Notre approche du temps est un peu spéciale tout de même, Et même si les temps changent et sont durs, ou jouent contre nous, nous passons notre temps la plupart du temps à essayer d’en gagner (?!) au lieu de respirer l’air… du temps !
Le temps n’est pas pour la majorité d’entre nous un « long fleuve tranquille ». On le découpe bien précisément, passé, présent et avenir. Et chacune de ces « parties » est encore subdivisée plus subtilement en passé proche, lointain, futur proche… lointain et trrrrrès lointain… Il est même, dans certaines localités, divisé en secondes, dixièmes de seconde par les autochtones (phénomène appelé « station Châtelet aux heures de pointe » : mouvement permanent et croisé des différentes tribus, « ceuxkiarriv ‘» « ceuxkipart’ » et « ceuxkitransit’ » sans parler des « ceuxkisonperdus » qui ont le choix entre tourner avec les autres ou s’arrêter et attendre une pause dans la tourmente)… Un univers en rotation surveillé au chronomètre !
Tout évènement, numéroté, étiqueté, doit trouver sa case… et y rester. Du même coup, le moindre petit grain de sable dans le système nous perturbe énormément. Un temps pour se lever (et pas le temps de se prendre les pieds dans la descente de lit !), un temps pour petit déjeuner (et pas de temps pour regarder le thé qui infuse !), un temps pour mettre ses chaussures (pas de temps pour le lacet qui craque !)… Tout est si bien cadré que le temps nous parait bien court.
Pas une minute à improviser : pas le temps ! Même le temps de repos est planifié. Et attention, « repos » ne signifie pas « inactivité » : pour se reposer, on a recours à des « occupations », des… passe-temps ! (Oui, je sais, l’être humain est très bizarre...)
Le temps est posé comme le point clé de notre civilisation, il ne faut pas perdre son temps (pour ne pas en manquer), il faut arriver à temps, gérer son temps sans contretemps et trouver un temps pour tout… Il existe une infinité d’expressions qui tournent autour du temps, depuis la nuit des temps …Mais, je n’ai pas le temps de les citer toutes !
Cette gestion du temps devient stressante avec… le temps. Et nos soucis s’en trouvent amplifiés : au lieu de considérer le problème comme une simple étape dans un processus, nous focalisons sur ce souci particulier et le grain de sable devient … une montagne infranchissable !
Si l’on apprend à considérer le temps comme un flux, et que l’on admet une transformation constante des choses, alors les questions pourront se dénouer plus aisément (personne ne dit que c’est facile).
Laisser plus de place au spontané, à l’intuitif est une solution à envisager pour agrandir notre espace à vivre, « ralentir le temps » : savoir lâcher-prise, s’accorder des moments de liberté pour rassembler son énergie, reprendre des forces. S’arrêter un instant (un-temps) pour mieux avancer ensuite. Se recentrer avant que le corps lui-même ne donne l’alerte en criant à la saturation et ne vous laisse en rade !
Ce temps là, chacun peut le trouver dans le Qi Gong, la méditation, le tai ji quan, dans une pratique qui unisse corps et esprit, qui développe le contrôle de soi, de ses émotions, oubliant pour un … temps les sollicitations du monde extérieur. Et il faut bien profiter de ces « petits » temps où la pensée se détend (dé-temps ?), ou la conscience du temps change.
Il nous manque la sagesse du chat ! Le chat est un sage, il sait vivre !
Bon, d’accord, il ne se préoccupe pas d’aller chasser sa nourriture au supermarché, ni des aléas de notre quotidien.. Logé, nourri, grattouillé … il peut se le permettre.
Enfin, bref ( !?)… Tant qu’il y encore le temps de lire le blog de Xiao Long à temps… Tout va bien !