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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 15:33

 

Comme toujours la traduction/les traductions donnée(s) du mot Tai Ji Quan sont plus ou moins précises.

 

On parle de « boxe Taiji » ou de  « boxe du faite suprême », de « boxe de la grande polarité », « boxe de l’ombre », « boxe ultime »… et j’en passe… Une seule constante : la boxe. Rapprochons nous un peu de ces caractères pour voir si l’on peut mieux comprendre le sens de ce mot.

太 Tài avec un ton descendant (mais pas condescendant du tout !) signifie « très » ou « trop » : il est composé de Dà (grand) auquel on ajoute un trait en oblique pour figurer l’extrême ou le suprême.

   se traduit par « sommet, extrémité, pôle ». Il est formé de mù le bois, accompagné d’une bouche kǒu. Puis en regardant bien, on distingue le caractère (fils), symbole de l’homme entre ciel et terre. Complètement à droite, on repère (ou pas..) le mot agir/action. Ce caractère se simplifie parfois ainsi : (Ah ! Nettement mieux !!!).

 

 

太極 Tai Ji L’ensemble signifie la poutre faîtière, symbole de réunion de deux pôles, de puissance créatrice.

 La poutre faîtière est celle qui se trouve au sommet de la charpente, sans elle, tout s’écroule. Elle doit être solide et bien placée (Évitez le lamellé collé ? Préférez le chêne...).

Il est difficile et périlleux de marcher sur ce sommet, il faut garder l’équilibre, ne pas tomber d'un côté ou de l’autre. On se déplace dans cet esprit, précautionneusement, lentement, précisément.

C’est l’idée de l’axe essentiel, le point central, le fondement. On appelait autrefois l’étoile polaire, point fixe de la voûte céleste, « Taiji ».

 

Tai Ji peut aussi être considéré comme le concept qui inclue les deux pôles antithétiques et interdépendants Yin et Yang (d’où la traduction de « boxe Taiji »). Tout est Yin/Yang dans le déplacement : avancer/reculer ; monter/descendre…

 

Quán veut dire poing ou boxe. Voilà qui souligne l’aspect martial de la discipline et explique que nos mains doivent avoir une certaine présence dans les finitions (pas de patte inanimée, ou ... un peu molle !)

 

太極拳 Tài Jí Quán est une pratique martiale qui vise à la perfection (on vise…). Son but est la longévité et l’harmonie tout en se préservant, en s’économisant pour se renforcer.

 

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:32

Il est parfois étonnant de s’apercevoir que nos bras, nos jambes, notre corps se meuvent… indépendamment de nous ! À croire qu’ils ont une vie propre et que notre tête ne dirige plus rien !!!

Dans la vie courante, notre corps obéit sans que l’on ait de gros efforts à faire. Mais quand il s’agit de reproduire exactement un mouvement ou une technique précise, on se sent empoté et notre cerveau patine… Pourquoi ?

Parce qu’on enlève le pilotage automatique et que l’on passe au vol libre ! Le mouvement est un prétexte à la prise de conscience de soi.

Mieux nous percevons notre corps dans l’espace, plus nos mouvements sont fluides, harmonieux. Prendre conscience, c’est « prêter attention à l’expression sensorielle que procurent les mouvements afin de créer de nouveaux circuits nerveux ».

Le premier pas est donc de prendre conscience de son corps et de savoir comment il « marche » : un découpage (au sens figuré !) en zones  peut nous aider à comprendre.

 

On part du bas et l’on distingue une partie qui va des pieds aux genoux : voilà la zone en contact direct avec le sol, celle qui prend en charge le poids du corps.

Il sera donc très important d’apprendre à sentir comment sont posés ses pieds, où se trouve le poids du corps, comment il est réparti (au centre du pied, en avant, en arrière… sur les deux pieds de façon égale, plus à droite qu’à gauche…). On veillera à garder l’alignement entre pied et genou afin de protéger ses articulations… La sensibilité est la caractéristique de cette zone.

Des genoux au Dan Tian (sous le nombril, notre « centre ») s’ouvre une zone source de puissance à la fois centre de gravité et centre d’énergie. Il est souvent difficile de sentir son centre de gravité, en général quand on en prend conscience c’est qu’il n’est plus… central et que l’on commence sérieusement à prendre de la gîte.

En hau,t on peut considérer une zone qui définit l’alignement du corps. C’est ici que tous nos petits muscles abdominaux et dorsaux ont un rôle à jouer ,pour nous aider à avoir une bonne posture et que la colonne vertébrale maintient une verticalité correcte. C’est ici aussi que se place la respiration (Je rappelle qu’il est vivement déconseillé de pratiquer en apnée : Le « Grand bleu » a très mal fini sa carrière).

 

Au sommet, la zone de l’intentionnalité, des sens on voit, on entend… on perçoit… et de là partent les principes du mouvement (en principe). Voilà le pilote.

 Ce ne sont là que de grandes lignes.

 

Une question se pose encore : Comment arriver à prendre conscience de son corps dans l’espace, comment « sentir » ce qui se passe en mouvement ?

Il faut prendre le temps de faire et refaire un mouvement pour analyser ce qui se passe et apprendre à contrôler le mouvement. Si on sent son mouvement, on pourra le modifier, l’améliorer.

On peut travailler par segments, sur des choses simples. C’est le sens des exercices dans lesquels on ne s’occupe que des jambes et des pieds » par exemple : on peut mieux se concentrer et vérifier que l’on est bien le chef, que l’on maitrise la situation. Et puis il faut savoir être patient avec soi-même, s’accorder quelques « dérapages  incontrôlés », s’y remettre et surtout apprécier ses progrès. La qualité d’un mouvement peut se définir en termes de fluidité et de dépense minimale d’énergie pour une efficacité maximale.

 … Et après, on peut tout faire (voir photo pour rêver)…. Ou presque !

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 17:19

 

Cette couleur est un mélange de rouge et de bleu, deux teintes antagonistes. Elle associerait action réfléchie, lucidité, sur la ligne d’équilibre entre ciel et terre.

Le violet 紫 (Zi) est riche en significations :

 

Il est symbole de sagesse et cela tiendrait à ce que les conseillers de l’Empereur étaient vêtus de violet (on en déduits qu’ils étaient tous « sages »…), le violet dans ce contexte est aussi signe de puissance. Les fonctionnaires étaient « rangés » par couleurs ( !) : rouges, violets, bleus, noirs et blancs… (On s’en inspira ensuite chez nous dans les classes maternelles – je plaisante - les jaunes, les roses et les bleus sont de chez nous…). Leurs épouses faisaient moins de complications et adoptaient des robes rouges… (Et on ose maintenir que les femmes accordent trop d’importance à leur toilette !).

 

Il semblerait que dans l’ensemble de l’Extrême-Orient on  attribue au violet une dynamique, ce serait le passage du Yang au Yin, de l’actif au passif.

Le violet a une action « sédative » apte à calmer les troubles nerveux ou les troubles mentaux.

 

Photo Xiao Long

 

Cet allié de la méditation aide à intérioriser, à se relaxer et incite à la réflexion. Spiritualité, mystère, secret y sont associés.

Du côté de l’Inde, on retrouve la même signification. Le 7èmechakra, chakra de la couronne (« sahasrara ») est violet. Il se situe au sommet de la tête, il est le centre de la « conscience cosmique »…

 

Le côté « obscur » du violet se traduirait par la tristesse ou mélancolie, les ténèbres ou la mort.

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 10:41
Photo Xiao Long

 

Depuis un peu plus d’un mois à présent Huan Huan (欢 :Joyeuse) et Yuan Zi (仔 : Rondouillard) habitent Saint Aignan sur Cher, ce qui doit un peu les dépayser de Chengdu, leur ville natale, tout de même ! Mais ils sont là pour une dizaine d’années et auront tout le temps de s’adapter.

Ces tout nouveaux venus aux prénoms inoubliables ( !) sont âgés de trois ans et ont fait la une récemment : ce n’est pas tous les jours qu’un Boeing 777, surnommé le « Panda Express » atterrit à Paris ! La Chine « prête » ces deux pandas afin qu’ils se reproduisent et que l’espèce soit préservée. Le panda géant reste le symbole de toutes les espèces menacées, il était donc bien normal que leur arrivée soit entourée  d’une agitation médiatique particulière…

 

Et que l’on déroule le tapis rouge pour ce Yin-Yang à quatre pattes, car le concept de la « diplomatie du panda » ne date pas d’hier : déjà sous les Tang, offrir des pandas permettait de resserrer des liens entre la Chine et d’autres pays. Le panda est un « trésor national ».  De nos jours, il ne s’agit plus de cadeau, mais de « prêt » à long terme. Le panda reste un « émissaire d’amitié », même si cela a un coût : le transfert (non on ne parle pas de joueurs de foot, mais bien de pandas !) a coûté 750 000 euros et un don d’un million et demi a été fait à l’association chinoise des zoos. Tout se négocie…

 

 

Les deux gros nounours blanc et noir à la tête toute ronde ne peuvent cependant pas laisser insensibles.

Le panda ne vit que dans le centre de la Chine, dans les montagnes du Sichuan et du Tibet (1800 à 3400m). Voilà pourquoi ils ont bien apprécié les jours de neige! 

  

En chinois, on le nomme « ours chat », xiong mao , et certains pensent qu’il est plus proche des ratons-laveurs (gros le raton-laveur !) que des ours. Dans tous les cas , il grimpe aussi bien qu'un chat dans les arbres (bon, d'accord, c'est pas le même poids et il faut bien choisir l'arbre...)

On signale sa présence dans des textes chinois du XIIème siècle, où on parle de lui en le décrivant comme un « animal blanc et noir qui ressemble à un ours et mange du cuivre et du fer ». Il faut dire qu’apparemment, il adorait alors mordiller les ustensiles de cuisine dans les villages…

 

Photo Xiao Long

 

Les légendes sur son compte sont nombreuses :

Une histoire chinoise raconte qu’il y a bien longtemps les pandas étaient tous intégralement blancs.

 

Un jour, une fillette, la cadette de quatre sœurs, meurt, les pandas, habitués à jouer avec elle qui les comprenait si bien, sont désemparés. Ils trempent leurs pattes dans de la cendre en signe de deuil. Ils se frottent les yeux pour essuyer leurs larmes abondantes et se consolent et se réconfortent mutuellement en s’entourant de leurs pattes. Enfin, ils se bouchent les oreilles pour ne plus entendre les tristes lamentations des autres… et les traces de cendre sont restées sur leur fourrure en souvenir de ce pénible jour.

 

Un autre conte dit qu’une bergère aurait sauvé un bébé panda qui allait se faire dévorer par un léopard. La malheureuse bergère s’interpose avec courage mais… c’est elle qui se fait croquer. Les pandas, émus et reconnaissants pleurent et se recouvrent les pattes de cendre pour respecter les rites de la région.

 

 La réalité est tristounette elle aussi:

Seuls 1600 pandas environ vivent encore en pleine nature, leur habitat se réduit sans cesse, et de plus, les forêts de bambous nécessaires à leur survie disparaissent parfois naturellement :tous les 10 à 100 ans le bambou fleurit, puis meurt : il faut attendre une dizaine d’années pour qu’ils atteignent une taille suffisante  pour servir de cantine aux pandas.

Très menacé, mais bénéficiant d’une grande popularité en Chine et à l’étranger (et sa bonne bouille y est pour quelque chose !), plusieurs projets existent en sa faveur (réserves, gardes spécialisés dans la lutte contre le braconnage…).

 

Espérons que l’histoire du panda se terminera bien et que nous n’aurons pas à nous frotter les mains dans la cendre !

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 13:35
Photo Xiao Long

 

Le cheval est bien mieux loti que le malheureux tigre, malmené par les pratiquants de Tai Ji Quan comme cela n’est pas permis (on tire à l’arc sur lui, on le chevauche, on lui frappe les oreilles !!! Il ne fait pas bon être un tigre…

 

Le cheval bénéficie d’un traitement de faveur : on caresse sa crinière, on sépare sa crinière, il se repose à l’écurie (Dao Yin)… Bref, on le bichonne !!! Il ne peut qu’être bien dans son assiette.

 

Il est symbole de réussite, de persévérance, de vitesse (à ce sujet

d’ailleurs « Ma Shang » -à cheval- signifie immédiatement !). Sa vaillance et son endurance sont exemplaires.

7ème animal du zodiaque chinois, les associations sont nombreuses : Considéré comme Yang, on l’associe au sud… Mais il est dit aussi que le cheval est né de l’essence de la Terre au cours de la 12ème lune : il devient alors un mélange du Yin et du Yang.

De nombreuses légendes font du cheval un animal exceptionnel ( il faudrait avoir des œillères pour en douter). « Les chevaux célestes » dotés d’une longévité inouïe pouvaient la communiquer à leurs cavaliers… Le cheval « Dragon Rouge » pouvait parcourir mille lis (500km) par jour, et « Rapide comme l’éclair » est bien connu aussi, sans parler des 9 coursiers du Roi Wen des Han…

 

Le bouddhisme chinois n’est pas en reste et a aussi misé sur un bon cheval : Ce cheval là aurait porté à travers toute l’Asie Centrale les écritures sacrées et se serait arrêté un jour à l’endroit où l’on décida de bâtir le « Monastère du Cheval Blanc » (an 61 ou 64 ?).

 

Il n’est pas rare de voir un groupe de 8 chevaux représentés sur des gravures, on les trouve aussi en porcelaine, en jade, etc… Ces 8 chevaux, non harnachés, adoptent 8 postures différentes et l’un d’eux est toujours montré se roulant sur le dos. On parle de l’attelage des 8 chevaux du roi Mu des Zhou qui grâce à ses 8 coursiers serait allé jusqu’au royaume de la Déesse Mère d’Occident (selon le « Mu Tianzi Zhuan » roman du 4ème siècle avant J.C).

 

D’autres y voient une allusion au Zhuang Zi :

« Les chevaux, quand ils vivaient libres dans la prairie, broutaient l’herbe et buvaient de l’eau. Quand ils étaient contents, ils croisaient leurs cous pour se frotter l’un contre l’autre ; quand ils se fâchaient, ils se tournaient dos à dos et se donnaient des ruades. C’était ce qu’ils savaient faire. Mais quand on se mit à les atteler et à les harnacher, ils apprirent à être fourbes, à s’emballer, essayant de se débarrasser du mors et des rênes ».

 

Photo Xiao Long

 Et...    On peut y voir encore une allusion aux 8 Vents, émissaires de divinités supérieures…

Bref, nous allons nous arrêter là pour cette fois… « Qui veut voyager loin ménage sa monture »… Il faudrait quelques articles de plus pour venir (presque) à bout de ce thème !

 

 Mais Xiao Long, qui n’est pas un mauvais cheval (??!), vous propose la lecture de la légende chinoise du Cheval Blanc.

 

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 16:28

Pourquoi synchroniser les mouvements du haut et du bas du corps ? 

C’est une question légitime, après tout, ce serait tellement plus simple si on pouvait faire l’économie de la coordination ! Parce qu’il faut bien l’avouer, certains pourraient avoir la sensation d’avoir été trompés sur la « marchandise » :

On vous dit « Faites du Tai Ji Quan, c’est relaxant, on oublie tout, on se vide la tête… ». Oui, mais… Dès que l’on se met en mouvement, on commence à penser à ses pieds, à ses mains (car en réalité, on en a beaucoup plus que ce qu’on croyait au départ !!!) et on peut se demander en quoi on est relax ? Et pourquoi se vider la tête la remplit à ce point !!! 

« Shou Jiao Qi Dao Fang Wei Zhen »  !!! Voilà la réponse...

(Mains et pieds arrivent en même temps, voilà la vérité)

Et là franchement, il n’y a plus rien à dire !

 

Enfin, si finalement :

 

La synchronisation est là pour créer une harmonie extérieure et intérieure.

 

S’il n’y a pas de coordination, alors l’esprit  joue d’un côté et le corps joue une autre partition. Corps et esprit sont déconnectés l’un de l’autre… Ce n’est pas « beau » dehors, on n’est pas « bien » dedans : je ne suis pas « un », ils sont deux (et moi, je suis perplexe !)

 

Pour donner l’impression d’harmonie et avoir la sensation d’harmonie, le corps et l’esprit sont unis ; au début, ils sont surtout reliés, l’un exerçant un contrôle sur l’autre. Le plus souvent c’est l’esprit qui agit, qui surveille, qui donne les règles du jeu.(Voir article sur les 6 harmonies)

 

Nous avons tous un besoin maladif de réflexion, d’analyse. On ne fait pas confiance au corps, sans la tête que feraient les jambes !!! C’est d’autant plus amusant (j’en vois d’ici se rouler par terre de rire!!!) que le plus souvent, c’est à cause d’un esprit trop « fort », trop présent que le corps perd le fil…  Mais avec un peu (beaucoup, passionnément…) de temps et de patience… petit à petit, l’esprit se détend, raisonne moins, tient plus facilement compte des sensations. Un équilibre se crée, coordonner les mouvements devient plus facile et même… agréable. Et là….

Vient "LE" moment dont on vous parle tant : celui où on peut se détendre et tout oublier…

 

« Avec le temps et la patience,

 

La feuille de mûrier devient de la soie »

 

Proverbe chinois (bonus !!!)

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:18

 

La taille joue un rôle primordial dans la pratique du Tai Ji Quan et en Tui Shou (à plus forte raison!): elle est non seulement le centre physique, au centre du corps, c’est  aussi le centre énergétique. Jouer de la taille, c'est jouer avec son centre de gravité et apprendre à diriger l'énergie.

L'énergie s’accumule dans le Dan Tian, grâce à l’esprit. L’énergie y circule et peut être envoyée où l'on en a besoin : l’énergie est disponible grâce à la souplesse des hanches et du bassin pour des mouvements agiles et vifs si nécessaire et quand nécessaire . Et on ne peut être souple que si l'on est détendu (pas ramollo, juste relâché!)

"Le qi est un drapeau, la taille est sa hampe"

  S'il doit y avoir "explosion de force", c’est grâce à la disponibilité de la taille. Le style Chen, rend visible ce travail de taille plus que notre style Yang, plus doux et mesuré. Mais cela ne veut pas dire pour autant que nous devons être raide comme la justice (bizarre d'ailleurs cette expression?!!!) et agiter les extrémités bras et jambes sans lien. 

  La souplesse des mouvements vient de la taille. C'est ce qui rend plus fluide, ce qui "met de l'huile" dans des mouvements: il ne suffit pas de bouger les bras artistement, il faut essayer de bouger à partir de son centre (bon, d'accord, déjà, il faut le trouver ce fameux centre... Mais si c'est possible! Bon, c'est vrai, au début c'est difficile...Mais j'ai dit "essayer"...) 

      

Dans les exercices de Tui Shou, si on peut dévier la force (du bon côté... Obiwan!), c'est bien grâce à la taille, mouvante et souple. Elle ne peut rétablir l’équilibre, dévier la force, contre carrer les  attaques  que si elle s’adapte : si la taille se bloque, l’attaque passe et déracine.

      La taille distribue l’énergie : la taille transmet le jin des jambes vers le haut du corps, l’énergie transite par la taille qui l’oriente et la distribue aux membres supérieurs. Si la taille est bloquée, si l’on est crispé, elle ne peut jouer ce rôle de volant qui contrôle, guide, coordonne, accumule et peut émettre l’énergie. Il faut relâcher pour que le corps soit uni (uni dans la souplesse et l'élasticité, pas uni comme un bloc de béton).

      Les pieds n’ont de force et le bassin d’assise que si la taille est relâchée et toujours au même niveau par rapport au sol: les hanches sont placées comme si l'on était "dans un fauteuil", le bassin plat, bas du dos droit,on est assis, centré, stable!

Et voilà pourquoi il vaut la peine d'être attentif à sa "taille"... pour être à la hauteur (?) du mouvement, sinon... on ne fait pas le poids (? Lourd!!! Xiao Long n'a pas pu résister!) 

 

.

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:54

Le mental joue un grand rôle dans ces deux disciplines, comme dans bien d'autres d'ailleurs. Trop souvent on met en avant les qualités, les bienfaits d'une activité physique et on occulte, totalement parfois, l'aspect mental. Pourtant...

Trois éléments sont incontournables pour ces pratiques: la régulation du mental, la régulation de la respiration, la régulation du physique.

 

Le mental est la clé: "Quand la pensée vient, le Qi arrive". Comment contrôler, agir sur la respiration sans la pensée? La respiration est automatique, on ne peut la réguler, l'affiner, la calmer que grâce à l'intervention de la pensée. Il faut commencer par prendre conscience de sa respiration, la ressentir, l'analyser en quelque sorte. Est-elle longue, courte? Superficielle, profonde? Régulière, saccadée? 

 

Le mouvement, qu'il soit de Tai Ji Quan ou de Qi Gong, demande aussi conscience et précision. Ce n'est pas un mouvement spontané (et là, tout le monde sera d'accord... on a bien besoin du mental pour exécuter un mouvement correct... un peu trop parfois...

Le sourcil froncé, le front plissé, la fumée qui sort par les oreilles ne font pas partie intégrante des mouvements...). L'avantage de la manœuvre, c'est l'esprit est bien occupé à réaliser le mouvement et que du coup, les autres pensées disparaissent (et si elles réapparaissent , c'est plantage assuré!!! Hein que ça sent le vécu, ça!!!)

 

Pour que le mental puisse être à la hauteur de sa tâche, il doit être disponible, apaisé afin que le corps se détende et que l'on puisse faire correctement les mouvements des différents enchainements.  Si l'esprit est dispersé, on ne fera rien de valable... Pour cela, il faut "entrainer" le mental, il saura alors nous protéger des émotions trop fortes, des excès, des idées trop noires... de tous les "trop".

 

Le mental, c'est bien d'en parler, mais c'est quoi? C'est tout à la fois l'esprit (Shen), la conscience (Yi), la confiance en soi (Zhi), la réflexion (Si), l'âme (Hun), les pensées (Lu) et l'intelligence (Zhi aussi, mais l'autre Zhi!). Un mental calme est un indispensable pour maintenir la bonne santé physique: combien de maladies ne sont elles pas liées à un mental en rupture...

 

PHOTO Xiao Long

Voilà un long weekend qui s'annonce et aucune excuse du coup: tout le monde a le temps de se poser sur son petit zafu pour une séance de méditation sur le thème "coeur calme, esprit clair".... allez, au boulot!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:48

Derrière cette créature d'apparence mystérieuse qui peut surprendre, se cache un porte-bonheur chargé de symboles selon la tradition Feng-Shui.

Le crapaud à 3 pattes appelé parfois 'Chan Chu' symbolise le trio de chance provenant du ciel, de la terre et de l'humanité. Il favorise la prospérité, la longévité, la chance et la sécurité. La pièce de monnaie dans sa bouche renforce la chance au niveau de prospérité.

 

Ce crapaud à 3 pattes est appelé aussi crapaud de Lieou hai : ce personnage était Ministre d’Etat au Xème siècle. Taoïste et magicien de renom, il se déplaçait à dos de… crapaud à 3 pattes (ben voyons ! Tout pour se faire remarquer… =) Mais le crapaud s’esquivait dès qu’il le pouvait  et plongeait dans la première mare venue ! Ce brave crapaud avait cependant un grand point faible : il aimait l’or.

Lieou hai se confectionna une ligne à laquelle il suspendit 5 pièces d’or en guise d’hameçon et à chaque fois… le crapaud se laissait prendre ! (voilà une histoire qui ne casserait pas 3 pattes à un canard…).

 

PHOTO Xiao Long

 

Toujours prêt à repêcher sa monture, Lieou hai se promenait sans cesse avec 5 pièces d’or en poche : il devint le génie de la richesse… On le voit parfois représenté à dos de crapaud agitant sa ligne lestée de sapèques.

Certains pensent que cette image du crapaud avalant les sapèques est à rapprocher des légendes dans lesquelles les crapauds dévorent la lune (d’or !) ???... à vous de choisir!

 

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:35

 

L’étude et la pratique des armes ne se limitent pas à l’apprentissage de techniques de défense. Maîtriser une arme, c’est avant tout une forme de travail personnel, un moyen d’unir corps et esprit  dans l’exécution de techniques.

L’origine des armes remonte à…. Bien loin ! On suppose que les premières armes seraient de simples branches épointées (des armes longues donc), ce qui explique que le bâton, Gun,  soit appelé « mère de toutes les armes ».

Et autrefois le but premier de l’arme était bien de s’en servir pour se défendre !

 

Le bâton long ou court, simple ou double, est encore très pratiqué, surtout dans la Chine du Sud et en Malaisie. Avec l’utilisation du silex et du jade, les armes se perfectionnèrent. Puis les armes de cuivre et de bronze virent le jour (dyn.Zhou). La plupart des armes anciennes existent encore, s’y sont ajoutées cependant d’autres armes au fil du temps : ceci explique la grande richesse de la panoplie chinoise !

 

Même dépassées par l’évolution des stratégies militaires et des matériaux, on a continué à produire les « vieilles » armes. Pour respecter la tradition, elles ont aussi perduré dans l’équipement de base des troupes chinoises !!

 

 En 1937, le Commandant Le Prieur, un observateur français, notait que la hallebarde de Guan (Guandao) faisait partie des épreuves imposées aux élèves officiers… Il s’étonnait devant la quarantaine de kilos d’équipement obligatoire (qui comprenait un parapluie de toile ciré et un siège pliant…).

Il indiquait d’ailleurs aussi que faute de munitions, c’était le groupe qui criait le plus fort « Pao » (BOUM !) qui marquait le point dans les batailles simulées… (Photo de l'armée impériale en 1900)

 

Dans un souci légitime de clarifier les choses, on a cherché à plusieurs reprises à classer les armes. Et ce n’est pas étonnant de voir qu’il existe de nombreuses classifications (selon les périodes ou /et les écoles…) Chacune possède sa logique propre.

La plus connue et la plus utilisée est celle de Maître Pai Yu Feng (XIIème siècle), Patriarche du Temple de Shaolin. C’est la classification des 5 mouvements ou 5 éléments (Wu Qi Wu Fa) :

 

La grande hallebarde, Guandao, correspond au Bois (est, printemps…), au Tigre. Le travail avec cette arme – lourde- renforce les muscles et les tendons… et le Foie.

 

PHOTO Xiao Long

 

L’épée droite à double tranchant, Jian, correspond au Feu, au Phénix (sud, été…). L’énergie du Cœur est favorisée, son maniement favorise la circulation sanguine.

 

Le bâton long, Gun, est lié à la Terre (centre, cinquième saison…), à l’Ours ! Ses techniques permettent la régulation de l’équilibre général et renforcent la Rate.

 

PHOTO Xiao Long

 

Le sabre à un tranchant, dadao, correspond au Métal (ouest, automne…), au Héron. Son maniement rapide favorise le Poumon, le travail sur le souffle…

 

La lance, Qiang, est liée à l’eau (nord, hiver…) au Singe ou au Serpent. Os et articulations sont renforcés, le rein est favorisé.

 

En Tai Ji Quan, on classe souvent le bâton dans le Bois, le sabre dans le Métal, la lance dans le Feu, l’épée dans l’Eau (coup d’épée dans l’eau ?). Le poing représente la Terre.

Il existe aussi la classification des « 18 armes principales », correspondant aux « 18 Arhats de Lohan » qui sont les disciples du Bouddha.

 

Une autre classification dénombre 365 armes (!!!?) et chacune y trouve sa place, que ce soit l’éventail de fer (Tie Shan), la lance serpentine (She Qiang), la griffe volante, le tambourin à lames (méfiez-vous des musiciens !), l’aiguille tournante du mont Emei (photo), les cymbales hurlantes, ou le parapluie (arme normande par excellence), ou encore le… banc d’auberge (pour les fêtards ?)…

Bref, la moindre paire de baguettes devient une arme en des mains expertes… (Très expertes : c’est déjà assez dur d’attraper le riz avec !)

Selon la théorie du « chaque chose à sa place », l’épée était réservée aux nobles, dignitaires impériaux, officiers de haut rang (certaines sont de véritables œuvres d’arts et n’ont pas dû croiser le fer bien souvent). La taille de l’épée, les ornements de poignée ou de fourreau, la couleur des attaches, la hauteur de suspension à la ceinture étaient codifiés...

La grande hallebarde ne pouvait être portée que par les officiers de la garde impériale ou les « Généraux Tigres » des corps de cavalerie.

Le bâton était attribué aux « bâtonniers » ( !?) magistrats et officiers de police. Le sabre revenait aux militaires, la lance aux gardes des villes et des palais.

 

 Pour tous les autres, les objets les plus courants servaient d’armes : les religieux se servaient de … pelles (Chan) qu’ils utilisaient pour creuser les tombes (le « deux en un » quoi !), ils maniaient aussi à ravir les bâtons à anneaux qui faisaient fuir les insectes ( entre autres…) pour ne pas les écraser (eux), les sceptres figurant les mudras (Fu Shou), les maillets (Shuai) à faire retentir les cloches (et à les sonner…), les anneaux de prière (Fou Shou Shuan)…

 

Les paysans faisaient « feu » de tout instrument agraire : râteau (Ba), houe (Ba Dao), fourche à trois dents (Char), plantoir (Gen), faucille (Lian en photo), fléau (Gieh)… On retrouve l’utilisation du même attirail à Okinawa, groupe d’îles japonaises longtemps sous influence chinoise (le nunchaku est un Gieh, le Saï est le Gen…).

 

Photo Xiao Long

Depuis nos pratiques se sont pacifiées dans des enchainements codifiés …

Il est cependant intéressant de se rendre compte que l’efficacité d’une arme n’est pas dans la forme de l’arme elle-même : tout objet peut être détourné de son utilisation première et se transformer en arme. Esprit, Énergie et Corps unis feront l’efficacité de … la fourchette !!!

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

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