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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:10

Comment expliquer une chose complexe : mais par le biais d’une image, bien sûr ! Et dans ce domaine nos amis chinois sont des maitres.

 

Vous connaissiez l’aiguille au fond de la mer… Il en est une autre, perdue dans le coton… ne faites pas cette bobine!

On vous dira, pour définir notre discipline, que le Tai Ji Quan est l’art de concilier force et souplesse, puissance et douceur…

 Pour ce faire, l’image de « l’aiguille d’acier dissimulée dans la balle de coton » est utilisée pour éclairer le concept. Mais si cette citation  (de Yang Chen Fu 1883-1936) est connue, encore faut-il –pour pouvoir mettre en pratique cette notion- essayer de mieux comprendre dans le détail ce que l’on peut faire ressortir de cette image. Xiao Long vous livre sa version :

 

Vu de l’extérieur, le déplacement en Tai Ji Quan est doux, les techniques s’expriment souplement… Ce « coton » n’est qu’une enveloppe, cela ne signifie en rien que le pratiquant est un grand mollasson caoutchouteux (poulpe, pour rester dans le registre marin)…

Car si les membres se meuvent « comme des algues dans l’eau » (breveté Xiao Long), le centre, lui est solide : l’aiguille, l’axe du corps est stable, fort. Le corps est uni autour de cet axe et c’est en cela que réside sa force.

Ainsi, le pratiquant économise son énergie et ne s’épuise pas dans de grands mouvements violents. Cette énergie conservée dans le centre n’en sera que plus efficace lorsqu’elle sera déployée au dehors, au bon moment, de la bonne façon, au bon endroit : l’aiguille pique avec précision. Un petit noyau « atomique » en quelque sorte, concentration puis expansion.

« En accumulant la douceur, on développe la dureté » Gu Liuxin.

 

Dans la pratique, cet effet ne peut se réaliser que si la posture est correcte. Le corps doit se déplacer en harmonie (et pas une main par-ci, un pied par-là, façon puzzle…). La détente, l’élasticité, la « résilience », une respiration correcte  sont nécessaires.

Pour que ce concept ne reste pas une grande nébuleuse… Il n’y a plus qu’à… expérimenter !?

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:22

Voilà une évidence de plus dans le vaste monde du Tai Ji Quan…

 

Ce qui est vide n’est pas plein ! C’est un des principes de base de toute pratique, et malgré la clarté du propos… une petite explication n’est pas forcément inutile !

Les pieds…

Il n’y a pas d’hésitation possible dans la marche Tai Ji, le déroulé délicat des pieds fait transiter le poids du corps d’un appui dans l’autre et au final, un pied est « plein », donc Yang, l’autre est « vide » , donc Yin. Plus ou moins plein, plus ou moins vide, mais toujours le poids du corps est plus d’ un côté que de l’autre : il est rare dans nos formes que le poids du corps soit au final également réparti entre les deux pieds.

 

Ma Bu, la position du cavalier, est peu répandue dans nos formes – et on ne va pas s’en plaindre…(les cavaliers ont de tout petits poneys…).

 Seules les postures d’ouverture et de fermeture sont équilibrées : le poids du corps est également réparti dans les deux jambes. Et ici, en toute logique puisque l’ouverture est un préalable et va initier les déplacements Yin/Yang. La fermeture quant à elle symbolisant le retour au calme et à l’indéfini, la fin du cycle Yin/Yang.

 

Bref, si le poids du corps est dans la jambe droite : la jambe droite est « pleine », pendant que la gauche est  -donc-… « vide » ! (Super, tout le monde a suivi !)

Lorsqu’on débute dans la pratique, que l’on est encore hésitant sur les techniques et/ou que la mémorisation n’est pas parfaite, on a tendance à se positionner au milieu : comme on ne sait plus très bien dans quel sens on doit poursuivre, étant centré, on est prêt à partir dans toutes les directions. On veut la jouer « incognito », du genre : « Si je me trompe, je pourrais toujours rattraper le coup, ni vu ni connu, j’t’embrouille et les copains ne verront rien !!! ».

Ce n’est pas un bon plan ! Désolée…

Le piège est que l’on pense être plus disponible si on ne fait pas la différence entre plein et vide. Mais en réalité, c’est une mauvaise habitude que l’on prend là… C’est justement l’engagement dans le plein et le vide qui donne une indication sur la suite des évènements : Si je termine la technique avec une jambe droite pleine… c’est elle qui devra se « vider » par la suite. Si je termine un brosser de genou, jambe droite devant et remplie, je sais que je vais devoir alléger cette jambe et « alourdir » l’autre, puisque je navigue selon les règles du Yin /Yang…

 

L’alternance du vide et du plein rythme notre avancée, donne des indices pour la suite des déplacements : si je suis toujours « au milieu », comment savoir si je vais aller vers l’avant ou vers l’arrière au mouvement suivant ? J’aurais toujours un « temps » de retard, je serais moins stable. Bref… Engagez-vous !

 

Et la tête (alouette?) !

Nous avons parlé du bas….

Alors,le haut maintenant !

Tête vide ne signifie pas que votre électroencéphalogramme ressemble à une ligne droite ininterrompue :

L’esprit est « vide », libéré de toute réflexion : la tête se redresse et tend vers le Ciel et ainsi l’esprit peut s’élever. Le fameux fil qui nous relie au Ciel est là pour nous aider. Cette attitude nous permettra de laisser circuler librement le Qi et le sang.

Si la tête est « pleine » de pensées parasites, le cou, la nuque tendue, la position du corps induira des tensions qui seront susceptibles de bloquer cette circulation d’énergie et de sang.

Si la tête est légère, l’esprit reste en éveil, la concentration sans contrainte.

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 15:44

 

Tai Ji Quan et Qi Gong sont complémentaires, cela n’est pas une nouveauté ! Le Qi Gong permet d’approfondir l’aspect interne et énergétique, de consolider la force interne (cf. Obi-Wan Kenobi et son Bang laser...).

Si on connait bien (ou presque !) les formes de Qi Gong à « mains nues », on ne sait pas toujours qu’il existe aussi des exercices avec « support » (et non, pas avec « arme » quoi que…). On peut travailler avec une balle, en bois de préférence- Tai Ji Qiu- ou bien avec une règle –Tai Ji Ci- ou encore avec un bâton : Tai Ji Bang.

Vous me direz, quel est l’intérêt d’un ustensile en Qi Gong… Comme si ce n’était pas déjà assez dur de se concentrer sur ce que fait notre corps ! Eh bien, justement… On trouve parfois difficile de se détendre correctement, et même on peut avoir la sensation d’être de plus en plus tendu à force de penser à … se détendre ! Pour remplacer les « mille pensées » par une seule, faire tourner un Bang est une bonne solution. L’esprit est alors concentré sur une seule chose. L’énergie dispersée se rassemble en un point.

 

Ce bâton de bois, arrondi aux extrémités peut avoir jusqu’à 40 cm de long selon les écoles et exercices. On peut le tordre, « l’essorer », le faire tourner, en spirale, en cercle…

 

Photo Xiao Long

Les principes :

Comme pour la pratique du Tai Ji Quan, le corps est détendu, les épaules décontractées, les coudes relâchés, la poitrine légèrement creusée, les genoux un peu fléchis pour un meilleur enracinement.

 

Les effets :

Le Bang est en contact avec les paumes, les doigts et stimule ainsi les points situés sur les 6 méridiens des membres supérieurs. Ainsi, la circulation du Qi est favorisée dans tout le corps, le travail des jambes relançant la circulation énergétique dans les 6 méridiens des membres inférieurs, les mouvements de la taille favorisant la communication entre le haut et le bas.

Les mouvements se répètent et le corps se détend, la respiration se calme. On peut s’exercer sur place ou en déplacement.

On renforce les tendons, les articulations, les muscles des membres supérieurs.

On peut aussi se servir du Bang pour des automassages, pour percuter certains points… (Ou accueillir Monsieur s’il rentre trop tard ?)

On peut enfin travailler à deux, une sorte de Tui Shou avec Bang pour entrainer la coordination, la synchronisation des mouvements !

 

Les écoles :

Elles sont nombreuses, chacune ayant développé les exercices les plus pertinents pour leur propre pratique de Tai Ji Quan. Il existe même une forme au double « bang »!!

 

Pour notre pratique :

Le Tai Ji Bang Dao Yin Yang Sheng Gong, crée par Me Zhan Guan De, demande de préférence un bâton léger, fin et assez court pour faciliter les mouvements de rotation.

  Nos formes (il en existe deux), sont aussi de bons échauffements avant la pratique du Tai Ji Quan, cela permet de mobiliser en douceur les articulations, et de stabiliser l’esprit avant de pratiquer nos taolus.

Le travail du poignet est particulièrement intéressant pour la pratique de l’épée et de l’éventail qui demande une grande souplesse et un bon contrôle de notre centre (taille) et des membres supérieurs de l’épaule jusqu’au bout des doigts.

Le Tai Ji Bang est encore rarement proposé et souvent méconnu. Il ne faut pas laisser passer l’occasion de découvrir cet art du « petit bâton du Tai Ji ». Les mouvements sont très doux et agréables… et vous pourrez en plus utiliser votre Bang pour étaler votre pâte à tarte. (Tartelette…)

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 14:48

Que veulent dire ces mots mystérieux qui nous donnent le signal du départ ? On les entend à chaque fois… mais on ne sait pas trop ce que cela veut dire… C’est du chinois !

 

Au début de chaque forme, les pieds sont joints, on est centré (et concentré). C’est le Wu Ji. C’est le vide, le sans limite, l’indifférencié : il ne se passe rien à l’extérieur, mais à l’intérieur je suis toute conscience et esprit, je suis calme. C’est le Un.

 

Puis on se lance… « Le Tai Ji, surgi du Wu Ji, est la mère du Yin et du Yang » (Wang Zhongyue).

 

Préparation :

C’est la traduction que l’on donne pour « Yu Bei Shi ». Yù Bèi signifie « se préparer » et Shì  signifie  « forme, rituel, mouvement »…

Préparation, cela signifie que l’on a fait le vide, on se met « en condition » pour exécuter une forme.

C’est le moment ou le pied gauche se soulève pour se séparer du pied droit et se reposer naturellement à une distance raisonnable ! Yin et Yang (vide et plein) se distinguent puis se réunissent à nouveau lorsque le poids du corps se recentre et se répartit également sur les deux pieds.

 

Symbolique : moment de communion entre la Terre, le Ciel et l’Homme. On harmonise les Qi avant de se mettre en mouvement.

 

Ouverture :  

C’est la traduction que l’on donne pour « Qi Shi » (attention, ce « shi » ressemble à « shi » mais ce n’est pas le même « shi » !!!): qi signifie se lever, entreprendre » et shi signifie « puissance, force, tendance » …

 

On lève les bras, tout alors sera Yin/Yang jusqu’au bout de la forme. C’est le moment aussi où l’on choisit sa « hauteur » de croisière… pour ne pas jouer au yoyo !

 

Symbolique : On commence la forme, on réveille la force qui va animer le corps dans les déplacements.

  et enfin:

 

Fermeture :   

À la fin de la forme intervient « Shou Shi ».Shou au sens de recueillir, rassembler et le "shi" du début: rituel, forme.

Fermeture ici s'entend comme un rassemblement d'énergie au Dan Tian. c'est le moment où, lorsqu'on baisse les bras, on remonte (enfin!) sur ses jambes, avant de rapprocher les pieds pour retrouver la position initiale. La boucle est bouclée. C'est le Un de nouveau.

 

   

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 15:33

 

Comme toujours la traduction/les traductions donnée(s) du mot Tai Ji Quan sont plus ou moins précises.

 

On parle de « boxe Taiji » ou de  « boxe du faite suprême », de « boxe de la grande polarité », « boxe de l’ombre », « boxe ultime »… et j’en passe… Une seule constante : la boxe. Rapprochons nous un peu de ces caractères pour voir si l’on peut mieux comprendre le sens de ce mot.

太 Tài avec un ton descendant (mais pas condescendant du tout !) signifie « très » ou « trop » : il est composé de Dà (grand) auquel on ajoute un trait en oblique pour figurer l’extrême ou le suprême.

   se traduit par « sommet, extrémité, pôle ». Il est formé de mù le bois, accompagné d’une bouche kǒu. Puis en regardant bien, on distingue le caractère (fils), symbole de l’homme entre ciel et terre. Complètement à droite, on repère (ou pas..) le mot agir/action. Ce caractère se simplifie parfois ainsi : (Ah ! Nettement mieux !!!).

 

 

太極 Tai Ji L’ensemble signifie la poutre faîtière, symbole de réunion de deux pôles, de puissance créatrice.

 La poutre faîtière est celle qui se trouve au sommet de la charpente, sans elle, tout s’écroule. Elle doit être solide et bien placée (Évitez le lamellé collé ? Préférez le chêne...).

Il est difficile et périlleux de marcher sur ce sommet, il faut garder l’équilibre, ne pas tomber d'un côté ou de l’autre. On se déplace dans cet esprit, précautionneusement, lentement, précisément.

C’est l’idée de l’axe essentiel, le point central, le fondement. On appelait autrefois l’étoile polaire, point fixe de la voûte céleste, « Taiji ».

 

Tai Ji peut aussi être considéré comme le concept qui inclue les deux pôles antithétiques et interdépendants Yin et Yang (d’où la traduction de « boxe Taiji »). Tout est Yin/Yang dans le déplacement : avancer/reculer ; monter/descendre…

 

Quán veut dire poing ou boxe. Voilà qui souligne l’aspect martial de la discipline et explique que nos mains doivent avoir une certaine présence dans les finitions (pas de patte inanimée, ou ... un peu molle !)

 

太極拳 Tài Jí Quán est une pratique martiale qui vise à la perfection (on vise…). Son but est la longévité et l’harmonie tout en se préservant, en s’économisant pour se renforcer.

 

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:32

Il est parfois étonnant de s’apercevoir que nos bras, nos jambes, notre corps se meuvent… indépendamment de nous ! À croire qu’ils ont une vie propre et que notre tête ne dirige plus rien !!!

Dans la vie courante, notre corps obéit sans que l’on ait de gros efforts à faire. Mais quand il s’agit de reproduire exactement un mouvement ou une technique précise, on se sent empoté et notre cerveau patine… Pourquoi ?

Parce qu’on enlève le pilotage automatique et que l’on passe au vol libre ! Le mouvement est un prétexte à la prise de conscience de soi.

Mieux nous percevons notre corps dans l’espace, plus nos mouvements sont fluides, harmonieux. Prendre conscience, c’est « prêter attention à l’expression sensorielle que procurent les mouvements afin de créer de nouveaux circuits nerveux ».

Le premier pas est donc de prendre conscience de son corps et de savoir comment il « marche » : un découpage (au sens figuré !) en zones  peut nous aider à comprendre.

 

On part du bas et l’on distingue une partie qui va des pieds aux genoux : voilà la zone en contact direct avec le sol, celle qui prend en charge le poids du corps.

Il sera donc très important d’apprendre à sentir comment sont posés ses pieds, où se trouve le poids du corps, comment il est réparti (au centre du pied, en avant, en arrière… sur les deux pieds de façon égale, plus à droite qu’à gauche…). On veillera à garder l’alignement entre pied et genou afin de protéger ses articulations… La sensibilité est la caractéristique de cette zone.

Des genoux au Dan Tian (sous le nombril, notre « centre ») s’ouvre une zone source de puissance à la fois centre de gravité et centre d’énergie. Il est souvent difficile de sentir son centre de gravité, en général quand on en prend conscience c’est qu’il n’est plus… central et que l’on commence sérieusement à prendre de la gîte.

En hau,t on peut considérer une zone qui définit l’alignement du corps. C’est ici que tous nos petits muscles abdominaux et dorsaux ont un rôle à jouer ,pour nous aider à avoir une bonne posture et que la colonne vertébrale maintient une verticalité correcte. C’est ici aussi que se place la respiration (Je rappelle qu’il est vivement déconseillé de pratiquer en apnée : Le « Grand bleu » a très mal fini sa carrière).

 

Au sommet, la zone de l’intentionnalité, des sens on voit, on entend… on perçoit… et de là partent les principes du mouvement (en principe). Voilà le pilote.

 Ce ne sont là que de grandes lignes.

 

Une question se pose encore : Comment arriver à prendre conscience de son corps dans l’espace, comment « sentir » ce qui se passe en mouvement ?

Il faut prendre le temps de faire et refaire un mouvement pour analyser ce qui se passe et apprendre à contrôler le mouvement. Si on sent son mouvement, on pourra le modifier, l’améliorer.

On peut travailler par segments, sur des choses simples. C’est le sens des exercices dans lesquels on ne s’occupe que des jambes et des pieds » par exemple : on peut mieux se concentrer et vérifier que l’on est bien le chef, que l’on maitrise la situation. Et puis il faut savoir être patient avec soi-même, s’accorder quelques « dérapages  incontrôlés », s’y remettre et surtout apprécier ses progrès. La qualité d’un mouvement peut se définir en termes de fluidité et de dépense minimale d’énergie pour une efficacité maximale.

 … Et après, on peut tout faire (voir photo pour rêver)…. Ou presque !

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 16:28

Pourquoi synchroniser les mouvements du haut et du bas du corps ? 

C’est une question légitime, après tout, ce serait tellement plus simple si on pouvait faire l’économie de la coordination ! Parce qu’il faut bien l’avouer, certains pourraient avoir la sensation d’avoir été trompés sur la « marchandise » :

On vous dit « Faites du Tai Ji Quan, c’est relaxant, on oublie tout, on se vide la tête… ». Oui, mais… Dès que l’on se met en mouvement, on commence à penser à ses pieds, à ses mains (car en réalité, on en a beaucoup plus que ce qu’on croyait au départ !!!) et on peut se demander en quoi on est relax ? Et pourquoi se vider la tête la remplit à ce point !!! 

« Shou Jiao Qi Dao Fang Wei Zhen »  !!! Voilà la réponse...

(Mains et pieds arrivent en même temps, voilà la vérité)

Et là franchement, il n’y a plus rien à dire !

 

Enfin, si finalement :

 

La synchronisation est là pour créer une harmonie extérieure et intérieure.

 

S’il n’y a pas de coordination, alors l’esprit  joue d’un côté et le corps joue une autre partition. Corps et esprit sont déconnectés l’un de l’autre… Ce n’est pas « beau » dehors, on n’est pas « bien » dedans : je ne suis pas « un », ils sont deux (et moi, je suis perplexe !)

 

Pour donner l’impression d’harmonie et avoir la sensation d’harmonie, le corps et l’esprit sont unis ; au début, ils sont surtout reliés, l’un exerçant un contrôle sur l’autre. Le plus souvent c’est l’esprit qui agit, qui surveille, qui donne les règles du jeu.(Voir article sur les 6 harmonies)

 

Nous avons tous un besoin maladif de réflexion, d’analyse. On ne fait pas confiance au corps, sans la tête que feraient les jambes !!! C’est d’autant plus amusant (j’en vois d’ici se rouler par terre de rire!!!) que le plus souvent, c’est à cause d’un esprit trop « fort », trop présent que le corps perd le fil…  Mais avec un peu (beaucoup, passionnément…) de temps et de patience… petit à petit, l’esprit se détend, raisonne moins, tient plus facilement compte des sensations. Un équilibre se crée, coordonner les mouvements devient plus facile et même… agréable. Et là….

Vient "LE" moment dont on vous parle tant : celui où on peut se détendre et tout oublier…

 

« Avec le temps et la patience,

 

La feuille de mûrier devient de la soie »

 

Proverbe chinois (bonus !!!)

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:18

 

La taille joue un rôle primordial dans la pratique du Tai Ji Quan et en Tui Shou (à plus forte raison!): elle est non seulement le centre physique, au centre du corps, c’est  aussi le centre énergétique. Jouer de la taille, c'est jouer avec son centre de gravité et apprendre à diriger l'énergie.

L'énergie s’accumule dans le Dan Tian, grâce à l’esprit. L’énergie y circule et peut être envoyée où l'on en a besoin : l’énergie est disponible grâce à la souplesse des hanches et du bassin pour des mouvements agiles et vifs si nécessaire et quand nécessaire . Et on ne peut être souple que si l'on est détendu (pas ramollo, juste relâché!)

"Le qi est un drapeau, la taille est sa hampe"

  S'il doit y avoir "explosion de force", c’est grâce à la disponibilité de la taille. Le style Chen, rend visible ce travail de taille plus que notre style Yang, plus doux et mesuré. Mais cela ne veut pas dire pour autant que nous devons être raide comme la justice (bizarre d'ailleurs cette expression?!!!) et agiter les extrémités bras et jambes sans lien. 

  La souplesse des mouvements vient de la taille. C'est ce qui rend plus fluide, ce qui "met de l'huile" dans des mouvements: il ne suffit pas de bouger les bras artistement, il faut essayer de bouger à partir de son centre (bon, d'accord, déjà, il faut le trouver ce fameux centre... Mais si c'est possible! Bon, c'est vrai, au début c'est difficile...Mais j'ai dit "essayer"...) 

      

Dans les exercices de Tui Shou, si on peut dévier la force (du bon côté... Obiwan!), c'est bien grâce à la taille, mouvante et souple. Elle ne peut rétablir l’équilibre, dévier la force, contre carrer les  attaques  que si elle s’adapte : si la taille se bloque, l’attaque passe et déracine.

      La taille distribue l’énergie : la taille transmet le jin des jambes vers le haut du corps, l’énergie transite par la taille qui l’oriente et la distribue aux membres supérieurs. Si la taille est bloquée, si l’on est crispé, elle ne peut jouer ce rôle de volant qui contrôle, guide, coordonne, accumule et peut émettre l’énergie. Il faut relâcher pour que le corps soit uni (uni dans la souplesse et l'élasticité, pas uni comme un bloc de béton).

      Les pieds n’ont de force et le bassin d’assise que si la taille est relâchée et toujours au même niveau par rapport au sol: les hanches sont placées comme si l'on était "dans un fauteuil", le bassin plat, bas du dos droit,on est assis, centré, stable!

Et voilà pourquoi il vaut la peine d'être attentif à sa "taille"... pour être à la hauteur (?) du mouvement, sinon... on ne fait pas le poids (? Lourd!!! Xiao Long n'a pas pu résister!) 

 

.

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:54

Le mental joue un grand rôle dans ces deux disciplines, comme dans bien d'autres d'ailleurs. Trop souvent on met en avant les qualités, les bienfaits d'une activité physique et on occulte, totalement parfois, l'aspect mental. Pourtant...

Trois éléments sont incontournables pour ces pratiques: la régulation du mental, la régulation de la respiration, la régulation du physique.

 

Le mental est la clé: "Quand la pensée vient, le Qi arrive". Comment contrôler, agir sur la respiration sans la pensée? La respiration est automatique, on ne peut la réguler, l'affiner, la calmer que grâce à l'intervention de la pensée. Il faut commencer par prendre conscience de sa respiration, la ressentir, l'analyser en quelque sorte. Est-elle longue, courte? Superficielle, profonde? Régulière, saccadée? 

 

Le mouvement, qu'il soit de Tai Ji Quan ou de Qi Gong, demande aussi conscience et précision. Ce n'est pas un mouvement spontané (et là, tout le monde sera d'accord... on a bien besoin du mental pour exécuter un mouvement correct... un peu trop parfois...

Le sourcil froncé, le front plissé, la fumée qui sort par les oreilles ne font pas partie intégrante des mouvements...). L'avantage de la manœuvre, c'est l'esprit est bien occupé à réaliser le mouvement et que du coup, les autres pensées disparaissent (et si elles réapparaissent , c'est plantage assuré!!! Hein que ça sent le vécu, ça!!!)

 

Pour que le mental puisse être à la hauteur de sa tâche, il doit être disponible, apaisé afin que le corps se détende et que l'on puisse faire correctement les mouvements des différents enchainements.  Si l'esprit est dispersé, on ne fera rien de valable... Pour cela, il faut "entrainer" le mental, il saura alors nous protéger des émotions trop fortes, des excès, des idées trop noires... de tous les "trop".

 

Le mental, c'est bien d'en parler, mais c'est quoi? C'est tout à la fois l'esprit (Shen), la conscience (Yi), la confiance en soi (Zhi), la réflexion (Si), l'âme (Hun), les pensées (Lu) et l'intelligence (Zhi aussi, mais l'autre Zhi!). Un mental calme est un indispensable pour maintenir la bonne santé physique: combien de maladies ne sont elles pas liées à un mental en rupture...

 

PHOTO Xiao Long

Voilà un long weekend qui s'annonce et aucune excuse du coup: tout le monde a le temps de se poser sur son petit zafu pour une séance de méditation sur le thème "coeur calme, esprit clair".... allez, au boulot!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:35

 

L’étude et la pratique des armes ne se limitent pas à l’apprentissage de techniques de défense. Maîtriser une arme, c’est avant tout une forme de travail personnel, un moyen d’unir corps et esprit  dans l’exécution de techniques.

L’origine des armes remonte à…. Bien loin ! On suppose que les premières armes seraient de simples branches épointées (des armes longues donc), ce qui explique que le bâton, Gun,  soit appelé « mère de toutes les armes ».

Et autrefois le but premier de l’arme était bien de s’en servir pour se défendre !

 

Le bâton long ou court, simple ou double, est encore très pratiqué, surtout dans la Chine du Sud et en Malaisie. Avec l’utilisation du silex et du jade, les armes se perfectionnèrent. Puis les armes de cuivre et de bronze virent le jour (dyn.Zhou). La plupart des armes anciennes existent encore, s’y sont ajoutées cependant d’autres armes au fil du temps : ceci explique la grande richesse de la panoplie chinoise !

 

Même dépassées par l’évolution des stratégies militaires et des matériaux, on a continué à produire les « vieilles » armes. Pour respecter la tradition, elles ont aussi perduré dans l’équipement de base des troupes chinoises !!

 

 En 1937, le Commandant Le Prieur, un observateur français, notait que la hallebarde de Guan (Guandao) faisait partie des épreuves imposées aux élèves officiers… Il s’étonnait devant la quarantaine de kilos d’équipement obligatoire (qui comprenait un parapluie de toile ciré et un siège pliant…).

Il indiquait d’ailleurs aussi que faute de munitions, c’était le groupe qui criait le plus fort « Pao » (BOUM !) qui marquait le point dans les batailles simulées… (Photo de l'armée impériale en 1900)

 

Dans un souci légitime de clarifier les choses, on a cherché à plusieurs reprises à classer les armes. Et ce n’est pas étonnant de voir qu’il existe de nombreuses classifications (selon les périodes ou /et les écoles…) Chacune possède sa logique propre.

La plus connue et la plus utilisée est celle de Maître Pai Yu Feng (XIIème siècle), Patriarche du Temple de Shaolin. C’est la classification des 5 mouvements ou 5 éléments (Wu Qi Wu Fa) :

 

La grande hallebarde, Guandao, correspond au Bois (est, printemps…), au Tigre. Le travail avec cette arme – lourde- renforce les muscles et les tendons… et le Foie.

 

PHOTO Xiao Long

 

L’épée droite à double tranchant, Jian, correspond au Feu, au Phénix (sud, été…). L’énergie du Cœur est favorisée, son maniement favorise la circulation sanguine.

 

Le bâton long, Gun, est lié à la Terre (centre, cinquième saison…), à l’Ours ! Ses techniques permettent la régulation de l’équilibre général et renforcent la Rate.

 

PHOTO Xiao Long

 

Le sabre à un tranchant, dadao, correspond au Métal (ouest, automne…), au Héron. Son maniement rapide favorise le Poumon, le travail sur le souffle…

 

La lance, Qiang, est liée à l’eau (nord, hiver…) au Singe ou au Serpent. Os et articulations sont renforcés, le rein est favorisé.

 

En Tai Ji Quan, on classe souvent le bâton dans le Bois, le sabre dans le Métal, la lance dans le Feu, l’épée dans l’Eau (coup d’épée dans l’eau ?). Le poing représente la Terre.

Il existe aussi la classification des « 18 armes principales », correspondant aux « 18 Arhats de Lohan » qui sont les disciples du Bouddha.

 

Une autre classification dénombre 365 armes (!!!?) et chacune y trouve sa place, que ce soit l’éventail de fer (Tie Shan), la lance serpentine (She Qiang), la griffe volante, le tambourin à lames (méfiez-vous des musiciens !), l’aiguille tournante du mont Emei (photo), les cymbales hurlantes, ou le parapluie (arme normande par excellence), ou encore le… banc d’auberge (pour les fêtards ?)…

Bref, la moindre paire de baguettes devient une arme en des mains expertes… (Très expertes : c’est déjà assez dur d’attraper le riz avec !)

Selon la théorie du « chaque chose à sa place », l’épée était réservée aux nobles, dignitaires impériaux, officiers de haut rang (certaines sont de véritables œuvres d’arts et n’ont pas dû croiser le fer bien souvent). La taille de l’épée, les ornements de poignée ou de fourreau, la couleur des attaches, la hauteur de suspension à la ceinture étaient codifiés...

La grande hallebarde ne pouvait être portée que par les officiers de la garde impériale ou les « Généraux Tigres » des corps de cavalerie.

Le bâton était attribué aux « bâtonniers » ( !?) magistrats et officiers de police. Le sabre revenait aux militaires, la lance aux gardes des villes et des palais.

 

 Pour tous les autres, les objets les plus courants servaient d’armes : les religieux se servaient de … pelles (Chan) qu’ils utilisaient pour creuser les tombes (le « deux en un » quoi !), ils maniaient aussi à ravir les bâtons à anneaux qui faisaient fuir les insectes ( entre autres…) pour ne pas les écraser (eux), les sceptres figurant les mudras (Fu Shou), les maillets (Shuai) à faire retentir les cloches (et à les sonner…), les anneaux de prière (Fou Shou Shuan)…

 

Les paysans faisaient « feu » de tout instrument agraire : râteau (Ba), houe (Ba Dao), fourche à trois dents (Char), plantoir (Gen), faucille (Lian en photo), fléau (Gieh)… On retrouve l’utilisation du même attirail à Okinawa, groupe d’îles japonaises longtemps sous influence chinoise (le nunchaku est un Gieh, le Saï est le Gen…).

 

Photo Xiao Long

Depuis nos pratiques se sont pacifiées dans des enchainements codifiés …

Il est cependant intéressant de se rendre compte que l’efficacité d’une arme n’est pas dans la forme de l’arme elle-même : tout objet peut être détourné de son utilisation première et se transformer en arme. Esprit, Énergie et Corps unis feront l’efficacité de … la fourchette !!!

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

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