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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 14:38

Zhang Chongren

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zhang_Chongren

Zhang Chongren (张充仁) est né le 27 septembre 1907 à Xujiahui , Zikawei en shanghaïen, alors quartier de la concession française où se trouvaient différentes missions catholiques, dans la banlieue de Shanghai .

A la mort de sa mère, il est placé à l'orphelinat de Tou-Sè-Wè pour lui donner une chance. Cet orphelinat était surtout une école d'art et d'artisanat tenue par des pères et frères jésuites français. Il va y apprendre le français donc.

 

Au début des années 30, de nombreux Chinois obtiennent des bourses pour venir étudier en Europe. Zhang, en qualité d’artiste, décroche une bourse pour venir étudier la peinture à Bruxelles. Il y a étudié la peinture, la sculpture, le théâtre…  C’est un travailleur acharné !

 

TINTIN et TCHANG …

                   ou Hergé et Zhang Chongren

Hergé :

Alors qu'il s'apprête à écrire Le Lotus bleu, le dessinateur se documente auprès du père Edouard Neut, fin connaisseur de la culture chinoise.

Hergé est aussi contacté par l'abbé Léon Gosset, aumônier des étudiants chinois à l'Université catholique de Louvain, il insiste pour que les Chinois ne soient pas caricaturés. Il craint que ses étudiants, lecteurs du Petit-Vingtième, ne soient choqués par des clichés.

Hergé et Gosset se rencontrent à Louvain et l'abbé lui présente deux de ses étudiants, Arnold Tchiao Tch'eng-Tchih, spécialiste du théâtre chinois, et sa femme Susan Lin. Ils deviennent très amis et initient Hergé à la calligraphie.

 

Il le met également en relation avec un autre étudiant : Zhang Chongren. Zhang lui raconte son pays, tel qu’il est, tel qu’il était. Il lui explique les coutumes chinoises, il fournit la documentation, corrige les détails et les calligraphies des enseignes de magasins.

 

Hergé va grâce à lui se mettre à la peinture chinoise, on peut d’ailleurs le constater dans ses dessins qui deviennent plus précis, plus fins, avec un art du contraste particulier. Il va utiliser le pinceau et l’encre et non plus la plume, il va chercher à saisir l’esprit de l’objet, à aller au-delà des apparences pour donner plus de vie, de naturel à ses dessins. Il va s’appuyer également sur des photos contemporaines pour rester encore plus proche de la réalité.

 

Zhang va aider Hergé en lui fournissant des anecdotes authentiques (par exemple le sabotage que les Japonais attribuent aux Chinois : L'incident de Mukden se produit le 18 septembre 1931 et sert de prétexte à l'invasion japonaise de la Mandchourie. La dénonciation de cette attaque par la communauté internationale conduit le Japon à quitter la Société des Nations.)

Hergé s'inspire également des terribles inondations de 1931 : le train de Tintin à destination de Hou-Kou est bloqué par la crue du fleuve Yangzi.

Dans l'album il évoque aussi des évènements plus anciens : Zhang raconte notamment à Tintin que ses grands-parents ont été tués pendant la révolte des Boxers (1899 -  1901).

 

 

Le Lotus bleu sera la première aventure de Tintin pour laquelle Hergé se documente aussi  précisément afin d’être plus réaliste.

Les « Dupont » feront le contrepoint et véhiculeront les a priori et les stéréotypes qui ont cours à cette époque sur la Chine, rien que leur tenue le montre !

 

https://boutique.tintin.com/fr/potiche-lotus-bleu-les-icones.html

 

Le « Lotus bleu » est le premier chef d’œuvre d’Hergé : le ton est parfois grave et il s’engage, mais, ce ne sera pas forcément du goût des diplomates japonais présents à Bruxelles ! Zhang n’a pas souhaité voir son nom apparaitre en tant que co-auteur, étant donné le contexte, mais il signera dans un dessin.

Zhang va rentrer en Chine avant la parution du Lotus bleu :

En 1935, Zhang quitte la Belgique, il voyage en Europe puis retourne en Chine en 1936 où il est très actif. Il organise des expositions pour présenter ses œuvres et fonde les studios Chongren. Il donne des cours, réalise des commandes, vend beaucoup d'œuvres.

Le conflit sino-japonais éclate et la lutte intérieure entre nationalistes et communistes sévit. Tchang Kaï-chek, pendant la relative accalmie de la fin de la guerre, reconnaît le talent de Zhang qui parvient à travailler même si les commandes diminuent considérablement.

Hergé perd le contact avec lui pendant la Seconde Guerre mondiale.

Hergé lui écrit, mais sans réponse, sans doute n'arrivent  elles pas à destination. Rien d’étonnant vu le contexte.

En 1966 survient la révolution culturelle. .. Zhang va vivre des moments difficiles.

Hergé part à la recherche de Tchang dans Tintin au Tibet. Si Tchang est assez peu représenté, il est un personnage central de cette aventure Cet album témoigne de l'amitié indéfectible que lui porte Tintin depuis leur première rencontre dans Le Lotus bleu.

Œuvre plus philosophique, apolitique, première aventure de Tintin dans laquelle les armes à feu sont absentes, tintin au Tibet est une quête : l'avion qui transporte son ami Tchang s'écrase dans le massif du Gosainthan, Tintin est le seul à le croire vivant, il est prêt à donner sa propre vie pour sauver celle de son ami.

Il  recherche son ami également dans la réalité et désespère.

Vers 1970,  Zhang est nommé directeur de l'académie des Beaux-arts de Shanghai. Après, il reçoit une large reconnaissance dans le monde de l'art chinois. Il édite et traduit de nombreux livres d'art, sculpte des bustes de Deng Xiaoping en 1994.

 

 

Ce n'est qu'en 1981, le 18 mars, peu de temps avant sa mort, qu'Hergé revoit Zhang.

 En 1985, Zhang reçoit la nationalité française. Il est invité par Danielle Mitterrand à s’installer en France. Il devient un sculpteur renommé en Occident. On fait appel à lui pour réaliser le buste de François Mitterrand après sa réélection en 1984. Ses apparitions se font ensuite de plus en plus rares.

Tchang a vécu ses treize dernières années dans un bel atelier d’artiste à Nogent-sur-Marne et quatre mois en Principauté de Monaco en 1997, grâce au Prince Héréditaire Albert. »

 

https://www.chinesenewart.com/artistes-chinois7/zhangchongren.htm

C'est à Nogent-sur-Marne que meurt Zhang le 8 octobre 1998. Il y repose.

 

 

 

 

Un musée à Qibao en l’honneur de Tchang

Dans son ancien atelier à Qibao, on trouve de nombreuses œuvres des  photos de ses réalisations, les nombreuses médailles et prix qu'il a reçus lors de ses études à l'Académie, des coupures de presse de sa rencontre avec Hergé ou encore un exemplaire du buste de François Mitterrand y sont aujourd'hui exposés.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zhang_Chongren

NB : Georges Remi, dit Hergé est le créateur de  Tintin. Il entre au quotidien Le Vingtième Siècle, les Aventures de Tintin débutent le 10 janvier 1929 dans un supplément du journal destiné à la jeunesse, Le Petit Vingtième. Hergé  est l'un des premiers auteurs francophones à reprendre le style américain de la bande dessinée à bulles.

 

 

 

 

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 13:40

 

Le Shanghai des années 20 reste mythique, les images qui viennent à l’esprit sont celles d’une ville cosmopolite où Japonais, Russes, Britanniques, Américains, Français,  … cohabitent et où l’on peut mener une vie de plaisirs : bars et tripots de bas étage, clubs selects enfumés… le royaume des  spectacles, des jeux, des paris divers, sans oublier les fumeries d’opium, la prostitution…

 

wikimedia

Un personnage haut en couleurs va se détacher de ce paysage :

Du Yuesheng (杜月笙 ; dù yuèshēng). Voilà un personnage emblématique ! On le surnomme aussi peu aimablement « Du, les Grandes Oreilles » à cause de ses oreilles un peu décollées. Et pourtant, cet homme joue un rôle de premier plan dans cette ville à cette époque particulière.

Ce Al Capone à la mode shanghaienne  est né le 21 août 1888 à Gao Qiao, à la campagne, dans une zone pauvre, peu sympathique et marécageuse, actuellement la zone de  Pudong à Shanghai. Orphelin à l'âge de 5 ans, il va quitter ce qui lui reste de famille et devient un enfant des rues. Il vit de petits larcins et de rapines. Puis, il  va  quitter Gao Qiao pour rejoindre Shanghai.

Il y devient apprenti chez un grossiste en fruits. Débrouillard, il monte en grade et devient livreur, mais il dépense son argent rapidement, car c’est un joueur invétéré. Il finit par perdre son emploi,  s’adonne à la vente d’opium, reprend ses  activités de voleur et ira même jusqu’à pratiquer l’extorsion. Individu donc assez peu recommandable, il sait se faire remarquer, occupe différents emplois, rend de menus services à une tenancière de maison close qui le prend sous sa protection , puis, après 1910, devient un partisan de Chen Shichang, le chef des bandits du district de Shiliupu, membre de la génération Tong de la Bande Verte (青帮, qīng bāng), la triade « phare » du Shanghai de cette époque.

Il entre alors vraiment en contact avec la « Bande Verte ». Il fait son chemin à nouveau, collecte un temps les revenus des fumeries et des maisons closes de cette triade, la plus influente de la ville, et finit par y  occuper une place très importante.

Huang Jinrong est alors le chef de la triade  - ce qui ne l’empêche pas d’être aussi le chef de la police chinoise de la concession française de Shanghai ! Car ce n’est pas incompatible et on peut être l'un des plus importants gangsters de Shanghai et chef de la police...

Grâce à Huang, qui le prend sous son aile, Du devient très influent.

Huang Jinrong, Du et  Zhang Xiaolin, également un puissant chef de gang, créent en 1925 la « Société des Trois Fortunes » (三鑫公司).

 Ces trois hommes contrôlent la prostitution, les jeux, le racket et établissent leur monopole sur le trafic d'opium. Fort de l’accord passé avec la concession française  (qui perçoit une « redevance » de la Bande verte…), Du Yuesheng installe sans complexes son quartier général au cœur de cette concession, au 82 route Xinle, en face de l'église orthodoxe de Shanghai.

 

: https://daydaynews.cc/en/history

 

En avril 1927, à l'instigation de Tchang Kaï-chek (蔣介石), Du Yuesheng, Huang Jinrong et Zhang Xiaolin créent une société écran. Ils peuvent ainsi embaucher de nombreux hommes de main pour briser les mouvements de grève que les communistes cherchent à organiser.

Du Yuesheng prend le contrôle effectif des organisations syndicales et devient un atout majeur pour le gouvernement du Kuomintang qui veut conserver le contrôle de la ville. En échange de cet appui, Tchang le nomme à la tête de l'administration chargée de l'« éradication de la consommation d'opium » - ce qui, en fait, permet de partager les profits du commerce de l'opium entre la Bande Verte et le Kuomintang.

 Devenu un notable comme un autre, il est tranquillement élu au conseil municipal de la concession.

Il figure même au Who's Who de Shanghai en 1933 qui le présente comme la personnalité la plus influente de la concession, un homme d'affaires et un philanthrope.

En 1934, il fait construire sa résidence personnelle sur Donghu Lu dans la concession française (depuis transformée en hôtel). Le bâtiment est offert à Du Yuesheng par son contrôleur financier !

 

Lorsque la guerre sino-japonaise éclate en 1937, il fuit à Hong Kong, avant de rejoindre Chongqing en 1941, où s'est replié le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek.

 

 Revenu en 1945 à Shanghai, les belles heures sont passées et finalement en 1949 les communistes prennent définitivement le contrôle de la ville. Il n’est plus question alors d’ouvrir des officines de jeux et de paris !

Du se réfugie à nouveau à Hong Kong, où il meurt le 16 août 1951. Son corps est transféré à Taïwan, où il est inhumé dans les environs de Taipei. Sa tombe porterait une épitaphe de Tchang Kaï-chek.

 

NB :

Du Yuesheng apparaît comme personnage dans la bande dessinée Bob Morane « La guerre du pacifique n'aura pas lieu ».

 

 

Le film The Last Tycoon (2012) est basé sur la vie de Du Yuesheng.

   
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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 14:01
wikipedia

Ce général britannique, Charles George Gordon (1833 – 1885), a eu nombre de surnoms :

Chinese Gordon (Gordon le Chinois), Gordon Pasha, et Gordon of Khartoum (Gordon de Khartoum). Voilà qui résume une carrière hors normes.

Pour ce qui nous concerne, nous nous arrêterons à Chinese Gordon !

 

 Il servit donc dans la campagne de Chine de 1860: un peu d’histoire… (Cette période est très agitée et riche en évènements, ce n’est qu’un aperçu…sinon, tout le monde va aller boire un café sans connaitre la fin de l’histoire 😊 )

 

wikipedia

 

La révolte des Taiping est un soulèvement violent, un des conflits les plus meurtriers de  l'Histoire. Entre 1851 et 1864  cette révolte  a frappé la dynastie Qing  qui mit près de quinze ans à en venir à bout.

Les rebelles avaient fondé en Chine du Sud et en Chine centrale, le Tàipíng Tiān Guó ou « royaume céleste de la Grande Paix « 太平天国 ».

 

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Le fondateur du mouvement est Hong Xiuquan (1814-1864), celui-ci, persuadé d’être le frère cadet de Jésus, se proclame  « Empereur du Ciel » et conteste le pouvoir de l'empereur Xianfeng (1831-1861).

Il promulgue une réforme agraire, refuse la polygamie, se prononce pour l'égalité des sexes, mais avec une stricte séparation entre les hommes et les femmes (curieuse égalité?), la coutume de bander les pieds des femmes doit être abandonnée (une bonne chose ! ces « pieds en lotus » étaient une vraie torture), il refuse les mariages arrangés, les jeux d'argent, l'esclavage, la torture, la prostitution, la propriété foncière privée …

wikipedia

Prêchant ces idées, il rencontre un franc succès et finalement ses disciples optent pour la révolte.

 

Les Taiping veulent renverser la dynastie mandchoue. Ils prennent Nanjing (Nankin) l'ancienne capitale de la dynastie Ming, dont ils font la capitale du « Royaume Céleste de la Grande Paix » et livrent de nombreux combats. Le gouvernement Qing a bien du mal à faire face, d’autres révoltes se déclarant en parallèle, il doit puiser dans des réserves de plus en plus réduites en hommes comme en argent.

C’est ici qu'entre en scène Chinese Gordon :

L'armée de Chinese Gordon est surnommée  « l'Armée toujours victorieuse ». Il succède à Frederick Townsend Ward. Marin, flibustier, mercenaire , soldat de fortune, cet Américain était à la tête de cette unité qui, à l’origine , est  une troupe de 5 000 combattants occidentaux et chinois, encadrés et entraînés à l'occidentale par des volontaires européens et américains… le tout financé par les négociants de Shanghai menacée.

 

wikipedia

C’est avec l'assentiment de son gouvernement que Charles Gordon entre au service de l'Empire Qing  pour combattre les Taiping. Il va reprendre aux insurgés Suzhou et Wankin.

… Finalement la dynastie mandchoue qui semblait perdue peut souffler !

En tant que capitaine dans les Royal Engineers, Gordon a été obligé de participer à l'incendie du Palais d’Été de Beijing en 1860 et il l'a ressenti comme une réelle épreuve. Il écrivit à ce sujet : « C'était un travail misérablement démoralisant pour une armée. »

 Les unités françaises et britanniques font des ravages, les pillages vont bon train, des Chinois aussi y participent.

Il faudra 3 500 soldats britanniques pour mettre le feu à l'ensemble du site. Le Palais d'Été brûlera trois jours durant...

 

En 1863, Gordon rentre au Royaume-Uni, malgré les offres des Chinois. Son surnom cependant, le « Chinois », lui restera.

 

 

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 13:31

 

La Chine a connu aussi de durs conflits, mais ce pays est bien loin de nous et trop souvent on ne sait que peu de choses de son histoire  et on ne considère que la Chine ancienne, ou bien la Chine actuelle.

 

Alors aujourd’hui, voilà l’histoire de curieux Tigres Volants - qui n'ont rien à voir avec nos disciplines et beaucoup à voir avec l'Histoire!

 

Depuis 1938 la Chine était dans une situation difficile face au Japon : petit à petit tous les ports de Chine seront occupés par les Japonais qui finissent par prendre  l'île d'Haïnan, et terminent  ainsi un véritable encerclement du territoire.

Le Gouvernement chinois du moment voit le danger et entreprend en octobre 1938 la longue route  - à travers les contreforts méridionaux de la chaine de l'Himalaya -  qui reliera Kunming à Lashio, en Birmanie, afin d’utiliser  le port de Rangoon. Plus de 200 000 ouvriers travailleront   à cette gigantesque entreprise pour qu’enfin  la "Route de Birmanie" soit ouverte.

Un personnage clé :

Claire Lee Chennault – et non ce n’est pas un Chinois, mais un Texan ! - s’était mis à la disposition du  gouvernement de la République de Chine. Devenu en juin 1937 conseiller à l'aviation de Tchang Kaï-chek, il travaille à partir de l'été 1938 sous la supervision directe de Song Meiling, l'épouse de Tchang Kaï-chek, qui dirige la commission aéronautique.

 

En compagnie de son épouse Song Meiling et de ses deux fils Chiang Ching-kuo et Chiang Wei-kuo.wikimedia

 

Il lui demande alors à constituer une force aérienne inspirée du modèle du Corps aérien de l'Armée américaine. Au cours de l'hiver 1940-1941, Chennault parvient à importer en Chine une centaine d'appareils Curtiss P-40B1. Ce chasseur que certains trouvaient déjà dépassé, n’était pas très maniable mais il avait par contre une excellente capacité de piqué.

Il recrute aussi 100 pilotes et 200 techniciens, issus de l'United States Marine Corps, de l'United States Navy ou de l'United States Army Air Corps.

wikimedia

Depuis un an, les Japonais  bombardaient Kunming sans rencontrer de résistance lorsque, un jour,  le 20 décembre 1941,  à 50 km de la ville, ils se retrouvèrent en face d'avions aux gueules de requins menaçantes ! Les P-40 américains fondirent sur les 10 bombardiers japonais, et envoyèrent  au tapis neuf bombardiers nippons.

 

 

Et  les vaillants « volontaires » - en fait mercenaires -  américains  devinrent les  "Fei Hou", les  "Tigres Volants". Le surnom de l'escadrille provient de la peinture réalisée pour la première fois par Eric Shilling, l'un des pilotes, sur le nez de son avion et qui représente une bouche de requin.

 

Ce motif est semble-t-il inspiré des peintures faites par les pilotes du Haifischgruppe ,« Groupe des Requins » , de la Luftwaffe sur leurs Messerschmitt . Mais bon, le nom de Tigres Volants est tout de même plus grandiose que « Les Requins » !

Ces Américains arrivèrent via la Birmanie, avec des passeports civils. L'escadrille américaine reçoit à partir de 1941 le nom de 1st American Volunteer Group, officiellement créé sur ordre direct de Tchang Kaï-chek. Les premiers groupes sont basés à Kunming, dans le Sud de la Chine, et chargés de protéger les points stratégiques de l'approvisionnement en Birmanie.

 

 

 L’escadrille participe notamment à la guerre sino-japonaise et à la campagne de Birmanie, puis elle est  dissoute en 1942 et ses moyens sont intégrés à l'United States Army Air Forces au sein de laquelle ces hommes participent à la suite du conflit mondial.

 

A noter pour la petite histoire :

Un de ces pilotes était Gregory Boyington, qui se lasse de ses fonctions d’instructeur à Pensacola et rêve d’aventures…

Non sans tempérament et peu conformiste, il démissionne du corps des Marines le 26 août 1941. Il s’engage aux côtés du général Chennault et de ses Tigres Volants, en Chine. C'est lors de ce séjour qu'il hérite du sobriquet de « Pappy » car il est le pilote le plus âgé ! …

De retour chez lui et réintégré comme major, il arrivera dans le Pacifique Sud à la tête des «Black Sheep », les « Brebis galeuses », ce qui inspirera la série connues sous le nom « Les Têtes brûlées ».

ET si vous voulez en savoir plus, un beau site:

http://www.cieldegloire.com/fg_avg.php

 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 16:23

                

     Chungliang Al Huang " TAI JI, Danse du Tao"
                                 (Guy Trédaniel Editeur) 1986


Un livre à lire et à relire de temps en temps...
Chungliang Al Huang, est né en Chine puis émigre aux Etats-Unis où il étudie l'architecture et la danse. Il écrit ici un livre non pas tant sur les techniques du Tai Ji Quan que sur la recherche des sensations dans la pratique.
A travers ses propres expériences et celles de ses élèves et stagiaires, il décrit un Tai Ji Quan vivant, fluide, intuitif, libéré même pourrait-on dire des "contraintes" techniques.

Car si la précision de la technique est importante, c'est une précision dans la cohérence du mouvement: cela ne signifie pas que la main DOIT être à 45°, le pied à 33°...

Une approche singulière qui vaut le détour pour cet esprit d'ouverture qui parfois nous fait défaut tant nous sommes à la recherche du "bon" mouvement?

Et là, ô surprise (et soulagement!),

nous allons découvrir qu'il n'y en a pas:


 


        "La forme n'est qu'un moyen pour atteindre
           la  fluidité: ce n'est pas quelque chose de
            figé, ni   d'établi une fois pour toutes,
            comme peut l'être une photographie."

 

Pour que chacun d'entre nous se sente libre de faire SON Tai ji quan, libre de s'y exprimer, de laisser vivre l'énergie qui est en nous...

Tout est yinyang, ouvert, complet, heureux de s'exprimer...

 

Je regrette que la vidéo qui suit ne soit pas traduite en français, mais ceux qui ont bien suivis leurs cours d'anglais  (tant pis pour ceux qui bricolaient des avions en papier ou jouaient au morpion...) apprécieront la précision, l'humour, la générosité de ce grand philosophe...

 

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 13:56

Il était une fois Hua Tuo (110-207 ? Dynastie des Han de l'Est). Comme souvent beaucoup de légendes tournent autour de ce personnage né à Qiao (Province de Anhui) et peu de choses sont vérifiables... 
Il aurait étudié l'astronomie, la géographie, la littérature, l'histoire et ... l'agriculture (!) Puis il choisit la médecine et devint expert en acupuncture. Médecin taoïste, il aurait pratiqué aux alentours de sa province natale de très nombreuses interventions chirurgicales  et aurait même  découvert l'anesthésie (... sous chanvre indien!).


Constatant que l'exercice physique facilitait la digestion et la circulation et qu'il fortifiait le corps,  Hua Tuo créa le "Jeu des 5 animaux"(Wu Qin Xi). Il semble cependant que ces exercices soient antérieurs à Hua Tuo qui les aurait rassemblés.
En imitant la férocité du tigre, la douceur du cerf, la fermeté de l'ours, l'agilité du singe et le déploiement de la grue, le corps et l'esprit se détendent.


"Le corps humain a besoin de travailler, mais il ne faut pas l'épuiser.(bien d'accord! dit Xiao Long.) Si on le secoue, le sang circule bien, les 100 maladies n'apparaissent pas".


Hua Tuo aurait été victime d'un chef de guerre, Cao Cao, qui souhaitait en faire son médecin personnel, ce que Hua aurait refusé. Une autre version dit que Hua aurait préconisé une intervention chirurgicale à Cao Cao qui souffrait de migraines, celui-ci (un peu parano...), croyant à un complot pour le supprimer, aurait ordonné la mort du médecin. 

 

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 14:12

 

S’il y a un nom à retenir pour les amateurs de films chinois, c’est bien le nom de John Woo (吴宇森). Ce réalisateur, producteur et scénariste, né en 1946 à Guangzhou, détient un palmarès étonnant de succès (mais pas que…c’est vrai…).

Photo wikipedia

 

Sa famille s’installe à Hong Kong en 1951 et John découvre très vite le cinéma. Après quelques essais, il devient assistant de production aux studios Cathay, puis il migre vers la (« LA ») Shaw Brothers (la plus importante compagnie de production de Hong Kong)!

Il réalise alors son premier long métrage (« The young dragons ». Impressionnés, ce sont ensuite les dirigeants de la (« LA » aussi –pareil !) Golden Harvest qui lui proposent un contrat et le voilà (bien) parti… plusieurs films suivent, il finit par rencontrer Tsui Hark (qui réalise « Il était une fois la Chine ») qui lui permet de tourner ce qui sera son plus grand succès en chine « Le syndicat du crime » en 1986. Ce n’est pourtant qu’en 1989 que le monde entier apprend à le connaitre avec « The killer »…

 

Au fil des années Woo devient le maître du cinéma d'action avec ses scènes - plutôt violentes (quand même, il faut le dire…) mais extrêmement bien chorégraphiées, on ne se doute pas forcément que Woo est un fan… de comédies musicales… Dans tous les cas, les studios hollywoodiens trouvent son style à leur goût et se tournent vers lui.

 

 

Woo s'installe à Los Angeles en 1992 et continue son œuvre (« Chasse à l’homme » avec van Damme, « Broken Arrow » avec Travolta, « Volte-face » avec Travolta et Cage, puis « Mission impossible 2 ». Puis suivent quelques bas… et quelques hauts dont le point culminant, en 2008, sera « Les trois Royaumes », film de tous les records puisqu'il devient à la fois le plus gros budget et le plus gros succès au box-office de l'histoire du cinéma chinois. Et ce film-là vaut franchement le détour !!!

On va rester d’ailleurs là-dessus…

 

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 12:42

La première Impératrice chinoise se nommait  Wu Zetian, (la seule d’ailleurs, car les femmes ne pouvait exercer le pouvoir dans le système impérial que de façon temporaire (régence) et ne pouvaient porter le titre « d’Empereur ».

Et pourtant, Wu Zetian fonda la dynastie Zhou (la seconde), se réclamant de l’antique dynastie Zhou.

 Elle régna sous le nom d’ « Empereur Shengshen » de 690 à 705, année de sa mort : elle avait 81 ans !

HOMMES ET FEMMES CELEBRES : Quand l’Empereur est une femme…

Comment s’y prendre pour devenir Impératrice ?

 

La belle Wu était très belle dit-on, on dit aussi qu’elle n’était pas tendre… une anecdote bien connue raconte que l’empereur Taizong (Wu faisait partie de son gynécée depuis l’âge de 14 ans) avait un cheval appelé « Lion », il était sauvage et personne n’arrivait à le contrôler ; la belle Wu se proposa de dominer la bête si on lui donnait un fouet de fer, un marteau de fer et une dague. D’abord, elle aurait fouetté le cheval, puis s’il refusait toujours d’obéir, elle se proposait de le frapper avec le marteau et s’il se montrait toujours rebelle de lui trancher la gorge. Tout en finesse…

A la mort de Taizong et après un détour par un monastère elle entra dans le gynécée du nouvel Empereur, Gaozong, Fils de Tai zong… Elle fait tranquillement son chemin au gré des intrigues et grimpe dans la hiérarchie. Son influence sur l’Empereur s’accroit aussi au grand dam de la première épouse ! Wu n’aurait pas hésité à étouffer son premier enfant, une fille, pour ne pas essuyer les railleries de sa rivale qu’elle tente de rendre responsable de cet acte abominable.

Elle use de son influence pour discréditer les épouses gênantes qui freinent son ascension. Et la voilà, à 32 ans, première épouse de Gaozong…

La santé de l’Empereur n’est pas des meilleures et Wu, dissimulée derrière un rideau participe largement aux affaires de l’État ! Et elle sait prendre de bonnes décisions dans de nombreux domaines (agricole, militaire...) et on ne peut mettre en doute l’efficacité politique de cette femme d’action.

Elle fit aussi beaucoup pour le statut des femmes.

Pour mener à bien ses projets, rien n’est exclu… Elle se débrouille pour éliminer les conseillers et  ministres encombrants, le premier fils héritier meurt un peu empoisonné, le second un peu assassiné, le troisième docile et toléré un temps, sera remplacé par son jeune frère… de toute façon, dans son testament l’Empereur  sous le charme de son épouse, exigera que Wu reste chargée des affaires de l’État !

WU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONGWU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONGWU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONG
WU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONG

WU ZETIAN - GAOZONG - TAIZONG

Oui, mais…

 

Elle n’est qu’une femme et une femme ne peut être Empereur…

Pour être acceptée, elle soutient le bouddhisme.

Elle fait bâtir des temples et une immense statue de Bouddha. On raconte qu'elle a  participé à la traduction d’un des ouvrages les plus importants du bouddhisme chinois. Elle dépêcha même des émissaires en Inde afin de ramener en Chine le manuscrit complet.  En retour, les moines ont déclaré que le pouvoir divin avait été accordé à Wu, ce qui légitimait donc son pouvoir. Leur aide a été essentielle.

 

En dehors de ces activités politiques…

 

Wu Zetian possédait quelques  qualités littéraires : elle écrivait aussi des poèmes et un bon nombre de ses poèmes ont d'ailleurs été rassemblés dans deux recueils «  Poèmes de Tang » et « Essais de Tang ». Fille de magistrat, elle avait bénéficié d’une éducation très complète : l’époque Tang était une période où les femmes étaient assez libres.

 

 

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wu_Zetian

Pour « s’amuser » et voir Wu : Film « Detective Dee »

HOMMES ET FEMMES CELEBRES : Quand l’Empereur est une femme…
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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 13:07

du-fu1.jpgDu Fu  (-prononcé « tou fou »… no comment !)(712-770) laissa derrière lui 1458 poèmes. Il y a donc de quoi lire… (Projet de vacances ?).

Ce confucianiste convaincu y exprime son aspiration à jouer un rôle politique dans le pays. Issu d’une famille de lettrés et pourtant recalé aux examens, il n’occupera que deux postes mineurs dans l’administration : il semble que son tempérament de poète ne le prédisposait pas à se plier aux contraintes qu’auraient exigées de grandes fonctions.

 L’intérêt qu’il portait aux grands évènements historiques de ce temps a valu à son œuvre le nom de « shishi », histoire en poèmes. Pour lui, le poète avait un rôle social à jouer.

De nombreuses pièces poétiques évoquent la famille, l’histoire ancienne, la vie de tous les jours. Cet homme, rempli de compassion, parle des injustices, de la misère et en parle d’autant mieux qu’il vit lui-même ces choses. S’adressant à l’Empereur, il dépeint clairement sa situation :

« Depuis la septième année de mon âge jusqu’à la quarantième que je cours à présent, je n’ai fait autre  chose qu’étudier, lire, composer des pièces d’éloquence et faire des vers. J’ai acquis quelque réputation mais point de biens ; je suis dans la plus grande misère. Quelques herbes salées et un peu de riz font toute ma nourriture, tous mes vêtements consistent dans l’habit que j’ai sur le corps. Si Votre Majesté ne Se hâte d’y mettre ordre, elle doit S’attendre, au premier jour, à entendre dire que le pauvre Du Fu est mort de froid ou de faim ; Il ne tient qu’à Elle de S’épargner ce triste récit. »

Il eut gain de cause, mais n’en profita pas longtemps :

La révolte d’An Lushan, ce général qui mit en fuite l’Empereur Tang et fut tué par son propre fils peu de temps après... (le « tu quoque » chinois ?) mit un terme à cette brève période de bien-être.

Son style simple, sobre, direct donne vie à cette période mouvementée où les combats séparent les familles, la famine décime les populations et qui voit la chute d’un empire brillant, celui des Tang.

Il a su atteindre une perfection technique telle que de nombreuses générations d’admirateurs ont tenté de l’imiter et n’ont pu l’égaler, car il reste proche du quotidien, du réel, du familier et sait faire naitre les émotions et toucher en choisissant le mot juste.

Condamné à l’errance, il mènera une vie dans laquelle sans doute il puisera la force de son réalisme. Il ne connaitra une réelle aisance que lorsque le gouverneur de Chengdu le prendra sous son aile.

 An-Shi-Rebellion.jpg

Pour en savoir plus : http://wengu.tartarie.com/Tang/Du_Fu.php

 

« Le départ des soldats et des chars de guerre » (Extrait)

 

… Les chars crient … Les chevaux soufflent ;

Les soldats marchent, sur leurs dos l’arc et les flèches.

Les pères, les mères, les enfants les accompagnent, courant confusément au milieu des rangs ;

La poussière est si épaisse qu’ils arrivent au pont de Hien Yang sans l’avoir aperçu ;

Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;

Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève jusqu’aux nuages. (…)

Et c'est certainement encore mieux en V.O...

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:52

1281574213ljm4N0.jpgL’épée fut reine puis tomba bientôt en disgrâce. Moins utilisée sur les champs de batailles, elles restaient symboles du statut social élevé, transformées en « accessoire » de mode. Savants ou guerriers pouvaient la porter.

Les danses de l’épée et le théâtre  maintiendront sa popularité dans un domaine tout artistique cette fois.

Sous les Tang se côtoient les danses civiles, douces, coulées et les danses martiales vives et animées.

Gong Sun fut la championne du maniement de l’épée à cette époque, les spectateurs – érudits et gens de lettres- étaient envoutés par ses danses d’un exceptionnel niveau artistique. Ses chorégraphies intégraient des sauts, des attaques surprises, ses mouvements d’épée étaient précis… incisifs !

Le poète Du Fu lui rendit hommage dans une œuvre qui louait son habileté.F200609141107539652271931.jpg

Elle fut invitée à la cour impériale et sa renommée fut grande.

Zhang Xu, un grand calligraphe des Tang affirmait qu’il avait amélioré sa technique après avoir assisté à une danse de Gong Sun. Le rythme vif lui fit acquérir –dit-il- l’esprit même de l’art du pinceau.

3744497.e6192625.560.jpgManier l’épée ou le pinceau, le principe est identique. Le trait est spontané, le poignet souple et on ne peut revenir en arrière, ce qui est fait ne peut être repris ou « gommé ». A méditer...

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