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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 16:52

Mais qu'est-ce que c'est que ça?
         C'est un jeu d'enfant!


Tui Shou signifie poussée de mains (tui = pousser, shou = mains).
C'est un exercice à deux dans lequel il s'agit de prendre contact avec le partenaire, de le suivre et de "l'écouter".
On peut prendre contact à une main ou à deux mains: dans ce cas, une main se pose sur le coude du partenaire et l'autre sur son poignet. Quand on dit "prendre contact", cela signifie bien la légèreté: on ne saisit pas ...


Suivre son partenaire signifie que les mains servent "d'antennes", on sent ce que l'autre veut faire, où il veut aller et on le suit en restant collé, c'est à dire en restant en contact permanent avec lui. On "l'écoute". "Suivre" veut bien dire suivre... On n'essaye pas à toute force de faire faire à l'autre ce que l'on veut. Et "écouter"veut bien dire écouter, l'esprit libre et non pas en train d’imaginer un scenario qui va prendre l'autre en défaut (du genre: "Je veux qu'il fasse ça, pour que je puisse placer ça, alors je vais faire ça...")

 Le corps comme l'esprit doivent être disponibles.
 

Ces exercices font partie intégrante du Tai Ji Quan et il est bien dommage qu'ils soient souvent absents des cours...

En réalité, le plus souvent, les élèves ne voient pas le lien entre exercices à deux et forme. Ils ont l'impression que ce qui est important c'est de faire et refaire la forme seule.

Mais, c'est quoi une forme? Si c'est juste une chorégraphie , un enchainement de mouvements mémorisé, alors ce n'est pas vraiment une forme... On peut mémoriser aussi un enchainement de step, on peut mémoriser un enchainement de danse bretonne ... Ce ne sont pas des formes.

 Ce qui fait la différence, c'est l'arrière plan "martial" , autrement dit: nous ne sommes pas seuls, nous inter- agissons, il y a une "ombre" qui nous répond à chaque technique, les mouvements ont une consistance, ils ont un sens.

Mais, me direz-vous (si, si, je vous entend bien...) pour cela alors, il y a les applications martiales, pas besoin de Tui Shou! Oui, bien sûr, mais... Lorsqu'on réalise une application martiale, il n'y a pas ce "flux" que l'on trouve dans le Tui Shou et que l'on trouve dans la forme. 

C'est une expérimentation du Yin Yang , de la transformation, une recherche constante d'équilibre, de bon enracinement,...

Ces exercices permettent de développer des sensations qui aideront à la visualisation, qui rempliront nos mouvements de sens.

Dans le cadre de la pratique du Tai Ji Quan, ces exercices commencent simplement et certaines choses peuvent même être travaillée en solo avant de travailler à deux.


On peut l'envisager comme un jeu: essayer de déstabiliser le partenaire amicalement en trouvant son point faible (et on s'amuse tout en apprenant beaucoup sur soi!).

C'est l'exercice que Me Yuan appelle "le jeu en Ji", face à face, les mains en Ji, en contact avec le partenaire, pieds parallèles, axe tenu, dos rempli... Il faut ajuster sa poussée sans dépasser sa propre limite et essayer que l'autre aille au delà de ses limites à lui, pour se dérober et le laisser passer. On peut apprendre ainsi à rester vigilant, à rester souple, enraciné, à utiliser la taille...


On peut choisir une pratique relaxante, un contact léger (pas simple non plus: léger ne veut pas dire mollasson!), sans décoller,  pour dépasser  les tensions physiques, détendre le mental... (c'est une forme de lâcher-prise et c'est bien agréable aussi...). Cet exercice demande une bonne concentration pour que le "mouvement" des mains ne devienne pas un automatisme, où "ça" tourne sans nous! Lâcher prise ne veut pas dire qu'on a  la tête ailleurs ou qu'on dorme debout...


 

On peut choisir de pratiquer le martial ou la compétition:

Le Tui Shou peut devenir  combat (mais cet aspect ne nous concerne pas vraiment, Xiao Long est profondément pacifique...)

C'est un autre chapitre, ce que l'on peut voir en compétition, en combat est souvent déformé et il faut parfois chercher loin pour y retrouver les principes de base... Le concurrent cherche la victoire, l’efficacité et il peut y avoir de la casse... Il y a souvent beaucoup d'agitation.

 En stage de Tui Shou, mon maitre disait: "Le premier qui bouge, perd" et pour avoir eu la chance de "Tui shouter" librement avec lui - bien trop rarement, je sais que le contact léger, le calme, l'attente sont bien plus redoutable que l'agitation. Pour moi, le Tui Shou , c'est ça. Le calme, la finesse, le ressenti, l'écoute, la disponibilité. Le corps est prêt, l'esprit est prêt et peuvent agir ensemble spontanément.

 

 C'est gentil de raconter tout ça, mais, on fait quoi si on n'a pas de partenaire!!!

Je crois que c'est un problème que nous avons tous eu , à un moment ou à un autre...

Lorsque j'ai posé cette question , on m'a répondu: "Il faut former ton partenaire". D'accord, je vois...

Mais avant de pouvoir le former, il faut le trouver! Il faut trouver une personne qui a envie de découvrir cet aspect du Tai Ji Quan, qui a compris que c'est un facteur de progression dans son "cursus" de pratiquant. Un curieux avec lequel on s'entend bien .

Ensuite, il va falloir assister à des stages avec un bon professeur. Si possible en y allant déjà à deux, car deux mémoires valent mieux qu'une (quand on sort du stage, on sait encore bien des choses, mais on oublie extrêmement vite de nombreux détails...

Conseil:

A l’issue du stage - même si vous ne savez plus comment vous vous appelez- filmer les exercices que vous avez retenus en faisant des commentaires. Ce sera votre base de travail, votre pense-bête.

 Reprenez ces exercices le plus rapidement possible, pas forcément dans une salle de pratique, il n'y a pas besoin de beaucoup d'espace, votre salon, votre jardin, votre garage feront l'affaire (OK, le garage, c'est pas glamour... mais ça a son utilité!).

Ensuite c'est la pratique... Il faut faire, refaire, réfléchir de moins en moins, se détendre , prendre confiance... refaire un/des stages quand on est plus à l'aise et poursuivre et continuer... Xiao Long appelle ça "les heures de vol".

C'est bien au début d'avoir toujours le même partenaire car on apprend à se connaitre, on se détend plus facilement, il y a un vrai travail de recherche à deux. Il ne faut pas se sentir jugé, il faut être en confiance.

Plus tard, il est intéressant de changer éventuellement de partenaire, mais je ne suis pas trop pour le papillonnage quand on fait ses premiers pas. Chaque partenaire est différent et s'adapter demande un esprit libre- qui ne l'est pas vraiment lorsqu'on débute.

 Bref!...

Essayez (essayer, c'est l'adopter...)

Jouez! (ne vous prenez jamais trop au sérieux ... quoiqu'il arrive, il n'y a pas mort d'homme!)... ne vous prenez pas la tête!!!

                                     


 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 17:09

 

La foire aux questions:  les mêmes interrogations reviennent. régulièrement, les mêmes doutes...

Mais une question a-t-elle une (seule) réponse?


 

PHOTO XIAO LONG


 

A quelle vitesse faut-il pratiquer?


C'est une question sans réelle réponse (heureusement!). Il ne faut rien du tout en réalité... On ne peut que donner quelques indications:

La vitesse du mouvement... n'est pas rapide, elle est lente, régulière, à l’image de l’eau qui coule ou du nuage qui passe dans le ciel, le mouvement se déroule doucement…

On est souple, flexible, élastique comme le bambou sous le vent (qui plie et ne rompt pas: ça vous rappelle quelque chose?).

La vitesse est naturelle, sans à coup, synchronisée avec la respiration. Et donc particulière à chacun. Lorsqu'on le peut, il est bon de faire un enchainement seul. En groupe, on est moins "naturel", on se laisse moins porter par son propre rythme. Et si vous êtes attentif, vous pourrez constater que vous avez une "vitesse" qui est confortable pour vous, cependant chaque jour est différent et votre vitesse ne sera pas forcément une constante!

 

La "mauvaise" vitesse!

Il faut surtout se méfier de la vitesse qui vous fait avaler la fin des mouvements, c'est souvent pour cette raison que l'on est plus rapide (et que les copains eux se sentent franchement à la ramasse du coup...)😅

Quand on est débutant, on est trop rapide parce que la tête pense et anticipe le mouvement suivant et c'est ainsi que le mouvement d'avant n'est pas abouti, fini, et que le mouvement d'après souvent est "compacté" au démarrage...

 

Mais les pratiquants de longue date connaissant aussi cet écueil: on connait "trop bien" sa forme, l'esprit s'échappe et on se laisse vaguement porter, la concentration se dissout et ... même résultat, les finitions ne sont plus à l'ordre du jour et on est en pilotage automatique, imprécis et flottant (au mauvais sens du terme!)🙄

 

 La bonne vitesse reste celle qui vous permet d'aller au bout de vos techniques tout en respectant la fluidité du déplacement.

 Il n'est pas inintéressant de travailler sa forme à des vitesses différentes pour mieux ressentir ce que l'on fait -ou pas. C'est une recherche instructive qui va permettre de mettre le doigt sur nos points faibles.

Car une forme se travaille aussi, on ne fait pas que l'apprendre et puis voilà, je la connais, c'est plié, je ne m'en occupe plus... On passe à autre chose. Une forme demande du temps pour s'installer, se l'approprier, en faire à la fois quelque chose de précis, propre et conforme aux principes de bases mais aussi quelque chose de personnel qui colle à votre respiration, votre morphologie, votre personnalité...

 

 Bon, et puis si vous voulez aller plus vite... passez au Kung Fu!!! 

Pour ceux qui veulent du plus lent, pensez à la sieste!

 

 

Comment se déplace-t-on?

 

Le déplacement des pieds est léger, souple, à l’image du chat qui marche, on déroule le pied, on le pose en douceur. On est stable, le pied sûr. On est disponible et on peut changer de direction à tout moment. Pour cette raison, les déplacements ne se font pas en "projection", mais à partir d'un pied d'appui fort.

 


Quel est notre état d'esprit?

 

Photo Xiao Long


Comme le chat, on reste calme mais on est vigilant: on ne s'endort pas, on est prêt à bondir.

 

La force intérieure est ininterrompue, constante, comme si l’on dévidait un fil de soie, un long fil fin, infini et résistant: c'est la notion de"chan si jing".

 C'est l'image de la force tranquille, l'idée de l'aiguille cachée dans le coton... C'est une concentration légère mais constante, présente.

 

Quand peut-on (enfin) accéder au bien-être? 

 

A lire ce qui précède, on se dit que ce n'est pas cool de pratiquer, on apprend, on est concentré, on travaille, et c'est moins "vendeur" que l'image du Tai Ji Quan   qui se répand de plus en plus: quelque chose de facile, d'accessible à tous rapidement, un cachet de zénitude...🤗

 

Cette image correspond bien à notre époque, où l'on veut se sentir bien avec un minimum d'effort et où adultes comme enfants passent d'une activité à l'autre d'une année sur l'autre.

 Le Tai Ji Quan demande du temps, de la patience, de la régularité, mais effectivement, il est source de bien-être.

 

Oui, mais quand alors?


Quand il y a harmonie: le mouvement du corps, la respiration, l'esprit (Jing, Qi, Shen) sont unis et synchronisés, on ne réfléchit pas, tout est fluide, sans coupures, sans hésitation.


Mais si c'est possible!!!

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 07:22

 

Une question réapparait de façon cyclique:

Peut-on se défendre en pratiquant le Tai Ji Quan?
Réponse: oui et... non !

 

Oui, en théorie, car c’est un art martial.

Les techniques sont efficaces et si l'on commence plus jeune que la majorité d'entre nous, si l'on s'entraine régulièrement, si l'on est en bonne forme physique, si ...

Si l'on pratique le Tui Shou, l'écoute, alors oui, on peut se défendre: on est toujours, prêt, vigilant, présent, cela devient une seconde nature (car, le Tai Ji Quan, c'est "naturel" comme vous diraient de nombreux Maitres chinois!).

Réagir instantanément, sans avoir à réfléchir et ... rapidement, nous voilà tout de même proches de l'externe !

Mais, nous sommes d'accord, cela ne s'improvise pas. C'est un long travail, comme pour tout autre art martial, et - même s'il n'est pas au premier plan - le Tai Ji Quan martial existe!

Cela demande aussi un environnement adéquat, car au delà des clés et autres applications où l'on frappe ou pousse, il existe aussi les techniques de projection. Et là... il vaut mieux atterrir sur un tatami !

 

Cependant, si vous êtres branché "self defense", il vaut mieux choisir le krav maga 😉


Oui, mais... 

Dans notre pratique modeste, la rapidité n'est pas un but premier ( ni même second d'ailleurs...). Et il faut être réaliste, même si nous développons quelques réflexes dans le travail à deux (bloquer, dévier...) le seul réflexe salvateur en ce qui nous concerne est la course de fond...

 

De même, il nous est difficile de juger de l'efficacité réelle de nos applications qui ne sont pas forcément "abouties": nous les passons moins rapidement qu'en combat réel et - comme nous tenons à conserver notre partenaire dans de bonnes dispositions- voire conserver notre partenaire tout court 😀 nous n'allons pas jusqu'à leur terme.

 

PHOTO Xiao Long

 

Cela ne signifie pas pour autant que le Tai Ji Quan ne soit pas "utile": on apprend à coordonner, contrôler ses mouvements, à gérer mieux l'ensemble de notre corps, à respirer, calmer notre esprit (qui en a bien besoin...) et à éclaircir nos idées (ce qui nous permet de prendre la bonne décision... et peut-être ... de déguerpir plus vite🙄?)


 

 Cela ne signifie pas non plus que l'on doive totalement occulter l'aspect martial de cette discipline interne et au delà de la pratique des formes, il est nécessaire de pratiquer le travail à deux, le Tui Shou et les applications martiales.

 Xiao Long regrette qu'en ce moment, le Tai Ji Quan devienne une "gymnastique de santé": bien sûr, cette discipline est "bonne pour la santé", tout exercice physique , correctement fait, est positif pour la santé globale.

 

 Mais si on ne veut QUE "entretenir sa santé", alors il vaut ne faire faire QUE de la gym... pas du Tai Ji Quan qui est rappelons-le un art martial interne!

 C'est un art, donc, on ne peut l'apprendre en un clin d’œil et la patience est un maitre-mot en ce domaine. Il faut être précis et donner du sens aux mouvements.

 

 Il est martial: cela dit bien les choses, les mouvements ont une finalité, on ne fait pas n'importe quoi parce que c'est joli! Les "mains dans les nuages" ont une utilité, on ne fait pas que brasser de l'air en agitant les bras avec élégance...

 

 Il est interne: l'esprit est concentré, clair, sollicité autant que le corps, cette dimension n'existe pas en "gym" (même si il vaut mieux penser à ce que l'on fait plutôt que de se demander ce que l'on va manger ce soir...).

 Et j'ajouterais,

 

 Il est énergétique: l'énergie circule dans les méridiens et nos techniques ont un impact sur l'ensemble du corps, la circulation du sang et de Qi.

 

C'est une discipline extrêmement riche et l'harmonie finale ne peut s'obtenir que si toutes les composantes sont intégrées à la pratique...

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 18:02

Le matin du 9 novembre 2020 a eu lieu au salon funéraire Longshan à Taiyuan, Shanxi une grande cérémonie d'adieu en l’honneur  de M. Yang Zhenduo, troisième fils de Yang Chengfu. Cette figure emblématique du Tai ji quan a quitté ce monde au petit matin du 7 novembre à l'âge honorable de 95 ans.  Les dirigeants les plus célèbres et les représentants des arts martiaux de tout le pays ainsi que les parents de Maitre Yang Zhenduo, Yang Zhifang, Yang Bin, Yang Yong… sont venus lui rendre un dernier hommage.

Pour les pratiquants de l’école Yang familiy, c’est une page qui se tourne, même si son petit fils, Yang Jun, a repris le flambeau déjà depuis quelques temps : En juillet 2009, lors du premier symposium international de Tai Chi Chuan, Maître Yang Zhenduo a annoncé que Maître Yang Jun était le cinquième héritier officiel de la lignée du Tai ji quan de style Yang traditionnel.

Pour tous les pratiquants de Tai ji quan, c’est une figure qui a marqué l’histoire du Tai ji quan qui disparait.

Mieux le connaitre :

Yang Zhenduo est né à Pékin en 1926 et sa maison ancestrale est dans la province du  Hebei. Très jeune, il s’engage dans la tradition familiale, apprend et s’entraine avec son père et son frère. Il travaille dur, apprend sans cesse et progresse dans sa compréhension de la théorie du Tai ji quan.

 En 1960, Maître Yang Zhen Duo s'installe à Taiyuan, province du Shanxi. Depuis lors, l’école Yang s'est progressivement étendue et rayonne aujourd’hui à travers le monde.

Par sa pratique, mais aussi par ses actions et grâce aux différents postes qu’il a occupés, il a permis à la famille Yang de rester au premier plan. Voici quelques dates phares :

Il a été vice-président de l’Association Shanxi Wushu depuis 1980.

En 1982, il a fondé et a été président de l’Association Shanxi Yang Style Tai Chi Chuan et en a été le président honoraire à vie. Cette association compte maintenant plus de 30 000 membres dans toute la province et est la plus grande organisation d'arts martiaux du genre en Chine.

En 1998, Yang Zhenduo a fondé l’Association internationale de Tai Chi Chuan de style Yang. Sous sa direction, l'association compte désormais 28 centres dans 12 pays avec plus de 2000 membres dans le monde.

En 1996, l'Académie chinoise de Wushu a reconnu Yang Zhenduo comme l'un des 100 meilleurs maîtres de Wushu en Chine.

Ses connaissances, ses recherches, sa gentillesse et son désir de transmettre ont fait de lui un Maitre hors du commun.

Et ... Pour en savoir plus sur cette école:

https://yangfamilytaichi.com/

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 16:42

La posture de préparation et d’ouverture est fondamentale.

C’est le commencement, c’est le moment où l’on se pose !

 

 

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre » présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 – MPC.

 

«  La recherche d’équilibre est constante, que l’on soit en mouvement ou non. La station debout, à l’arrêt, n’est pas forcément la posture la plus simple à tenir lorsque l’équilibre n’est pas sûr. Il reste cependant plus aisé au départ de travailler à l’arrêt. Cela va nous permettre de nous concentrer plus finement sur nos perceptions.

Nous commencerons debout, pieds écartés, car, s’exercer à se tenir debout, les pieds joints, est plus compliqué que de s’entrainer à se tenir debout, les pieds écartés de la largeur du bassin.

      Quelles informations recevons-nous dans cette posture ? Si nous portons notre attention sur l’ensemble du corps dans une perception globale, il est clair que l’axe joue un rôle majeur.

En position debout, nous pouvons sentir que le corps est emporté vers l’avant si le regard est dirigé vers le bas, et que donc la tête n’est pas bien « droite » puisque le fil qui nous relie au ciel est distendu. Regarder droit devant soi, en rentrant légèrement le menton, permet d‘étirer les cervicales, de diminuer la lordose à cet endroit et de maintenir un axe correct, une belle verticalité. On peut imaginer que l’on cherche à empiler les vertèbres les unes sur les autres.

Nous sentons aussi nettement que si la lordose lombaire n’est pas gommée, le poids du corps se déporte vers l’avant. En poussant légèrement mìng mén (4 VG, Porte de la vie) vers l’arrière comme si nous cherchions à coller notre dos au mur, nous pourrons également limiter la lordose lombaire.

Nous pouvons aussi nous apercevoir que si les genoux sont verrouillés, nos jambes se raidissent et se comportent comme deux bâtons. Nous n’avons plus « d’amortisseurs » pour absorber. Pour absorber et pouvoir réagir à bon escient, nos jambes devraient être des bambous flexibles.

Chaque élément du corps dépend, pour sa stabilité et pour ses mouvements, de la position du segment sous-jacent. Donc, si les pieds sont mal positionnés, les éléments sus-jacents – comme les genoux par exemple, en souffriront. Il faut donc être particulièrement attentif à la position des pieds au sol.

Nous pouvons tester différents placements de pieds et nous nous apercevrons que la position la plus confortable et la plus stable est de conserver les deux pieds parallèles pour que nos genoux et nos hanches s’installent selon cet alignement.

 

Le premier exercice sera – en position pieds écartés de la largeur du bassin et parallèles - de partir de notre position naturelle et de prendre la position axée étirée du tài jí quán, en adoucissant la lordose cervicale et la lordose lombaire et en relâchant les genoux. Nous sommes alors  centrés et cultivons cette sensation de solidité en prenant le temps d’analyser nos sensations dans cette posture. Il est important d’étudier nos sensations pour mieux comprendre les réactions du corps.  

 

Nous pourrons ensuite alterner ces deux postures, posture naturelle puis posture axée, afin d’apprendre à mieux sentir les différences entre les deux et à adopter de plus en plus naturellement une posture favorable à l’équilibre en fonction de notre propre morphologie et de nos capacités physiques.

Les genoux par exemple seront plus ou moins relâchés, il faut juste prendre garde qu’ils restent dans l’alignement des pieds et ne pas les projeter au-delà des pieds. La fonction des jambes et des pieds est de transférer jusqu’au sol le poids provenant de la base du tronc.

L’important est que la hanche, le genou et la cheville soient alignés, le corps du fémur et le corps du tibia aussi.

 

Les pieds sont ancrés. Les orteils sont bien en contact avec le sol. Le poids du corps se répartit également dans les deux pieds. En position debout immobile et verticale, c'est le talon qui supporte la moitié du poids du corps. Ici, le poids du corps se place harmonieusement dans tout le pied, avec un point fort sur l’extérieur et une zone allégée à l’intérieur, comme on peut le voir ci-après.

Enfin, les épaules seront détendues et basses : elles ne s’affaissent pas pour autant, elles ne sont pas rejetées en arrière, la poitrine est simplement légèrement creusée. Sur cet exercice, les bras sont naturellement détendus et placés le long du corps..

 

Cet entrainement permettra par la suite, et au quotidien, de trouver plus facilement et plus rapidement la posture la plus favorable au maintien de l’équilibre en station debout à l’arrêt… »

 

 

 

On parle le plus souvent de tête droite, mais « droit » n’est pas synonyme de vertical. On peut par exemple dans la technique « coup de poing vers le bas » ou « aiguille au fond de la mer avoir la tête « droite », c’est-à-dire dans l’axe du corps, dans le prolongement de la colonne vertébrale, elle n’est alors pas verticale dans le sens sur l’axe Terre/Ciel.

 

Souvenons-nous de la fable de La Fontaine : « Le roseau plie »… mais il ne rompt pas!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 16:23

 On vous serine en Tai Ji Quan « Tenez votre ballon, reprenez votre ballon, soyez rond,circulaire... ». Mais c’est difficile, il est complètement virtuel ce ballon, alors il se rebelle, il s’écrase en ballon de rugby, se riquiquise en balle de tennis, se dilue en pneu dégonflé sans volume…comment le maitriser?

Alors, peut-être serez-vous content d’apprendre que le ballon … existe… Il n'est pas si virtuel que ça... Il existe des exercices qui se font avec une balle!!!

 

Et d’où nous viens cette balle de Taiji?

 

Autrefois cette pratique s'appelait le « Qi Gong yin-yang de la balle de taiji ». D’après Yang Fukui (dit Yang Lu Chan), l'utilisation de la balle comme outil pour le Tai Ji Quan viendrait du style Chen, puis se serait diffusé dans les styles Yang et Wu.  

Un « chant de la balle » est attribué à Chen Chan Xing (1771-1853), qui était le professeur de Yang Lu Chan.  La balle aurait été très à la mode dans les années 20 à 40 (il y a toujours des modes!), puis la balle est tombée ;) un peu aux oubliettes…

De nos jours, et déjà depuis de nombreuses années, c’est Yang Jwing-Ming –qui réside aux États-Unis qui a remis l’exercice de la balle –en bois- au goût du jour. Ces balles osnt belles et agréables et pèsent leur poids! C'est un bon moyen de prendre conscience de ce qu'est réellement une balle et de la façon dont on peut la manipuler, la faire rouler!

De nombreuses combinaisons sont possibles, par exemple :

 

En échauffement :

La balle de Taiji est un outil pédagogique qui gagne à être connu, notamment pour le travail en spirale du tronc, et la souplesse des articulations des hanches. C’est donc un bon échauffement.
Le travail est ludique, peut se faire seul, ou à deux. Il existe des exercices spécifiques et même de petites formes.

La masse de la balle renforce l'intensité de l'exercice qui du même coup devient plus ou moins exigeant. On peut donc, selon sa forme, et ses envies choisir une balle plus ou moins lourde et faire travailler ses petits muscles.

En Tai Ji Quan, on ne cherche pas non plus à devenir Rambo -ou bien?, donc des balles de 1 à 4 kg sont bien suffisantes  pour développer une force souple et dynamique, ou travailler la vitesse et le délié, sans risques pour les articulations. Pensez à elles, elles vous le revaudront bien, c’est sûr ! On trouve des balles en plastique et des balles en bois –plus chères bien sûr- mais bien belles !!!🏐

Certains pratiquants les « parfument »  avec des huiles essentielles… C’est aussi donc un "Méga antimites" si vous les mettez dans votre penderie… s’il y a de la place !

La balle peut aussi servir à présenter les exercices de Tui Shou.

On fait des cercles verticaux en tenant à deux la balle. Ce travail doit être précédé d'un travail en solo car le mouvement implique tout le corps, il faut apprendre d’abord à manier « l’outil » seul, pour ensuite savoir synchroniser avec un partenaire. Une souplesse élastique de la colonne vertébrale est recherchée, n’oubliez pas cependant de ménager vos cervicales et lorsque le mouvement se propage aux bras, il ne remontera pas vers le cou!.

Une fois que les partenaires sont à l'aise, on peut commencer le travail d'attaque et de neutralisation.

On est vraiment dans l’état d’esprit Tui Shou : L’important est d'écouter pour ne pas s'opposer, mais juste dévier, absorber, transformer…

🤼‍♀️ Le geste est continu, on écoute, on suit... On y trouve la circularité et une approche solo et/ou duo qui permet de prendre conscience des trajectoires des poussées, de comprendre que neutraliser et contre-attaquer forment une unité. On peut s’entrainer sur place ou à pas mobiles… Bref, infinies possibilités !

 

Le travail avec la balle est aussi une façon d’approcher ce qu’est le Dan Tian.

Sentir son centre et sentir que les mouvements viennent de ce centre...C’est une bonne base pour acquérir fluidité, souplesse et élasticité. Savoir garder son axe et travailler la taille.

 

"Tenez la balle et imaginez qu'il y a un axe 
Cet axe fait face au Dan Tian et est le centre de toutes les directions."
 
(Extrait du Chant de la balle attribué à Chen Chan Xing.

Il existe de nombreuses formes, comme par exemple « La forme de balle de Yang Lu Chan » qui conviendra bien aux personnes pratiquant les styles Yang qui ont l’habitude d’être en appui arrière permanent.

Mais bon, comme toujours, il faut apprendre avec un professeur qui saura vous mettre en garde contre les « mauvaises postures » !

Allez, au travail, vous serez bientôt un enfant de la balle…

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 10:39

 

Nei en chinois signifie  intérieur ou dedans. Jing signifie la chaîne d’un tissu, le fil de chaine qui entrecroisé avec le fil de trame forme un tissu. Mais il peut aussi avoir le sens d’écritures classiques ou de de canon religieux, qui finalement sont aussi des « trames ». Tu, c’est un plan, une carte, un dessin (comme dans Taiji tu).

Nei Jing Tu peut se traduire par « carte de notre trame intérieure ».

La version la plus connue de cette représentation  a été trouvée sur une stèle datée de 1886 qui se trouve sur un mur d’un des bâtiments du temple taoïste des nuages blancs à Beijing (白雲觀). Cette représentation du travail interne aurait environ mille ans (difficile de vérifier à la source J ).

On y voit quoi ?

Le diagramme se lit de bas en haut et représente le corps humain vu de profil. On distingue trois parties essentielles : les trois champs de cinabre (Dan tian). Il dépeint les différentes transformations énergétiques qui surviennent lors des pratiques d’alchimie interne.

On voit à la colonne vertébrale et le crâne. On y voit les organes symbolisés.

 

Dans la partie inférieure, un garçon et une fille (le Yang et le Yin),  travaillent ensemble pour actionner une roue hydraulique permettant d’envoyer l’eau (le Jing – l’Essence , dans cette région est le Rein), le long du canal sinueux (la colonne).

En inversant le jing ou l'Essence, représenté par le cours d'eau le long de la colonne vertébrale, ils évitent qu'elle s'écoule vers le bas et qu'elle soit perdue. Cette eau va croiser différents passages.

Elle va être réchauffée au niveau du Dan Tian moyen 中丹田 afin de produire la vapeur  (le Qi )  qui va être diffusée vers le Dan Tian supérieur 上丹田 ,  lui-même représenté par le mont Kun Lun représentant les différentes composantes de l’esprit et du cerveau.

 

Le champ de cinabre inférieur est placé à côté des quatre symboles du Yin-Yang qui représentent les quatre agents extérieurs (bois, feu, métal, eau), avec le cinquième (la terre) au centre.

Sur la droite, on aperçoit une forêt, le Foie. Sur la gauche du champ du cinabre se tient un buffle qui laboure la terre et plante la pièce d'or, une image de la première graine de l'élixir doré. Le buffle qui laboure la Terre, symbolise ainsi la fonction de transformation du Centre (associé à la Rate, Estomac et Intestins).

 

Au centre se trouve le champ de cinabre médian, en forme de spirale et situé dans la région du cœur. Juste au-dessus, un jeune garçon tient la constellation de la grande ourse, symbole du centre du cosmos. Cette boule de Feu est associée au Cœur, symbole de l’amour et de la compassion  et qui est également la demeure du Shen , la conscience organisatrice.

Selon le légende du « Bouvier et de la Tisserande », Niu Lang 牛郎 et Zhinü 織女. Un vacher, correspondant à l’étoile Altaïr, ne peut retrouver son épouse, l’étoile Vega, qu’une fois par an. En médecine chinoise, la tisserande représente la fonction de thésaurisation du Jing des Reins et le bouvier représentant le Feu empereur du Cœur, tous deux formant l’axe Shao Yin.

 

 

Plus haut, au-dessus et derrière la pagode  (la trachée, lieu de passage de l’énergie du Ciel et de la Terre), on trouve l'oreiller de Jade, situé à l’arrière du crâne.

La partie supérieure de l'image représente le champ de cinabre supérieur. Derrière les grandes montagnes, sur la gauche, émerge le méridien gouverneur, Dumai; le vieil homme assis à côté de lui est Laozi 老子.

En dessous commence le méridien concepteur, Renmai, qui se déroule sur le devant du corps. Le moine debout, avec les bras levés, se tourne vers  Bodhidharma 達摩 (qui introduisit le bouddhisme Chan en Chine). Les deux points des yeux sont  représentés par le soleil et la lune.

 

Et ça nous dit quoi ?

C’est l’illustration de l’interaction entre nos trois Dan Tian, il présente le flux qui se déploie dans les « Huit Merveilleux Vaisseaux » Qi Jing Ba Mai et révèle les résonnances qu’il y a entre le Ciel , l’Homme et la Terre . La nature est au dehors, la nature est en nous, nous fonctionnons comme elle, et nous la prenons pour modèle pour gérer notre quotidien. On ne peut aller contre la nature.

IL évoque aussi Yuan Shen 元神, « l’Esprit originel »,  et décrit les cinq Shen* associé aux cinq organes Zang plus un Shen associé à la vésicule biliaire .

Cette carte est intéressante et nous aide à mieux comprendre comment les Chinois voient le fonctionnement interne et énergétique de notre corps. Rien à voir avec notre conception de l’homme « machine » : Le corps est « une machine qui se remue de soi-même », est la formule employée par Descartes. Le corps est comme une horloge, avec des rouages, tout fonctionne comme un mécanisme bien huilé. Le corps, c'est de la matière et rien que de la matière…

 On conçoit bien que les occidentaux aient un peu de mal à percevoir le corps comme le Nei jing tu !

 

Shen*  est une notion complexe que l’on ne peut qu’aborder… à creuser pour ceux qui sont intéressés sur des sites de MTC.
C’ est la forme la plus immatérielle du Qi. * Il regroupe l'ensemble de nos fonctions psychiques et spirituelles. L' Esprit Shen est  un des « trois trésors », il se décline sous cinq formes en lien aux aspects psychiques et émotionnels ...


Le Shen -  Cœur     Source de vitalité, joie ,discernement
Le Hun  -  Foie       Source de créativité et d'élaboration de projets  
Le YI –     Rate       Source de l'apprentissage et de la cohérence  
Le Po –     Poumon Source de l' instinct de survie et de la protection de soi
Le Zhi –    Rein      Source de la volonté et de l'affirmation du soi


 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 13:44

 

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre »

présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 –

MPC.

 

Il est important de comprendre comment nous fonctionnons, de découvrir les ressources que nous propose notre organisme qui, à l’image de la Nature, est capable sans cesse de s’adapter à de nouvelles conditions.

En réalité, l’éducation que nous recevons ne nous apporte que peu d’éléments sur le fonctionnement de l’être humain et sur l’interaction entre physique et spirituel, au sens philosophique du terme. Nous nous préoccupons davantage de la surface, de l’extérieur de notre corps, que de ce qui se passe à l’intérieur. Phénomène de société, symptôme finalement d’un déséquilibre qui accorde plus d’importance à ce qui se voit, au manifeste, qu’à ce qui est latent et se passe en profondeur.

 Il est bon d’élargir nos connaissances par un questionnement intelligent.

 

Le terme « équilibre » nous vient du latin « aequilibrium », de « aequus » : égal et « libra » : balance, poids. Ce concept décrit les situations où les forces  en présence sont égales.

Communément, l’équilibre se définit comme une attitude, une position stable, généralement verticale. Le poids est réparti également des deux côtés d'un point d'appui, de sorte que l’on ne bascule ni d'un côté ni de l'autre. Mais on ne se rend pas compte que ce processus n’est simple qu’en apparence, et qu’il repose en réalité sur un jeu de forces. La stabilité vient d’une dynamique, que l’équilibre soit statique ou dynamique.

 

PHOTO XIAO LONG

En effet, un équilibre peut être « statique ».

 

Et c’est bien là une première découverte : Debout, être debout, rester debout : c’est déjà une recherche d’équilibre. En restant simplement debout pendant un moment, immobile, nous pouvons sentir le corps osciller, aller de l’avant vers l’arrière, de l’arrière vers l’avant, et prendre conscience de la permanente accommodation qui est nécessaire pour se maintenir naturellement à la verticale sur nos deux pieds. Être immobile signifie réaliser un équilibre grâce à des ajustements constants. Ainsi l’équilibre « à l’arrêt », n’est pas réellement statique, au sens où nous l’entendons communément.

 

Mais un équilibre peut être également dynamique.

 

Pour un équilibre dynamique, le système est plus complexe, puisqu’il faut gérer en plus le déplacement du corps : des rétroactions de sens contraires peuvent se produire pour maintenir ou rétablir un certain niveau d'équilibre. Ces mécanismes peuvent s’opérer de manière réflexe, et font appel aux systèmes musculo squelettiques et au système nerveux pour permettre les mouvements qui permettront de s'adapter au contexte de la pesanteur.

PHOTO XIAO LONG

L’équilibre de l’homme a été analysé comme celui d’une grande structure qui reste debout sur une surface d’appui relativement petite.

Le squelette constitue la charpente du corps. Il est formé de 206 os reliés, pour la plupart, par des articulations. Il a pour rôle de supporter le poids du corps, de permettre sa mobilité et de protéger les organes internes. Le corps de l’homme est donc un ensemble de chaînes articulaires. Chacune de ces chaînes est composée de nombreux segments reliés par des articulations.

Pour chaque segment de notre corps, les forces de gravité doivent être rééquilibrées. Chaque segment repose sur un segment placé plus bas et l’articulation fait fonction de support.

Les surfaces des articulations étant très petites, le soutien du segment est difficile.

( … )

Les efforts d’un individu, pour maintenir la position verticale, résultent de micros mouvements incessants qui assurent un équilibre dans les 3 plans de l’espace: à la fois dans le plan sagittal antéropostérieur, dans le plan frontal, et aussi dans le plan horizontal.

Dans le plan sagittal avec mise en jeu des muscles antéropostérieurs.

Dans le plan frontal grâce à un système de haubans musculaires tendus entre la colonne vertébrale et les ceintures scapulaires et pelviennes.

Dans le plan horizontal avec mise en jeu des muscles rotateurs internes et externes. Le corps humain comprend plus de 650 muscles qui lui permettent de se mouvoir.

 

On voit combien ce mécanisme est complexe. C’est ainsi que l’on s’aperçoit que nous passons notre temps à réaliser un équilibre fugace. Si le moindre élément ne tient pas sa place, l’ensemble de la structure en est affecté et doit compenser cette faiblesse.

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 14:26

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre » présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 – MPC.

 

 

Il y a parfois confusion entre les termes tài jí quán et tài jí.

On utilise l’un pour l’autre en considérant « tài jí » comme une abréviation de tài jí quán en langage courant. Mais en voulant faire « plus court », on fait surtout peu juste. Il faut distinguer l’art martial de son concept fondateur.

 

Tài jí est le « faîte suprême », elle évoque l'idée de la poutre faîtière qui préserve l'existence de tous les êtres et les choses. Ce faîte suprême est le principe supérieur, au-delà duquel il n’existe rien.

 

Le tài jí quán, 太极拳, est une discipline, un art martial interne. Le premier caractère tài signifie très ou trop. Le second caractère jí signifie sommet, ou extrémité, ou pôle. Le dernier caractère quán signifie poing ou boxe.

La traduction proposée est le plus souvent « boxe du tài jí » ou encore « boxe du faîte suprême ». Le terme boxe renvoie à la dimension martiale de la discipline. Le terme tài jí renvoie quant à lui à la dimension culturelle et philosophique de cet art, à la notion de sommet ultime. De cette clef de voûte, qui soutient la structure entière de l’univers, naissent le yīn et le yáng.

Lorsqu’on parle communément  du « tài jí », on fait allusion en réalité au taì jí tú, 太极, concept taoïste appelé aussi plus simplement « symbole du yīn et du yáng ». On y trouve l’idée d'un axe principal, essentiel, du point central, du fondement originel de l'univers.

 

(…)

 

Si on reste fidèle à cette image, le tài jí quán, qui repose sur les concepts précédemment évoqués, est une pratique qui s’effectue sur la plus haute crête de la montagne, entre adret et ubac, sur l’ultime cime, entre yáng et yīn.

Yáng et yīn ne sont pas opposés mais complémentaires.

Nous avons dans yīn et dans yáng une première partie commune qui symbolise une colline  colline.

 

(…)

 

La graphie moderne conserve l’idée fondamentale avec le choix commun de « colline » associée à « lune » pour le yīn et à « soleil » pour le yáng.

Le pratiquant se déplace sur un fil, sur un axe. Ce dernier représente l’équilibre parfait. Toute oscillation vers un côté est immédiatement compensée par une oscillation vers l’autre côté, pour réaliser un centre permanent et mouvant.

Le tài jí quán est la représentation parfaite de l’équilibre qui se construit sans cesse, et n’est jamais acquis, une mutation perpétuelle.

La forme est un cycle, elle est une vie qui se déroule et qui se termine là, où elle avait commencé. C’est le chemin du wú jí au wú jí, de l’indifférencié à l’indifférencié...

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 14:54

 

Extrait du mémoire "TAI JI QUAN, la voix de l'équilibre"

présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 - MPC.

 

Le taì jí tú des origines selon Hú Wèi

 

Il existe encore une autre image possible, la plus courante et que nous associons directement dans nos esprits au concept yīn et yáng.  Elle nous est plus familière : celle du taì jí tú des origines.

Les Chinois l’appelle « poissons yīn et yáng ». Le point noir figure l’œil du poisson blanc, alors que le point blanc figure l’œil du poisson noir. Selon Hú Wèi (1633-1714), auteur de l’ouvrage « Discrimination des diagrammes de mutations »,  ce dessin représente le mouvement d'alternance des qì yīn, en noir, et yáng, en blanc. Inconcevables l’un sans l’autre, chacun recèle aussi le germe de l’autre. Lorsque l’un décline, l’autre prospère.

C’est cette image qui est aujourd’hui la plus connue. Le yīn évoque entre autres, le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité … Le yáng, quant à lui, représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur, le mouvement …

 

Le taì jí tú de Lái Zhīdé

 

 Le taì jí tú de Lái Zhīdé[1] est une représentation ancienne moins connue. Créée par un néo-confucianiste et pratiquant taoïste de la dynastie Ming, elle est moins complexe que celle envisagée par Zhōu Dūnyí.

Lái Zhīdé1525-1604) est l’auteur d’un important commentaire du Zhōu yì, autre nom du Yì jīng. Nous y retrouvons le cercle bien sûr, mais il y a cette fois un fort axe central. Nous imaginons sans peine les concepts complémentaires de yīn et de yáng ainsi que la dynamique qui anime l’ensemble, grâce à la spirale qui émane du centre et s’élargit vers l’extérieur.

 

Cette représentation souligne le rôle central de pivot du principe li[2].

« Cette spirale relie un cercle extérieur large à un cercle intérieur petit. La vision en creux est le lien par une spirale vide d’un vide infini extérieur à un vide limité intérieur. [3]»

 

L’idée fondamentale que l’on retrouve dans ces diverses représentations reste celle d’une interaction, d’un mouvement créateur d’équilibre. Cependant ces représentations ne sont que des dessins et nous donnent une image figée d’un processus tout en dynamique. C’est bien ce mouvement qui les anime et qui est la clé même de la compréhension de ces concepts.

Pour moi, le taì jí tú de Lái Zhīdé est l’image la plus adéquate pour symboliser notre pratique.

Le centre y est nettement matérialisé. Le centre librement s’exprime. Il suggère la dynamique de laquelle va naitre l’équilibre. On imagine aisément le mouvement de rotation, le tourbillon, qui nait de cet axe central fort.

Il figure l’expansion au sein d’un cercle, la rondeur, la solidité de la structure, la notion de « rempli », de spirale énergétique … Il peut figurer en même temps un vortex, qui absorbe, comprime l’énergie. Entre compression et expansion, il figure l’équilibre parfait.

 

 

[1] Lái Zhīdé (来知徳) :1525-1604,  néo-confucianiste et pratiquant taoïste de la dynastie Ming, auteur du Zhōu yì zhù (周易集注) (1598), important commentaire du Zhōu yì dans lequel se trouve son diagramme.

[2] Li, les lois de la nature antérieures au Qi, l'intelligence universelle en tant que cause efficiente, dans le Confucianisme.

 

[3] Extrait de l’article «  Spirale et logo de la Faemc » de Hugues Deriaz , Yi Mag n°5 juin 2017. Commentaire de la représentation du  « Fanghu waishi » de Lu Qianxu (vers 1550).

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG

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