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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 10:25

 

L’auteur :

Chi Zijian est née en 1964 près de Mohe dans la province de Heilongjiang, où elle réside toujours.Sa grand-mère aimait raconter des histoires  et ce sera une grande source d’inspiration pour ses écrits, ainsi que la nature et les gens autour d’elle. Elle a publié de nombreux livres depuis 1985. Elle décrit les choses du quotidien, les choses les plus banales avec une grande simplicité et une belle poésie qui nous fait participer à cette nature omniprésente dans la vie des Evenki.

Elle a obtenu,  en 2008, le grand prix Mao Dun pour ce roman « Le Dernier Quartier de la lune ». Elle est le seul écrivain à avoir obtenu trois fois le prestigieux prix Lu Xun, grand prix littéraire national !

 Le titre :

Le titre original est « « La rive droite de l’Argun » (额尔古纳河右岸》), cependant le traducteur italien et le traducteur anglais ont choisi de donner un autre titre à ce roman en s’inspirant des dernières pages du roman, une dernière partie très brève, en forme d’épilogue, intitulé « Croissant de lune ».

La vieille femme, restée seule, contemple la lune… (non, Xiao Long ne vous dira pas tout !) :

« Je lève la tête pour regarder la lune, et il me semble voir un renne blanc courant vers nous ; et quand je le regarde à nouveau, je le vois s’approcher de plus en plus, comme si ce pâle croissant de lune était en train de tomber sur terre… »

https://zhuanlan.zhihu.com

 

Le roman :

Il nous raconte la saga des Evenki, ces nomades éleveurs de rennes qui vivent sur la rive droite de la rivière Argun qui, avec ses 900 kilomètres, sert de frontière entre Chine et Russie et qui près de Mohe, la ville la plus au nord de la Chine, rejoint la Chika pour former le fleuve Amur (Heilonjiang en Chinois) qui, sur 1600 kilomètres, matérialisera la frontière.

 

wikimedia .org

La narratrice a quatre-vingt-dix ans et a été l’épouse de deux chefs de clan Evenki. Elle nous conte sa vie et celle de son peuple.

Les Evenks sont  30000 en Chine  et 35000 en Russie. Ils constituent en Chine l’un des 55 groupes ethniques. Ils ont toujours vécu avec des rennes. Ces précieux animaux vont librement avec leurs grelots et reviennent au matin au camp.

 Chi Zijian a passé les 17 premières années de sa vie dans la région de Mohe  avant d’aller à Beijing à l’université, et elle connait les tribus Orogen et Evenki. L’exploitation de la forêt, commencée dans les années 1960, déséquilibre le mode de vie des Evenki et de leurs rennes et voilà que les autorités essaye de les sédentariser en Mongolie Intérieure ce qui ne va pas sans problèmes...

Pour les Evenki la nature se respecte et les animaux aussi, même s’ils doivent chasser pour subsister. Ils sont plus que proches de cette nature, ils fusionnent avec elle, ils savent l’exploiter sans détruire ou épuiser les ressources.

Bien sûr, tout n’est pas rose dans ce roman, les antipathies, les rivalités existent. Les Evenki sont humains ! Et en plus,  l’h(H)istoire ne les épargne pas : l’occupation japonaise et le Mandchukuo, arrivent jusqu’à eux. L’opposition entre communistes et KMT, la réforme agraire, la famine du Grand Bond en avant, la Révolution Culturelle et les exactions des gardes rouges, tout cela crée des incidents parfois graves mais ne change pas fondamentalement leur mode de vie. Ce n’est que l’exploitation de plus en plus intensive de la forêt qui va créer la rupture.

Et pourtant dans ce roman, pas de grands couplets sur « les grands méchants détruisent notre nature »… C’est au contraire la vie qui est au centre de tout, la vie de tous les jours avec ses aléas, ses joies, ses peines et toujours le réconfort que procure la nature omniprésente qui est simplement là, belle, majestueuse, rude parfois…

https://www.icone-gif.com

https://static.fnac-static.com

 

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 13:39

 

On pourrait croire que les contes sont réservés aux petits enfants. Mais ce n’est pas le cas, les plus grands aussi aiment les contes et ils ont bien raison !

Si vous êtes amateurs, le Petit Dragon vous conseille la lecture des « Contes d’une grand-mère chinoise ».

 Yveline Féray a rassemblé quelques contes chinois et les raconte merveilleusement dans ce petit opuscule que vous trouverez édité chez Picquier poche.

Six contes sont réunis là, précédés d’un avant-conte qui retrace un petit « historique de l’histoire de l’histoire »… puis on se régale en  suivant les aventures des « Cinq rats célestes », du fatal « serpent blanc » ou encore de ce vieux jardinier « fou des fleurs »…

Ce tout petit livre est vite dévoré !

https://livre.fnac.com

Et pour ceux qui en voudraient encore, sachez qu’il existe dans la même collection les « Contes d’une grand-mère cambodgienne », ou encore les « Contes d’une grand-mère vietnamienne » sans parler, des « Contes d’une grand-mère tibétaine » ou encore des « Contes d’une grand-mère japonaise », sans oublier les « Contes d’une grand-mère indienne ».

Quel que soit le pays décidément, les grands-mères ont bien des choses à raconter !

 

 

PHOTO XIAO LONG

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 13:20

 

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain. On peut avoir un avis mitigé sur ce livre, et certains ne le considèrent que comme un bouquin de plus dans la mouvance « médiation  à la mode et grandes idées faciles »… mais … avant de se prononcer vraiment, il vaut mieux d’abord le lire…

C’est un joli conte, et il faut le prendre comme tel. Il ne faut pas y chercher un scénario complexe, l’histoire se résume en peu de mots. Il y a bien un petit côté pédagogique qui pourrait agacer, quelques grandes vérités un peu usées… comme dans les contes initiatiques… que nous aimons pourtant relire parfois.

Globalement, on ressort reposé, satisfait, de cette lecture qui peut permettre de faire le point sur notre propre avancée… ou de reconsidérer quelques idées.

Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, huit (tiens, 8 ?) sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines. Une femme chamane, une philosophe européenne, d'une mystique hindoue, d'un maître taoïste chinois , d'un rabbin kabbaliste, d'un moine chrétien, d'un maître soufi musulman, et un moine bouddhiste, vont longuement échanger et méditer avant de transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle.

 

Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ces sages s'appuient sur leurs expériences personnelles et soulignent les points communs de ces différentes traditions. L'Âme du monde est cette force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.

Des questions fondamentales sont évoquées: quel est le sens de l’existence ? Comment réussir sa vie, être heureux ? Comment harmoniser les exigences du corps et celles de l’esprit ? Comment apprendre à se connaître et à réaliser son potentiel? Comment passer de la peur à l'amour et contribuer à la transformation du monde ? etc.

Des réponses fondamentales apparaissent : esprit d’ouverture, tolérance, patience, qualité de l’être qui prime sur l’avoir*… simplicité et bienveillance … et finalement, optimisme.

*Mais oui, vous pouvez aussi emprunter ce livre à un ami au lieu de l’acheter si vous êtes à fond dans l’être… et en parler avec lui…

Bon, l’auteur ne serait peut-être pas d’accord avec cette proposition ? A la réflexion … Si, je crois qu’il accepterait l’idée !

 

L’AUTEUR :

Né le 3 juin 1962 à Madagascar, il est l'intellectuel français qui a vendu le plus de livres au cours des cinq dernières années. Des études de philosophie à l'université de Fribourg, en Suisse, où il rencontre un religieux, « père Philippe », qui lui fait découvrir la Communauté Saint-Jean qu'il a fondée en 1975. En 1986, il entame une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l'Occident qu'il obtiendra en 1992 avec les félicitations du jury.

Directeur littéraire chez Fayard, puis directeur du magazine « Le Monde des religions », il est aussi chercheur et écrivain prolixe de livres d’entretien, de romans et de contes, de pièces de théâtre, de bandes dessinées.

Il s’engage également dans de multiples associations (« Environnement sans frontières »,   « Ensemble pour les Animaux », « Le PariSolidaire » et cofonde en 2016 la Fondation SEVE (Savoir Être et Vivre Ensemble) qui forme à la pratique d’ateliers de méditation et de philosophie avec les enfants et les adolescents.

 

Photo du site :

https://www.fredericlenoir.com

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2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 09:05

 

Moins connue que sa cousine japonaise, la BD chinoise existe ! Appelée manhua 漫画 (on voit bien la parenté avec manga en japonais, manhwa en coréen) ou lianhuanhua 连环 (pour la BD traditionnelle), il faut savoir que le premier ouvrage de BD chinoise a été publié en 1928  et s’appelait « Le croquis de Shanghai »…

Elle ne date donc pas d’hier !

Le terme màn huà se traduit par caricature : màn tout seul signifie déborder ou librement et huà dessiner ou peindre.

Le développement ira croissant au cours des années Mao, la propagande aime les images, mais ce n’est qu’en 1985 seulement les artistes pourront vendre leurs œuvres… pour leur compte.

Puis le déclin s’annonce, la Chine aussi s’ouvre aux mangas et aux BD occidentales et la concurrence est rude, sans parler de l’attirance pour la nouveauté que les BD étrangères représentent.

Mais depuis 2005, on encourage les étudiants qui souhaitent se tourner vers l’animation et la BD chinoise reprend des couleurs…

…Et même s’exporte puisque l’éditeur français Dargaud et l’éditeur chinois Comicfans ont créé Urban China qui publie en France des manhua… en français (ouf !).

 

“La princesse vagabonde, « Chang Ge Xing »- 歌行  de Xia Da ou encore Little Yu, de cette même jeune auteure, en est un exemple. Mais elle n’est pas seule et vous pourrez en découvrir d’autres sur le site de l’édition. Le travail de Mei Lan Fang mérite le détour ! 

http://www.urbanchina-editions.com/

Site sympathique qui propose aussi des fonds d’écran qui ne manquent pas de caractères (chinois ?).

 

 

 

http://commeenchine.com

Chaiko ? Connaissez-vous ce nom ?

Il s’agit de Feng Cai et Chaiko est son pseudo. Il possède un studio d’animation situé à Shanghai et y travaille en tant que réalisateur de dessins animés.

Illustrateur, il a déjà publié dans son pays de nombreux albums.  Résidant toujours à Shanghai, ce dessinateur chinois, né en 1981, a déjà publié une dizaine de BD en France.

Il a commencé à dessiner très jeune, vers l’âge de 8 ans, a étudié l’art puis s’est mis à la BD à l’âge de 20 ans. Connu pour ses quatre albums de la série La Chronique des Immortels, Chaiko n’a pas d’a priori et s’essaye à tous les genres comme le montre sa bibliographie.

C’est ainsi qu’il a réalisé les dessins de l’adaptation des Enquêtes de Nicolas Le Floch qui vient de paraitre en y apportant sa touche personnelle. On y retrouve des constantes : souci du réalisme, une savante gestion de la lumière, un souci du détail et des mouvements, les arrière-cours, les ambiances ténébreuses… Jean-François Parot, l’auteur des livres, avait donné son aval à cette production.

Chaiko était à Evreux le weekend dernier pour le festival normand de la BD.

Il dessinait volontiers quelques dédicaces aux amateurs présents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et si vous êtes conquis par ses dessins, vous « lirez » avec plaisir les images du « Artbook Chaiko » paru en 2016 aux éditions Paquet.

 

 

 

http://www.auracan.com

 

Tout un monde à découvrir…

 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 16:23

                

     Chungliang Al Huang " TAI JI, Danse du Tao"
                                 (Guy Trédaniel Editeur) 1986


Un livre à lire et à relire de temps en temps...
Chungliang Al Huang, est né en Chine puis émigre aux Etats-Unis où il étudie l'architecture et la danse. Il écrit ici un livre non pas tant sur les techniques du Tai Ji Quan que sur la recherche des sensations dans la pratique.
A travers ses propres expériences et celles de ses élèves et stagiaires, il décrit un Tai Ji Quan vivant, fluide, intuitif, libéré même pourrait-on dire des "contraintes" techniques.

Car si la précision de la technique est importante, c'est une précision dans la cohérence du mouvement: cela ne signifie pas que la main DOIT être à 45°, le pied à 33°...

Une approche singulière qui vaut le détour pour cet esprit d'ouverture qui parfois nous fait défaut tant nous sommes à la recherche du "bon" mouvement?

Et là, ô surprise (et soulagement!),

nous allons découvrir qu'il n'y en a pas:


 


        "La forme n'est qu'un moyen pour atteindre
           la  fluidité: ce n'est pas quelque chose de
            figé, ni   d'établi une fois pour toutes,
            comme peut l'être une photographie."

 

Pour que chacun d'entre nous se sente libre de faire SON Tai ji quan, libre de s'y exprimer, de laisser vivre l'énergie qui est en nous...

Tout est yinyang, ouvert, complet, heureux de s'exprimer...

 

Je regrette que la vidéo qui suit ne soit pas traduite en français, mais ceux qui ont bien suivis leurs cours d'anglais  (tant pis pour ceux qui bricolaient des avions en papier ou jouaient au morpion...) apprécieront la précision, l'humour, la générosité de ce grand philosophe...

 

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 15:11

 

Si vous ne connaissez pas encore Xinran, il est grand temps de la découvrir et son livre « Baguettes chinoises » est un petit bijou.

 

 

L’auteur :

Xinran est un pseudonyme signifiant en chinois « volontiers », « de bon cœur ».Journaliste et écrivaine chinoise, Xinran (欣然) est née en 1958 à Beijing. Issue d’une famille aisée, ses parents (« réactionnaires »)furent emprisonnés et elle vécu quelques années avec son frère dans un orphelinat.

Après ses études, elle finit par décrocher un poste à la radio où elle anime une émission quotidienne consacrée aux femmes et qui connait un véritable succès de 1989 à 1995. En 1997, elle quitte la Chine.

Elle vit actuellement à Londres où elle travaille pour The Guardian et la BBC. Elle a publié plusieurs livres principalement consacrés au sort des femmes.

 

Elle fonde en 2004 une association d'adoption entre la Chine et d'autres pays appelée Mother’s Bridge of Love.

 

Elle sait si bien décrire la Chine d’aujourd’hui, ses us et coutumes, les habitudes du peuple chinois qui perdurent encore et toujours malgré une Chine qui évolue à la vitesse grand V (pas Tai Ji tout ça !!!). Grâce à ses anecdotes et la précision des portraits des personnages qu’elle a choisi, nous parvenons à mieux comprendre ce vaste pays de contrastes.

 

Sans vouloir vous gâcher le plaisir de la découverte, ce roman suit le destin de trois sœurs, que leur parents ont eu la grande imagination de nommer par leur ordre de naissance, Trois, Cinq et Six. Elles viennent d’un petit village de l’Anhui et vont tenter leur chance dans la grande ville de Nanjing.

Pleines d’espoirs, elles prennent pied dans ce monde citadin qui leur est totalement étranger.

 

Il faut savoir se faire une place dans le flux de cette modernisation très (trop?) rapide de la Chine : dans cet univers, il y a ceux qui en profitent et ceux qui la subissent.

 

 

Mais Baguettes Chinoises n’est pas un roman triste ou pessimiste, même si le thème de départ n’emballe pas vraiment, car ces « baguettes chinoises », ce sont les filles qui, dans les campagnes comptent pour du beurre (alors que les hommes sont les poutres sur lesquelles on peut construire un foyer) et qui partent pour prouver qu’elles ne sont pas si fragiles que ça, qu’elles aussi peuvent faire carrière !

Et Xinran sait si bien raconter avec des mots simples, des images, des proverbes (chinois bien sûr), des légendes… qu’on se laisse prendre au jeu.

 

Il n’est pas irréaliste d’être optimiste… Alors pour occuper vos soirées d’été….

Bonne lecture !

 

BIBLIOGRAPHIE :

Chinoises, 2003

Funérailles célestes, 2005

Baguettes chinoises, 2008

Mémoire de Chine, 2010

Messages de mères inconnues, 2011

L'enfant unique, 2016

NB:

Pour les amateurs de littérature orientale et asiatique les Editions Picquier sont une mine ! (Et non, Xiao Long n'a pas reçu de dessous de table....)

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:14

 

Pour découvrir-si vous ne connaissez pas- le cinéma chinois Wu Xia, Xiao Long a choisi deux extraits d’un de ses films préférés « LE ROYAUME INTERDIT ». Il y a déjà un article sur ce film sur ce blog.

Le face à face Jet Li et Jackie Chan vaut le détour (4 étoiles au moins au guide Xiao Long, qui bien entendu est une référence incontournable ;) !

Où l’on apprend que ce ne sont pas les manches longues de sa robe qui pourraient gêner un Jet Li et que l’homme ivre sait boxer avec maestria…

 

 

Il est bien difficile d’atteindre la maitrise… le Kung Fu et cet extrait du film vous initie…

Un entrainement qui vous prend… à la gorge … mais non sans humour !!!

Cet adolescent américain fan de cinéma hongkongais n’est pas au bout de ses peines !

 

Peut-être cela vous donnera-t-il envie d’aller plus loin, tout en restant dans votre fauteuil ?

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 16:01

 

 

« Notre histoire, Pingru et Meitang » est le titre de ce livre très particulier, écrit par Rao Pingru et traduit en français par François Dubois (Editions du Seuil). Un livre surprenant et attachant… Xiao Long a beaucoup aimé…

 

 

 

En 2008, Meitang, l’épouse de Rao Pingru décède et c’est à travers ses écrits et ses dessins que Rao Pingru va faire son deuil en quelque sorte. Il va raconter dans cet ouvrage l’histoire de sa vie, l’histoire des siens, les joies et les peines qui font une vie et le destine tout simplement à sa famille.

Photo : http://culturebox.francetvinfo.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous traversons son enfance, sa rencontre avec Meitang, son mariage avec celle qui porte aux lèvres « une touche d’écarlate ». Puis viendra son engagement militaire lors de la guerre contre le Japon, son internement dans un camp de rééducation où il resta tout de même vingt ans, l’établissement de sa famille à Shanghai, la maladie de son épouse…

Le récit est prenant, poétique, à la fois grave et léger. Tout semble si simple, si naturel, si vivant que l’on ne s’ennuie à aucun moment et les aquarelles qui émaillent ce récit ainsi que les notes qui complètent ces dessins nous plonge dans autre une époque… où l’on apprend à fabriquer une lanterne-lion dont les yeux s’éclairent… où l’on apprend à réparer ses semelles avec du fil de plomb et des pneus usagés, à confectionner une veste Lénine en superposant les pièces de tissus destinées à boucher les trous tant de fois que l’on a à la fin un épais manteau…

Et pourtant on ne sent aucune amertume dans ses propos, aucun regret… Il dit lui-même :

« Chacun dans sa vie a des hautes et des bas. Et il y a un moment quand on est en bas ou forcément ça remonte. Et je crois que c'est cette conviction qui m'a permis de traverser les épreuves, cette confiance en la vie. Je suis certain que si on est en paix avec soi-même, le destin réserve toujours de bonnes surprises. »

 

 

L’homme en quelque dates:

Rao Pingru est né en 1922 à Nanchang, en Chine.

 

En 1940, il s'engage dans l'armée et est admis à l'Académie de Huangpu, basée à Chengdu.

En 1945 il est lieutenant, commandant une section de mortiers de 81 mm dans la 83e division de la 100e armée de l'ANR.

 

1948. Il se marie lors d'une permission avec Meitang Mao.

Il est nommé capitaine.

De 1958 à 1979 il est envoyé, en tant qu'ancien officier de l'Armée nationaliste, en camp de rééducation par le travail dans l'Anhui.

En 1980, il est réhabilité.

En 2008 décès de Meitang, il commence la rédaction et l’illustration de ce livre, plus de 300 dessins. Pingru est devenu peintre et écrivain à l'orée de ses quatre-vingt-dix ans. Il achève son œuvre en 2012. Sa petite fille photographie un des dessins de son grand-père et elle le publie sur son blog. Une journaliste de la chaîne de télévision centrale CCTV remarque ses dessins. Et c’est ainsi que ce qui devait rester un témoignage pour ses descendants devient un livre édité en Chine – en 2013- puis se voit traduit dans plusieurs pays.

 

En 2017, il est l'invité d'honneur du festival d'Angoulême. Un beau reportage sur :

http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/rao-pingru-est-devenu-ecrivain-et-peintre-a-plus-de-90-ans-pour-raconter-sa-vie-251733

Ci-dessous une vidéo réalisée lors du festival d'Angoulême :

l’interview de ce grand-père devenu auteur et dessinateur de « BD » malgré lui… et qui apprécie, nous l'apprenons … Sempé !

 

 

 

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 14:12

 

S’il y a un nom à retenir pour les amateurs de films chinois, c’est bien le nom de John Woo (吴宇森). Ce réalisateur, producteur et scénariste, né en 1946 à Guangzhou, détient un palmarès étonnant de succès (mais pas que…c’est vrai…).

Photo wikipedia

 

Sa famille s’installe à Hong Kong en 1951 et John découvre très vite le cinéma. Après quelques essais, il devient assistant de production aux studios Cathay, puis il migre vers la (« LA ») Shaw Brothers (la plus importante compagnie de production de Hong Kong)!

Il réalise alors son premier long métrage (« The young dragons ». Impressionnés, ce sont ensuite les dirigeants de la (« LA » aussi –pareil !) Golden Harvest qui lui proposent un contrat et le voilà (bien) parti… plusieurs films suivent, il finit par rencontrer Tsui Hark (qui réalise « Il était une fois la Chine ») qui lui permet de tourner ce qui sera son plus grand succès en chine « Le syndicat du crime » en 1986. Ce n’est pourtant qu’en 1989 que le monde entier apprend à le connaitre avec « The killer »…

 

Au fil des années Woo devient le maître du cinéma d'action avec ses scènes - plutôt violentes (quand même, il faut le dire…) mais extrêmement bien chorégraphiées, on ne se doute pas forcément que Woo est un fan… de comédies musicales… Dans tous les cas, les studios hollywoodiens trouvent son style à leur goût et se tournent vers lui.

 

 

Woo s'installe à Los Angeles en 1992 et continue son œuvre (« Chasse à l’homme » avec van Damme, « Broken Arrow » avec Travolta, « Volte-face » avec Travolta et Cage, puis « Mission impossible 2 ». Puis suivent quelques bas… et quelques hauts dont le point culminant, en 2008, sera « Les trois Royaumes », film de tous les records puisqu'il devient à la fois le plus gros budget et le plus gros succès au box-office de l'histoire du cinéma chinois. Et ce film-là vaut franchement le détour !!!

On va rester d’ailleurs là-dessus…

 

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 15:56

 

Si vous aimez les films chinois, vous ne pouvez passer à côtés des productions de la Shaw Brothers ! Si vous ne les aimez pas... c'est bien dommage...

Il n’y en a pas que des bons … d’accord… mais il y en a aussi des bons !!!

 

Les studios :

Dans les années 20, quatre frères décident de créer leur société (« l’Unique ») et de se lancer dans le cinéma… et avec succès… du moins jusqu’à ce que la censure passe par là (les films d’arts martiaux n’étaient plus franchement au goût du jour…) puis l’occupation japonaise (1939)… bref, les studios ferment alors.

Mais ces pionniers n’avaient pas dit leur dernier mot et après la guerre (la seconde- mondiale), leur société prend le nom de « Shaw and sons » et s’installe à Hong Kong. La concurrence est rude et… finalement un des frères, Run Run Shaw, jusqu'alors chargé de la distribution dans le sud-est asiatique, s'installe à Hong Kong pour fonder une société distincte, la Shaw Brothers, en 1958.

Run Run Shaw :

photo wikimedia

Il fait l’acquisition de terrains considérables sur lesquels sont construits des studios, des décors, une école d’acteurs... et engage des centaines d’acteurs et techniciens. Une entreprise monumentale !

Run Run, décédé en 2014 à l’âge de 106 ans (!!!), est une des figures les plus connues dans l’industrie du divertissement asiatique et a bien mérité son étoile sur l’avenue des stars de Hong Kong.

 

Au début sont produits beaucoup de drames historiques, des comédies musicales ouis, grâce au succès de films comme  L'Ombre enchanteresse  (1960) de Yang Kwei Fei (1962) ou  de La Reine diabolique (1963),  le cinéma chinois finit par se faire connaitre à  l'international.

 

 

L’HIRONDELLE D’OR :

Photos: http://www.chinesemovies.com

Dans les années 60, le studio se tourne vers le Wu Xia Pian (le cape et d’épée à la chinoise en quelque sorte…). Les films d’arts martiaux ont de nouveau droit de citer. Pour les amoureux du « vintage » (d’autres, mauvaises langues de Dragons aigris diraient « kitsch » !), Xiao Long vous conseille « L’hirondelle d’or » avec Cheng Pei Pei. Pour ceux qui ont l’œil, Jackie Chan, 12 ans à l’époque y joue un petit rôle !

 

Un délice… Une jeune femme « chevalier » sans peur et sans reproche (la gentille) cherche son frère, haut fonctionnaire de l'Empire enlevé par une bande de brigands (les méchants) menée par Tigre Face-de-Jade… On est encore proche de l’esprit de l’Opéra chinois et on peut y trouver des faiblesses, c’est sûr, les techniques actuelles nous ont rendus exigeants et pourtant, ce film a un charme certain…

Et puis … ça fait du bien de voir une « chevalière » en action, loin des « Barbies » contemporaines que l’on voit dans les films hollywoodiens (« Mon Dieu, j’ai une tâche sur mes escarpins ! Je n’y survivrai pas ! ». … Oooooh, mauvaise langue de Dragon !)

 

Cheng Pei Pei :

 

Cheng Pei Pei  est « La reine du Wu Xia Pian », c’est le surnom qu’on lui donne : issue de l’école de la Shaw Brothers, où elle apprend la danse et la comédie dès lâge de 16 ans, elle tourne de nombreux films et devient réellement une star en 1966 avec ce rôle de l’Hirondelle d’or qui va transformer cette ballerine en… artiste martiale.

Le réalisateur apparemment pensait que si l’on sait danser, on sait aussi se battre… Ce lien entre danse et art martial est fréquent en Chine où de nombreux artistes martiaux ont été formés par l’Académie d’étude du théâtre chinois (Peking opera scool) comme Sammo Hung ou Jackie Chan…

 

Elle partira dans les années 70 aux USA et après une petite éclipse renouera avec le cinéma : c’est elle Jade la Hyène dans le célèbre « Tigre et Dragon »…

 

Et il y a même une suite au titre sans véritable surprise : « Le retour de l’hirondelle d’or ».

 

Après ce film, les studios connaitront alors de nombreux autres succès avec principalement trois grands réalisateurs Chang Cheh (« Le justicier de Shanghai » / « Un seul bras les tua tous »…) Chu Yuan (« Le poignard volant »/ »Le tigre de Jade »…) et Liu Chia Liang ( « la 36ème chambre de Shaolin » à voir…)

Bref, quelques heures agréables en vue … au coin du feu avec une tasse de thé chinois bien sûr : en cette saison, Xiao Long vous conseille un Wu Long ou un Pu Er…

 

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