment (enfin, on essaye!), les bras ne sont pas "tendus, bloqués".

La main gauche se tourne vers le ciel à l'instant précis où la main droite se tourne vers la terre. C'est une phase d'inspiration. Inspiration d'autant plus utile que ... le pied gauche se soulève au moment où... les mains commencent à monter.

Et les pieds alors ?

La pointe du pied gauche se repose au sol derrière le pied droit, au moment où la main droite, paume vers le sol, commence à glisser sur l'avant-bras gauche pour repousser la bestiole.

C'est une phase d'expiration, d'ancrage au sol. Veillez à ne pas "croiser" les pieds (ce n'est pas une danse folklorique! Quoi que...): si le pied gauche se pose trop près derrière le pied droit, l'équilibre est plus difficile à tenir. La "torsion" ne vient pas de la position des pieds, mais de la flexibilité de la taille.

Penser à:

*Le corps reste vertical: le déséquilibre peut pousser à se pencher trop en avant.

*Le regard suit la main droite.

*Les mouvements des bras sont détendus, on ne retient pas le bras lorsqu'il descend, on remonte en arc de cercle (pas de coude proéminent!).

Une fois réalisé à droite... Vous avez le droit de le faire à gauche aussi, n’est ce pas merveilleux ?

Bien, nous voilà sur le chemin du retour et il va falloir se retourner

 

⚠  Attention, virage !!!  ↩

Le pied gauche, posé sur la pointe en fin de "repousser le singe", se replace en appui talon afin de pouvoir pivoter (le pied droit est pied d'appui...il en faut un...) et replacer la pointe dudit pied gauche vers le miroir (on part du principe erroné que nous pratiquons tous en commençant face à un miroir... et tant pis pour ceux qui n'en ont pas!!!). Le pied gauche devient mon pied d'appui, ce qui va me permettre de soulever le pied droit pour le replacer correctement sur mon axe de "retour".

Pendant "qu'en bas" s'effectue cette manœuvre, en haut, les bras ont aussi à faire! La main droite qui était au niveau de la taille en fin de "repousser", remonte, paume vers le ciel vers la main gauche (qui était en finition, paume vers le sol, bras (pas tout à fait) tendu sur l'axe de déplacement "aller").

La main droite passe au-dessus de la main gauche, puis les deux mains se replacent, paumes face à face comme pour tenir un ballon, main droite en haut. Ce passage entre repousser le singe  (倒卷肱) et la fille de jade lance la navette  (穿梭) est très délicat et demande une bonne coordination pieds/mains!

🚀 Mais si la "fille de jade" veut pouvoir lancer sa navette en toute stabilité, il faut en passer par là!

On soulève le pied droit pour le replacer correctement par rapport à la ligne "retour" de déplacement, afin de retrouver un écartement de pieds valable... On inspire.

On soulève le pied gauche et on le replace à 45° gauche par rapport à l'axe dudit déplacement (gnurrf!!!?*^°). Pendant ce temps les mains font "rouler" le ballon, la main droite passe en bas, paume vers l'avant, la main gauche en haut, paume vers soi.

Puis tout en prenant appui sur le pied gauche, la paume de la main gauche se tourne vers l'extérieur, comme si on bloquait un coup venant de haut en bas avec son avant-bras.

La main droite "remonte" et passe de la hauteur du ventre à hauteur de poitrine pour repousser. On expire.

Le poids du corps se replace dans le pied droit, la pointe du pied gauche se "referme" pour retrouver l'axe de déplacement. Les deux mains décrivent une sorte de S, l'idée étant de dévier une attaque adverse en diagonale, main droite sur le poignet de l'autre, main gauche sur son coude, avant de saisir à nouveau le ballon, main droite en bas cette fois, main gauche en haut.

Le pied droit se libère pour se replacer à 45° à droite de l'axe de déplacement (gnurff!!!?/^* aussi). On inspire. Même mouvement à droite cette fois pour finir, main droite en haut en blocage, main gauche en poussée. On expire.

Attention:

*Conserver la forme du ballon pour faire "rouler", ne pas l'écraser (ce n'est pas un ballon de rugby!).

*La main qui bloque en haut est placée au dessus et en avant de la tête (pour ne pas se manger le coup de l'adversaire et son propre bras à la fois...).

*Pour la transition en S, imaginer que l'on dévie le bras de l'adversaire pour garder un écartement logique entre les deux mains

*Ne pas zapper les changements d'orientations, bien aller vers les côtés pour réaliser la navette, prendre le temps de bien repositionner la pointe du pied sur l'axe à chaque fois, pour ne pas avoir le corps dans une direction et le pied dans une autre, ce qui casserait l'harmonie et défierait toute logique (sans parler des genoux qui ne seront pas d'accord non plus et vous le feront comprendre douloureusement...)

Le mouvement est très fluide, très rond, très agréable, sans contraintes. La fille de jade lance la navette en douceur (ne pas confondre navette et batte de baseball...)

🏊‍♀️ La fille de jade a lancé la navette avec succès, mais... elle a perdu son aiguille au fond de la mer ! Bon, on va aller la chercher !

Le poids du corps est dans la jambe droite à la fin du mouvement précédent, on y place progressivement tout son poids afin de libérer le pied gauche qui avance d'un demi-pas. Progressivement, on "s'assoit" sur sa jambe gauche, ce qui libère... la jambe droite (bien! tout le monde suit!). Le pied droit se repose, pointé devant.

Que se passe-t-il en haut?

L'élément essentiel dans le mouvement du haut du corps reste la taille: ce ne sont pas tant les bras qui "bougent" que le haut du corps tout entier. Très souvent, la tentation est de "piquer au fond de la mer" en restant immobile au niveau de la taille, ce qui rigidifie le mouvement.

Pour plus de fluidité (et on est en pleine mer...), c'est la taille par sa torsion qui ramène les bras vers le côté gauche du corps, les mains restent assez fidèlement dans la position initiale (fin "fille de jade"). Simultanément, l'appui passe sur la jambe gauche. On inspire.

Puis au moment où le pied se pose pointé devant, on brosse avec la main droite, et la main gauche - dans un élégant mouvement de roue d'ancienne locomotive à vapeur -!!!?)- remonte légèrement du côté gauche avant de piquer vers le bas. On expire.

Attention :

*Ce n'est pas parce que l'on vise le fond de la mer, qu'il faut plonger en avant et "piquer du nez" par la même occasion. C'est juste le fond de la mer, pas les abysses!

*Le regard est dirigé vers le bas, on admire les coraux, pas ses pieds...

*Le dos reste droit: on est légèrement penché vers l'avant, dos droit. Eh oui, le dos peut être droit alors que l'on se penche... (Il n'est pas vertical: vertical signifie droit sur l'axe Terre Ciel)

*Pensez à ne pas trop rapprocher le pied arrière du pied avant dans le demi pas ce qui permet d'être plus stable dans le changement d'appuis.

Et voilà, c'est bon, on a trouvé l'aiguille au fond de la mer! Après ce gros effort, on eut bien ouvrir son éventail et se rafraichir un peu…

Shan Tong Bei   est traduit de différentes façons (pas de surprises) : Shan peut être « briller, étinceler ou esquiver », Tong signifie « passer à travers », communiquer et Bei se traduit par « bras », (bi), on trouve aussi bei, dos,  mon tout serait alors « L’éclair traverse le dos » (à ne pas confondre avec un lumbago qui se déclare !) ou « Esquiver la force avec les bras » (style Chen).  On imagine alors que l’on frappe avec la rapidité de la foudre…

Il existe en fait, en Chine, une race de singe aux bras longs qui peuvent se gratter le dos facilement (bien pratique) et que l’on nomme « Tong Bei Yuan ».

Nous (style Yang guiding) appelons cette technique, « séparer les mains comme un éventail », sans doute parce qu’on y retrouve un mouvement d’ouverture de bras similaire à un éventail qui s’ouvre… car il y a Shan bras et Shan éventail…. Bref, retenons l’image…

 

L’aiguille est trouvée, et …tout en soulevant le pied droit, les mains se rejoignent : la main gauche remonte, paume vers soi, pendant que la main droite jusqu’alors sur le côté se replace au niveau du coude de la main gauche, paume vers le coude (« l’éventail » est fermé).

Puis je pose le pied droit pour passer en pas de l’arc pendant que les mains s’écartent, « l’éventail s’ouvre », la main gauche au niveau de la tête, paume vers l’extérieur ; la main droite poussant vers l’avant au niveau de l’épaule.

Comme toujours, on peut se demander le pôrquoi de ce mouvement : il y a plusieurs possibilités. On peut, dévier et se protéger avec le bras droit et pousser ou frapper sous l’aisselle notre partenaire avec la main gauche. On peut aussi dévier et saisir une attaque de poing avec la main droite et appliquer une clé à l’aide de la main gauche au niveau du coude du partenaire. On peut…faire plein de choses plus ou moins gentilles…

Points clés :

* Ne pas lever excessivement le coude droit en dépliant l’éventail

* Bien synchroniser passage de poids du corps dans la jambe avant et utilisation de la main gauche en frappe ou poussée afin de mobiliser l’ensemble du corps et pas seulement les membres supérieurs.

* Savoir s’arrêter en finition, pour que le genou ne dépasse pas le pied !

* Conserver un écartement de hanche naturel (ne pas avoir les pieds sur la même ligne !).

* Accessoirement, respirer, cela peut être utile, en respectant la règle : préparation en inspiration, finition en expiration.

 

☁ 🌦 Après avoir repêché notre aiguille enfouie au fond de la mer et s’être aéré pour la peine à grands coups d’éventail, voilà que la météo change et que les nuages arrivent. Les nuages, ce n’est pas ça qui nous fait peur !!! On en connait un rayon (de soleil ?)

Arrivé en bout de « ligne », éventail ouvert (main droite devant, main gauche en blocage latéral, position gong bu, appui jambe droite), il est temps d’inverser la vapeur…

Et les pieds :

Le poids du corps repasse dans la jambe gauche. Le pied droit, libéré, pivote sur le talon (le pied se ferme) pour orienter la pointe du pied vers le « miroir »(c’est-à-dire qu’on se retrouve dans la position de départ), le pied gauche peut se permettre de glisser gentiment afin d’être parallèle au pied droit, (évitons la position chasse-neige qui n’est  pas du goût de tous les genoux…). Puis on va se déplacer vers la droite, ramenant le pied gauche près du pied droit (pas trop près ! Prenons garde à l’équilibre…), écartant le pied droit du pied gauche (pas trop loin ! Prenons garde au jeu du yoyo…), ramenant à nouveau le pied gauche près du pied droit. Le poids du corps va s’installer dans la jambe gauche : le pied droit reste pointé (en attendant la suite des évènements !)

Et les bras :

Au moment où le poids du corps passe dans la jambe droite, la main droite descend tranquillement pour amorcer le mouvement des nuages. La synchronisation pieds/mains est un point délicat. On peut globalement se repérer sur trois points : quand la main droite est en haut, le pied gauche est allégé ; main/pied sont sur une diagonale. Quand les pieds sont rapprochés, les mains sont au centre, droite en bas, gauche en haut. Quand je déplace le pied droit vers la droite, la main gauche est en haut… C’est pas du beau Yin Yang ça ?

Une fois /, une fois I et une fois \( ce n’est pas une histoire belge !)

Et la tête (alouette) :

Le regard suit le mouvement des mains : on suit le mouvement, pas les mains ! Si votre regard se fixe sur la main elle-même, au deuxième nuage, on perd la tête ! (et plus encore dans la 88 où il y en a 5 de suite !!!). Il s’agit d’avoir sa main « en visuel », la voir ne signifie pas la regarder, la fixer (et si on veut en lire les lignes, il vaut mieux s’arrêter…)

Accessoirement… il peut être utile de respirer (Prenons garde à ne pas devenir tout bleu…). Main droite en bas, inspirer, main droite en haut expirer…

Le mouvement reste léger, sans à-coups ni crispation des mains, et ce, même si l’on souhaite exprimer une intention martiale. Le mouvement s’appelle « les mains dans les nuages » et pas « casser le bras du débardeur des halles 💪 » (beaucoup moins poétique et aucunement céleste).

Et à présent  il ne resta qu’à  saisir la queue de l’oiseau, en voilà une idée curieuse !!!= 雀尾est selon les traductions saisir la queue de l'oiseau ou du moineau

 

🐦 Ce mouvement regroupe 4 techniques de base du Tai Ji Quan : les "4 portes" ou "4 potentiels" : Peng (parer), (tirer ou rouler vers l'arrière), Ji (presser), An (pousser).

Peng: offensif et défensif, il sert à parer, à se protéger, sert à pousser aussi: il est "expansif". C'est l'idée du ballon qui grâce à son élasticité reste solide et "plein", même si on appuie dessus pour le comprimer.
: tirer, une fois le partenaire à la limite de l'équilibre, on le déracine: il est "attractif" et relativement passif, puisque on ne fait que poursuivre le mouvement initié par le partenaire qui avance vers vous (on ne tire pas comme un malade sur le bras de son malheureux partenaire...)
Ji: se fait avec les deux mains superposées, il est proche de Peng, il sert à propulser le partenaire: on ajoute à "l'expansif" de Peng, l'"impulsif", et la main en "Peng" se voit renforcée par l'autre main pour une plus grande efficacité.

An: absorbe et utilise les paumes, poing ou pied pour pousser et déraciner le partenaire.

Nous allons donc maintenant saisir cette queue de moineau, d'abord à droite, puis à gauche.

Dès que nous sommes sortis de nos nuages…on saisit notre "ballon", main gauche en haut, puis on déroule, comme pour séparer la crinière du cheval , mais la main devant se place à l'horizontale  (et non en diagonale), puisque l'on "pare". Et PENG!
Puis la taille pivote légèrement, les mains se placent pour "tirer" en Lü. On tire en diagonale, vers le côté, pas de face, pour ne pas récupérer son partenaire, s'il était là, directement sur nos pieds… (Elémentaire, mon cher Watson !)
Puis on se replace de face, les mains se rejoignent et se positionnent pour le Ji. On part du principe que l'on "presse" à sa hauteur : nos "adversaires fictifs" sont de notre taille Cela nous permet de conserver les coudes et les épaules relâchées.

Enfin, après avoir absorbé, les mains se préparent à pousser. Et voilà, le moineau est bien attrapé à droite, il n'y a plus qu'à s'occuper de celui de gauche!


Tout a une fin!😭

 Comme dans la forme 8, on commence par "croiser" les mains en dix: nous sommes en pas de l’arc, les 2 mains devant nous...


Que se passe-t-il "en bas"?

Le pied gauche se ferme: on veut retrouver notre position initiale!

Le pied droit s'ouvre (normal! puisque le gauche se ferme...) et le poids du corps passe à droite. Afin de faire passer "naturellement" le poids du corps de l'autre côté (lequel? au secours!!! gauche, puisqu'il était à droite!), le pied droit se ferme à son tour: on prend appui sur l'intérieur du pied droit pour le replacer près du pied gauche.

Cet appui permet, Ming de rien (je sais, elle est facile, mais je n’y résiste pas), de gagner en stabilité et en confort, donc en fluidité (et vos lombaires vous remercient par avance!!!).

Enfin les pieds sont parallèles...

Que se passe-t-il "en haut"? Dans la phase "fermer le pied gauche et ouvrir le pied droit" la main gauche ne bouge pas vraiment, la main droite, elle, suit la trajectoire et va vers la droite, à l'horizontale: on se retrouve bras écartés. Et les mains (qui suivent les pieds... heureusement!) se rapprochent lorsque les pieds se rapprochent en un mouvement du "jardinier qui ramasse les feuilles d'automne". C'est la saison d'ailleurs... .Les mains se croisent "en dix". Shi: + (enfin un caractère facile à retenir!!!) signifie 10.

Durant ce passage, on évitera de regarder s'il y a des coccinelles dans les feuilles sèches, le dos restera vertical et nos jambes ne nous descendront que modestement pour nous éviter de piquer du nez vers le sol...

Et ENFIN la fermeture : on écarte lentement les mains qui étaient croisées paumes vers nous en dirigeant les paumes vers le sol, puis on baisse les mains et ...

En bas: on "remonte" en position de départ.

En haut: une fois les mains posées sur les jambes, devant, on les laisse glisser sur les côtés pour retrouver leur position de départ. On rapproche les pieds et.... la vie reprend son cours! (Mais pas trop vite....)

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
19 novembre 2022 6 19 /11 /novembre /2022 14:09
PHOTO Xiao Long

 

Qui sait si ce proverbe ne nous vient pas finalement de Chine? 

En Tai Ji Quan on ne va jamais assez lentement. C'est la règle n°1.

Pensez à/sentez  ce que votre corps est en train de faire, ne laissez pas votre esprit errer, oubliez ce que votre corps a fait, n'anticipez pas sur ce qu'il va faire. Prenez le temps de ressentir ce que vous faites. Profitez...

Cette lenteur permet un meilleur contrôle du corps, de l'équilibre, on prend le temps de poser le pied, de dérouler le pied avant de prendre appui sur le pied... tranquille.

"Tout est dans les pieds" (proverbe de Xiao Long!), ils doivent être posés au bon endroit, au bon moment et recevoir le poids du corps ou au contraire s'alléger au bon moment: ils sont nos racines. Et si les racines ne sont pas bien ancrées dans le sol... Aïe! (ou paf!)

On ne force pas, on est détendu.

Observez-vous de haut en bas (essayez maintenant, en lisant cet article...): la mâchoire est-elle crispée? La nuque est-elle relâchée? Pourquoi vos épaules sont-elles si proches de vos oreilles? Les doigts sont-ils naturels ou bloqués? Bon, c'est vrai qu'il n'est pas toujours facile d'être l'image même de la « zénitude » quand on apprend un enchaînement: les neurones travaillent dur et la fumée sort parfois des oreilles! Mais dès que l'on tient le mouvement, il faut se laisser aller en gardant à l’esprit qu’il n’y a aucune recherche de performance.

D'un autre côté, il ne faut pas non plus se ramollir complètement!

Xiao Long a écouté son maitre et, comme lu, dit toujours que le Tai ji quan, c'est la version économique, le « diesel » des arts martiaux chinois: on travaille avec le minimum de tonus,  juste ce qu'il faut pour que le mouvement ait un contenu. Ce n'est pas du café lyophilisé pas besoin d'en rajouter pour donner du goût! Ce n’est pas du déca, ni un double expresso… mais un bon café bien équilibré.

L'intention n'est pas dans la raideur. Notre quête, c'est la force tranquille... l'interne...

L'esprit est calme, la respiration est calme, le mouvement est lent, le Qi circule harmonieusement dans tout le corps...

On le sait, le Tai Ji Quan n’est pas une activité speedante ! Les affairés et autres fourmis pressées d’engranger et d’arriver au but ne peuvent qu’en être déçus.

Si je vous dis donc, qu’il faut savoir prendre le temps de s’asseoir en exécutant votre forme, vous n’en serez aucunement étonné ! Mais attention, il ne s’agit pas de faire une pause (bien méritée pourtant, je n’en doute pas !), de prendre un siège confortable et de siroter un bon petit thé en dégustant de bons petits gâteaux…

Non, nous sommes dans l’action pure : il faut s’asseoir… en avançant.

Ici, on s’assoit –sans chaise- dans le vide… ce qui nous permet d’avoir le dos plus droit, les genoux plus souples, donc une meilleure amplitude de mouvement. La colonne vertébrale se redresse, le bassin se place de façon que les tensions dorsolombaire soient réduites et que les lordoses (lombaire et cervicale) s’adoucissent.

On cherche à gommer les cambrures mais en finesse, sans rétroversion complète du bassin. La tête « colle » au ciel, le coccyx « colle » à la terre.

S’asseoir, c’est s’ancrer et c’est un « ralentisseur », car c’est grâce à la lenteur que l’on peut passer par cette posture.

Si on prend le temps de passer par (pas d’y rester une heure non plus, ce serait casser la fluidité du déplacement) cette étape, la respiration, les mouvements deviennent plus amples, plus lents encore, la coordination haut/bas est meilleure. On a toujours tendance à se projeter en avant un peu trop « vite » et à oublier que notre corps « ballon » oscille entre deux pôles, comme si un élastique nous tirait vers l’arrière, alors qu’un autre nous amène en avant.

 

PHOTO Xiao Long

Être assis : c’est un « stabilisateur », comme les petites roues des vélos pour les enfants ! Voilà un bon moyen de gagner des points en équilibre, en particulier dans les postures de « la grue » (qui du même coup peut se permettre de déployer ses ailes en toute sérénité), du « pipa » ou du « repousser de singe » (moins malheureux d’avoir à reculer sans rétroviseur).

 

Bref... il n’y a que des avantages à évoluer en lenteur et à prendre le temps de s’asseoir, position du corps plus agréable, rythme tranquille, coordination plus fine, meilleur équilibre... En prime, cela renforce la musculature de nos petites jambes…

Personne ne dit que cela est facile. Mais pour vous récompenser de ces efforts, vous pourrez toujours vous laisser tomber dans un bon vieux canapé moelleux au retour de votre pratique !

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 14:00

 

Il existe un nombre faramineux de formes, de styles, d’écoles de Tai Ji Quan.

Rien que dans notre style « officiel, » il y a la forme 8 mouvements, la 16, la 24, la 88 sans parler des deux formes 48 et 42 (même si elles ne sont pas du Yang « pur sucre », elles font partie du package !) et une dernière née, la 26. Alors, si on y ajoute une ou deux cuillérées d’épée (18 et 32 par exemple sans parler de la 42 ni de la « new classic »), une pincée de sabre (13 postures), deux ou trois feuilles d’éventail et qu’on touille tout ça avec une petite lance ou un bâton… on a bien de quoi occuper une vie et même plusieurs !!!

Il ne faut pas cependant, et même si cela est tentant, succomber à la collectionnite aigüe…

C’est une maladie qui se répand assez facilement par contact (« Tu as vu, eux là-bas, ils connaissent celle-là et nous non, allez, il faut qu’on s’y mette ! ») et même au seul visuel (« Wouah, elle est vraiment intéressante cette forme, il faut absolument que je l’apprenne ! »). Il ne faut pas sous estimer non plus la dérive de la collectionnite qui peut facilement dégénérer en melonnite chronique (« Ouais ! Moi, je connais plein de formes, et plein de styles aussi- et pas toi, et paf !")

PHOTO Xiao Long

Xiao Long connait la collectionnite (il en a été atteint comme tous les enthousiastes !) et il vous rassure : elle n’est pas incurable, si on prends le temps de s'arrêter cinq minutes et si on est (… devient) raisonnable.

Voilà le mot lâché ! Le temps…

 Car,  accumuler simplement des formes comme on pose des timbres de couleurs dans un album, ce n’est pas si compliqué avec un peu de mémoire. Mais, il est frustrant souvent d’apprendre une forme puis de devoir l’oublier aussi sec pour en apprendre une autre que l’on aura  pas le temps d’approfondir avant de passer … à la suivante !

Alors, si on souhaite progresser en douceur, sans torturer ses neurones, sans faire exploser son planning, l’apprentissage d’une forme peut s’envisager selon ces étapes :

Apprendre une forme :

Une bonne mémoire visuelle, une belle régularité dans la pratique et un peu d’huile de coude sont suffisants pour apprendre une forme. Cette phase peut durer plus ou moins longtemps, nous ne bénéficions pas tous des mêmes facilités d’imitation. Gérer le corps dans l’espace, coordonner, demande un réel travail de concentration. Chacun doit prendre son temps, ne rien bousculer : il n’est pas raisonnable de vouloir poser le toit de la maison s’il manque un pan de mur ! Il faut avancer à son rythme propre sans se décourager.

Et on est content à chaque « pas » réussi ! Car tant que l’on se pose des questions sur le mouvement qui va suivre, (« C’est lequel déjà ? », « Comment j’avance là ? Zut, c’est quel pied ? », « Mince ! C’est le bug complet : Qu’est-ce que je fais après ! »). Enfin, le niveau 1 est atteint, les pièges sont déjoués et on sort des oubliettes !

    Connaitre une forme :

Une fois mémorisée, la forme est connue, « en surface ». On sort des geôles, le châtelain nous libère !  C’est un peu comme une « récitation » par cœur : elle est encore « légère », un peu « coquille vide ». Mais on apprécie déjà de ne plus avoir à froncer le sourcil en permanence et on a le sentiment d’avoir réussi quelque chose. La phase digestive s’annonce bien…

 Approfondir une forme :

Voilà qui commence à devenir très intéressant ! Il n’y a plus de question réelle sur l’enchainement proprement dit… et une foule d’autres choses surgissent. On se sent bien en faisant cette forme, mais la tête reste active et on peut commencer à « remplir » vraiment la coquille…

 

On détecte alors les mouvements où l’on n’est pas 100% à l’aise et on cherche l’origine jusqu’à trouver la respiration juste, la bonne position du corps, la finition juste…

On sort la loupe et on peaufine : quelle est/sont la/les  finalité(s) martiale(s) de ce passage, est ce que mon mouvement est cohérent avec ces interprétations ? On envisage aussi le point de vue énergétique, cet insaisissable, on « s’écoute », on affine les sensations… Bref, on creuse ! On ne creuse pas tous pareil, ni dans la même direction… peu importe, ce qui compte c’est de creuser… Et on atteint le niveau 4, le donjon !

 

PHOTO Xiao Long

S’approprier une forme :

On a bien gratté et on commence à personnaliser « sa » forme. On a fait des choix dans les réponses à nos questions et on va opter pour ce qui « nous » parle le plus. Voilà ce qui explique les différences de réalisation d’une même forme, chacun s’y investit et donne un accent particulier à la forme… et quoiqu’on en dise, c’est bien.

Cela ne signifie pas que tout est fini : il faut savoir retourner vers les fondamentaux régulièrement pour éviter d’aller trop loin et « dé-former » les mouvements, il faut prendre le temps toujours et encore de vérifier la cohérence martiale et énergétique de ce que l’on s’est approprié. Nous voilà dans l’escalier à vis (sans fin) qui monte vers le sommet du donjon !

 Apprécier, profiter du travail accompli.

Il n’empêche qu’on peut s’arrêter tranquillement (à chaque meurtrière !) et admirer le paysage : on est de mieux en mieux et on ne va pas bouder notre plaisir ! Bref, c’est le nirvana du pratiquant, il ne réfléchit plus… il ressent, il flotte ! (Non, il n’a pas mis la main sur une des plantations de l’herboriste !).

 

Attention cependant à l’ivresse des sommets !

Il faut accepter que les autres, partis dans d’autres directions, s’épanouissent aussi et ne pas vouloir imposer son propre chemin en pensant qu’il n’y en a qu’un et que c’est uniquement celui-là le bon !

Humilité et ouverture d’esprit restent les qualités fondamentales du pratiquant qui gravit les marches de cette tour (pas infernale du tout !).

Et une petite table ronde de temps  en temps avec les autres chevaliers permet d’échanger les idées et les expériences…

Et on s’aperçoit alors que l’on est encore un tooooout petit dragon qui a bien des choses à apprendre… et c’est tant mieux ! !!

 

PHOTO Xiao Long

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 13:30

! dāo!

 

Le sabre fait partie des 4 armes de base avec la lance, l’épée et le bâton.

 

PHOTO Xiao Long

Encore une arme que l'on peut utiliser dans la pratique du Tai Ji. Ce qui distingue le sabre de l'épée, dont nous avons déjà parlé, c'est le fait qu'il ne possède qu'un seul tranchant.

C’est une arme qui s’utilise de « haut », dans la cavalerie par exemple, c’est l’arme idéale pour dégager le terrain ! On la porte sur le dos dans son fourreau, ce qui permet de dégainer rapidement d’une main tout en restant en mouvement sur son cheval. Plus efficace encore, le grand sabre chinois, dàdāo !

Les techniques en tiennent comptent. On peut poser la main sur le dos de la lame pour renforcer certains blocages  par exemple, ou saisir la lame pour désarmer l'adversaire...

Il utilise 5 mouvements, liés aux 5 éléments: taille, estoc, contre, tournoiement, blocage.

Il combine 7 manœuvres: Tang (fendre), Pi (couper de haut en bas), Kan (couper), Mo (frotter), Chan (ouvrir), Tiao (crocheter), To (hacher!!! Là ça fait mal…).

Le sabre a un dos, un tranchant, une pointe, un plat de lame, une tête, une garde, une poignée.

Plus solide que l'épée, le sabre traditionnel est légèrement courbe avec une tête élargie, mais il en existe à lame droite aussi.

Le sabre est présenté comme une arme moins "noble" que l'épée, c'est l'arme du soldat, du champ de bataille, facile à dégainer et qui permet de dégager l'espace autour de soi.

La divinité attachée au sabre est le Dieu des batailles Zang Er, et le terme Dao Bing (sabre-arme) désigne aussi la guerre en général.

C'est une arme "yang", c'est l'avant bras qui travaille (pour l'épée, arme "yin", c'est le poignet). Il correspond à l'élément "métal". 

 

PHOTO Xiao Long

 

Les plus anciennes pièces retrouvées étaient en bois dur, il en existait de plus petite taille, en jade ou en pierre.

 La légende dit que le sabre a été inventé par Sui Jen Shi, le second des empereurs mythiques de la Chine, puis amélioré par Huang Di. Le premier aurait forgé un sabre en or (efficace ?) , le second en bronze.  Puis, apparut le sabre en fer (Royaumes combattants) puis, sous les Song, il prit cette forme "en feuille de saule" (Liu Ye Dao) et gagna en solidité.

Sous les Ming, on fait la différence entre les sabres "civils" moins lourds, plus courts, sans fourreau et les sabres "militaires" en acier trempé, avec fourreau de cuir ou de bois. Les types de sabres se multiplient ( on en compte au moins 18!) et, rien que pour la beauté des noms, il y eut, le sabre en "plume d'oie" ( c’est bien douillet ça, les plumes d’oie !) , en "tête de démon", le sabre "aux neufs crocs", "aux trois anneaux", en "oreille de buffle", "papillon cantonnais", "nouille" (!, je n'invente rien... c'est un sabre très souple, à lame très mince qui tranche comme un rasoir… ), en "ailes de libellule"...

Il faut remarquer que pour nous, le sabre est moins « utilisé » que l’épée, sans doute les films de cape et d’épée européens y sont-ils pour quelque chose ? L’épée transperce et … c’est la fin du méchant !Sans doute aussi sommes nous imprégnés des traditions anciennes, romaines par exemple (le glaive court romain ? l’épée gauloise ?)

En Asie, au Japon par exemple, c’est le sabre, c’est-à-dire la lame à un seul tranchant qui est traditionnelle, le katana, le wakizachi, le tantô sont des sabres.

Voilà quelques informations sur cette arme que certains viennent de découvrir. Il y aurait encore beaucoup à dire... mais ce sera pour plus tard!

Partager cet article
Repost1
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 16:20

 

Bon, je sais, les titres en anglais, ce n’est pas très bien vu de certains… Mais, bon… de temps en temps, on peut bien rafraichir un peu nos connaissances en langues étrangères !!!

D’ailleurs en ce qui nous concerne, ce serait plus  « bouge ton centre » que « bouge ton corps ».

 

PHOTO Xiao Long

 Ceci donc pour vous dire : faire du Tai ji quan, ce n’est pas jouer au sémaphore, corps droit et rigide et bras qui s’agitent en tous sens. Je caricature, je vous rassure, mais l’image de base reste valable.

 Notre culture occidentale met actuellement en valeur le corps mais dans le mauvais sens : il faut être beau en dehors, bouger "en dehors"… on s’attache à la décoration, mais pas aux fondations (c’est d’ailleurs la même chose pour la construction des maisons actuellement, tendances mais on ne regarde pas trop si le tout est solide).🏛

 Pour entrer vraiment dans nos disciplines, que ce soit le Qi gong ou le Tai ji quan, il faut apprendre à penser autrement et à bouger autrement, à bouger "du dedans".

Il faut partir du centre vers les extrémités et non l’inverse.

 Or souvent, ce sont les bras qui font le mouvement, le corps ne participe pas. C’est ce que l’on appelle « être désuni »,  il n’y a pas d’harmonie entre le corps et les mouvements des bras et des jambes.

Peut-être a-t-on l’impression en contrôlant nos bras que l’on contrôle le mouvement ?

Peut-être aussi sommes nous inhibés, mal à l’aise avec des mouvements amples, plus habitués à être discrets ?

Peut-être sommes nous tellement focalisés sur le « comment faire » que l’on oublie le « faire » tout simplement ?

Bien sûr, lorsqu’on découvre une nouvelle technique, notre cerveau est en surchauffe ! 🙃

Notre souci légitime est de bien faire, nous voulons tout décortiquer avec précision sans omettre aucun détail… (Ou est mon bras gauche ? où est passé mon pied droit ?, mince… j’ai oublié de respirer !).

 Mais, cela nous fige en réalité. Le « trop penser », nous rend plus raides, souvent le regard dirigé vers le bas, ce qui va empêcher le mouvement de se « déployer », parce que le corps se replie vers l’intérieur et la respiration est moins aisée.

 Il faudrait regarder, non pas comment les bras bougent, mais comment le corps bouge. Car les bras suivent le corps, on peut en déduire que si le mouvement du corps est correct, les bras vont s’ajuster naturellement.

Cela n’est pas facile au début. Mais, même si nous sommes concentrés sur nos bras dans la phase d’apprentissage de la technique, une fois que le mouvement nous est devenu plus familier, il faut apprendre à le laisser faire, à le laisser partir du centre. Lâcher la tête et se faire confiance, regarder droit devant, respirer largement et libérer notre centre.

 Ce qui va aider notre technique et donner la bonne impulsion à notre centre, ce n’est pas le « comment faire », mais le « pour quoi faire ».

 Si on connait le « pour quoi faire », nous n’aurons plus besoin du « comment faire », parce qu’il va s’imposer tout seul, naturellement.

 

PHOTO Xiao Long

De l’intérêt du travail à deux  qui va permettre de visualiser la finalité de la technique. De l’intérêt du travail de tui shou  (ben, non ce n’est pas juste tourner des mains en rond en papotant…) qui permet de libérer le centre et d’apprendre à l’utiliser.

Nos mouvements, que ce soit en Qi gong ou en Tai ji quan, sont fondés sur les cercles et les vrilles qui ne sont réalisables que si le centre est mobilisé, que si le centre est à l’origine du mouvement. Ce sont ces cercles et ses vrilles qui font notre force et qui permette à l’énergie de circuler.

 Bref, cela demande un effort au début, mais nous allons beaucoup y gagner : en efficacité, en amplitude, en sérénité, en fluidité, en bien-être…

 

PHOTO Xiao Long

Donc …y’a pu ka !

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 12:54

Xiao Long est très vexé, car il a entendu dire que l'éventail c'était "pour faire joli" et que ça n'était pas une arme!

Il a passé la nuit à lisser ses pinceaux, à préparer son encre et à méditer sur la question...

 

L’histoire :

Ce bel objet a une histoire qui remonte à … très loin ! et certains ne le considèrent pas comme une arme, mais comme un bel objet « décoratif ».

Son origine se situerait dans la région de Yushan (province du Sichuan) où l’on trouve des représentations sur des théières en bronze datant de 481 – 221 av. J.-C … même si on peut affirmer que ceux-ci étaient connus en Chine antérieurement.

L’un des huit immortels, Zhong Li Quan, possède un éventail en plumes. On le représente souvent tenant une pêche et un tambour.

Déjà sous la dynastie Jin (265-420), on parle d’éventail. À l’époque, les éventails sont rigides et en plumes (pensez à l’éventail du stratège dans le film « Les Trois Royaumes », une aile d’oiseau. ; il vaut mieux éviter de cependant, les oiseaux sont tout de même plus beaux dans le ciel !).

 

Le caractère chinois désignant l'éventail est composé du caractère de la demi-porte () , on y retrouve la monture rigide, et du caractère des plumes ().

Les plus anciens découverts et conservés jusqu’à aujourd’hui sont en bambou. C’est sur le site de Mawangdui à Changsh dans le Hunan que l’on en a trouvé.

On a aussi connaissance d’éventails montés sur ivoire, sur ébène, sur écaille de tortue… Soie, papier et feuille d’or participaient aussi aux créations les plus nobles. Leur utilisation première était bien tout simplement de maintenir l’air frais et d’écarter la poussière. Les éventails sont alors des écrans fixes.

Des archéologues ont mis à jour des vestiges d’éventail en os, nacre, écaille, plume, bambou, en papier huilé ou en tissu précieux, dans la province du Hubei à Jiangling.

L’éventail symbolise aussi le pouvoir impérial, celui des mandarins et de ceux qui ont gagné l’immortalité. Il était donc couramment utilisé lors de cérémonies et accompagnait parfois son propriétaire dans la tombe.

Bien plus tard, apparaissent les éventails pliables, il en existe de tout « bois »… y compris en bois de santal : parfumé, on les laisse dans les placards la nuit afin de chasser les insectes nuisibles (… qui ne manquent pas d’air de venir nicher dans vos armoires !).

 L’éventail plié s’implanta en Chine sans doute après un petit voyage en Corée.

Plus tard et surtout à partir de la dynastie Tang (618-907) apparait une nouvelle mode : orner son éventail de peintures ou de poèmes. Les éventails avaient une utilité sociale, permettaient de se cacher le visage (pour rire discrètement…), de présenter ou de recevoir un objet, d’accompagner la danse, de battre la mesure, ils étaient aussi offerts en cadeau et servaient à entretenir le souvenir des disparus.

De ce point de vue là, effectivement, les éventails sont simplement  »jolis ».

 

PHOTO Xiao Long

 

 Et l’arme dans tout ça ?

Apparait aussi pourtant l’utilisation des éventails dans certains arts martiaux (aucun écrit ne permet cependant de dater nettement le phénomène) et dans certaines danses traditionnelles. L’objet s’y prête car il est très esthétique. Du même coup, nombreux sont ceux qui considèrent que l’éventail n’est pas une arme…

Tout dépend de la définition que l’on donne à ce mot. Il est intéressant de remarquer que les « danses » utilisent des armes, éventails, épée, sabre…

 

 

 

L’éventail est en fait un objet utilitaire « détourné », on se sert de ce que l’on a sous la main, de la même façon que l’on se défendrait avec une canne, un parapluie (et en Normandie, on est donc armé toute l’année ! ben, non… C’est même pas vrai d’abord !)

 D’apparence anodine, on peut utiliser l’éventail comme un bâton court et donc frapper ou bloquer. Et on le sait, il peut arriver qu’un éventail rebelle reprenne sa liberté et se retourne contre son propriétaire… Une arme « autonome » alors qui ne s’adresse pas seulement à votre adversaire donc !!!

 

Maitre Wang Yen Nien (1914-2008) disait que l’éventail est une arme « saisissante ou surprenante ». Il surprend par le bruit lorsqu’on l’ouvre. Il peut masquer une attaque de poing, tenir à distance. Il peut parer ou détourner une attaque en « capturant » l’arme de l’adversaire. Il pique (et des deux côtés !). Il tranche (avec le fil… du tissu !) : on est bien capable de se couper tout seul avec une feuille de papier !!! Et … (voir divers films chinois) c’est aussi une arme de jet. Y cacher des lames et en faire un boomerang est possible… au cinéma. Dans la réalité, j’ai encore un petit doute…

L’éventail propose tout un (éventail ?non, trop facile ! )- choix de techniques : on y retrouve  des techniques de l’épée, du sabre, de la lance, des mains nues… et quelques autres inédites spécifiques à lui-même.

 

Au Japon existent également deux sortes d'éventails, le « sensu » qui se plie et « l’uchiwa » en bambou, rond, qui ne se plie pas. L'inventeur du « sensu » au VIIe siècle aurait été inspiré par les ailes des chauves-souris(!), moins glamour que l’aile d’aigle, mais c’est une aile quand même.

 

PHOTO Xiao Long

 

L’éventail « martial », repliant serait une invention japonaise du VIIIème siècle, importé en Chine un siècle plus tard.

On faisait au Japon la différence entre le « gunsen », éventail de guerre en acier qui servait aussi sur le champ de bataille pour communiquer des instructions aux troupes et le « tessen » plutôt réservé aux femmes.

Il est probable aussi que l’éventail permettait aux guerriers et nobles d’être « armés » constamment : lorsqu’il était nécessaire d’abandonner ses lames pour pénétrer à l’intérieur d’une demeure, l’éventail restait autorisé. Porté à la ceinture, il pouvait servir à se défendre…

On parle même de duels gagnés, éventail de fer contre épée !

Mais, importé en Europe au XVIème siècle par les portugais, l’éventail reste pour nous un simple accessoire de mode (ou pas !).

 

Et pour nous, quel est son intérêt ?

Du point de vue de la santé, la pratique de l'éventail en Tai ji stimule tous les méridiens du corps, et permet une amélioration de la circulation énergétique dans le corps. Il a un caractère très tonifiant, et est connu pour favoriser la vigueur et la joie.

L'éventail serait, pour certains, lié à l'élément Eau, pour d’autres au Feu…

Les mouvements très précis, fluides et spiralés de l'éventail sont très esthétiques et artistiques : leur pratique développe une maitrise de l’équilibre, de la force, de la souplesse, de la respiration et de la mémoire.

L'éventail en bambou que nous utilisons pour nos enchainements semble fragile et inoffensif et pourtant, il peut servir d'arme (que si!).

Un éventail fermé, en métal, et même en bambou permet de bloquer une attaque, et de frapper comme un bâton court (on y retrouve d'ailleurs ici les techniques que l'on connait aussi pour l'épée).

 

Dans nos enchainements, qu’il s’agisse des Kung fu shan de Maitre Li Deyin ou des taolu de Maitre Zhang guang de, nous utilisons toutes les techniques évoquées plus haut, c’est en imaginant ces techniques que l’on va donner un peu de « corps » à nos enchainements :

Piquer avec les bouts, et si le coup est porté au bon endroit – la connaissance des points vitaux essentiels est peu commune mais n'est sans doute pas superflue  pour une réelle efficacité)  cela peut être très douloureux.

L’éventail ouvert peut servir à masquer une attaque de poing ou de pied par exemple. Il permet aussi de se protéger ou de tenir à distance l'adversaire lorsqu'on l'ouvre devant soi, horizontal ou vertical.

On peut frapper ou dévier un coup avec le "plat" de l'éventail.

On peut aussi utiliser son tranchant pour couper: c'est ce que l'on a le plus de mal à imaginer, il faut l'admettre... Encore que l'on puisse se couper avec une simple feuille de papier!

Bref, on peut garder son adversaire à distance, dévier ses attaques (il finira bien par se décourager!) et le blesser (il aura au moins quelques bosses...) ou le désarmer.

 Il est important pour nous de tester à deux ces techniques, et de les avoir en mémoire lorsque l’enchainement se déroule- sans quoi… l’enchainement ne sera qu’une danse (une « jolie danse »)

Maintenant qu’il est établi que la pratique de l’éventail a une dimension martiale, vous pouvez, Messieurs, vous mettre à l’éventail sans hésitation !!!

 

 

PHOTO Xiao Long

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 15:09

Cette pause estivale a permis à quelques-uns d’entre vous de renouer avec l’épée.

L'épée est l'arme noble, l'arme « vraie » (pas comme l'éventail, selon certains ... Petit Dragon estime que la discussion est ouverte...).

Voici donc quelques points à considérer :

 

Comment la choisir?

L'épée a une lame droite à double tranchant, l'extrémité est fine, elle peut être souple ou rigide et plus ou moins lourde.

Il est important lorsqu'on choisit une épée pour la pratique de la soupeser et de se demander si on pourra s'exercer avec longtemps sans solliciter excessivement son bras. Il en est de très belles mais souvent, ce sont des épées qui ne conviennent pas à l’entrainement à moins de vouloir en même temps faire un peu de « muscu » !

Bref, il est essentiel d’avoir une épée qui soit adaptée à l’étét de vos petits muscles…

La taille de la poignée est aussi un paramètre à prendre en compte, on doit avoir son épée bien en main, si le pommeau est trop gros, on ne peut la tenir correctement (Xiao Long songe à ces dames qui n'ont pas, heureusement, de grosses "paluches" et se retrouvent à tenir leur épée la main à demie ouverte, ce qui ne permet pas de sensations correctes et fatigue également le bras inutilement...).

Enfin, il faut vérifier si l'équilibrage est bon: une épée facile à utiliser est équilibrée très près de la garde. Plus elle est équilibrée vers l'avant, plus le bras va forcer et la retenir, surtout sur les mouvements larges où l'on tient l'épée à bout de bras.

Ainsi, même si certaines épées rigides sont très belles, elles ne sont pas toujours très pratiques. Il vaut mieux, dans ce cas, les réserver à la décoration... (Une petite épée au dessus de la cheminée, ce n’est pas top déco ça?! C’est quand même mieux qu’une tête de cerf !!!)

 

PHOTO Xiao Long

Pour s'entrainer, on peut acheter une épée télescopique. Avantage (c'est, à mon sens, le seul... car il n’est guère possible de ressentir un point d’équilibre) on peut l'emporter partout. Il existe aussi des épées en bois, particulièrement intéressantes si l'on souhaite travailler à deux sur des applications martiales par exemple sans risquer de découper son partenaire...

-« Et le pompon alors? »

Ah, oui, le pompon: que serait une épée sans pompon (une pizza sans anchois!).

Traditionnellement le pompon est rouge. Mais on en trouve de couleurs et ... de longueurs différentes. Question longueur, restez raisonnables et conscients que le pompon est un élément TRES mobile et qu'il peut avoir une fâcheuse tendance à s'enrouler autour du poignet, ou de la garde au mauvais moment, il n'est pas exclu non plus, qu'il vienne sournoisement frapper un œil si, emporté par l'élan de la forme (42 ou Wudang), vous faites tournoyer votre épée à hauteur du visage (ça sent pas le vécu ça?)... Bref, restez modeste!

 

Conclusion: votre épée fait partie de vous, vous devez être à l'aise dans toutes les techniques. Que l'on  bloque, coupe, fende, pique de la pointe ou frappe du pommeau, on doit avoir son épée bien en main, la tenir fermement sans crispation, tout près de la garde...

Et rien ne vous empêche de donner un nom à cette arme qui vous accompagnera longtemps  (Excalibur, c'est déjà pris...)

 

PHOTO Xiao Long

 

L'EPEE, toute une histoire

Un peu d'histoire tout de même... Non, non, ne partez pas! Rassurez vous, on ne va pas passer en revue TOUTES les périodes, on fera des raccourcis!

                         Même si on a longtemps utilisé la pierre pour fabriquer des armes, L'Empereur Jaune, Huang Di,  qui ne riait pas toujours... (-2697/-2597) possédait  des épées en jade, mais aussi en cuivre ou en or. Sous les Shang (-1766/-1122) apparaît le bronze.

Les progrès de la métallurgie sont stimulés par les guerres, chacun recherchant des armes plus efficaces, plus tranchantes et solides: Les Zhou se battent contre les Shang et prennent le pouvoir (-909/-255), puis - on oublie un peu la période "Printemps Automne", qui porte pourtant un bien joli nom... - s'ouvre une longue période de guerres civiles (Royaumes Combattants)... Les forgerons sont alors tenus en grande estime!

Et hop! Nous faisons un petit bond par-dessus les Han jusqu'à la période des "Trois Royaumes" (-220/-280) où le général Cao Cao (prononcé tsao tsao...) possédait des épées d'acier trempé capables de couper le fer.

Nouveau petit saut, cette fois par dessus les Sui et les Tang, dynasties pacifiques... (Il y en a!), et les "Cinq Dynasties"  pour atterrir chez les Song (960-1279) qui perdent le pouvoir face  aux Mongols (Dynastie Yuan 1271-1368): ce brassage de cultures modifie les styles d'épées.

L'évolution se poursuit sous les Ming (1368-1644), puis les Qing (Mandchous). Depuis les Ming, on distingue les épées militaires (plus lourdes) des épées civiles parfois incrustées dans la lame de 7 pastilles de cuivre, représentant la constellation de la grande ourse, qui ont pour but de faire circuler l'énergie.

Sous les Qing (1644-1911) apparaissent des épées courtes offertes aux dignitaires ou aux étrangers, dont l'étui était en laque ou en galuchat (peau de raie ou de requin), on est là sur l’arme de prestige !

Les épées dont on se sert aujourd'hui sont toujours de style Ming ou Qing!

 

PHOTO Xiao Long

L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!

Oui, c’est une lame ! Il convient de le rappeler… car :

Une épée est une arme (et si !). Il faut apprendre à la connaitre pour être plus conscient des techniques que l’on devra exécuter dans un enchainement. Sans quoi, on s’expose à l’agiter comme une vulgaire cuillère en bois, ce qui n’a rien de spécialement martial…

 

L’épée a une pointe (estoc)

L’épée (spatha en latin) est une « chose plate » à deux tranchants (taille).

Entre ces deux tranchants, on trouve le plat que l’on n’utilise jamais pour parer, la lame pourrait se briser. Les frappes de taille (frapper avec le tranchant de la lame) tendent à faire de longues entailles impressionnantes.

L’épée a une garde

Elle protège la main. Les épées chinoises ont des gardes assez petites.

L’épée a une poignée

 Et sans elle, il serait bien difficile de la tenir !

Elle a un pommeau

 L’extrémité de la poignée la plus proche de nous, il sert de butée pour éviter à la main de glisser, à l’occasion, il peut aussi servir à frapper… (On fait feu de tout bois !)

 

L’épée a un fil

Le fil de la lame est la partie tranchante de la lame. Parer avec le tranchant entraîne une détérioration du fil de la lame (cf le poisson scie ?)

L’épée a aussi un axe

Le coup de pointe n'est efficace que s'il pénètre dans l'axe de la lame. Cela permet de transpercer ( ! virtuellement pour nous… je vous rassure) son adversaire.

L’épée a un faible (pour qui ?) :

Le tiers de la lame le plus éloigné de la main est en général la partie la plus souple. Normalement on ne pare jamais avec le faible. Par contre, on s’en sert pour lacérer (Comme Zorro, lorsqu’il laisse son initiale ou lorsqu’il coupe les bretelles du sergent García !).

Si elle a un faible, elle a aussi un fort : c’est la partie la plus solide de la lame, celle qui sert à parer les coups.

Le deuxième tiers de la lame sert à trancher.

Dans le Kung Fu Shaolin, l’épée (Jian) est surnommée le « gentilhomme des armes » : il faut donc la manier avec « noblesse »…

Liée à l’élément Feu, son maniement est subtil, ses techniques aériennes, fluides,  les attaques sont coulées dans le mouvement (rien à voir avec Bayard, le Moyen-âge et l’épée à deux mains qu’on abat en criant « han ! »!).

Le but est d’affaiblir l’adversaire par des frappes précises avec les angles de la pointe, tranchants comme des rasoirs!

Plus la lame est droite, plus les mouvements doivent être circulaires pour avoir une réelle efficacité...

 

PHOTO Xiao Long

L’autre épée :

Si la main droite tient une épée, la main gauche est vide. Avec les doigts on fait un « mudra », index et majeurs tendus, les autres doigts repliés. Ce mudra « Pran », épée magique du taoïsme, contribue à l’équilibre général de la personne...

Symbole de l’épée, on lui confère un sens énergétique. Au-delà de sa fonction d’équilibrage, il semblerait aussi qu’autrefois on combattait avec le fourreau de l’épée, on le tenait en posant les deux doigts en question dessus pour le contrôler. Le fourreau restait contre l’avant-bras, prêt à parer en cas de besoin.

 

Voilà, j’espère que vous trouverez quelques infos utiles  et… gag mis à part, la spatule en bois, maniée dignement, est un bon moyen de s’entrainer dans son salon sans avoir ... à refaire la déco !!!

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 13:56

 

                   C'est toujours la grosse question qui empêche de dormir (Non, même pas?!): "Qui a inventé le Tàijí quán alors?"

Ce serait plus simple de dire qui a inventé le téléphone ou qui a inventé le fil à couper le beurre (encore semble-t-il ne pas l'avoir inventé... pas malin!).

 Et il est toujours aussi délicat, lorsqu'on s'aventure sur ces sentiers,  de savoir où commence le conte, où s'arrête l'histoire véridique. Sans doute pourrait-on trouver un proverbe chinois pour affirmer que " Pratiquer sans curiosité, c'est pratiquer l'esprit libéré"?

Mais Xiao Long est un dragon curieux (et un curieux dragon aussi !).

Quoiqu’il en soit, quelques noms sont à connaitre …

La belle histoire de Zhāng Sānfēng

  ...  Il est dit que Zhāng Sānfēng (张三丰 , entre dyn. Song et début dyn. Ming ?), retiré dans la solitude de sa cabane et récitant les Classiques, fut interrompu soudain par un cri étrange.

A pas feutrés, il se dirigea alors vers la fenêtre, il se pencha et vit un oiseau, une grue. Immobile, elle scrutait un serpent lové au pied de l'arbre où elle avait bâti son nid.

L'oiseau tout à coup, poussa un cri et vola vers le serpent, gonflant ses plumes, battant des ailes, cherchant à le piquer avec son bec. Le serpent se dérobait toujours à ses attaques, esquivait, ondulait, ses glissements sinueux, fluides, en spirale le rendait insaisissable.

Zhāng Sānfēng décida de se rapprocher pour les observer, mais lorsqu'il atteignit le pas de la porte, l'oiseau et le serpent avaient disparus...

Avait-il rêvé?

C'est ainsi, dit-on, que Zhāng Sānfēng posa les principes fondateurs de ce qui deviendra le Tàijí quán: la souplesse prime sur la rigidité, le mouvement continu sur le mouvement saccadé, l'absorption sur la force de l'adversaire.

 

PHOTO Xiao Long

Le serpent et l'oiseau sont opposés et complémentaires, on peut y voir l'image du  Yin et du Yang, ils peuvent symboliser les arts martiaux internes et externes et bien d’autres choses encore...

Il existe évidemment  bien des versions et des variantes de cette histoire, on dit même que ce moine taoïste n'a peut-être jamais existé, mais la légende est belle et pleine d'enseignements et il n'y a pas que les enfants qui aiment les histoires...

Il serait le fondateur de l’école des arts martiaux du mont Wudang.

 

Nos origines :

Chén Wángtíng (陈王庭, 1600-1680) semble bien être celui qui crée le Tàijí quán, même s'il n'existe encore aucune théorie du Tàijí quán sur le papier, la technique est bien là ! Il se serait inspiré d’un ouvrage militaire d’un général (dyn.Ming).

Passionné d'arts martiaux et de littérature, Chén Wángtíng associe sa connaissance des techniques de santé, de la philosophie taoïste, de la stratégie militaire (il était commandant des garnisons du comté de Wenxian) pour inventer une nouvelle boxe caractérisée par des mouvements souples et fluides, combinés à de puissantes explosions de force.

A la recherche du mouvement logique et efficace, il crée  quelques enchaînements (7 formes dit-on, une 108, un enchainement « poing canon », et encore 5 autres qui auraient été oubliés).

Tous les principes de base sont là: technique martiale, technique de respiration, circulation énergétique dans les méridiens, alliance Yin Yang...

 Mais il faudra encore attendre un siècle avant que Wáng zōngyuè, 王宗岳, ne pose par écrit la théorie du Tàijí quán dans un traité (Tàijí quán lùn, 太極拳論 ).

Le style Chen, dont découle le style Yang, est toujours largement pratiqué, mais demande une bonne condition physique si on veut réaliser fidèlement les mouvements vrillés, les sauts, les fājìn (explosions de force), les postures basses...

PHOTO Xiao Long

 

Le théoricien :

Wáng zōngyuè (1736-1796) est natif du Shanxi, il aurait vécu sous le règne de Qiánlóng,.

Selon les sources Wáng zōngyuè aurait fait halte à Chénjiāgōu et aurait appris son art auprès de la famille Chén... On affirme parfois qu’il aurait été le maître de Jiang Fa. D’autres documents attestent qu’il aurait, dans son vieil âge, été professeur dans sa propre école de Luoyang en 1791. On dit aussi qu’il aurait été actif encore en 1795 à Kaifeng… Difficile de s’y retrouver.

Une chose est sûre cependant: son livre le " Tàijí quán lùn ", autrement dit le "Traité sur le Tàijí quán ", a beaucoup contribué à la propagation du nom de cette discipline. Cette œuvre en constitue le fondement théorique, puisque pour la première fois des textes définissent la pratique de cette « boxe du faîte suprême ».

Sa thèse s’inspire avant tout du : Yì jīng, le bien connu « Classique des Mutations », le plus ancien traité divinatoire du monde, qui doit permettre à celui qui le consulte, de mieux comprendre l’ordre de l’univers, la situation qu’il vit lui-même et peut l’aider à prendre une décision, à déterminer sa conduite pour vivre en harmonie avec la Nature.

Au début, il y a le wújí,  l’indifférencié, qui existe depuis toujours.

C’est le moment où dans la forme l’individu est statique : on est calme, on existe simplement, le poids est réparti également sur les deux pieds, il n’y a ni avant, ni arrière, ni gauche, ni droite, ni intérieur, ni extérieur.

De cette immobilité naît le mouvement. L’énergie circule dans le  dān tián  bien qu’il n’y ait pas d’action. C'est le Tàijí .

 

PHOTO Xiao Long

Dès le premier mouvement le Yin se sépare du Yang. Ils se distinguent dans la droite et la gauche, le haut et le bas, l’avant et l’arrière.

 Ainsi se dessinent les 5 déplacements (wǔ bù, comme dans wǔ bù quán le petit enchainement que beaucoup d'entre vous connaissent... mais si, vous connaissez...) correspondants aux 5 éléments (wǔ xíng)) : le feu avance , l’eau recule , le bois regarde à gauche , le métal prend garde à droite , la terre occupe le centre.

        Les déplacements s’orientent selon 8 directions (bā guà ) les 8 points cardinaux. On obtient les 8 portes (bā mén) qui correspondent à 8 techniques: parer (Peng), tirer (Lu), presser (Ji), pousser (An), emmener vers le bas (Cai), déraciner vers le côté (Lie), coup de coude (Zhou), coup d’épaule (Kao). C'est bien, vous n'avez pas perdu le nord...

Bref, c'est Wáng zōngyuè qui pose sur le papier les bases théoriques du Tàijí quán!

 

Quand le Tàijí quán s’adoucit :

Yáng lùchán (1799-1872) est connu comme le fondateur du Tàijí quán, de style Yang. Il n'a donc pas créé le Tàijí quán, puisqu'il apprit lui-même les techniques dans la famille Chén.

On dit que travaillant au service de cette famille, il apprit en secret les techniques en espionnant les cours de Chén.  Découvert, il fit une démonstration de ce qu'il savait et Maitre Chén aurait été si impressionné qu'il aurait décidé de le prendre parmi ses élèves!

Plus tard, il se rendit à Běijīng enseigna à ses propres élèves puis à partir de 1850 (dynastie Qing),  enseigna à la famille impériale et à quelques membres  de la garde impériale mandchoue...

Toujours vainqueur des défis qu'on lui proposait, on le surnomma "l'invincible"!

Il fit évoluer la pratique, retira les "explosions de puissance"( fājìn), et réserva  dans un premier temps l’apprentissage de ses techniques à quelques initiés.

Ce style n'a cessé d'évoluer, d'où l'existence d'écoles différentes, de pratiques différentes, de la "gymnastique santé" au ... martial.

Les pratiquants d'arts martiaux japonais ont pour coutume de saluer la photo du Maitre avant de commencer le cours: si nous devions en début de séance saluer un Maitre, ce serait sans Yáng lùchán puisque nous travaillons le style qui porte son nom... même si ses formes ont évolué au fil du temps et que les écoles se sont multipliées...

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN CULTURE

Recherche

 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

https://www.taijiqigongevreux.com/

 

.