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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 15:05

Il y a plusieurs façons d’apprendre le Tai Ji Quan.

On vous dira que certains maitres ne parlent jamais, montrent simplement et font répéter un mouvement, un seul, des dizaines (pour ne pas dire des centaines) de fois pour mieux le comprendre, l’intégrer, le « vivre ».  Il n’y a rien à dire, rien à expliquer, il y a juste à expérimenter…

et à patienter !

 

La patience n’est pas vraiment dans les habitudes des Occidentaux… Et j’en connais peu qui résisteraient à cette pédagogie. De même que l’on imagine assez difficilement un prétendant karateka, balayant le chemin autour du dojo pendant des années en attendant d’être admis dans le saint des saints… (on aurait tenté l’aspirateur pour aller plus vite ?)

 

Il n’y a aucun jugement à émettre, il n’y a pas de mieux ou moins bien, il n’y a que du différent. Nous aimons savoir ce que nous faisons et pourquoi… On reste sur notre faim quand rien n’est expliqué ! (Descartes est passé par là ?)

En général notre esprit est plutôt attiré par  le « apprendre d’abord la suite de mouvements et voir les détails ensuite ».

 

En effet nous éprouvons le besoin de savoir ce qui « se passe après », nous avons du mal à rester longtemps sur le même mouvement. Apprendre donc dans un premier temps l’enchainement, mémoriser la suite des techniques, reste notre souci n°1 !

Dans un second temps, l’esprit libéré du « et qu’est ce qui vient après », on peut alors approfondir, corriger si besoin afin de gagner en précision et en finesse.

 

Les neurosciences nous donnent raison et disent qu’il est inefficace de vouloir en même temps mémoriser la suite de mouvements et être précis, ce qui exige un contrôle fin qui mobilise toute notre attention.

  

PHOTO Xiao Long

 

De plus, nous n’avançons pas tous à la même « vitesse » (si on peut parler de vitesse  en Tai Ji Quan ?)

Donc, si le rythme d’apprentissage dans un cours est vraiment trop rapide pour vous, il est sans doute préférable pour éviter la surchauffe neuronale de vous concentrer seulement sur l’ordre des gestes. Il est toujours possible de reprendre une forme l’année d’après –la même-  pour améliorer votre précision. Chacun a le droit d’aller à son rythme. Il n’y a aucun scrupule, aucune « honte » à avoir. Chacun sa stratégie après tout !

 

   Il ne faut en aucun cas se sentir « obligé » d’apprendre en permanence de nouvelles formes, le but n’est pas de les collectionner… surtout juste en suivant les autres…

On pratique avant tout pour soi. Il vaut mieux ne connaitre qu’une seule forme et savoir la réaliser tout seul que de loucher en permanence, la tête en gyroscope –ou périscope pour ceux qui sont en plongée profonde, pour suivre le mouvement : ce n’est plus de « l’interne », c’est de « l’externe » (au sens dispersion vers l’extérieur…)

L’approfondissement est un moment privilégié où l’on découvre soudain ce qui fait la technique, la respiration du mouvement, sa finesse, son harmonie…

On peut même (attention !) devenir accro à l’approfondissement ! Plus on avance, plus on voit et sent de choses insoupçonnées.

Il semble donc que ce qui nous convienne le mieux se soit

 1) de mémoriser l’enchaînement  puis

2) d’approfondir …

Allez, allez, on y va tout de suite!!!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 14:03
Photo Xiao Long

 

... Voilà une notion qui revient très souvent. C’est bien de s’entendre dire qu’il faut être enraciné, ou qu’il faut être moins « léger », encore faut-il comprendre ce concept de racines…

L’image parle d’elle-même direz-vous. Les racines évoquent les plantes, les arbres… On ne pense pas ici à ces végétaux qui n’ont que de petites radicelles, on veut évoquer plutôt le chêne solide dont les racines vont loin dans la terre (ou, un peu moins romantique, ces satanés pissenlits dont on n’attrape que la tête !)

Jing : Le corps

Dans un premier temps cet ancrage physique peut être difficile à sentir et à réaliser: Faire « prendre racine » à son corps s’apprend. Le plus simple est de commencer en statique. On cherche à se fixer dans le sol, et pour y réussir plusieurs paramètres entrent en jeu :

La détente du corps engendre une « lourdeur » dans les jambes et les pieds, posés sur le sol, sans crispation. Le poids du corps se répartit également dans les deux pieds. Les pieds forment notre base et reposent dans leur intégralité sur le sol du talon aux orteils.

Le centre de gravité se déplace vers le bas, on relâche les muscles du bassin, on gomme le creux des lombaires.

 

         Qi : La respiration

 

Pour un bon ancrage, la respiration doit nous aider aussi. Il est important de bien respirer pour développer la sensation d'enracinement. La respiration abdominale est idéale. En descendant vers l'abdomen, l’air gonfle le ventre, nous alourdit. La dilatation abdominale permet la descente du diaphragme et des énergies jusqu’au Dan Tian.

  Le Qi circule mieux, cela apaise. Cet apaisement et la détente qui en découle aident à l’enracinement.

 

Shen : … et la tête (alouette !)

 

L’esprit a aussi son rôle à jouer. Visualiser ses racines, conduire son énergie vers le sol par l’intention et se nourrir du sol est l’ancrage mental nécessaire pour s’établir, se fixer, de façon stable.

Ainsi, le corps, la respiration et l’esprit seront unis et vous serez « indéracinable » (sauf par grand vent ou tempête ?).

 

Mais cet attachement au sol ne doit pas cependant vous faire oublier votre attachement au ciel, sans quoi l’arbre ne poussera pas bien droit… et votre équilibre ne sera pas meilleur. Ne perdez pas le « fil »…

 

Les deux chemins :

Lorsqu’on parle d’enracinement, on fait le chemin « relâcher le haut pour remplir le bas ». Mais, l'énergie doit aussi s'élancer des « racines », les pieds pour aller vers le haut : ce sont généralement les pieds qui vont donner de la force au coup que transmettra la main, ou tout autre partie frappante. L'énergie provient des pieds, puis elle est dirigée par la taille avant d'être transmise par les mains.

Action !

Il est plus difficile au début de conserver cet enracinement dans l’enchainement, dans la « dynamique » (même si on ne risque pas l’excès de vitesse !).

C’est pour cette raison qu’il faut respecter les différentes phases du déplacement :

 Passer de la « position assise » quand le poids est dans la jambe arrière, à la phase où le poids du corps se déplace, doucement, graduellement d’un pied vers l’autre pied, en attendant d’atteindre la position finale, « pas de l’archer » par exemple. Si toutes ces phases - initiale, intermédiaires et finale -  ne sont pas respectées, alors on coupe ses racines, on devient « léger », et le déséquilibre nous guette (en plus !) au moindre coup de vent dans les branches. Pour ne pas rompre son « attachement » au sol, la patience dans le mouvement est de rigueur…

Alors, retrouvez vos racines…..

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 13:49

Une épée est une arme (et si !). Il faut apprendre à la connaitre pour être plus conscient des techniques que l’on devra exécuter dans un enchainement. Sans quoi, on s’expose à l’agiter comme une vulgaire cuillère en bois, ce qui n’a rien de spécialement martial…

Photo Xiao Long

 

L’épée a une pointe (estoc)!

 

L’épée (spatha en latin) est une « chose plate » à deux tranchants (taille).

 

Entre ces deux tranchants, on trouve le plat que l’on n’utilise jamais pour parer, la lame pourrait se briser. Les frappes de taille (frapper avec le tranchant de la lame) tendent à faire de longues entailles impressionnantes.

 

L’épée a une garde : elle protège la main. Les épées chinoises ont des gardes assez petites.

 

L’épée a une poignée : sans elle, il serait bien difficile de la tenir !

 

Elle a un pommeau : l’extrémité de la poignée la plus proche de nous, il sert de butée pour éviter à la main de glisser, à l’occasion, il peut aussi servir à frapper… (On fait feu de tout bois !)

L’épée a un fil :

Le fil de la lame est la partie tranchante de la lame. Parer avec le tranchant entraîne une détérioration du fil de la lame (cf le poisson scie)

Photo Xiao Long

L’épée a aussi un axe :

Le coup de pointe n'est efficace que s'il pénètre dans l'axe de la lame. Cela permet de transpercer ( ! virtuellement pour nous…je vous rassure) son adversaire.

L’épée a un faible (pour qui ?) :

le tiers de la lame le plus éloigné de la main est en général la partie la plus souple. Normalement on ne pare jamais avec le faible. Par contre, on s’en sert pour lacérer (Comme Zorro, lorsqu’il laisse son initiale ou lorsqu’il coupe les bretelles du sergent García !).

Si elle a un faible, elle a aussi un fort : c’est la partie la plus solide de la lame, celle qui sert à parer les coups.

 

Le deuxième tiers de la lame sert à trancher.

 

Dans le Kung Fu Shaolin, l’épée (Jian) est surnommée le « gentilhomme des armes » : il faut donc la manier avec « noblesse »…

Liée à l’élément Feu, son maniement est subtil, ses techniques aériennes, les attaques sont coulées dans le mouvement (rien à voir avec Bayard, le Moyen-âge et l’épée à deux mains !). Le but est d’affaiblir l’adversaire par des frappes précises avec les angles de la pointe, tranchants comme des rasoirs!

Plus la lame est droite, plus les mouvements doivent être circulaires pour avoir une réelle efficacité...

 

 

L’autre épée :

Si la main droite tient une épée, la main gauche est vide. Avec les doigts on fait un « mudra », index et majeurs tendus, les autres doigts repliés. Ce mudra « Pran » , épée magique du taoïsme, contribue à l’équilibre général de la personne...

Symbole de l’épée, on lui confère un sens énergétique. Au-delà de sa fonction d’équilibrage, il semblerait aussi qu’autrefois on combattait avec le fourreau de l’épée, on le tenait en posant les deux doigts en question dessus pour le contrôler. Le fourreau restait contre l’avant-bras, prêt à parer en cas de besoin.

 

Gag mis à part, la spatule en bois , maniée dignement, est un bon moyen de s’entrainer dans son salon sans avoir ... à refaire la déco !!!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 18:47

Le Tai Ji Quan est un thème inépuisable. Que l’on s’y intéresse pour ses aspects martiaux ou de santé ou énergétiques, il y a toujours à découvrir sur le sujet.

 

L’enseignement …

Dans la tradition, le maitre enseignait à ses élèves par l’exemple : pas de discours superflus, juste quelques corrections et de très nombreuses répétitions… Les détails non visibles des techniques n’étaient pas révélés. Certains pensent que les tenues larges étaient là pour masquer les finesses des techniques.

Il faut préciser que la concurrence était rude et donc chacun aimait à garder ses petits secrets d’efficacité afin de conserver son « fond de commerce ». Ce n’est qu’à l’aube d’une « retraite » bien méritée que le maitre donnait les clés de son succès à son fils ou son premier élève.

Mais cette forme d’enseignement –par l’exemple seul- n’est pas forcément adaptée à notre forme d’esprit. Le fait que le mouvement soit structurellement juste ne suffit pas à nos cerveaux cartésiens sans cesse à la recherche du pourquoi et du comment. Et après tout, quel mal y a-t-il à chercher à comprendre me direz-vous ?

Xiao Long a connu une année de « tradition » à ses débuts : placé au milieu de personnes qui pratiquaient depuis quelques années, le professeur a dit à ce petit dragon curieux mais novice de « faire pareil »… Un vrai casse-tête (chinois, bien sûr).

Perdu dans un groupe qui faisait la forme 24, essayant d’imiter les autres pendant des heures… Il faut un gros capital « motivation » pour résister !!! Le risque majeur est tout de même d’être frappé par le « syndrome du périscope » (se dévisser la tête pour voir ce que fait le voisin). Sans parler de la frustration de cette caboche de petit dragon qui cherchait un sens à ce qu’il reproduisait…

L’imitation a ses limites, même si le Tai Ji Quan est une forme d’apprentissage « artistique » et que pour apprendre à peindre, on commence bien par imiter… mais il faut tout de même à un moment donné apprendre la technique et comprendre ce que l’on fait. Cette affirmation n’engage que Xiao Long, pauvre dragon aux neurones avides.

Nous ne sommes pour la plupart que de malheureux occidentaux… et dans cette fabuleuse discipline, quelques explications ne sont pas de trop si l’on souhaite faire autre chose que de gesticuler harmonieusement dans le vide! Cela ne signifie cependant pas que l’on supprime tout ressenti.

On pourrait imaginer des phases :

1. faire/ressentir ;

2. approfondir/comprendre ;

3. ressentir plus précisément (puisqu’on a compris), voire différemment ;

4. S’exprimer par l’harmonie du geste et de l’esprit…

 

La pratique…

Est un long chemin. Rien de bien nouveau dans ce domaine. Il ne faut pas attendre de résultats précis, plutôt se laisser porter, constater ses progrès parfois, accepter ses phases de « stagnation », propres à tout apprentissage.

Pratiquer est un travail… qui n’en est pas un (waouh !!! c’est presque un proverbe chinois ça !) Pratiquer ne doit pas devenir une corvée. C’est une recherche personnelle plaisante qui nous permet de vivre de plus en plus intensément ces formes codifiées. Un mode d’expression personnelle, de développement personnel.

Et, peu à peu, on se rendra compte que l’on intègre ses acquis dans la vie quotidienne dans sa façon d’être –physique et mentale- et là… ce sera déjà très bien !

 

Xiao Long pense aussi que…       

Petit Dragon évolue à présent depuis quelque temps dans les eaux profondes du Tai Ji Quan. Il sait qu’il y a encore bien des choses à découvrir et se prépare à plonger plus loin encore…

(Le tout est de ne pas perdre de vue la surface…)

 

Le Tai Ji Quan est un peu comme une langue vivante, il ne suffit pas de la parler à peu près bien pour en comprendre les finesses : il faut, à un moment donné, se rapprocher de la culture –au sens large- du pays de départ. Connaitre les noms des mouvements, leurs noms chinois par exemple, lire quelques documents sur la Chine d’hier et d’aujourd’hui aussi (en buvant une tasse de thé… chinois ?), une louche de philosophie, quelques belles légendes, un soupçon de proverbes, une pincée de films… pour se rapprocher de cette forme de pensée si différente de la nôtre, voilà un prolongement à la pratique seule.

Et,  une fois que l’on aura bien rempli sa tête, on oubliera tout ... pour  pratiquer le cœur léger.

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 17:39

Voilà une posture dont le nom seul déjà nous relie à la nature : Faire l’arbre : Zhan Zhuang. Zhan signifie debout, Zhuang signifie planté comme un pieu.

Cet exercice ne parait pas compliqué, on se tient debout … comme un arbre.

Méfions-nous des apparences cependant. Arbre est un métier… cela ne s’improvise pas ! D’autant plus que cette posture peut être tenue de quelques minutes à … une heure !

Et oui!!!

Photo Xiao Long

 

Cette posture –debout- permet une connexion au Ciel et à la Terre. C’est un des exercices de base de la plupart des qi gong ainsi que dans certains styles internes comme le Yi Quan, le da Cheng Quan, le Xing Yi… le Tai Ji Quan...

Cet exercice d’origine chinoise est très ancien, on dit même qu’il serait pratiqué depuis près de 2500 ans (mais personne de cette grande époque n’ayant survécu, cela restera difficile à vérifier…)

. Il s’agit, entre autre, de découvrir les axes d’alignements dans le corps, trouver les interactions naturelles entre différentes parties du corps, les lignes de forces, qui peuvent permettre un meilleur fonctionnement du corps aussi bien sur le plan de la santé que sur celui de nos pratiques.

Ce travail est très subtil. Voilà encore un exercice qui demande à être pratiqué avec régularité si on veut espérer en récolter les fruits.

Rester immobile dans la décontraction initie un processus de transformation de la structure physiologique et psychique.

On peut dans un premier temps se concentrer sur 3 axes : vertical, du sommet de la tête aux dessous des pieds ; horizontal, représenté par les coudes ; l’axe du regard, vers l’horizon par exemple.

 

Ces axes se posent sur les zones du Dan Tian et de Ming Men (au niveau des lombaires), d’où l’importance d’une bonne position du bassin… des genoux et des pieds. Il vaut donc mieux ne pas improviser et apprendre la posture correcte avec un « spécialiste »…

Il existe d’ailleurs différentes postures d’entrainement selon l’âge, la condition physique ou le niveau de pratique.

Ce travail permet la bonne circulation des souffles (Qi). Ce placement juste du corps et de l’esprit est une bonne base pour le Qi Gong et les Arts Martiaux, on perçoit ce qu’est un « corps » dans sa globalité, on développe une sensation de soi plus précise, on peut mieux contrôler les tensions, la décontraction ou l’explosivité…

C’est une façon de se renforcer et de « nourrir la vie » (Yang Sheng), une méditation.

Bon, maintenant… si vous préférez vous asseoir… ou imiter l’arbre… couché…

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:10

Comment expliquer une chose complexe : mais par le biais d’une image, bien sûr ! Et dans ce domaine nos amis chinois sont des maitres.

 

Vous connaissiez l’aiguille au fond de la mer… Il en est une autre, perdue dans le coton… ne faites pas cette bobine!

On vous dira, pour définir notre discipline, que le Tai Ji Quan est l’art de concilier force et souplesse, puissance et douceur…

 Pour ce faire, l’image de « l’aiguille d’acier dissimulée dans la balle de coton » est utilisée pour éclairer le concept. Mais si cette citation  (de Yang Chen Fu 1883-1936) est connue, encore faut-il –pour pouvoir mettre en pratique cette notion- essayer de mieux comprendre dans le détail ce que l’on peut faire ressortir de cette image. Xiao Long vous livre sa version :

 

Vu de l’extérieur, le déplacement en Tai Ji Quan est doux, les techniques s’expriment souplement… Ce « coton » n’est qu’une enveloppe, cela ne signifie en rien que le pratiquant est un grand mollasson caoutchouteux (poulpe, pour rester dans le registre marin)…

Car si les membres se meuvent « comme des algues dans l’eau » (breveté Xiao Long), le centre, lui est solide : l’aiguille, l’axe du corps est stable, fort. Le corps est uni autour de cet axe et c’est en cela que réside sa force.

Ainsi, le pratiquant économise son énergie et ne s’épuise pas dans de grands mouvements violents. Cette énergie conservée dans le centre n’en sera que plus efficace lorsqu’elle sera déployée au dehors, au bon moment, de la bonne façon, au bon endroit : l’aiguille pique avec précision. Un petit noyau « atomique » en quelque sorte, concentration puis expansion.

« En accumulant la douceur, on développe la dureté » Gu Liuxin.

 

Dans la pratique, cet effet ne peut se réaliser que si la posture est correcte. Le corps doit se déplacer en harmonie (et pas une main par-ci, un pied par-là, façon puzzle…). La détente, l’élasticité, la « résilience », une respiration correcte  sont nécessaires.

Pour que ce concept ne reste pas une grande nébuleuse… Il n’y a plus qu’à… expérimenter !?

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:22

Voilà une évidence de plus dans le vaste monde du Tai Ji Quan…

 

Ce qui est vide n’est pas plein ! C’est un des principes de base de toute pratique, et malgré la clarté du propos… une petite explication n’est pas forcément inutile !

Les pieds…

Il n’y a pas d’hésitation possible dans la marche Tai Ji, le déroulé délicat des pieds fait transiter le poids du corps d’un appui dans l’autre et au final, un pied est « plein », donc Yang, l’autre est « vide » , donc Yin. Plus ou moins plein, plus ou moins vide, mais toujours le poids du corps est plus d’ un côté que de l’autre : il est rare dans nos formes que le poids du corps soit au final également réparti entre les deux pieds.

 

Ma Bu, la position du cavalier, est peu répandue dans nos formes – et on ne va pas s’en plaindre…(les cavaliers ont de tout petits poneys…).

 Seules les postures d’ouverture et de fermeture sont équilibrées : le poids du corps est également réparti dans les deux jambes. Et ici, en toute logique puisque l’ouverture est un préalable et va initier les déplacements Yin/Yang. La fermeture quant à elle symbolisant le retour au calme et à l’indéfini, la fin du cycle Yin/Yang.

 

Bref, si le poids du corps est dans la jambe droite : la jambe droite est « pleine », pendant que la gauche est  -donc-… « vide » ! (Super, tout le monde a suivi !)

Lorsqu’on débute dans la pratique, que l’on est encore hésitant sur les techniques et/ou que la mémorisation n’est pas parfaite, on a tendance à se positionner au milieu : comme on ne sait plus très bien dans quel sens on doit poursuivre, étant centré, on est prêt à partir dans toutes les directions. On veut la jouer « incognito », du genre : « Si je me trompe, je pourrais toujours rattraper le coup, ni vu ni connu, j’t’embrouille et les copains ne verront rien !!! ».

Ce n’est pas un bon plan ! Désolée…

Le piège est que l’on pense être plus disponible si on ne fait pas la différence entre plein et vide. Mais en réalité, c’est une mauvaise habitude que l’on prend là… C’est justement l’engagement dans le plein et le vide qui donne une indication sur la suite des évènements : Si je termine la technique avec une jambe droite pleine… c’est elle qui devra se « vider » par la suite. Si je termine un brosser de genou, jambe droite devant et remplie, je sais que je vais devoir alléger cette jambe et « alourdir » l’autre, puisque je navigue selon les règles du Yin /Yang…

 

L’alternance du vide et du plein rythme notre avancée, donne des indices pour la suite des déplacements : si je suis toujours « au milieu », comment savoir si je vais aller vers l’avant ou vers l’arrière au mouvement suivant ? J’aurais toujours un « temps » de retard, je serais moins stable. Bref… Engagez-vous !

 

Et la tête (alouette?) !

Nous avons parlé du bas….

Alors,le haut maintenant !

Tête vide ne signifie pas que votre électroencéphalogramme ressemble à une ligne droite ininterrompue :

L’esprit est « vide », libéré de toute réflexion : la tête se redresse et tend vers le Ciel et ainsi l’esprit peut s’élever. Le fameux fil qui nous relie au Ciel est là pour nous aider. Cette attitude nous permettra de laisser circuler librement le Qi et le sang.

Si la tête est « pleine » de pensées parasites, le cou, la nuque tendue, la position du corps induira des tensions qui seront susceptibles de bloquer cette circulation d’énergie et de sang.

Si la tête est légère, l’esprit reste en éveil, la concentration sans contrainte.

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:00

On le sait, le Tai Ji Quan n’est pas une activité speedante ! Les affairés et autres fourmis pressées d’engranger et d’arriver au but ne peuvent qu’en être déçus.

Si je vous dis donc, qu’il faut savoir prendre le temps de s’asseoir en exécutant votre forme, vous n’en serez aucunement étonné ! Il ne s’agit pas de faire une pause (bien méritée pourtant), de prendre un siège confortable et de siroter un bon petit thé chinois- ou japonais à l’extrême limite… Non, nous sommes dans l’action pure : il faut s’asseoir… en avançant.

 

Être assis : c’est une image.

Ici, on s’assoit –sans chaise- dans le vide… ce qui nous permet d’avoir le dos plus droit, les genoux plus souples, donc une meilleure amplitude de mouvement. La colonne vertébrale se redresse, le bassin se place de façon que les tensions dorsolombaire soient réduites et que les lordoses (lombaire et cervicale) s’adoucissent. On cherche à gommer les cambrures mais en finesse, sans rétroversion complète du bassin. La tête « colle » au ciel, le coccyx « colle » à la terre.

 

Être assis : c’est un « ralentisseur ».

Si on prend le temps de passer par (pas d’y rester une heure non plus…) cette étape, la respiration, les mouvements deviennent plus amples, plus lents encore, la coordination haut/bas est meilleure. On a toujours tendance à se projeter en avant un peu trop « vite » et à oublier que notre corps « ballon » oscille entre deux pôles, comme si un élastique nous tirait vers l’arrière, alors qu’un autre nous amène en avant.

 

Être assis : c’est un « stabilisateur », comme les petites roues des vélos pour les enfants ! Voilà un bon moyen de gagner des points en équilibre, en particulier dans les postures de « la grue » (qui du même coup peut se permettre de battre des ailes en toute sérénité), du « pipa » ou du « repousser de singe » (moins malheureux d’avoir à reculer sans rétroviseur).

 

Bref... il n’y a que des avantages à prendre le temps de s’asseoir, position du corps plus agréable, rythme tranquille, coordination plus fine, meilleur équilibre... En prime, cela renforce la musculature de nos petites jambes…

Personne ne dit que cela est facile. Mais pour vous récompenser de ces efforts, vous pourrez toujours vous laisser tomber dans un bon vieux canapé moelleux au retour de votre pratique !

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 15:44

 

Tai Ji Quan et Qi Gong sont complémentaires, cela n’est pas une nouveauté ! Le Qi Gong permet d’approfondir l’aspect interne et énergétique, de consolider la force interne (cf. Obi-Wan Kenobi et son Bang laser...).

Si on connait bien (ou presque !) les formes de Qi Gong à « mains nues », on ne sait pas toujours qu’il existe aussi des exercices avec « support » (et non, pas avec « arme » quoi que…). On peut travailler avec une balle, en bois de préférence- Tai Ji Qiu- ou bien avec une règle –Tai Ji Ci- ou encore avec un bâton : Tai Ji Bang.

Vous me direz, quel est l’intérêt d’un ustensile en Qi Gong… Comme si ce n’était pas déjà assez dur de se concentrer sur ce que fait notre corps ! Eh bien, justement… On trouve parfois difficile de se détendre correctement, et même on peut avoir la sensation d’être de plus en plus tendu à force de penser à … se détendre ! Pour remplacer les « mille pensées » par une seule, faire tourner un Bang est une bonne solution. L’esprit est alors concentré sur une seule chose. L’énergie dispersée se rassemble en un point.

 

Ce bâton de bois, arrondi aux extrémités peut avoir jusqu’à 40 cm de long selon les écoles et exercices. On peut le tordre, « l’essorer », le faire tourner, en spirale, en cercle…

 

Photo Xiao Long

Les principes :

Comme pour la pratique du Tai Ji Quan, le corps est détendu, les épaules décontractées, les coudes relâchés, la poitrine légèrement creusée, les genoux un peu fléchis pour un meilleur enracinement.

 

Les effets :

Le Bang est en contact avec les paumes, les doigts et stimule ainsi les points situés sur les 6 méridiens des membres supérieurs. Ainsi, la circulation du Qi est favorisée dans tout le corps, le travail des jambes relançant la circulation énergétique dans les 6 méridiens des membres inférieurs, les mouvements de la taille favorisant la communication entre le haut et le bas.

Les mouvements se répètent et le corps se détend, la respiration se calme. On peut s’exercer sur place ou en déplacement.

On renforce les tendons, les articulations, les muscles des membres supérieurs.

On peut aussi se servir du Bang pour des automassages, pour percuter certains points… (Ou accueillir Monsieur s’il rentre trop tard ?)

On peut enfin travailler à deux, une sorte de Tui Shou avec Bang pour entrainer la coordination, la synchronisation des mouvements !

 

Les écoles :

Elles sont nombreuses, chacune ayant développé les exercices les plus pertinents pour leur propre pratique de Tai Ji Quan. Il existe même une forme au double « bang »!!

 

Pour notre pratique :

Le Tai Ji Bang Dao Yin Yang Sheng Gong, crée par Me Zhan Guan De, demande de préférence un bâton léger, fin et assez court pour faciliter les mouvements de rotation.

  Nos formes (il en existe deux), sont aussi de bons échauffements avant la pratique du Tai Ji Quan, cela permet de mobiliser en douceur les articulations, et de stabiliser l’esprit avant de pratiquer nos taolus.

Le travail du poignet est particulièrement intéressant pour la pratique de l’épée et de l’éventail qui demande une grande souplesse et un bon contrôle de notre centre (taille) et des membres supérieurs de l’épaule jusqu’au bout des doigts.

Le Tai Ji Bang est encore rarement proposé et souvent méconnu. Il ne faut pas laisser passer l’occasion de découvrir cet art du « petit bâton du Tai Ji ». Les mouvements sont très doux et agréables… et vous pourrez en plus utiliser votre Bang pour étaler votre pâte à tarte. (Tartelette…)

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 14:48

Que veulent dire ces mots mystérieux qui nous donnent le signal du départ ? On les entend à chaque fois… mais on ne sait pas trop ce que cela veut dire… C’est du chinois !

 

Au début de chaque forme, les pieds sont joints, on est centré (et concentré). C’est le Wu Ji. C’est le vide, le sans limite, l’indifférencié : il ne se passe rien à l’extérieur, mais à l’intérieur je suis toute conscience et esprit, je suis calme. C’est le Un.

 

Puis on se lance… « Le Tai Ji, surgi du Wu Ji, est la mère du Yin et du Yang » (Wang Zhongyue).

 

Préparation :

C’est la traduction que l’on donne pour « Yu Bei Shi ». Yù Bèi signifie « se préparer » et Shì  signifie  « forme, rituel, mouvement »…

Préparation, cela signifie que l’on a fait le vide, on se met « en condition » pour exécuter une forme.

C’est le moment ou le pied gauche se soulève pour se séparer du pied droit et se reposer naturellement à une distance raisonnable ! Yin et Yang (vide et plein) se distinguent puis se réunissent à nouveau lorsque le poids du corps se recentre et se répartit également sur les deux pieds.

 

Symbolique : moment de communion entre la Terre, le Ciel et l’Homme. On harmonise les Qi avant de se mettre en mouvement.

 

Ouverture :  

C’est la traduction que l’on donne pour « Qi Shi » (attention, ce « shi » ressemble à « shi » mais ce n’est pas le même « shi » !!!): qi signifie se lever, entreprendre » et shi signifie « puissance, force, tendance » …

 

On lève les bras, tout alors sera Yin/Yang jusqu’au bout de la forme. C’est le moment aussi où l’on choisit sa « hauteur » de croisière… pour ne pas jouer au yoyo !

 

Symbolique : On commence la forme, on réveille la force qui va animer le corps dans les déplacements.

  et enfin:

 

Fermeture :   

À la fin de la forme intervient « Shou Shi ».Shou au sens de recueillir, rassembler et le "shi" du début: rituel, forme.

Fermeture ici s'entend comme un rassemblement d'énergie au Dan Tian. c'est le moment où, lorsqu'on baisse les bras, on remonte (enfin!) sur ses jambes, avant de rapprocher les pieds pour retrouver la position initiale. La boucle est bouclée. C'est le Un de nouveau.

 

   

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

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