Un petit film de Kung fu de temps en temps, ce n’est pas une si mauvaise occupation… Ces films où l’on vole à travers les bambous, où l’on marche sur les toits, sur les murs, où le moindre regard intense pétrifie votre adversaire! On ne s’en lasse pas (ou si?)🤔
The Grandmaster n’est pas en ce sens un “vrai” film de Kung fu, mais… il va intéresser certainement ceux qui aiment les belles images, les précisions techniques. C’est un tableau vivant plus qu’un film...
Le sujet : Ip Man (encore!)
Ip Man est un sujet inépuisable : il y a eu tant de film autour de ce personnage hors pair… Ce maître légendaire de Wing Chun semble inspirer.
Wilson Yip n’y était pas allé de main morte : Il y a eu Ip Man, puis le Ip Man 2 (avec un Donnie Yen au top de la forme), puis le Ip Man 3 (avec le jeune Yu Hang To)…
On pensait enfin tout savoir sur ce Maitre exceptionnel… Ben non !
Il y a aussi le film de Wong Kar-Wai . Un film qui a demandé beaucoup de travail et a maturé un certains temps (5 ans!) avant de voir le jour. Le maître hongkongais a pris son temps – pourtant les critiques ne sont pas toutes très positives…
Tony Leung, l’acteur principal s’est entraîné dur pour incarner le Maître : il aurait passé dit-on des journées entières à pratiquer. Une blessure (bras cassé) l’a même obligé à stopper le tournage un moment… Bref, du sérieux tout ça ! Tout n’est pas encore virtuel au cinéma… (heureusement!)
Zhang Ziyi –que l’on ne présente plus- ou si quand même ?
Son parcours n’est pas des moindres : « Tigre et dragon », « Le secret des poignards volants », « Hero », « Mémoires d’une geisha » et j’en passe…. Bref, Zhang ZiYi est là (c’est tout dire !) dans le rôle de Gong Er, fille de Gong Baosen, Maître de Ba Gua.
Un film aux très belles images, beaux décors, beaux costumes, beaux combats … (Yuen Woo-Ping doit y être pour quelque chose !). Là tout le monde est unanime !
Le directeur artistique,William Chang Suk Ping , est aussi celui qui a créé les costumes . Et il n’a pas chômé : recherchant la perfection jusque dans les détails et afin que les costumes soient en accord avec l’époque.
150 costumes ont été faits pour ce film, brodés main souvent assemblés main pour plus de réalisme… De nombreuses recherches ont été faites pour que les couleurs, les tissus , les techniques soient les plus proches possibles de ce qui se confectionnait alors. Rien n’est laissé au hasard ! Même les chaussures ont été réalisées à la main.
Le tournage a duré trois ans : quelques 360 jours effectifs de tournage, avec de grandes pauses intermédiaires… et une histoire évolutive. Un film d’orfèvre.
Ce pourrait être « paaarfait », mais il semble que l’on se perde tout de même un peu dans les méandres de l’histoire –car il y en a une !
Celle du Maitre Ip Man dans la Chine des années 30-40, alors qu’il commence à enseigner à Hong Kong. Une période marquée par l’invasion japonaise, période chaotique s’il en est, pendant laquelle les arts martiaux ont la part belle.
Reste une impression de patchwork très esthétique, un Ip Man au panama blanc immaculé qui reste nickel quoi qu’il arrive… et une Gong Er (Zhang Ziyi), Maître de Ba Gua « belle à tomber »… ce qui n’enlève rien à l’efficacité de sa technique !
Une grande fresque historico-poético-philosophique sur laquelle les avis divergent… Un grand voyage romantico-nostalgique… Bref, même si ce film ne plaira pas à tout le monde, c’est beau et ça vaut le détour !