Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 13:38

 

On parle beaucoup de gymnastique chinoise, de Qi Gong, de Tai Ji Quan pour atteindre la sérénité… La « zénitude » est dans l’air du temps et devient un peu (trop ?) un phénomène de mode. Mais il ne faut pas jeter bébé avec l’eau du bain… (Et d’ailleurs, gardez l’eau aussi, elle est précieuse…)

 Il n’y a que du bon à prendre dans le Qi Gong comme dans le Tai Ji Quan.

 

Cultiver le calme, la lenteur :

 

La lenteur permet de rompre le rythme habituel, de s’apaiser. Le moment de pratique doit être une bulle confortable dans un quotidien où l’on court trop souvent après la montre.

On  peut se retrouver enfin. Dans cette lenteur, on perçoit mieux son corps et ses mouvements. On est calme et loin de tout. L’esprit se concentre et se libère.

J’entends de mauvais esprits qui me disent : « L’esprit se libère ? La bonne blague, il faut penser au mouvement juste, à ses mains, ses pieds… son port de tête (alouette ?). »

Et Xiao Long réplique : « Et bien justement ! L’esprit se libère du quotidien et de toutes les pensées parasites puisqu’il est pris (porté aussi) par le mouvement ! »

 

PHOTO XIAO LONG "Paresseux en pleine concentration"

PHOTO XIAO LONG "Paresseux en pleine concentration"

 

Prendre conscience de sa propre existence :

 

On prend conscience de son corps, de soi. On se détourne un moment de l’extérieur et on se tourne vers l’intérieur. Plus « zen »*, calme, on peut retrouver en nous ce qui est en sommeil, voir la vie différemment, apprécier ces instants, ouvrir son esprit.

* « zen » est un peu mis à toutes les sauces, mais l’image que dégage ce mot reste celle de la sérénité.

 

 Faire circuler l’énergie harmonieusement dans tout le corps :

 

Ah ! La fameuse « Énergie vitale » : les plus cartésiens, les plus sceptiques diront qu’il s’agit là d’une vaste plaisanterie. Même sans accepter le concept d’énergie qui circule dans des méridiens (ce qui est le fondement de la médecine chinoise –qui après tout- notons-le- en a soigné plus d’un), on sent bien que le corps se détend et chauffe, que la circulation sanguine est favorisée par ces mouvements.

Il n’est pas besoin de « croire » à l’énergie, il suffit d’apprécier le bien-être qui découle des exercices.

 

Se préserver :

 

Tai Ji Quan et Qi Gong font partie d’une démarche de préservation de la santé : En Chine, cela est une évidence, il faut prévenir les maladies par l’activité physique, le repos de l’esprit.

Chez nous, le plus souvent, c’est lorsqu’on est malade que l’on découvre ces disciplines… (Mieux vaut tard que jamais !).C’est une fois que le corps est épuisé –ou l’esprit- que l’on se dit qu’il faut y remédier…

Il est clair que ces activités, Qi Gong et Tai Ji Quan, renforcent le terrain, revitalisent le corps : tout le corps travaille en douceur. Beaucoup de kinés pratiquent et font pratiquer le Qi Gong à leurs patients, ces exercices globaux, moins pointus que ceux habituellement préconisés en kiné ciblent le corps dans son ensemble. Chacun peut faire les mouvements à son rythme et, gros avantage, on peut adapter le mouvement selon ses capacités. Il n’y a pas de but à atteindre, de performance à établir. On entretient, on progresse… Que du bonheur !

 

« Tout pour un » :

 

Il est rare de pouvoir adapter une activité à ses possibilités physiques. Ici, on le peut :

Que l’on soit un « vrai » sportif, un « ancien » sportif (Ah, les traumatismes du sport !!!), un « pas du tout » sportif , que l’on soit très jeune, jeune, moins jeune, plus très jeune ou pas jeune du tout, il y a toujours une solution pour tirer parti de ces disciplines et en ressentir les bienfaits.

 

Bref, à condition de ne pas s’attendre à des miracles (du genre : « L’arnaque !!! J’ai fait deux heures de Qi Gong et je n’ai pas atteint le nirvana »), Tai Ji Quan et Qi Gong peuvent apporter beaucoup et maintenir en forme notre esprit et notre corps.

Il suffit d’un peu de patience, de bonne volonté, de travail régulier (Aïe ! Ce n’était pas noté dans la pub !).

Et ... Bonne humeur et ouverture d’esprit ne feront pas de mal non plus…

À bientôt alors !

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 09:01

 

On vous parle Tai Ji Quan, Wu Dang, taoïsme, alchimie interne, externe….Quel rapport avec notre pratique à nous, aujourd’hui ?

 

Qu’est-ce que l’ « Alchimie taoïste » ?

Dès la dynastie Han, les Chinois pratique l’alchimie. L’alchimie apparaît dès le IIe siècle av. J.-C. dans les textes comme l’encyclopédie Huainanzi .

Les adeptes de cette méthode sont ceux-là même qui constitueront le courant taoïste. Ils cherchaient à fabriquer la « pilule de longue vie » -Souvent à base de métaux peu « digests »- ces cachets empoisonnaient fréquemment les personnes qui les prenaient… L’or, l’argent et surtout le cinabre, plus tard le plomb, étaient très utilisés dans ces préparations !

Le cinabre-de nature yin- (mercure) était mélangé à du soufre- de nature yang-… Bref, un fameux cocktail !

 

De très nombreux écrits sont dédiés à ces « recettes ». Le terme jindanshu (金丹術), « techniques de l’or et du cinabre », est l’appellation la plus répandue de l’alchimie dite externe.

(Quand on pense que de nos jours, il suffit de bien choisir son poisson pour avoir sa dose de mercure gratis !)

 

Principes :

L’idée qui fonde l’alchimie externe est que l'alchimiste condense temporellement les étapes de la cosmogonie dans un creuset, il reconstitue le chaos primordial.

 

Toutes les étapes - transmission des textes et des instructions orales, construction du laboratoire, scellement à la boue du creuset, allumage et contrôle du feu, ingestion de l’élixir - sont encadrées par des règles comme le Feng Shui par exemple et par des rituels de purification ainsi que des invocations et des offrandes aux dieux.

 

Les ingrédients alchimiques peuvent comporter des herbes en plus des minerais, ils ne doivent pas faire l’objet d’un marchandage ni être acquis auprès d’un commerçant en deuil… Tout cela est très codifié donc.

Le produit obtenu se nomme « or » ou « élixir d’or », symbole de pureté et de stabilité. Il peut simplement servir de talisman ou être ingéré.

L’alchimie externe, aurait fait six victimes parmi les empereurs Tang et encore plus chez les dignitaires. Elle disparait progressivement  au profit de l’alchimie dite interne… (On se demande pourquoi ?)

Celle-ci domine à partir des Jin/Song avec l’apparition de l’un des plus importants courants du taoïsme jusqu’à nos jours : Quanzhen.

 Quanzhen (« complète perfection ») et Jindan pai nanzong  sont les deux grands courants d’alchimie interne, dits « du Nord » et « du Sud ».

 

PHOTO Xiao Long

 

Vers l’alchimie interne…

On se détourne donc alors de la chimie (Wai Dan- alchimie externe) et du remède à avaler… et on se concentre sur l’être humain, sa connaissance et ses propres capacités.

 

Les alchimistes taoïstes développent alors la médecine, des gymnastiques Dao Yin, des pratiques sexuelles règlementées, des régimes et différentes formes de méditation (Nei Dan- alchimie externe) qui doivent nous garantir un printemps éternel, une jeunesse inaltérable...

Moins facile que d’avaler une pilule mais tout de même beaucoup moins dangereux !

 

Ce sont les trois composantes de l’humain, Jing-Qi-Shen : « essence, souffle et esprit », qui involuent grâce à l’ascèse en yin et yang, puis en élixir interne primordial.

On recherche donc l’état "primordial", en sens contraire de l’évolution, qui entraine la différenciation puis la mort. L’opération alchimique de fabrication de l’élixir de longue vie est désormais réalisée entièrement dans le corps du pratiquant grâce à des gymnastiques, régimes et méditations...

 

 

Et quel lien avec nos pratiques ?

 

Les grandes idées fondamentales, Yin-Yang/ Wu Xing (5 principes)/Dao (Voie)… sont toujours présentes dans nos pratiques. C’est ainsi que de façon très synthétique, aujourd’hui, on présente le Qi Gong, le Tai Ji Quan et la méditation comme des activités de « santé ».

L’homme est ce qu’il est et il cherche toujours la même chose : une forme d’éternité… une belle longévité pour le moins… qui, dans nos disciplines, et de façon plus terre à terre peut s’obtenir en calmant l’esprit et en gardant le corps en mouvement, en harmonisant yin et yang, en régulant nos émotions, en faisant circuler l’énergie dans les méridiens...

 

Bref, du travail sur la planche !

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 14:18

On connait bien les grades japonais, et toutes les disciplines japonaises en ont.

Quand on parle de grades pour le Tai Ji Quan, les esprits s’agitent : Certains disent que le Wushu ne se prête pas aux grades, c’est une évolution personnelle qui n’a pas besoin d’être mesurée puisque il s’agit d’une progression personnelle, il n’y a pas de maitre-étalon…

Un brin d’histoire (rapide !)

 

Autrefois, il n’y avait que trois « distinctions » : élève, enseignant et maitre (Sifu), cela avait le mérite d’être clair... et simple (on se demande tout de même comment l’élève se transformait en professeur, comment le professeur devenait maitre… Il devait bien falloir à un moment ou à un autre être évalué…

 

 Il semble que déjà sous la dynastie Tang un système existait ! … Mais il y a si longtemps …

 

Petit bond dans le temps…

 

Beaucoup plus tard (sous les Qing), pour des raisons politiques, le Wushu représente une menace et on se doit de contrôler de très près sa transmission… La pratique et l’enseignement perdent de leur prestige, et l’image véhiculée alors n’est plus très positive… C’est une phase de repli. Pourtant les disciplines perdurent et les techniques sont communiquées aux élèves… discrètement.

 

Second petit bond dans le temps…

 

L’essor économique de la Chine puis son ouverture vers l’Occident marque une nouvelle ère pour le Wushu qui retrouve ses lettres de noblesse et se fait connaitre largement en Chine et hors de Chine où les compétitions se multiplient.

 

Les grades existent officiellement en Chine depuis 1998.  Les Duan comportent neuf niveaux :

 

Le niveau élémentaire « Aigle » comprend les trois premiers Duan :

 

  • Qingying - Aigle de cuivre, 1er Duan
  • Yinying -   Aigle d'argent, 2e Duan
  • Jinying -   Aigle d'or, 3e Duan

Le niveau intermédiaire regroupe :

 

  • Qinghu - Tigre de cuivre, 4e Duan
  • Yinhu -    Tigre d'argent, 5e Duan
  • Jinhu -    Tigre d'or, 6e Duan

 

Le niveau supérieur réservé à ceux qui participent activement au rayonnement et à l’évolution de la discipline comprend :

 

 

Les Duan sont là pour évaluer la technique du pratiquant. Ils structurent l’évolution et jalonnent le chemin.

Au-delà de la technique « pure », ces étapes reposent sur des vertus fondamentales. 6 vertus martiales sont nécessaires : Avoir du cœur (Ren), respecter la hiérarchie (Yi), faire preuve de la politesse (Li), de maitrise de soi (Zhi), de loyauté (Xin), de courage (Yong).

Si ces vertus animent le pratiquant, alors, il ne passe pas un grade pour se pavaner ou bomber le torse car il est (croit-il) le meilleur…

Il le fait dans une démarche personnelle, pour progresser. Et la réussite le rend plus confiant et l’incite à continuer sa route, toujours plus loin, selon les règles du Wushu.

 

On peut bien sûr, se passer de grade et pratiquer très bien. Chacun choisit selon sa personnalité et ses convictions.

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 06:05

 

Le Tigre (Hu) est très présent dans la culture chinoise.
Le Tigre est le 3ème animal qui apparait dans le zodiaque chinois. 

Il est tout à la fois Yin  et Yang: il sait être toute souplesse, toute fluidité: un (méga) gros gentil chat,  mais  il peut soudain bondir, saisir sa proie avec les griffes et l'emporter...

Chasseur de démons, roi des animaux à fourrure, il porte parfois sur le front le caractère "Wang" - qui signifie "roi".

 

Lors de la fête du double 5 (5ème jour du 5ème mois lunaire), on traçait ce caractère- symbole du Tigre-sur le front des enfants pour les protéger des démons.De nombreux bonnets ou pantoufles d'enfant portent des oreilles de Tigre, des têtes de Tigres...
Le Tigre symbolise la force, la puissance, le courage, et comment prouver au mieux sa valeur, si ce n'est en se mesurant à lui, en l'affrontant.  

Sans doute est-ce pour cette raison que le Tigre est aussi présent dans notre pratique. Si les enchainements du 8 et du 16 préfèrent laisser le tigre en paix, et il doit bien en profiter, car tout se gâte pour lui par la suite!

 

Dans le 24, ou forme de Beijing, le tigre n'a qu'à bien se tenir et a interêt à avoir la peau dure: On va lui frapper les oreilles (shuang feng guan er). Il est à noter cependant qu'en chinois le terme "Tigre" n'apparait pas dans le nom de cette technique. En fait on parle du vent!  Le "Double vent traverse les oreilles" et... celà fait mal aussi!

 

PHOTO Xiao Long

 

La forme 48 propose  de l'attraper, à droite, puis à gauche (pai jiao fu hu), de le frapper aux oreilles (et re!), puis de le chevaucher (du li kua hu)( sur un pied en plus!) avant de tirer à l'arc sur le Tigre (wan gong she hu)! La pauvre bête... de quoi finir en descente de lit...
 
Il ne reste plus, dans la forme longue (88), et ce par deux fois, qu'à "porter le Tigre dans la montagne" (bao hu gui shan) où - nous l'espérons - il pourra goûter à un repos bien mérité... Et faire le "Tigre" des 5 animaux pour se remettre de ses émotions!

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 15:05

Il y a plusieurs façons d’apprendre le Tai Ji Quan.

On vous dira que certains maitres ne parlent jamais, montrent simplement et font répéter un mouvement, un seul, des dizaines (pour ne pas dire des centaines) de fois pour mieux le comprendre, l’intégrer, le « vivre ».  Il n’y a rien à dire, rien à expliquer, il y a juste à expérimenter…

et à patienter !

 

La patience n’est pas vraiment dans les habitudes des Occidentaux… Et j’en connais peu qui résisteraient à cette pédagogie. De même que l’on imagine assez difficilement un prétendant karateka, balayant le chemin autour du dojo pendant des années en attendant d’être admis dans le saint des saints… (on aurait tenté l’aspirateur pour aller plus vite ?)

 

Il n’y a aucun jugement à émettre, il n’y a pas de mieux ou moins bien, il n’y a que du différent. Nous aimons savoir ce que nous faisons et pourquoi… On reste sur notre faim quand rien n’est expliqué ! (Descartes est passé par là ?)

En général notre esprit est plutôt attiré par  le « apprendre d’abord la suite de mouvements et voir les détails ensuite ».

 

En effet nous éprouvons le besoin de savoir ce qui « se passe après », nous avons du mal à rester longtemps sur le même mouvement. Apprendre donc dans un premier temps l’enchainement, mémoriser la suite des techniques, reste notre souci n°1 !

Dans un second temps, l’esprit libéré du « et qu’est ce qui vient après », on peut alors approfondir, corriger si besoin afin de gagner en précision et en finesse.

 

Les neurosciences nous donnent raison et disent qu’il est inefficace de vouloir en même temps mémoriser la suite de mouvements et être précis, ce qui exige un contrôle fin qui mobilise toute notre attention.

  

PHOTO Xiao Long

 

De plus, nous n’avançons pas tous à la même « vitesse » (si on peut parler de vitesse  en Tai Ji Quan ?)

Donc, si le rythme d’apprentissage dans un cours est vraiment trop rapide pour vous, il est sans doute préférable pour éviter la surchauffe neuronale de vous concentrer seulement sur l’ordre des gestes. Il est toujours possible de reprendre une forme l’année d’après –la même-  pour améliorer votre précision. Chacun a le droit d’aller à son rythme. Il n’y a aucun scrupule, aucune « honte » à avoir. Chacun sa stratégie après tout !

 

   Il ne faut en aucun cas se sentir « obligé » d’apprendre en permanence de nouvelles formes, le but n’est pas de les collectionner… surtout juste en suivant les autres…

On pratique avant tout pour soi. Il vaut mieux ne connaitre qu’une seule forme et savoir la réaliser tout seul que de loucher en permanence, la tête en gyroscope –ou périscope pour ceux qui sont en plongée profonde, pour suivre le mouvement : ce n’est plus de « l’interne », c’est de « l’externe » (au sens dispersion vers l’extérieur…)

L’approfondissement est un moment privilégié où l’on découvre soudain ce qui fait la technique, la respiration du mouvement, sa finesse, son harmonie…

On peut même (attention !) devenir accro à l’approfondissement ! Plus on avance, plus on voit et sent de choses insoupçonnées.

Il semble donc que ce qui nous convienne le mieux se soit

 1) de mémoriser l’enchaînement  puis

2) d’approfondir …

Allez, allez, on y va tout de suite!!!

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 14:03
Photo Xiao Long

 

... Voilà une notion qui revient très souvent. C’est bien de s’entendre dire qu’il faut être enraciné, ou qu’il faut être moins « léger », encore faut-il comprendre ce concept de racines…

L’image parle d’elle-même direz-vous. Les racines évoquent les plantes, les arbres… On ne pense pas ici à ces végétaux qui n’ont que de petites radicelles, on veut évoquer plutôt le chêne solide dont les racines vont loin dans la terre (ou, un peu moins romantique, ces satanés pissenlits dont on n’attrape que la tête !)

Jing : Le corps

Dans un premier temps cet ancrage physique peut être difficile à sentir et à réaliser: Faire « prendre racine » à son corps s’apprend. Le plus simple est de commencer en statique. On cherche à se fixer dans le sol, et pour y réussir plusieurs paramètres entrent en jeu :

La détente du corps engendre une « lourdeur » dans les jambes et les pieds, posés sur le sol, sans crispation. Le poids du corps se répartit également dans les deux pieds. Les pieds forment notre base et reposent dans leur intégralité sur le sol du talon aux orteils.

Le centre de gravité se déplace vers le bas, on relâche les muscles du bassin, on gomme le creux des lombaires.

 

         Qi : La respiration

 

Pour un bon ancrage, la respiration doit nous aider aussi. Il est important de bien respirer pour développer la sensation d'enracinement. La respiration abdominale est idéale. En descendant vers l'abdomen, l’air gonfle le ventre, nous alourdit. La dilatation abdominale permet la descente du diaphragme et des énergies jusqu’au Dan Tian.

  Le Qi circule mieux, cela apaise. Cet apaisement et la détente qui en découle aident à l’enracinement.

 

Shen : … et la tête (alouette !)

 

L’esprit a aussi son rôle à jouer. Visualiser ses racines, conduire son énergie vers le sol par l’intention et se nourrir du sol est l’ancrage mental nécessaire pour s’établir, se fixer, de façon stable.

Ainsi, le corps, la respiration et l’esprit seront unis et vous serez « indéracinable » (sauf par grand vent ou tempête ?).

 

Mais cet attachement au sol ne doit pas cependant vous faire oublier votre attachement au ciel, sans quoi l’arbre ne poussera pas bien droit… et votre équilibre ne sera pas meilleur. Ne perdez pas le « fil »…

 

Les deux chemins :

Lorsqu’on parle d’enracinement, on fait le chemin « relâcher le haut pour remplir le bas ». Mais, l'énergie doit aussi s'élancer des « racines », les pieds pour aller vers le haut : ce sont généralement les pieds qui vont donner de la force au coup que transmettra la main, ou tout autre partie frappante. L'énergie provient des pieds, puis elle est dirigée par la taille avant d'être transmise par les mains.

Action !

Il est plus difficile au début de conserver cet enracinement dans l’enchainement, dans la « dynamique » (même si on ne risque pas l’excès de vitesse !).

C’est pour cette raison qu’il faut respecter les différentes phases du déplacement :

 Passer de la « position assise » quand le poids est dans la jambe arrière, à la phase où le poids du corps se déplace, doucement, graduellement d’un pied vers l’autre pied, en attendant d’atteindre la position finale, « pas de l’archer » par exemple. Si toutes ces phases - initiale, intermédiaires et finale -  ne sont pas respectées, alors on coupe ses racines, on devient « léger », et le déséquilibre nous guette (en plus !) au moindre coup de vent dans les branches. Pour ne pas rompre son « attachement » au sol, la patience dans le mouvement est de rigueur…

Alors, retrouvez vos racines…..

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 18:47

Le Tai Ji Quan est un thème inépuisable. Que l’on s’y intéresse pour ses aspects martiaux ou de santé ou énergétiques, il y a toujours à découvrir sur le sujet.

 

L’enseignement …

Dans la tradition, le maitre enseignait à ses élèves par l’exemple : pas de discours superflus, juste quelques corrections et de très nombreuses répétitions… Les détails non visibles des techniques n’étaient pas révélés. Certains pensent que les tenues larges étaient là pour masquer les finesses des techniques.

Il faut préciser que la concurrence était rude et donc chacun aimait à garder ses petits secrets d’efficacité afin de conserver son « fond de commerce ». Ce n’est qu’à l’aube d’une « retraite » bien méritée que le maitre donnait les clés de son succès à son fils ou son premier élève.

Mais cette forme d’enseignement –par l’exemple seul- n’est pas forcément adaptée à notre forme d’esprit. Le fait que le mouvement soit structurellement juste ne suffit pas à nos cerveaux cartésiens sans cesse à la recherche du pourquoi et du comment. Et après tout, quel mal y a-t-il à chercher à comprendre me direz-vous ?

Xiao Long a connu une année de « tradition » à ses débuts : placé au milieu de personnes qui pratiquaient depuis quelques années, le professeur a dit à ce petit dragon curieux mais novice de « faire pareil »… Un vrai casse-tête (chinois, bien sûr).

Perdu dans un groupe qui faisait la forme 24, essayant d’imiter les autres pendant des heures… Il faut un gros capital « motivation » pour résister !!! Le risque majeur est tout de même d’être frappé par le « syndrome du périscope » (se dévisser la tête pour voir ce que fait le voisin). Sans parler de la frustration de cette caboche de petit dragon qui cherchait un sens à ce qu’il reproduisait…

L’imitation a ses limites, même si le Tai Ji Quan est une forme d’apprentissage « artistique » et que pour apprendre à peindre, on commence bien par imiter… mais il faut tout de même à un moment donné apprendre la technique et comprendre ce que l’on fait. Cette affirmation n’engage que Xiao Long, pauvre dragon aux neurones avides.

Nous ne sommes pour la plupart que de malheureux occidentaux… et dans cette fabuleuse discipline, quelques explications ne sont pas de trop si l’on souhaite faire autre chose que de gesticuler harmonieusement dans le vide! Cela ne signifie cependant pas que l’on supprime tout ressenti.

On pourrait imaginer des phases :

1. faire/ressentir ;

2. approfondir/comprendre ;

3. ressentir plus précisément (puisqu’on a compris), voire différemment ;

4. S’exprimer par l’harmonie du geste et de l’esprit…

 

La pratique…

Est un long chemin. Rien de bien nouveau dans ce domaine. Il ne faut pas attendre de résultats précis, plutôt se laisser porter, constater ses progrès parfois, accepter ses phases de « stagnation », propres à tout apprentissage.

Pratiquer est un travail… qui n’en est pas un (waouh !!! c’est presque un proverbe chinois ça !) Pratiquer ne doit pas devenir une corvée. C’est une recherche personnelle plaisante qui nous permet de vivre de plus en plus intensément ces formes codifiées. Un mode d’expression personnelle, de développement personnel.

Et, peu à peu, on se rendra compte que l’on intègre ses acquis dans la vie quotidienne dans sa façon d’être –physique et mentale- et là… ce sera déjà très bien !

 

Xiao Long pense aussi que…       

Petit Dragon évolue à présent depuis quelque temps dans les eaux profondes du Tai Ji Quan. Il sait qu’il y a encore bien des choses à découvrir et se prépare à plonger plus loin encore…

(Le tout est de ne pas perdre de vue la surface…)

 

Le Tai Ji Quan est un peu comme une langue vivante, il ne suffit pas de la parler à peu près bien pour en comprendre les finesses : il faut, à un moment donné, se rapprocher de la culture –au sens large- du pays de départ. Connaitre les noms des mouvements, leurs noms chinois par exemple, lire quelques documents sur la Chine d’hier et d’aujourd’hui aussi (en buvant une tasse de thé… chinois ?), une louche de philosophie, quelques belles légendes, un soupçon de proverbes, une pincée de films… pour se rapprocher de cette forme de pensée si différente de la nôtre, voilà un prolongement à la pratique seule.

Et,  une fois que l’on aura bien rempli sa tête, on oubliera tout ... pour  pratiquer le cœur léger.

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 17:39

Voilà une posture dont le nom seul déjà nous relie à la nature : Faire l’arbre : Zhan Zhuang. Zhan signifie debout, Zhuang signifie planté comme un pieu.

Cet exercice ne parait pas compliqué, on se tient debout … comme un arbre.

Méfions-nous des apparences cependant. Arbre est un métier… cela ne s’improvise pas ! D’autant plus que cette posture peut être tenue de quelques minutes à … une heure !

Et oui!!!

Photo Xiao Long

 

Cette posture –debout- permet une connexion au Ciel et à la Terre. C’est un des exercices de base de la plupart des qi gong ainsi que dans certains styles internes comme le Yi Quan, le da Cheng Quan, le Xing Yi… le Tai Ji Quan...

Cet exercice d’origine chinoise est très ancien, on dit même qu’il serait pratiqué depuis près de 2500 ans (mais personne de cette grande époque n’ayant survécu, cela restera difficile à vérifier…)

. Il s’agit, entre autre, de découvrir les axes d’alignements dans le corps, trouver les interactions naturelles entre différentes parties du corps, les lignes de forces, qui peuvent permettre un meilleur fonctionnement du corps aussi bien sur le plan de la santé que sur celui de nos pratiques.

Ce travail est très subtil. Voilà encore un exercice qui demande à être pratiqué avec régularité si on veut espérer en récolter les fruits.

Rester immobile dans la décontraction initie un processus de transformation de la structure physiologique et psychique.

On peut dans un premier temps se concentrer sur 3 axes : vertical, du sommet de la tête aux dessous des pieds ; horizontal, représenté par les coudes ; l’axe du regard, vers l’horizon par exemple.

 

Ces axes se posent sur les zones du Dan Tian et de Ming Men (au niveau des lombaires), d’où l’importance d’une bonne position du bassin… des genoux et des pieds. Il vaut donc mieux ne pas improviser et apprendre la posture correcte avec un « spécialiste »…

Il existe d’ailleurs différentes postures d’entrainement selon l’âge, la condition physique ou le niveau de pratique.

Ce travail permet la bonne circulation des souffles (Qi). Ce placement juste du corps et de l’esprit est une bonne base pour le Qi Gong et les Arts Martiaux, on perçoit ce qu’est un « corps » dans sa globalité, on développe une sensation de soi plus précise, on peut mieux contrôler les tensions, la décontraction ou l’explosivité…

C’est une façon de se renforcer et de « nourrir la vie » (Yang Sheng), une méditation.

Bon, maintenant… si vous préférez vous asseoir… ou imiter l’arbre… couché…

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:10

Comment expliquer une chose complexe : mais par le biais d’une image, bien sûr ! Et dans ce domaine nos amis chinois sont des maitres.

 

Vous connaissiez l’aiguille au fond de la mer… Il en est une autre, perdue dans le coton… ne faites pas cette bobine!

On vous dira, pour définir notre discipline, que le Tai Ji Quan est l’art de concilier force et souplesse, puissance et douceur…

 Pour ce faire, l’image de « l’aiguille d’acier dissimulée dans la balle de coton » est utilisée pour éclairer le concept. Mais si cette citation  (de Yang Chen Fu 1883-1936) est connue, encore faut-il –pour pouvoir mettre en pratique cette notion- essayer de mieux comprendre dans le détail ce que l’on peut faire ressortir de cette image. Xiao Long vous livre sa version :

 

Vu de l’extérieur, le déplacement en Tai Ji Quan est doux, les techniques s’expriment souplement… Ce « coton » n’est qu’une enveloppe, cela ne signifie en rien que le pratiquant est un grand mollasson caoutchouteux (poulpe, pour rester dans le registre marin)…

Car si les membres se meuvent « comme des algues dans l’eau » (breveté Xiao Long), le centre, lui est solide : l’aiguille, l’axe du corps est stable, fort. Le corps est uni autour de cet axe et c’est en cela que réside sa force.

Ainsi, le pratiquant économise son énergie et ne s’épuise pas dans de grands mouvements violents. Cette énergie conservée dans le centre n’en sera que plus efficace lorsqu’elle sera déployée au dehors, au bon moment, de la bonne façon, au bon endroit : l’aiguille pique avec précision. Un petit noyau « atomique » en quelque sorte, concentration puis expansion.

« En accumulant la douceur, on développe la dureté » Gu Liuxin.

 

Dans la pratique, cet effet ne peut se réaliser que si la posture est correcte. Le corps doit se déplacer en harmonie (et pas une main par-ci, un pied par-là, façon puzzle…). La détente, l’élasticité, la « résilience », une respiration correcte  sont nécessaires.

Pour que ce concept ne reste pas une grande nébuleuse… Il n’y a plus qu’à… expérimenter !?

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:22

Voilà une évidence de plus dans le vaste monde du Tai Ji Quan…

 

Ce qui est vide n’est pas plein ! C’est un des principes de base de toute pratique, et malgré la clarté du propos… une petite explication n’est pas forcément inutile !

Les pieds…

Il n’y a pas d’hésitation possible dans la marche Tai Ji, le déroulé délicat des pieds fait transiter le poids du corps d’un appui dans l’autre et au final, un pied est « plein », donc Yang, l’autre est « vide » , donc Yin. Plus ou moins plein, plus ou moins vide, mais toujours le poids du corps est plus d’ un côté que de l’autre : il est rare dans nos formes que le poids du corps soit au final également réparti entre les deux pieds.

 

Ma Bu, la position du cavalier, est peu répandue dans nos formes – et on ne va pas s’en plaindre…(les cavaliers ont de tout petits poneys…).

 Seules les postures d’ouverture et de fermeture sont équilibrées : le poids du corps est également réparti dans les deux jambes. Et ici, en toute logique puisque l’ouverture est un préalable et va initier les déplacements Yin/Yang. La fermeture quant à elle symbolisant le retour au calme et à l’indéfini, la fin du cycle Yin/Yang.

 

Bref, si le poids du corps est dans la jambe droite : la jambe droite est « pleine », pendant que la gauche est  -donc-… « vide » ! (Super, tout le monde a suivi !)

Lorsqu’on débute dans la pratique, que l’on est encore hésitant sur les techniques et/ou que la mémorisation n’est pas parfaite, on a tendance à se positionner au milieu : comme on ne sait plus très bien dans quel sens on doit poursuivre, étant centré, on est prêt à partir dans toutes les directions. On veut la jouer « incognito », du genre : « Si je me trompe, je pourrais toujours rattraper le coup, ni vu ni connu, j’t’embrouille et les copains ne verront rien !!! ».

Ce n’est pas un bon plan ! Désolée…

Le piège est que l’on pense être plus disponible si on ne fait pas la différence entre plein et vide. Mais en réalité, c’est une mauvaise habitude que l’on prend là… C’est justement l’engagement dans le plein et le vide qui donne une indication sur la suite des évènements : Si je termine la technique avec une jambe droite pleine… c’est elle qui devra se « vider » par la suite. Si je termine un brosser de genou, jambe droite devant et remplie, je sais que je vais devoir alléger cette jambe et « alourdir » l’autre, puisque je navigue selon les règles du Yin /Yang…

 

L’alternance du vide et du plein rythme notre avancée, donne des indices pour la suite des déplacements : si je suis toujours « au milieu », comment savoir si je vais aller vers l’avant ou vers l’arrière au mouvement suivant ? J’aurais toujours un « temps » de retard, je serais moins stable. Bref… Engagez-vous !

 

Et la tête (alouette?) !

Nous avons parlé du bas….

Alors,le haut maintenant !

Tête vide ne signifie pas que votre électroencéphalogramme ressemble à une ligne droite ininterrompue :

L’esprit est « vide », libéré de toute réflexion : la tête se redresse et tend vers le Ciel et ainsi l’esprit peut s’élever. Le fameux fil qui nous relie au Ciel est là pour nous aider. Cette attitude nous permettra de laisser circuler librement le Qi et le sang.

Si la tête est « pleine » de pensées parasites, le cou, la nuque tendue, la position du corps induira des tensions qui seront susceptibles de bloquer cette circulation d’énergie et de sang.

Si la tête est légère, l’esprit reste en éveil, la concentration sans contrainte.

 

Partager cet article
Repost0
Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

Recherche

 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

https://www.taijiqigongevreux.com/

 

.