On parle beaucoup de nos pieds en général, de leur ancrage, de leur direction, de leur écartement…. Mais à l’autre bout, il y a… la tête. Sa position, son mouvement , le champs de vision que ses mouvements nous permettent sont tout aussi importants. Et puisque nous sommes en haut et qu’il fait partie du package, il ne faut pas oublier le regard.👀
La tête : Il faut imaginer que notre tête est rattachée au ciel par un fil, elle est droite, le menton légèrement rentré. Cette verticalité ne doit pas pour autant être obtenue par de la raideur : c’est un étirement doux.
L’être humain devait autrefois non seulement repérer les obstacles proches qui auraient pu entraver son cheminement, mais devait aussi avoir une vision plus lointaine, afin d’anticiper les dangers qui pouvaient se présenter.
Ce regard porté au loin n’est plus une nécessité depuis longtemps et nous avons curieusement, et fâcheusement, tendance à regarder nos pieds plutôt que de regarder l’horizon.
Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans notre pratique, il semble que les yeux se portent naturellement vers le bas. 👢👢
Veux-t-on par-là s’assurer que nos pieds sont toujours là et nous obéissent ? Sommes-nous si concentrés que nos yeux cherchent à voir notre intérieur ? Ou, au contraire, sommes-nous trop absents ?
Ce regard au ras du sol nous prive du monde environnant et nous n'avons qu'une perception étriquée de ce qui nous entoure!
Nous perdons notre axe et un peu de notre stabilité car notre tête est très lourde (avec tout ce qu'il y a à l'intérieur! pas étonnant!!!) Une tête pèse environ 5 kgs (cerveau, crâne, muscles, peau...). De plus préservons nos cervicales qui subissent d'autant plus de pression que nous piquons du nez.
Bref, puisque nous pratiquons un art -martial- interne , il serait plus utile de regarder devant soi et non vers le sol (ou bien serait-ce l’expression « foncer tête baissée » qui nous influence?).
⛅Notre tête s’étire vers le ciel, nous centre, nous axe et fait partie des éléments qui nous donnent notre force (tranquille).
La tête est mobile, elle accompagne les mouvements et donne de la vie aux techniques. Position de tête et regard sont liés.
Voir sans regarder :
Le regard embrasse tout, sans éparpillement, sans concentration particulière sur un objet. Le regard naturel voit tout, sans se fixer sur aucun détail. Le regard naturel est habituellement périphérique. Il est juste attentif.
Nous sommes conscients des déplacements autour de nous, nous prenons en compte les informations, mais nous ne focalisons pas notre attention dessus. Nous avons, par la même occasion, une meilleure perception de notre corps dans l'espace.
Cependant ce regard n'est pas vide. Il ne s'agit pas d'être focalisé sur notre intérieur au point que plus rien n'existe et que l'on ferme toutes les portes, tous les volets pour se replier entièrement sur soi.
Regard yin yang :
Le regard est dedans ET dehors, il est tourné vers l'extérieur ET vers l'intérieur. C'est un regard naturel, posé, le cœur et l’esprit sont calmes.
Mais le regard reste vigilant, concentré - mais d'une concentration légère – On visualise la finalité de la technique, il traduit une intention, une détermination mais sans agressivité !.
Le pratiquant est donc attentif. Il reste « ancré » dans le réel... et dans le sol.
Ce regard fait penser à celui du chat qui ne dort que d’un oeil ! L’animal est calme, relâché, paisible, mais son œil reste entrouvert et surveille les alentours…
Enfin, le regard et la position de tête déterminent l'axe du corps qui favorise une respiration plus large et correcte.
Bref, quand on pratique, même si on est bien, on ne s’endort pas en cours de route siouplé !