Quelques personnages très particuliers interviennent dans l’histoire de la Chine, et certains valent vraiment le détour :
Ce général britannique, Charles George Gordon (1833 – 1885), a eu nombres de surnoms : Chinese Gordon (Gordon le Chinois), Gordon Pasha, et Gordon of Khartoum (Gordon de Khartoum). Voilà qui résume une carrière hors normes.
Pour ce qui nous concerne, nous nous arrêterons à Chinese Gordon !
Il servit donc dans la campagne de Chine de 1860: un peu d’histoire… (Cette période est très agitée et riche en évènements, ce n’est qu’un aperçu… sinon, tout le monde va aller boire un café sans connaître la fin de l’histoire )
La révolte des Taiping est un soulèvement violent, un des conflits les plus meurtriers de l'Histoire. Entre 1851 et 1864 cette révolte a frappé la dynastie Qing qui mit près de quinze ans à en venir à bout.
Les rebelles avaient fondé en Chine du Sud et en Chine centrale, le Tàipíng Tiān Guó ou « royaume céleste de la Grande Paix « 太平天国 ».
Le fondateur du mouvement est Hong Xiuquan (1814-1864), celui-ci, persuadé d’être le frère cadet de Jésus, se proclame « Empereur du Ciel » et conteste le pouvoir de l'empereur Xianfeng (1831-1861).
Il promulgue une réforme agraire, il refuse la polygamie, se prononce pour l'égalité des sexes, mais avec une stricte séparation entre les hommes et les femmes ( ? curieuse égalité), la coutume du bandage des pieds des femmes doit être bannie (une bonne chose ! ces « pieds en lotus » étaient une vraie torture), il refuse les mariages arrangés, les jeux d'argent, l'esclavage, la torture, la prostitution, la propriété foncière privée … Prêchant ces idées, il rencontre un franc succès et finalement ses disciples optent pour la révolte.
Les Taiping veulent renverser la dynastie mandchoue. Ils prennent Nankin, l'ancienne capitale de la dynastie Ming, dont ils font la capitale du « Royaume Céleste de la Grande Paix » et livrent de nombreux combats. Le gouvernement Qing a bien du mal à faire face, d’autres révoltes se déclarant en parallèles, devant puiser dans des réserves de plus en plus réduites en hommes comme en argent.
C’est ici que rentre en scène Chinese Gordon :
L'armée de Chinese Gordon est surnommée « l'Armée toujours victorieuse ». Il succède à Frederick Townsend Ward. Marin, flibustier, mercenaire , soldat de fortune, cet Américain était à la tête de cette unité qui, à l’origine , est une troupe de 5 000 combattants occidentaux et chinois, encadrés et entraînés à l'occidentale par des volontaires européens et américains… le tout financé par les négociants de Shanghai menacée.
C’est avec l'assentiment de son gouvernement que Charles Gordon entre au service de l'Empire Qing pour combattre les Taiping. Il va reprendre aux insurgés Suzhou et Wankin.
... … Finalement la dynastie mandchoue qui semblait perdue peut souffler !
En tant que capitaine dans les Royal Engineers, Gordon a été obligé de participer à l'incendie du Palais d’Été de Pékin en 1860 et cette destruction a été ressentie comme une réelle épreuve. Il écrivit à ce sujet : « C'était un travail misérablement démoralisant pour une armée. »
Les unités françaises et britanniques font des ravages, les pillages vont bon train, des Chinois aussi apportent leur contribution.
Il faudra 3 500 soldats britanniques pour mettre le feu à l'ensemble du site. Le Palais d'Été brûlera trois jours durant...
En 1863, Gordon rentre au Royaume-Uni, malgré les offres des Chinois. Son surnom cependant, le « Chinois », lui restera.