Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 13:56

Il était une fois Hua Tuo (110-207 ? Dynastie des Han de l'Est). Comme souvent beaucoup de légendes tournent autour de ce personnage né à Qiao (Province de Anhui) et peu de choses sont vérifiables... 
Il aurait étudié l'astronomie, la géographie, la littérature, l'histoire et ... l'agriculture (!) Puis il choisit la médecine et devint expert en acupuncture. Médecin taoïste, il aurait pratiqué aux alentours de sa province natale de très nombreuses interventions chirurgicales  et aurait même  découvert l'anesthésie (... sous chanvre indien!).


Constatant que l'exercice physique facilitait la digestion et la circulation et qu'il fortifiait le corps,  Hua Tuo créa le "Jeu des 5 animaux"(Wu Qin Xi). Il semble cependant que ces exercices soient antérieurs à Hua Tuo qui les aurait rassemblés.
En imitant la férocité du tigre, la douceur du cerf, la fermeté de l'ours, l'agilité du singe et le déploiement de la grue, le corps et l'esprit se détendent.


"Le corps humain a besoin de travailler, mais il ne faut pas l'épuiser.(bien d'accord! dit Xiao Long.) Si on le secoue, le sang circule bien, les 100 maladies n'apparaissent pas".


Hua Tuo aurait été victime d'un chef de guerre, Cao Cao, qui souhaitait en faire son médecin personnel, ce que Hua aurait refusé. Une autre version dit que Hua aurait préconisé une intervention chirurgicale à Cao Cao qui souffrait de migraines, celui-ci (un peu parano...), croyant à un complot pour le supprimer, aurait ordonné la mort du médecin. 

 

 

Repost 0
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 14:12

 

S’il y a un nom à retenir pour les amateurs de films chinois, c’est bien le nom de John Woo (吴宇森). Ce réalisateur, producteur et scénariste, né en 1946 à Guangzhou, détient un palmarès étonnant de succès (mais pas que…c’est vrai…).

Photo wikipedia

 

Sa famille s’installe à Hong Kong en 1951 et John découvre très vite le cinéma. Après quelques essais, il devient assistant de production aux studios Cathay, puis il migre vers la (« LA ») Shaw Brothers (la plus importante compagnie de production de Hong Kong)!

Il réalise alors son premier long métrage (« The young dragons ». Impressionnés, ce sont ensuite les dirigeants de la (« LA » aussi –pareil !) Golden Harvest qui lui proposent un contrat et le voilà (bien) parti… plusieurs films suivent, il finit par rencontrer Tsui Hark (qui réalise « Il était une fois la Chine ») qui lui permet de tourner ce qui sera son plus grand succès en chine « Le syndicat du crime » en 1986. Ce n’est pourtant qu’en 1989 que le monde entier apprend à le connaitre avec « The killer »…

 

Au fil des années Woo devient le maître du cinéma d'action avec ses scènes - plutôt violentes (quand même, il faut le dire…) mais extrêmement bien chorégraphiées, on ne se doute pas forcément que Woo est un fan… de comédies musicales… Dans tous les cas, les studios hollywoodiens trouvent son style à leur goût et se tournent vers lui.

 

 

Woo s'installe à Los Angeles en 1992 et continue son œuvre (« Chasse à l’homme » avec van Damme, « Broken Arrow » avec Travolta, « Volte-face » avec Travolta et Cage, puis « Mission impossible 2 ». Puis suivent quelques bas… et quelques hauts dont le point culminant, en 2008, sera « Les trois Royaumes », film de tous les records puisqu'il devient à la fois le plus gros budget et le plus gros succès au box-office de l'histoire du cinéma chinois. Et ce film-là vaut franchement le détour !!!

On va rester d’ailleurs là-dessus…

 

 

Repost 0
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 12:42

La première Impératrice chinoise se nommait  Wu Zetian, (la seule d’ailleurs, car les femmes ne pouvait exercer le pouvoir dans le système impérial que de façon temporaire (régence) et ne pouvaient porter le titre « d’Empereur ».

Et pourtant, Wu Zetian fonda la dynastie Zhou (la seconde), se réclamant de l’antique dynastie Zhou.

 Elle régna sous le nom d’ « Empereur Shengshen » de 690 à 705, année de sa mort : elle avait 81 ans !

HOMMES ET FEMMES CELEBRES : Quand l’Empereur est une femme…

Comment s’y prendre pour devenir Impératrice ?

 

La belle Wu était très belle dit-on, on dit aussi qu’elle n’était pas tendre… une anecdote bien connue raconte que l’empereur Taizong (Wu faisait partie de son gynécée depuis l’âge de 14 ans) avait un cheval appelé « Lion », il était sauvage et personne n’arrivait à le contrôler ; la belle Wu se proposa de dominer la bête si on lui donnait un fouet de fer, un marteau de fer et une dague. D’abord, elle aurait fouetté le cheval, puis s’il refusait toujours d’obéir, elle se proposait de le frapper avec le marteau et s’il se montrait toujours rebelle de lui trancher la gorge. Tout en finesse…

A la mort de Taizong et après un détour par un monastère elle entra dans le gynécée du nouvel Empereur, Gaozong, Fils de Tai zong… Elle fait tranquillement son chemin au gré des intrigues et grimpe dans la hiérarchie. Son influence sur l’Empereur s’accroit aussi au grand dam de la première épouse ! Wu n’aurait pas hésité à étouffer son premier enfant, une fille, pour ne pas essuyer les railleries de sa rivale qu’elle tente de rendre responsable de cet acte abominable.

Elle use de son influence pour discréditer les épouses gênantes qui freinent son ascension. Et la voilà, à 32 ans, première épouse de Gaozong…

La santé de l’Empereur n’est pas des meilleures et Wu, dissimulée derrière un rideau participe largement aux affaires de l’État ! Et elle sait prendre de bonnes décisions dans de nombreux domaines (agricole, militaire...) et on ne peut mettre en doute l’efficacité politique de cette femme d’action.

Elle fit aussi beaucoup pour le statut des femmes.

Pour mener à bien ses projets, rien n’est exclu… Elle se débrouille pour éliminer les conseillers et  ministres encombrants, le premier fils héritier meurt un peu empoisonné, le second un peu assassiné, le troisième docile et toléré un temps, sera remplacé par son jeune frère… de toute façon, dans son testament l’Empereur  sous le charme de son épouse, exigera que Wu reste chargée des affaires de l’État !

WU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONGWU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONGWU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONG
WU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONG

WU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONG

Oui, mais…

 

Elle n’est qu’une femme et une femme ne peut être Empereur…

Pour être acceptée, elle soutient le bouddhisme.

Elle fait bâtir des temples et une immense statue de Bouddha. On raconte qu'elle a  participé à la traduction d’un des ouvrages les plus importants du bouddhisme chinois. Elle dépêcha même des émissaires en Inde afin de ramener en Chine le manuscrit complet.  En retour, les moines ont déclaré que le pouvoir divin avait été accordé à Wu, ce qui légitimait donc son pouvoir. Leur aide a été essentielle.

 

En dehors de ces activités politiques…

 

Wu Zetian possédait quelques  qualités littéraires : elle écrivait aussi des poèmes et un bon nombre de ses poèmes ont d'ailleurs été rassemblés dans deux recueils «  Poèmes de Tang » et « Essais de Tang ». Fille de magistrat, elle avait bénéficié d’une éducation très complète : l’époque Tang était une période où les femmes étaient assez libres.

 

 

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wu_Zetian

Pour « s’amuser » et voir Wu : Film « Detective Dee »

HOMMES ET FEMMES CELEBRES : Quand l’Empereur est une femme…
Repost 0
23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 13:07

du-fu1.jpgDu Fu  (-prononcé « tou fou »… no comment !)(712-770) laissa derrière lui 1458 poèmes. Il y a donc de quoi lire… (Projet de vacances ?).

Ce confucianiste convaincu y exprime son aspiration à jouer un rôle politique dans le pays. Issu d’une famille de lettrés et pourtant recalé aux examens, il n’occupera que deux postes mineurs dans l’administration : il semble que son tempérament de poète ne le prédisposait pas à se plier aux contraintes qu’auraient exigées de grandes fonctions.

 L’intérêt qu’il portait aux grands évènements historiques de ce temps a valu à son œuvre le nom de « shishi », histoire en poèmes. Pour lui, le poète avait un rôle social à jouer.

De nombreuses pièces poétiques évoquent la famille, l’histoire ancienne, la vie de tous les jours. Cet homme, rempli de compassion, parle des injustices, de la misère et en parle d’autant mieux qu’il vit lui-même ces choses. S’adressant à l’Empereur, il dépeint clairement sa situation :

« Depuis la septième année de mon âge jusqu’à la quarantième que je cours à présent, je n’ai fait autre  chose qu’étudier, lire, composer des pièces d’éloquence et faire des vers. J’ai acquis quelque réputation mais point de biens ; je suis dans la plus grande misère. Quelques herbes salées et un peu de riz font toute ma nourriture, tous mes vêtements consistent dans l’habit que j’ai sur le corps. Si Votre Majesté ne Se hâte d’y mettre ordre, elle doit S’attendre, au premier jour, à entendre dire que le pauvre Du Fu est mort de froid ou de faim ; Il ne tient qu’à Elle de S’épargner ce triste récit. »

Il eut gain de cause, mais n’en profita pas longtemps :

La révolte d’An Lushan, ce général qui mit en fuite l’Empereur Tang et fut tué par son propre fils peu de temps après... (le « tu quoque » chinois ?) mit un terme à cette brève période de bien-être.

Son style simple, sobre, direct donne vie à cette période mouvementée où les combats séparent les familles, la famine décime les populations et qui voit la chute d’un empire brillant, celui des Tang.

Il a su atteindre une perfection technique telle que de nombreuses générations d’admirateurs ont tenté de l’imiter et n’ont pu l’égaler, car il reste proche du quotidien, du réel, du familier et sait faire naitre les émotions et toucher en choisissant le mot juste.

Condamné à l’errance, il mènera une vie dans laquelle sans doute il puisera la force de son réalisme. Il ne connaitra une réelle aisance que lorsque le gouverneur de Chengdu le prendra sous son aile.

 An-Shi-Rebellion.jpg

Pour en savoir plus : http://wengu.tartarie.com/Tang/Du_Fu.php

 

« Le départ des soldats et des chars de guerre » (Extrait)

 

… Les chars crient … Les chevaux soufflent ;

Les soldats marchent, sur leurs dos l’arc et les flèches.

Les pères, les mères, les enfants les accompagnent, courant confusément au milieu des rangs ;

La poussière est si épaisse qu’ils arrivent au pont de Hien Yang sans l’avoir aperçu ;

Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;

Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève jusqu’aux nuages. (…)

Et c'est certainement encore mieux en V.O...

Repost 0
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:52

1281574213ljm4N0.jpgL’épée fut reine puis tomba bientôt en disgrâce. Moins utilisée sur les champs de batailles, elles restaient symboles du statut social élevé, transformées en « accessoire » de mode. Savants ou guerriers pouvaient la porter.

Les danses de l’épée et le théâtre  maintiendront sa popularité dans un domaine tout artistique cette fois.

Sous les Tang se côtoient les danses civiles, douces, coulées et les danses martiales vives et animées.

Gong Sun fut la championne du maniement de l’épée à cette époque, les spectateurs – érudits et gens de lettres- étaient envoutés par ses danses d’un exceptionnel niveau artistique. Ses chorégraphies intégraient des sauts, des attaques surprises, ses mouvements d’épée étaient précis… incisifs !

Le poète Du Fu lui rendit hommage dans une œuvre qui louait son habileté.F200609141107539652271931.jpg

Elle fut invitée à la cour impériale et sa renommée fut grande.

Zhang Xu, un grand calligraphe des Tang affirmait qu’il avait amélioré sa technique après avoir assisté à une danse de Gong Sun. Le rythme vif lui fit acquérir –dit-il- l’esprit même de l’art du pinceau.

3744497.e6192625.560.jpgManier l’épée ou le pinceau, le principe est identique. Le trait est spontané, le poignet souple et on ne peut revenir en arrière, ce qui est fait ne peut être repris ou « gommé ». A méditer...

Repost 0
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:31
lee-bruce-02-g.jpgLi Jun Fan ou Li Xiao Long est une personnalité incontournable pour tout pratiquant d’arts martiaux que l’on fasse dans l’explosif ou dans le tranquille…. Né une année du Dragon à l’heure du Dragon, son surnom « Xiao Long » lui ira comme un gant !
Et malgré ce beau nom chinois, Li Xiao Long, fils d’un comédien vedette de l’Opéra de Canton,  est américain : il est né dans le quartier de Chinatown à San Francisco en 1940. Si je vous dis que cet homme était philosophe, artiste martial, acteur, réalisateur, producteur, scénariste et qu’il créa sa propre voie martiale, le « Jeet Kune Do »… peut-être aurez-vous deviné de qui il s’agit?
Il semblerait que son prénom américain lui ait été donné par… une infirmière ! Mais il n’en profitera pas tout de suite puisqu’il repart vers Hong Kong avec ses parents. Très tôt il jouera dans des films hongkongais introduit dans ce milieu par son père. Ce n’est qu’adolescent qu’il découvre la passion de sa vie : les arts martiaux.
images.jpgS’il est passé par la case Tai Ji Quan, c’est le Wing Chun surtout qui va former sa technique grâce aux enseignements de Yip Man puis de William Cheung
  
(car Li fut exclu de l’école de Wing Chun à l’initiative de quelques jaloux sans doute ( ?!) sous prétexte que sa mère, au quart allemande, était donc étrangère et que Yip Man avait toujours refusé d’enseigner aux étrangers…)
Finalement, ses parents décident de renvoyer en Amérique ce fils turbulent et bagarreur qui n’était pas sans ennemis… Bruce enseignera le Kung Fu dans les parcs et intègre l’Université de Washington pour y bruce-2.jpgétudier la philosophie.    
Petit à petit, son expérience personnelle et ses réflexions philosophiques le poussent à créer son propre art martial : « La voie du poing qui intercepte », le Jeet Kune Do, plus pratique, plus fluide que le Kung Fu, adapté au combat réel, où techniques de boxe anglaise, de self-défense, de Kali se côtoient. (Le JKD sera même enseigné aux Forces Spéciales américaines).
 
Suite à une blessure, immobilisé pendant six mois, il entreprend de mettre sur papier ses réflexions et croquis sur l’art du combat: « Tao of Jeet Kune Do ».
Bruce-Lee-Pictures-Latest-3.gifIl n’y a pas que le « petit » Bruce Lee bondissant et hurlant des films qui l’ont fait connaitre en Europe, c’est pourtant souvent cette image qui domine… Loin du « tout dans les muscles et rien dans la tête », Bruce Lee est un vrai penseur.
 
« Absorbe ce qui t’est utile, rejette ce qui ne l’est pas, ajoute ta propre expérience ».
 
Corps et esprit ne font qu’un et participent de l’Univers, on s’oublie soi-même, cette idée n’est pas nouvelle. Et la citation qui suit en rappelle d’autres plus anciennes :
 
« Vide ton esprit. Sois sans forme, informe, comme l’eau. Tu mets de l’eau dans une tasse, elle devient la tasse. Tu mets de l’eau dans une bouteille, elle devient la bouteille. Tu mets de l’eau dans une théière, elle devient une théière. L’eau peut couler ou elle peut tout balayer sur son passage. Sois l’eau, mon ami. »
 
 
 
Le Wu Wei, le non-agir reste la clé, pour faire face efficacement, on est relax (et non inerte !), prêt à s’adapter, à accepter ce qui se présente. Pas de but ou de mobile, pas de calcul, le mouvement surgit du vide.
 
Mais il va plus loin: il n’y a pas pour lui un style de combat unique ou meilleur qu’un autre. Les techniques préétablies figent le corps et l’esprit. L’art martial est une expression de soi, pour cette raison se soumettre sans réflexion à une seule doctrine est un obstacle à l’épanouissement de la personne. Les techniques sont apprises pour être oubliées, ne plus avoir de techniques, c’est les avoir toutes et la réponse devient spontanée, automatique, libre.
 
Compréhension, expérimentation, simplicité permettent de développer une « auto-connaissance ».
 
 
 
 « Une fois que tu connais les racines, tu peux comprendre les bourgeons ».
bruce-lee.jpgPour en savoir plus (avant de tout oublier…) le livre « Tao du Jeet Kune Do »…
 
 
 
 
Repost 0
2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 18:06

"La langue résiste parce qu'elle est molle,

 les dents cèdent parce qu'elles sont dures."

souris.jpg

Repost 0
2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 16:52

Kung-Fu_Television_Series_Master_Po_Young_Grasshopper.jpgQui ne connaît pas encore les moines de Shaolin ? Leur histoire et celle de leur monastère s’est répandue à travers le monde et nombreux sont les « petits scarabées » qui, pour pouvoir enfin partir, essayent depuis d’attraper la pierre dans la main de leur Maître… (Et il en reste encore … des pierres et… des maîtres…)

Par contre si je vous dis « Yongtai », vous me répondrez « Ah bon ! Et alors… ? » ou pire : « C’est lui qui joue arrière dans l’équipe basque ? » et cela n’aura rien d’étonnant ! Ce temple est encore méconnu, même en Chine. C’est pourtant là que des générations de femmes ont suivi les enseignements qui font d’elles des combattantes hors pair au même titre que les moines de Shaolin, un reportage les a baptisé les « nonnes guerrières », un brin accrocheur peut-être ...

Sur les traces de Minglian :lotus-epee-grand.jpg

Minglian (467) était la fille de l’Empereur Liang Wu Di. A l’âge de 13 ans, la Princesse Minglian, devint une des 4 disciples de Damo, qui, il y a plus de 1500 ans, fonda l’ordre de Shaolin. Il lui enseigna les préceptes du bouddhisme Chan (zen) et du Kung-Fu.  Minglian partit vivre dans les montagnes, non loin de Shaolin, dans la hutte de la Princesse Zhannyun (celle-ci est la première femme considérée comme une nonne bouddhiste). Peu à peu la hutte s’était  transformée en couvent et quelques années plus tard, un temple fut construit. Ce site devint un haut lieu d’enseignement du bouddhisme et … des arts martiaux chinois.

Yongtai, Princesse de la dynastie Beiwei, succéda à la Princesse Minglian, elle était réputée pour ces capacités martiales, ses connaissances et sa maîtrise du qi gong, ainsi que  pour ses bienfaits et pour l’aide qu’elle apporta au peuple de la région.  Pour honorer sa mémoire, le temple prit le nom de Yongtai. C’est sous ce nom qu’aujourd’hui encore on le connaît. Sa réputation est fondée sur le renom des nonnes  particulièrement habiles pour soigner les gens grâce à leurs connaissances  des herbes médicinales et pour leur excellence dans les pratiques martiales.

Song_Shan.jpgSauvé par des poulets ?

Le temple de Yongtai a été laissé à l’abandon pendant de nombreuses années, pillé par les habitants de la région qui utilisèrent les pierres pour en faire des ponts et autres menus travaux... Totalement éclipsé par son voisin de la colline d’en face, Shaolin, on finissait par l’oublier…

C’est une femme qui va le sauver (ben, oui…). Une femme simple issue d’une famille simple. Madame Qu , devenue millionnaire en élevant des poulets (!) et en vendant des œufs, visita en 1991 le temple de Shaolin et découvrit lors de ce voyage les ruines du temple de Yongtai, le plus ancien couvent de nonnes bouddhistes en Chine. Elle se demanda pourquoi ce temple était dans un tel état, pourquoi les nonnes étaient appelées « les seconds moines ». Madame Qu  Yu Rong ne pouvait se détacher de ce temple qui lui rappelait sa propre situation avant d’avoir fait fortune. Les femmes semblaient toujours appartenir à la catégorie « voyageurs de seconde classe »…

C’est alors qu’elle décide de tout mettre en œuvre pour sauver ce temple et d’utiliser sa fortune (800 000 Yuan, 86000€ à un grain de riz près) pour remettre en état le couvent. Madame Qu souhaitait aussi accueillir dans ce temple les orphelines, elle voulait créer une école d’arts martiaux et accueillir les personnes âgées. Mais l’argent fut englouti rapidement dans les seuls travaux de restauration. Ne voulant pas emprunter d’argent, elle poursuivit son œuvre grâce aux dons de ses amis, et grâce à l’aide que lui apporta la population. Cette bataille, elle dit la mener au nom de toutes les femmes…


yongtai.jpgAujourd’hui :

Les femmes de Yongtai commencent à se faire connaître en participant à des représentations d’arts martiaux, comme les moines de Shaolin le font déjà depuis longtemps. Un spectacle « Le lotus et l’épée » raconte le destin de Minglian et l’histoire de Yongtai (il existe d’ailleurs un DVD portant ce nom). On peut toujours discuter du bien-fondé de ces spectacles : ces nonnes et ces moines ont-ils leur place sur une scène ? Les artistes martiaux existent depuis bien longtemps, les moines taoïstes par exemple n’hésitaient pas à reprendre contact avec les « civils » à l’occasion, à se battre, à relever des défis… et cette tradition se perpétue, sous une autre forme.

 

Dans ce temple  sont (toujours) enseignées des formes internes et externes, ainsi que les exercices énergétiques. De très nombreux styles y sont représentés. Le but de ces femmes est d’apprendre toujours plus, de s’inscrire dans la tradition des arts martiaux chinois et de consacrer leur vie à cet apprentissage, à cet art. Toutes pratiquent depuis leur plus jeune âge (dès 7 ou 8 ans).lotus-epee-2.jpg

Les nonnes de Yongtai sont passées par la France en 2007. A quand leur prochaine visite ?

En attendant, voilà quelques liens vers des vidéos… Si cela vous inspire Mesdames…

http://www.imineo.com/lotus-epee-moines-shaolin/72/extrait-gratuit-2448.htm

http://chine.aujourdhuilemonde.com/les-nonnes-guerrieres-de-yongtai 

Repost 0
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 09:44

 

ching_shih__.jpgEh oui, il n’y a pas que des pirates à jambe de bois et à grosse barbe… noire ! Voilà une femme chinoise qui ne manquait pas de suite dans les idées !

Ching Shih (1784-1844), connue sous le nom de Zheng I Sao, ou 郑一嫂, apparaît  dans les récits sous les traits d'une prostituée cantonaise du nom de Shih Yang.

 Elle se marie en 1801 avec Zheng I, commandant d’une flotte de pirates qui combattait du côté des rebelles Tay-son pendant la rébellion vietnamienne. Ils adoptent un fils, Chang Poa. Zheng I meurt de la galle en 1807 alors qu’ils était à la tête d’une coalition de 400 navires et 70 000 pirates.

Maître dans l'art de la manipulation, Ching Shih, alors également nommée Zheng I Sao, littéralement, la femme de Cheng I, parvient par différentes manœuvres politiques à diriger  la flotte  qui comptait 1500 bâtiments (60 000 pirates !). Puis elle entame une liaison avec son fils adoptif, qu'elle avait déjà promu au rang de lieutenant, et finira par l’épouser.

Elle développe un ensemble de lois strictement appliquées. Les ordres étaient donnés exclusivement par les dirigeants de la flotte. Désobéir à un ordre était considéré comme une offense capitale. Si un village aidait régulièrement les pirates, c'était également une offense capitale de le piller. Celui qui grappillait dans le butin  ou violait une prisonnière était condamné à mort. Si un pirate désertait et qu'il était repris, on lui coupait une oreille et on l’exposait au reste de l'équipage, qui devait comprendre qu’il n’y avait qu’à bien se tenir.5080_en_chantant_derriere_les_paravents___pfilm7030198045_7.jpg

La flotte de Ching Shih commettra divers actes de piraterie, allant du simple pillage de navires marchands au sac de villages le long des rivières. Le gouvernement tentera de mettre un terme à ces activités en lançant une série d’offensives en janvier 1808, mais sans succès. Les pirates en profiteront même pour capturer leurs navires et renforcer leur flotte. La flotte royale sera tellement amputée que le gouvernement devra acheter des bateaux de pêche pour combler les vides ! A la mort de Chang (1822), Ching Shih retourna à Canton ou elle géra paisiblement sa maison de jeux et de plaisirs, peut-être même avait-elle des liens avec quelques contrebandiers du cru… Elle mourut à l’âge honorable de 69 ans, beau score pour une ex-pirate aux activités aussi diversifiées que louches…

 La véritable menace venait en fait des autres pirates : O-po-tae, un rival - que certains considèrent comme le second plus grand pirate asiatique -  force la flotte à battre en retraite. O-po-tae, inquiet malgré tout à l’idée que Ching Shih pourrait vouloir se venger, demande et obtient du gouvernement une amnistie pour ses hommes et lui-même. Comme le gouvernement peut consacrer désormais tous ses moyens à la destruction de la flotte de Ching Shih, celle-ci demande et obtient aussi une amnistie en 1810. Quelques pirates furent exécutés, d’autres bannis, la plupart cédèrent leurs vaisseaux et purent se retirer tranquillement.

 

film-chang-shih.jpgUn film italien a été tourné sur ce thème en 2004 « En chantant derrière les paravents » : Dans une maison close chinoise, un vieux capitaine raconte l'histoire de la célèbre pirate Ching Shih, veuve du capitaine Ching. Réalisé par Ermanno Olmi avec Bud Spencer ( ! sans Terence Hill) et Jun Ichikawa.

 

 

Repost 0
29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 19:14

Xiao Long est un amateur invétéré de citations et il a souvent croisé Confucius sur la route des proverbes. Pourtant que sait-on de cet homme qui ne semble même pas porter un nom chinois?

 

 confucius.jpgConfucius  孔夫子,  kǒngfūzǐ, ce qui signifie « Maître Kong » a été latinisé en "Confucius" par les jésuites (mais c'est bien sûr!). On l'appelle aussi parfois 孔子,  kǒngzǐ. 

Né en 551 av. J.-C. à Zou et mort en 479 av. J.-C. à Qufu, il est sans conteste l'un des  personnages les plus emblematiques  de la civilisation chinoise.

Premier "éducateur" de la Chine, son enseignement a donné naissance au "confucianisme" (et voilà, on pense un peu et on se retrouve coincé dans un système en "isme"!). Cette doctrine politique et sociale a même été érigée en "religion d'État" dès la dynastie Han et on ne s'en écarta officiellement qu'au début du XXe siècle.  

Sa longue vie en (très) bref:

Selon la tradition, son père, Shu Liang He, descendant de Yi Yin, premier ministre de Cheng Tang, fondateur de la dynastie Shang, gouverna la principauté de Lu 鲁 (Shandong). Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté. Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à dix-neuf ans et eut trois enfants (un fils, Kong Li  et deux filles). Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province. La légende dit qu’il aurait rencontré Lao Zi  老子 en allant consulter des annales, et qu’il en aurait été si fortement impressionné, qu’il n’aurait plus parlé pendant trois jours ou un mois(?!).

Après quelques emplois subalternes à la cour de son prince, il devint Grand Ministre de la Justice de Lu. Il quitta son poste de Ministre et en -496 et partit pour quatorze années d’errance, à la recherche d’un souverain capable de l’écouter. "Chien sans maitre" Confucius se demandait " "Suis‑je donc comme une courge amère qui ne peut que pendre à sa tige et qui n’est pas mangeable ? " Il rentra enfin définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort à l’enseignement et à la compilation de textes anciens.

 

Les (très) grandes lignes de sa pensée:

Un homme ne peut se contenter de "vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages" (et pourtant parfois, il aimerait bien...), il lui faut vivre en bonne société avec ses semblables. Confucius instaure un ensemble de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. La Chine était alors divisée en royaumes indépendants, les luttes pour l’hégémonie rendaient la situation instable et l’ancienne dynastie des Zhou avait perdu le rôle unificateur et pacificateur que lui conférait le "mandat du Ciel". Confucius voulait donc restaurer ce mandat du Ciel qui conférait le pouvoir et l’efficacité à l’empereur vertueux.

Confucius développe entre autre la notion de "Junzi" (gentilhomme): où l'on parle de noblesse de coeur et non de noblesse de sang. Son enseignement était ouvert à tous. Selon Confucius, la soumission au père et au prince va de soi et garantit la cohésion des familles et du pays Elle s’accompagne cependant d’un devoir de (respectueuses bien sûr!) remontrances si le père ou le prince vont dans la mauvaise direction. De nombreux lettrés chinois, se réclamant à juste titre de l’enseignement de leur Maître, ont quand même péri ou ont été bannis, pour avoir osé critiquer l’empereur quand celui-ci, sous l’emprise d’une clique du harem ou de prêtres taoïstes, ne prenait plus soin de son peuple et laissait le pays sombrer dans la famine ou la guerre civile. Confucius attache une grande valeur à l'exemple: si le gouvernant mène une vie exemplaire, alors le citoyen fera de même et donc l'Etat sera prospère, l'homme sera heureux.

 

Mettant l’homme au centre de ses préoccupations, Confucius n’a pas fondé de religion au sens occidental du terme, même si un culte lui a été dédié par la suite. Il fonde une morale  structurée par les  "rites"  et vivifiée par la sincérité, mettant l’accent sur l’étude et la rectitude. La lecture des "Entretiens" de  Confucius montre qu’il ne voulait pas être un maître à penser, et qu’au contraire il voulait développer chez ses disciples l’esprit critique  : " Je lève un coin du voile, si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui".

Confucius considérait que l’homme doit se conduire sur la base de cinq vertus : la bonté, la droiture, la bienséance, la sagesse et la loyauté. Le respect des parents, de la vie et de la mort était également un de ses concepts clés.Confucius-2.jpg

 

 

Actualités (en bref évidemment):

 

Un film sur Confucius est sorti, non sans faire de vagues, en 2010: Chow Yun Fat  (Tigre et Dragon) y joue le rôle titre. La vie de Confucius y serait par trop "romancée"... Xiao Long vous dira ce qu'il en pense... s'il arrive à le voir!

 

Pour en savoir plus:
un article interessant parmi bien d'autres...

"Confucius" par Edouard Chavannes

classiques.uqac.ca/classiques/.../C08_confucius/chavannes_confucius.doc

 

Repost 0

NOUS CONTACTER:

XIAO LONG EST UN CLUB OU SE PRATIQUENT LE TAI JI QUAN, LE QI GONG ET LA RELAXATION. IL SE SITUE A EVREUX, QUARTIER DE SAINT MICHEL (27).

VOUS TROUVEREZ LES INFORMATIONS SUR LES COURS, LES HORAIRES ET NOTRE SALLE PLUS BAS SOUS LA RUBRIQUE "COURS HORAIRES".

POUR EN SAVOIR PLUS?

NOTRE MAIL: mushutaiji@gmail.com

Recherche

QUI EST XIAO LONG?

 


XIAO LONG:
"Petit Dragon"est notre logo. Il nous accompagne sur nos T-Shirts, nos sweats, nos circulaires d'information, il signe même nos articles! Il est sympathique, de bonne composition, à l'image de l'ambiance de notre section qui souhaite être conviviale, ce qui ne nuit en rien aux progrès de nos adhérents, ni au sérieux des cours, au contraire...

L'AUTEUR

Les textes sont rédigés par Xiao Long. Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s'interessent à la culture asiatique.