HISTOIRE
L'histoire de la soie débuterait en Chine entre 3000 et 2000 ans av. J.-C. (le plus vieux fragment de soie découvert en Chine datant tout de même de 2570 av. J.-C.)
Pendant trois millénaires la Chine aurait fait commerce de ce tissu précieux sans jamais en transmettre le secret. L’art de fabriquer la soie se serait ensuite progressivement transmis aux autres civilisations par le biais d'espions variés et singuliers en fonctions des légendes en cours (moines, princesses, pillards …)
Arrivée en Europe occidentale seulement à la fin du Moyen Âge, la production de soie s’industrialise, puis décline. En France où la sériciculture s’était bien installée, les vers à soie ont été touchés par une maladie délicate, la pébrine, que Louis Pasteur étudiera plusieurs années avant de proposer un remède. ,La soie va redevenir alors une production essentiellement asiatique.
LEGENDE (enfin, une des versions...) :
Confucius et la tradition chinoise racontent qu'au XXVIIe siècle av. J.-C. un cocon de ver à soie serait tombé dans la tasse de thé de l’impératrice Leizu 嫘祖 . On l’imagine bien, installée confortablement sous un mûrier et profitant de son jardin tout en buvant tranquillement son thé, lorsque un cocon tomba de l’arbre. En le retirant de sa tasse, elle remarqua un fil qui dépassait. Le cocon, ramollit par l’eau chaude du thé commençait à se défaire. Elle tira sur ce fil et ce fil n’en finissait pas. On dit même que ce fil avait la longueur de son jardin (on ne dit pas si le jardin était grand… bon, c’est une légende… )
Elle alla chercher d’autres cocons sur l’arbre, s’installa et démêla patiemment les fils puis voulut les tisser. Elle obtint alors une étoffe incroyablement légère et douce...
Elle aurait ensuite passé de nombreuses journées à observer la vie du bombyx et remarqua qu’il ne se nourrissait que de feuille de mûriers. Elle demanda alors à son mari, qui n’était autre que l'Empereur Jaune Huangdi, de lui offrir un verger de mûrier pour pouvoir élever ces petites bêtes et collecter leurs fils pour les tisser. Elle devrait également posséder un métier à tisser pour ce travail.
Elle enseigna par la suite à ses proches la sériciculture. La jeune femme est considérée comme la déesse de la soie.
La soie montrait beaucoup d’avantage, hiver comme été, elle a son utilité. Elle est solide, peut se teindre, se peindre, se broder et les couleurs ne passent pas. La production réservée d’abord à l’Empereur et ses proches, se « démocratise » et tout le monde voulait acheter de la soie. L’Empereur et les membres de sa famille portaient de la soie blanche dans l’intimité et de la soie jaune en public.
Et, on ne le sait pas toujours, mais on pouvait fabriquer des cordes pour le tir à l’arc par exemple, ou pour des instruments de musique, ou des fils de cannes à pêche… On pouvait payer ses impôts en soie, l’État pouvait payer ses fonctionnaires en soie… (les salaires ne tenaient qu’à un fil?)
Le secret de la soie fut bien gardé… pendant un certain temps…quelques deux mille ans, puis la Corée et l’Inde découvrent à leur tour les vers à soie : on dit qu’une princesse chinoise donnée en mariage à un prince, aurait caché des cocons dans sa coiffure pour passer la frontière ( ! pas de douane…)
C’est encore « sous le manteau » que la soie passa vers Byzance : on dit que deux moine travaillant pour Justinien le Grand, rentrèrent de voyage avec des cocons dans leurs bagages...
ET AUJOURD’HUI
La soie sous toutes ses formes reste à l’honneur à travers le monde. Il y a quelques années déjà s’ouvrait à Paris une exposition intitulée « Reconstitution : Art et conception des soieries chinoises ». Elle a été inaugurée avec un défilé de mode au Centre culturel de Chine. Les mannequins français ont défilé sur fond de musique traditionnelle chinoise pour présenter plusieurs créations conçues avec de la soie chinoise. On peut tout faire avec de la soie , non seulement des vêtements, mais aussi des pochettes, des bijoux… des tableaux… ce matériau est toujours aussi surprenant !
La Chine reste le premier producteur de soie au monde, les États Unis viennent ensuite, puis le Japon.
La France a connu ses heures de gloire, mais elles sont lointaines… Lyon est encore connu et organise encore des festivals autour de la soie. Il ne reste qu’une vingtaine de manufactures en France…
Si le cœur vous en dit, plantez quelques mûriers… peut-être dégoterez vous quelques bombyx mori… (inconnu à l’état sauvage… mais si quelqu’un passe par là avec un cocon dans son chignon????)🐛