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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 13:10

 

Dans les années 50 est née la volonté de donner quelques repères fixes pour la pratique du Tai Ji Quan, car de nombreuses écoles de non moins nombreux styles étaient tentés de « tirer la couverture » à soi en affirmant pratiquer de la bonne façon (sous-entendu à peine voilé : les autres, eux ne pratiquent pas comme il faut)…

Ceci dit entre nous, certains aujourd’hui encore pensent qu’il n’existe qu’une seule façon de faire : la leur… Ce qui témoigne d’une certaine… disons, étroitesse… d’esprit un peu paradoxale tout de même avec nos disciplines où l’on recherche l’amplitude… (Aparté de Xiao Long finie !)

 

C’est ainsi que l’on assiste au développement d’une nouvelle forme dite « simplifiée » (简化太极拳 – Tian Hua Tai Ji Quan).

 

 

 Li Tian Ji  est l’homme qui a initié le mouvement. Pour lui les « 9 fils du Dragon avaient produit 9 variations », 九子九 – Jiu Zi Jiu Yang, c’est-à-dire que le maitre avait formé de bons étudiants qui avaient évolués chacun de leurs côtés et dont l’enseignement n’était plus fidèle à celui de leur Maitre initial.

 

Il était important d’éviter une trop grande dérive et il fallait sauvegarder les techniques correctes. Pour ce faire, Li Tian Ji met au point la forme 24 en 1956, fondée sur l’ancienne forme traditionnelle dans le droit fil de l’enseignement des écoles d’arts martiaux familiales.

Certains étudiants cependant  n’avaient aucune envie d’apprendre cette nouvelle forme, quelques rares donc suivirent ce nouvel enseignement.

Li Tian Ji  a commencé la pratique des arts martiaux enfant, il est devenu l’entraineur de la 1ère équipe nationale de Chine. Il est surnommé le « Père du Tai Ji Quan contemporain ». Il a aussi créé la forme 32 épée…

 

La famille Li  est connue – plus en Chine que chez nous bien sûr- Li Tian Ji était l’oncle de Li Deyin (donc Grand-oncle de Faye Li Yip qui représente à l’heure actuelle la tradition familiale en Europe et qui est installée en Grande-Bretagne)

 

La forme simplifiée en 24 mouvements a été suivie de la 88, de la 66, de la 48 puis de la 42 et ainsi de suite…l’idée étant toujours de donner une image correcte des techniques pour éviter les pratiques chaotiques et fantaisistes. C’est une forme de « standardisation » au sens positif de terme. C’est un fil rouge.

 

Nous savons tous que le temps a tendance à éroder nos mouvements, il faut juste veiller à ce qu’il ne les déforme pas… conserver une bonne position et rester fidèle aux techniques de base, pour que le mouvement soit « juste » et ... compris.

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 13:30


Le Tigre (Hu) est très présent dans la culture chinoise, dans les légendes et.. dans nos formes.
Le Tigre est le 3ème animal qui apparait dans le zodiaque chinois.

  

Il est tout à la fois Yin  et Yang: il sait être toute souplesse, toute fluidité: un (méga) gros gentil chat,  mais  il peut soudain bondir, saisir sa proie avec ses griffes et l'emporter!
Chasseur de démons, roi des animaux à fourrure, il porte parfois sur le front le caractère "Wang" - qui signifie "roi" (et oui, nous avons un lion, Roi des animaux... noq amis Chinois un tigre). 

Lors de la fête du double 5 (5ème jour du 5ème mois lunaire), on traçait ce caractère- symbole du Tigre-sur le front des enfants pour les protéger des démons.De nombreux bonnets ou pantoufles d'enfant portent des oreilles de Tigre, des têtes de Tigres... pour affoler les mauvais esprits!

PHOTO XIAO LONG


Le Tigre symbolise la force, la puissance, le courage, et comment prouver au mieux sa valeur, si ce n'est en se mesurant à lui, en l'affrontant.  

Sans doute est-ce pour cette raison que le Tigre est aussi présent dans notre pratique. Si les enchainements de  8 et de 16 mouvements préfèrent laisser le tigre en paix, et il doit bien en profiter, car tout se gâte pour lui par la suite...


Dans la forme 24, ou forme de Beijing, le tigre n'a qu'à bien se tenir et a interêt à avoir la peau dure: On va lui frapper les oreilles (shuang feng guan er). Il est à noter cependant qu'en chinois le terme "Tigre" n'apparait pas dans le nom de cette technique. En fait on parle du vent!  Le "Double vent traverse les oreilles" et... celà fait bien mal aussi!

 

La forme 48 propose  de l'attraper, à droite, puis à gauche (pai jiao fu hu), de le frapper aux oreilles (et re!), puis de le chevaucher (du li kua hu)( sur un pied en plus!) avant de tirer à l'arc sur le Tigre (wan gong she hu)! La pauvre bête... de quoi finir en descente de lit...
 


Il ne reste plus, dans la forme longue (88), et ce par deux fois, qu'à "porter le Tigre dans la montagne" (bao hu gui shan) où - nous l'espérons - il pourra goûter à un repos bien mérité...

Et faire le "Tigre" des 5 animaux pour se remettre de ses émotions!


 PHOTO XIAO LONG

 

  

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 13:44

 

On pourrait se dire (à tort…) que l’on n’a pas besoin d’échauffement avant de pratiquer : à la vitesse où l’on va, comment se froisser un muscle !

Alors, voilà une explication au temps d’échauffement de début de séance : l’adénosine tri phosphate... Ben, voyons, mais c’est bien sûr !

Cette molécule plus connue sous le nom d’ATP (en effet, cela change tout !) est la source d’énergie du muscle et elle ne se stocke pas. En quelques secondes, hop, le muscle épuise sa réserve. Pour en produire, le muscle respire ou … fermente (façon choucroute ?).

 

PHOTO Xiao Long

Si l’on s’échauffe, le travail musculaire est graduel et le muscle « respire ». Si le muscle est froid et qu’on lui demande un gros effort, la respiration seule ne pourra lui fournir assez d’énergie et il va fermenter. Il produit alors de un peu d’ATP et beaucoup d’acide lactique : de là la fatigue musculaire, les bobos et les courbatures. Respirer est donc fondamental et la mise en mouvement progressive aussi !!!

 

NB : En Tai Ji Quan, nous développons des muscles « lents » : on ne deviendra dons jamais M. Muscle (ou Mme !). Les muscles sont fins.

Néanmoins nous faisons fonctionner tous nos muscles et pratiquons une sorte de « sport » complet souple contrairement à ce que certains pourraient penser en nous voyant faire : nous travaillons notre « physique »… et pas que !

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 14:33
Photo Xiao long

 

L'éventail, voilà une arme de choix... car c'est bien une arme, nous n'y reviendrons pas...

Qui serait mieux placée que maitre Faye Li Yip pour enseigner le Xi Yang Mei (« joli coucher de soleil ») -Kung Fu Shan 2 ? Personne ! Puisque c’est son père qui a créé cette forme ainsi d’ailleurs que le (Kung Fu Shan 1)…

 

Faye Li Yip : Mieux la connaitre

a appris dès l’âge de sept ans avec son père, Li Deyin et un de ses collègues à l’Université : Jiang Hong Sheng. A 10 ans, elle étudie dans l’équipe de Wushu que son père coachait. Chaque dimanche, elle rendait visite à son grand-oncle Li Tian Ji qui lui enseigna le Ba Gua. Son grand-père Li Tian Chi aussi la conseille, lui qui travaillait à l’hôpital universitaire de Harbin et utilisait le Tai Ji Quan et le Qi Gong dans un but thérapeutique.

Faye a aussi pu recevoir l’enseignement de Maitre Sun Jian Yun, fille du créateur du style Sun, Sun Lu Tang.

 

Faye Li Yip grandit dans cette famille imprégnée de tradition martiale, écoutant les récits des anciens remplis de combats héroïques, d’artistes martiaux aux pouvoirs étonnants, de moines Shaolin luttant contre l’envahisseur japonais... C’est donc naturellement qu’elle s’est tournée vers une carrière sportive de compétitrice puis d’enseignante « martiale ».

Mais alors, une question : pourquoi est-elle installée en Grande-Bretagne ?

 

C’est en étudiant la psychologie à l’Université de Beijing, lorsqu’elle découvre nombre de livres anglais traduits en chinois qu’elle se lance dans l’apprentissage de l’anglais pour pouvoir lire directement dans le texte. Elle ira étudier à Liverpool. C’est là qu’elle comprend combien il est important lorsqu’on enseigne le Tai Ji Quan à des étrangers de donner les caractères chinois et leurs définitions pour une meilleure approche.

Faye s’installe donc en Grande-Bretagne avec son mari Tary Yip (issu lui aussi d’une famille réputée dans les arts martiaux) et fonde une école afin de perpétuer la tradition familiale.

Le « Deyin Taijiquan Institute » propose différents styles d’arts martiaux internes et aussi différentes formes de Qi Gong santé.

Elle nous a fait le plaisir et l’honneur de venir en France à plusieurs reprises,pour nous enseigner cette forme ... espérons qu’une nouvelle occasion se présentera de participer à un de ses séminaires : apprendre avec elle est un vrai bonheur et Xiao Long a beaucoup apprécié.

Simple, accessible, précise, technique… patiente (!) et toujours souriante, Xiao Long attend son retour avec impatience !

 

En savoir plus et trouver des vidéos :

http://www.deyin-taiji.com/

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 12:03

 

Le chemin du pratiquant de Tai Ji Quan est semé d’embûches… sinon, ce ne serait pas drôle !!

FORME :LA

On s’est tous demandé à un moment donné pourquoi ces mouvements qui paraissent si beaux et si simples sont si durs à reproduire…

 

Tout ça, c’est de la faute à notre cerveau !

Il ne voit pas le simple, il cherche à décortiquer le geste en petites séquences, en unités élémentaires : ceci est mamain droite, ceci est ma main gauche, ceci est…

. Pour « jouer le global », c’est-à-dire pour comprendre le geste comme un tout, il faudrait le répéter un certain nombre de fois (et certainement un nombre certain) pour que notre tête suive sans vouloir à toutes forces le décortiquer…

L’alternative, le plus souvent d’ailleurs, c’est cette solution qui est utilisée, et de morceler le geste, de l’expliquer dans un premier temps, puis d’y mettre de « l’huile ».

Ce mouvement est comme un énorme beefsteak (un gros potiron pour les végétariens !) : ou bien, on l’engloutit d’un coup comme un python affamé et on va mettre un certain temps pour le digérer… ou bien, on en fait des portions raisonnables et la digestion est moins difficile.
🙄

Notre cerveau ne peut enregistrer qu’un nombre limité d’informations et donc s’il se concentre sur les bras, il oublie les pieds, s’il pense à la taille, il oublie autre chose…. Il faut donc prendre le temps d’avancer : on ne peut pas capter tous les détails en une fois, c’est par petites touches que l’on s’approchera du geste juste. Et il faut aussi de temps à autre s’arrêter et observer précisément le « modèle »…

Une fois que l’on a compris l’essentiel, on se dit que le tour est joué et qu’on peut passer à l’action. Oui, mais… on a la curieuse sensation de ressembler à D2R2, charmant petit robot aux loupiotes qui s’allument…
 

🙃 C’est encore M. Cerveau qui fait des siennes… il repasse les instructions et les applique, du coup… on manque un brin de naturel… et c’est normal, car on ne connait pas encore « par cœur » le mouvement, on l’exécute volontairement et les infos arrivent les unes après les autres… Cela me demande beaucoup de concentration pour un résultat finalement assez approximatif. On reste dans le réfléchi et non dans la sensation, mais cela correspond bien aux cartésiens que nous sommes !

Certains sont au contraire de fervents adeptes du « je répète le geste dans sa globalité jusqu’à l’avoir assimilé ». Il faudra être patient et répéter longtemps en se laissant (trans)porter par le rythme, la logique naturelle du mouvement.

Chacun va trouver sa propre recette, et les 2 techniques sont bien complémentaires…

Une fois répertorié et acquis, le mouvement représente pour le cerveau une séquence, un programme qu’il lance au moment où vous le voulez…

Il suffit d’être… patient !😡

 

TRAVAIL A DEUX :

Continuons avec nos questions gênantes… Pourquoi est-ce si difficile lorsqu’on connait un mouvement de la forme de passer à son application martiale ?

C’est que d’autres facteurs sont à prendre en compte : on n’est pas tout seul ! On calcule la trajectoire du poing, on doit ajuster la distance, adapter le geste… et tous ces paramètres font partie d’un autre programme.

En réalité, il s’agit alors de « réapprendre » ce geste à deux, puisque les repères que l’on a dans la forme ne sont pas tous pertinents, et que d’autres s‘y ajoutent…

Ce qui toutefois est très positif (car je sens bien qu’il y a du mou dans les troupes et qu’on ne voit plus très bien en quoi cette discipline peut nous détendre….) c’est qu’au fil du temps, des connexions se créent et de plus en plus vite. Là aussi, on réagit de plus en plus globalement et on a de moins en moins besoin de tout décomposer.

 

Mais si!!!

🧘‍♂️ Un peu d’entrainement … et votre cerveau sera « top-forme », et … vous ne vous poserez plus du tout de questions ?

Euh, vous vous en poserez moins…

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 12:42

 

Xiao Long va essayer de répondre à cette question souvent posée : C’est quoi, l’enracinement ? Ce n’est pas simple, il est plus facile de dire ce que ce n’est pas !

 

Lorsqu’on demande à un pratiquant de « s’enraciner » pour réaliser un équilibre, le plus souvent celui-ci fléchit méchamment la jambe d’appui et place tout son poids dans un malheureux genou qui se demande s’il va tenir le choc… On est dans l’effort musculaire. On fige tout. On se raidit. On « s’effondre » dans le sol… Cela ne signifie pas pour autant que l’on a trouvé ses racines…

Un peu de « science » :

Le muscle est fait de fibres musculaires contractiles et de cellules conjonctives non contractiles. L’exercice musculaire statique développe les cellules conjonctives non contractiles.

Léopold Busquet est un spécialiste de la posture et il explique la chose suivante (attention, on s’accroche…) :

De par la position de la tête, l’homme est en déséquilibre vers l’avant, la ligne de gravité passe en avant de la cheville. Ce déséquilibre permanent est compensé par une chaine de *« fascias » localisée le long du dos et sur les côtés des jambes.

De plus, le diaphragme aussi joue un rôle : les viscères sont dans une poche de liquide incompressible, A l’inspiration, le diaphragme appuie sur cette poche qui transmet la pression à la partie inférieure du bassin. En opérant une rétroversion du bassin, on favorise l’alignement des forces à cet endroit.

Dans cette optique, les muscles ne sont pas là pour tenir (statique) une posture (coûte que coûte), ils sont là pour rééquilibrer la posture ou créer le mouvement.

 

PHOTO Xiao Long

Pour faire (un peu plus) simple :

On va minimiser l’effort. On laisse faire la gravité. On se laisse aller, on s’abandonne en confiance et ce n’est plus le muscle seul, mais toute la structure osseuse et des fascias qui créent une poussée vers le haut. Les hanches sont relâchées. Les genoux sont lâchés, mais pas pliés à l’excès. Et ils vous disent merci ! Les orteils sont « collés » au sol, il se crée un petit creux au niveau de Yong Quan (source bouillonnante-R1). On s’économise et on soulage ses articulations. Voilà une façon de trouver ses racines en douceur, avec efficacité et en tout confort!

Bien, il est temps, je crois, de reposer aussi nos méninges et l’entrainement à l’ancrage commencera dès demain !!!

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 14:34

Un coup d’œil sur le titre et voilà, vous pensez déjà que Xiao Long est passé du côté obscur de la Force !

Emporté par un Ego surdimensionné, il pense tout savoir et imposer ses vues !!!

Mais non, rassurez-vous, Xiao Long a toujours les deux pattes arrière sur terre (les pattes avant sont trop courtes pour ça !).

 

Bon, dans tous les cas au menu du jour, nous allons parler de Moi (non, pas moi, mais du Moi, de vôtre Vous quoi !). Car notre pratique est là pour que notre vrai Moi s’exprime…

 

Le côté obscur :

 

L’EGO : l(surnommé "le melon "?!)

 

C’est un sujet … sensible et le terme n’est pas franchement positif. Au départ, c’est simplement le « moi/je »… À l’arrivée, cela peut être autre chose.

 

Dans certaines approches spirituelles, l’ego est la représentation fausse que l’on se fait de soi-même. , l'ego n'a pas réellement de réalité, il ne serait qu'un « complexe » produit par des constructions mentales, des dysfonctionnements psychiques… Pour le bouddhisme, par exemple, l'ego ne correspond à aucune réalité tangible. Il n'est ni dans le corps ni dans l’esprit.

Au départ cependant, aucune connotation négative…

 

Et pourtant lorsqu’on parle d’ego, on n’est généralement sur le chemin qui mène à l’égo-centrisme,  la vanité, l’orgueil, l’envie de pouvoir et autres joyeusetés du même acabit, qui vous empêchent du coup de « passer les portes ».

Bref, c’est ce qu’on pourrait appeler « avoir le melon » … quoique dans ma région d’origine, où l’on ne fait jamais les choses à moitié, ce serait plutôt « la pastèque »…

 

Et cette fausse image est un obstacle à l’expression de la vraie nature de la personne concernée. Dans cette conception, une personne libérée de son ego connaît l’éveil spirituel.

La voie bouddhiste par exemple consiste, entre autres, à libérer l'être humain de cette perception qui le place au centre de tout, et surtout, de le libérer de la souffrance liée notamment à la croyance de l'existence du moi.

Car il faut un moment arrêter de croire que tous les yeux sont posés sur nous, arrêter de tout prendre pour  « soi », arrêter de se dire que le monde est injuste, regarder son nombril et murmurer:

« Je suis malheureux, on ne m’aime pas, on m’en veut, j’aurais dû mieux faire, réussir… etc. … »

Le côté lumineux de la Force :

PHOTO Xiao Long

Le vrai Moi :

Plus on avance sur le chemin de nos disciplines, plus on comprend que « le but ultime de notre Tai-chi est justement d’atteindre, par la pratique, l’éveil du Moi », comme l’exprimait Maitre Gu Mei Sheng. Maitre Gu disait aussi : « Ce vrai Moi, c’est le tai-chi en vous ».

On touche là à la dimension interne du Tai Ji Quan. Quand on parle d’art martial interne, on vous dit le plus souvent que la différence avec l’externe c’est notre lenteur… Ce n’est pas faux… mais est-ce tout ?

Ce n’est pas tout…

 

Au début, on apprend les techniques, les règles, l’enchainement et le Moi, là-dedans n’a pas trop de place tant on a à penser. On est encore englué dans un gentil ego : on craint un peu le regard des autres, on a peur de « mal faire », bref… on est encore tourné vers le dehors.

 

Se libérer des règles après les avoir apprises et appliquées est un pas important. On s’aperçoit alors que si le geste est juste, il n’est pas unique et que chacun selon sa sensibilité, son vécu, interprètera la technique/ le mouvement différemment. Voilà un peu de votre Vous  qui apparait.

 

Et Xiao Long insiste (en tapant du pied !) :

Il n’y a pas UNE façon de faire correcte et d’autres qui seraient fausses.

 

Il n’y a que des intransigeants parfois (honnêtement convaincus du bien-fondé de leur démarche) qui voudraient imposer « une/leur » façon de faire.

De ce côté-là Xiao Long a ses idées aussi (mais ne vous les imposera pas…) :

Un professeur apprend à ses élèves l’alphabet (technique) qui permettra à ses élèves de lire dans tous les livres (taolu). Mais, nous n’avons pas tous la même écriture, certains feront de belles boucles, rajouteront des gros points sur les « i », d’autres écriront plus sobrement… même si à la base, le texte est identique. Et c’est bien ainsi !

 

Car avant tout, nous pratiquons pour nous-même et pas pour la galerie. Nous sommes tous différents. Notre pratique est différente. La seule chose importante est que l’idée portée par la technique de base soit juste (axe, racines, amplitude, fluidité, intention …)

 

Au début de l’apprentissage, on trouve souvent deux façon de faire :

soit on mémorise seul, on « récite » son taolu, bien concentré –donc déjà un peu tourné vers l’intérieur, même si ce sont surtout les neurones qui chauffent et que notre petit Moi est encore bien coincé ; soit on imite les mouvements en regardant les autres…

Là, l’œil est encore tourné vers l’extérieur. Et il faudra prendre confiance en « soi », pour se détacher des modèles…

 

 Mais une fois que l’on sait, que l’on est imprégné de l’enchainement et des techniques, que l’on a déjà quelques « heures de vol », alors on peut laisser son Moi, tout son être agir au point de ne faire qu’un avec le mouvement.

 

 Ce qui fait d’ailleurs que l’on peut tout à fait perdre le fil directeur, se tromper, ou s’interrompre, ou sans s’en apercevoir tout de suite passer à une autre forme.

Et peu importe ! On est enfin dedans (et plus dehors !)

 

C’est ici le contraire du « Je pense, donc je suis » ! C’est le « Je ne pense plus, donc je suis vraiment » … C’est une forme de prise de conscience instantanée de l’éphémère au moment même où l’on fait une forme.

 

Il est toujours difficile de mettre des mots sur des expériences de ce type : ou l’on devient pompeux (et pompant !), ou l’on passe dans l’expression poétique trop éthérée… un brin psychédélique (et la moquette est un peu passée de mode !)

 

Bref, où que vous en soyez sur la route … sachez que le Tai Ji Quan n’est pas juste « une gymnastique de santé » comme on le trouve encore trop fréquemment dans de nombreux articles.

 

C’est une découverte de soi, de son unité, de son lien avec la Nature …. C’est une approche constructive et positive de soi. Et c’est donc aussi une approche positive des autres.

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 11:12

Qui sait si ce proverbe ne nous vient pas finalement de Chine? 


En Tai Ji Quan on ne va jamais assez lentement. C'est la règle n°1.

Pensez à/sentez  ce que votre corps est en train de faire, ne laissez pas votre esprit errer, oubliez ce que votre corps a fait, n'anticipez pas sur ce qu'il va faire. Prenez le temps de ressentir ce que vous faites. Profitez...


Cette lenteur permet un meilleur contrôle du corps, de l'équilibre, on prend le temps de poser le pied, de dérouler le pied avant de prendre appui sur le pied... tranquille. "Tout est dans les pieds" (proverbe de Xiao Long!), ils doivent être posés au bon endroit, au bon moment et recevoir le poids du corps ou au contraire s'alléger au bon moment: ils sont nos racines. Et si les racines ne sont pas bien ancrées dans le sol... Aïe! (ou paf!)

On ne force pas, on est détendu.
Observez-vous de haut en bas (essayez maintenant, en lisant cet article...): la mâchoire est-elle crispée? La nuque est-elle relâchée? Pourquoi vos épaules sont-elles si proches de vos oreilles? Les doigts sont-ils naturels ou bloqués? Bon, c'est vrai qu'il n'est pas toujours facile d'être l'image même de la zénitude quand on apprend un enchaînement: les neurones travaillent dur et la fumée sort parfois des oreilles! Mais dès que l'on tient le mouvement, il faut se laisser aller.


D'un autre côté, il ne faut pas non plus se ramollir complètement!

Xiao Long a écouté son maitre et comme lui dit toujours que le TAI JI QUAN, c'est la version économique, le diesel des arts martiaux chinois: on travaille avec le minimum de tonus,  juste ce qu'il faut pour que le mouvement ait un contenu. Ce n'est pas du café lyophilisé (mais est-ce du café?): pas besoin d'en rajouter pour donner du goût! 

L'intention n'est pas dans la raideur. Notre quête, c'est la force tranquille... l'interne...


L'esprit est calme, la respiration est calme, le mouvement est lent, le Qi circule harmonieusement dans tout le corps...

 

Photo Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 14:53

 

Si on regarde de loin, pour le non initié, Tai Ji Quan ou Qi Gong c’est un peu du pareil au même… Quelquefois même on regroupe ces deux pratiques sous le terme de « gymnastique chinoise »…

On se meut lentement, dans la fluidité, la lenteur, la continuité…On applique les mêmes principes de structure corporelle, le même enracinement, le même étirement vers le Ciel. On y recherche la même unité du corps et de l’esprit en correspondance avec la pensée et la philosophie chinoises.

 

Donc, vu de l’extérieur, ces 2 disciplines semblent identiques pour certains. De plus la confusion n’est pas rare entre « Qi » de Qi Gong et « Ji » de Tai Ji Quan qui pour notre oreille occidentale se prononcent quelque chose comme « tchi »…

Nous aimons bien mettre les choses dans des cases bien définies. Et si possible, il faut que rien ne déborde… Un peu rigide quand même notre système… Pas très dans le Yin/Yang… pour d’autres, elles sont radicalement différentes : l’une à visée thérapeutique, l’autre à but martial…

 

Même si dans le Tai JI Quan on travaille sur le QI comme en Qi Gong, l’intention n’est pas similaire. Mais il faut avouer que le Tai Ji Quan dans sa pratique de santé tend à se rapprocher du Qi Gong, les aspects martiaux ont une petite tendance à se dissoudre….

 

Pour les pratiquants, il semble que le Tai Ji Quan soit plus « difficile » dans son apprentissage, car les « mouvements » apparaissent comme plus complexes et la mémorisation des enchainements (souvent plus longs que les enchainements de Qi Gong) sollicite parfois de gros efforts.

 

 Xiao Long ajoutera que cette mémorisation n’est pas toujours facilitée du fait même que l’aspect martial des techniques n’est pas toujours enseigné…

 

Les 2 pratiques permettent  l’amélioration de toutes les fonctions vitales : respiratoires, digestives, cardio-vasculaires, nerveuses et aussi un meilleur contrôle du système nerveux central donc une meilleure gestion du stress et des émotions.

Tous les liquides du corps (sanguin, interstitiel, synovial, lymphatique et cérébro-spinal) sont en action et les organes internes sont massés. De plus les mouvements d’ouverture et de fermeture Kai/He favorisent une bonne respiration. Enfin, les deux disciplines jouent un rôle sur la souplesse articulaire…

 

Alors ?

 

On le sait bien : « C’est l’intention qui compte » !

L’intention n’est pas la même : Le but du Qi Gong est la préservation et l’amélioration de la santé, quelques connaissances de base de médecine chinoise sont nécessaires pour rendre efficaces les mouvements que l’on exécute.

Pour guider le Qi correctement et faire circuler au mieux l’énergie dans tout le corps, la concentration « douce » sur certains points, certaines zones ou trajets de méridiens est essentielle.

Dans le Tai Ji Quan, ce qui donne vie à notre enchainement est l’intention martiale, connaitre la finalité (ou une finalité…) de la technique est indispensable. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de travail énergétique. Simplement la concentration n’est pas portée particulièrement sur ce travail.

 

Pour Xiao Long –car ce Petit Dragon réfléchit beaucoup… tout est une question d’intention : on peut réaliser un enchainement de Qi Gong avec une intention martiale (de nombreux mouvements s’y prêtent merveilleusement), on peut aussi réaliser un enchainement de Tai Ji Quan « à la Qi Gong », se concentrant sur des trajets énergétiques par exemple. Donc, si ce n’est pas complètement  pareil, ce n’est pas non plus totalement différent (on pourrait en faire un proverbe –chinois ?)

 

Le Tai Ji Quan est infiniment riche, art/martial/interne, est une bonne définition. Un bon équilibre entre l’aspect artistique, l’aspect martial et l’aspect interne-énergétique n’est pas le plus simple à trouver… Le Qi Gong a ses propres trésors de travail en profondeur.

 

 La pratique du Dao Yin Yang Sheng Gong et des formes de Yang Sheng Tai Ji créées par maitre Zhang Guan De est très révélatrice de cette osmose. Xiao Long y a découvert ce qui ressemble le plus à une synthèse du Tai Ji Quan et du Qi Gong et s’y complait… ce qui ne l’empêche aucunement de pratiquer toujours avec plaisir le style Yang ainsi que des Qi Gong de santé…

 

Car l'ouverture de l'esprit (ainsi que des cases où l'on veut souvent emprisonner les choses) est primordiale.

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 13:07

Ce bel objet a une histoire qui remonte à … très loin !

Son origine se situerait dans la région de Yushan (province du Sichuan) où l’on trouve des représentations sur des théières en bronze datant de 481 – 221 av. J.-C … même si on peut affirmer que ceux-ci étaient connus en Chine antérieurement.

L’un des huit immortels, Zhong Li Quan, possède un éventail en plumes. On le représente souvent tenant une pêche et un tambour.

Déjà sous la dynastie Jin (265-420), on parle d’éventail. À l’époque, les éventails sont rigides et en plumes (pensez à l’éventail du stratège dans le film « Les Trois Royaumes, une aile d’oiseau.).

Le caractère chinois désignant l'éventail est composé du caractère de la demi-porte () , on y retrouve la monture rigide, et du caractère des plumes ().

Les plus anciens découverts et conservés jusqu’à aujourd’hui sont en bambou. C’est sur le site de Mawangdui à Changsh dans le Hunan que l’on en a trouvé.

On a aussi connaissance d’éventails montés sur ivoire, sur ébène, sur écaille de tortue… Soie, papier et feuille d’or participaient aussi aux créations les plus nobles. Leur utilisation première était bien tout simplement de maintenir l’air frais et d’écarter la poussière. Les éventails sont alors des écrans fixes. Des archéologues ont mis à jour des vestiges d’éventail en os, nacre, écaille, plume, bambou, en papier huilé ou en tissu précieux, dans la province du Hubei à Jiangling. L’éventail symbolise aussi le pouvoir impérial, celui des mandarins et de ceux qui ont gagné l’immortalité. Il était donc couramment utilisé lors de cérémonies et accompagnait parfois son propriétaire dans la tombe. 

 

 

 

Bien plus tard, apparaissent les éventails pliables, il en existe de tout « bois »… y compris en bois de santal : parfumé, on les laisse dans les placards la nuit afin de chasser les insectes nuisibles (… qui ne manquent pas d’air de venir nicher dans vos armoires !). L’éventail plié s’implanta en Chine sans doute après un petit voyage en Corée).

Plus tard et surtout à partir de la dynastie Tang (618-907) apparait une nouvelle mode : orner son éventail de peintures ou de poèmes. Les éventails avaient une utilité sociale, permettaient de se cacher le visage, de présenter ou de recevoir un objet, d’accompagner la danse, de battre la mesure, ils étaient aussi offerts en cadeau et servaient à entretenir le souvenir des disparus.

 

Apparait aussi l’utilisation des éventails dans certains arts martiaux (aucun écrit ne permet cependant de dater nettement le phénomène) et dans certaines danses traditionnelles. L’objet s’y prête car il est très esthétique. Du même coup, nombreux sont ceux qui considèrent que l’éventail n’est pas une arme… Tout dépend de la définition que l’on donne à ce mot.

 

www.fandeventails.fr

L’éventail est un objet utilitaire « détourné », on se sert de ce que l’on a sous la main, de la même façon que l’on se défendrait avec une canne, un parapluie (et en Normandie, on est donc armé toute l’année !) : d’apparence anodine, on peut utiliser l’éventail comme un bâton court et donc frapper ou bloquer. Et on le sait, il peut arriver qu’un éventail reprenne sa liberté et se retourne contre son propriétaire… Une arme « autonome » alors qui ne s’adresse pas seulement à votre adversaire donc !!!

 

Maitre Wang Yen Nien (1914-2008) disait que l’éventail est une arme « saisissante ou surprenante ». Il surprend par le bruit lorsqu’on l’ouvre. Il peut masquer une attaque de poing, tenir à distance. Il peut parer ou détourner une attaque en « capturant » l’arme de l’adversaire. Il pique (et des deux côtés !). Il tranche (avec le fil… du tissu !) : on est bien capable de se couper tout seul avec une feuille de papier !!! Et … (voir divers films chinois) c’est aussi une arme de jet. Y cacher des lames et en faire un boomerang est possible… au cinéma. Dans la réalité, j’ai encore un petit doute…

L’éventail propose tout un (éventail ?)- choix de techniques : on y retrouve  des techniques de l’épée, du sabre, de la lance, des mains nues… et quelques autres inédites spécifiques à lui-même.

 

PHOTO XIAO LONG

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Au Japon existent également deux sortes d'éventails, le « sensu » qui se plie et « l’uchiwa » en bambou, rond, qui ne se plie pas. L'inventeur du « sensu » au VIIe siècle aurait été inspiré par les ailes des chauves-souris(!).

L’éventail « martial », repliant serait une invention japonaise du VIIIème siècle, importé en Chine un siècle plus tard.

On faisait au Japon la différence entre le « gunsen », éventail de guerre en acier qui servait aussi sur le champ de bataille pour communiquer des instructions aux troupes et le « tessen » plutôt réservé aux femmes.

Il est probable aussi que l’éventail permettait aux guerriers et nobles d’être « armés » constamment : lorsqu’il était nécessaire d’abandonner ses lames pour pénétrer à l’intérieur d’une demeure, l’éventail restait autorisé. Porté à la ceinture, il pouvait servir à se défendre…

 

On parle même de duels gagnés à l’éventail de fer contre une épée !

Importé en Europe au XVIème siècle par les portugais l’éventail reste pour nous un simple accessoire de mode (ou pas !).

Du point de vue de la santé, la pratique de l'éventail en Tai Chi stimule tous les méridiens du corps, et permet une amélioration de la circulation énergétique dans le corps. Il a un caractère très tonifiant, et est connu pour favoriser la vigueur et la joie.

L'éventail serait, pour certains, lié à l'élément Eau.

 

Les mouvements précis, fluides et spiralés de l'éventail sont très esthétiques et artistiques : leur pratique développe une maitrise de l’équilibre, de la force, de la souplesse, de la respiration et de la mémoire.

En Asie il est un élément culturel incontournable. Que ce soit dans le théâtre, la danse, les arts martiaux ou au quotidien, l’éventail reste omniprésent… pour notre plus grand plaisir !

PHOTO XIAO LONG

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

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