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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 14:33

 

L'éventail, voilà une arme de choix... car c'est bien une arme, nous n'y reviendrons pas...

Qui serait mieux placée que maitre Faye Li Yip pour enseigner le Xi Yang Mei (« joli coucher de soleil ») -Kung Fu Shan 2 ? Personne ! Puisque c’est son père qui a créé cette forme ainsi d’ailleurs que le (Kung Fu Shan 1)…

 

Faye Li Yip : Mieux la connaitre

a appris dès l’âge de sept ans avec son père, Li Deyin et un de ses collègues à l’Université : Jiang Hong Sheng. A 10 ans, elle étudie dans l’équipe de Wushu que son père coachait. Chaque dimanche, elle rendait visite à son grand-oncle Li Tian Ji qui lui enseigna le Ba Gua. Son grand-père Li Tian Chi aussi la conseille, lui qui travaillait à l’hôpital universitaire de Harbin et utilisait le Tai Ji Quan et le Qi Gong dans un but thérapeutique.

Faye a aussi pu recevoir l’enseignement de Maitre Sun Jian Yun, fille du créateur du style Sun, Sun Lu Tang.

 

Faye Li Yip grandit dans cette famille imprégnée de tradition martiale, écoutant les récits des anciens remplis de combats héroïques, d’artistes martiaux aux pouvoirs étonnants, de moines Shaolin luttant contre l’envahisseur japonais... C’est donc naturellement qu’elle s’est tournée vers une carrière sportive de compétitrice puis d’enseignante « martiale ».

 

Mais alors, pourquoi est-elle installée en Grande-Bretagne ?

 

C’est en étudiant la psychologie à l’Université de Beijing, lorsqu’elle découvre nombre de livres anglais traduits en chinois qu’elle se lance dans l’apprentissage de l’anglais pour pouvoir lire directement dans le texte. Elle ira étudier à Liverpool. C’est là qu’elle comprend combien il est important lorsqu’on enseigne le Tai Ji Quan à des étrangers de donner les caractères chinois et leurs définitions pour une meilleure approche.

Faye s’installe donc en Grande-Bretagne avec son mari Tary Yip (issu lui aussi d’une famille réputée dans les arts martiaux) et fonde une école afin de perpétuer la tradition familiale.

Le « Deyin Taijiquan Institute » propose différents styles d’arts martiaux internes et aussi différentes formes de Qi Gong santé.

Elle nous a fait le plaisir et l’honneur de venir en France à plusieurs reprises,pour nous enseigner cette forme ... espérons qu’une nouvelle occasion se présentera de participer à un de ses séminaires : apprendre avec elle est un vrai bonheur et Xiao Long a beaucoup apprécié.

Simple, accessible, précise, technique… patiente (!) et toujours souriante, Xiao Long attend son retour avec impatience !

 

Faye Li Yip

 

En savoir plus et trouver des vidéos :

http://www.deyin-taiji.com/

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 13:07

Ce bel objet a une histoire qui remonte à … loin !

Son origine se situerait dans la région de Yushan (province du Sichuan) où l’on trouve des représentations sur des théières en bronze datant de 481 – 221 av. J.-C … même si on peut affirmer que ceux-ci étaient connus en Chine antérieurement.

wikipedia

L’un des huit immortels, Zhong Li Quan, possède un éventail en plumes. On le représente souvent tenant une pêche et un tambour.

Déjà sous la dynastie Jin (265-420), on parle d’éventail. À l’époque, les éventails sont rigides et en plumes (pensez à l’éventail du stratège dans le film « Les Trois Royaumes, une aile d’oiseau.).

Le caractère chinois désignant l'éventail est composé du caractère de la demi-porte () , on y retrouve la monture rigide, et du caractère des plumes ().

Les plus anciens découverts et conservés jusqu’à aujourd’hui sont en bambou. C’est sur le site de Mawangdui à Changsh dans le Hunan que l’on en a trouvé.

On a aussi connaissance d’éventails montés sur ivoire, sur ébène, sur écaille de tortue… Soie, papier et feuille d’or participaient aussi aux créations les plus nobles. Leur utilisation première était bien tout simplement de maintenir l’air frais et d’écarter la poussière. Les éventails sont alors des écrans fixes. Des archéologues ont mis à jour des vestiges d’éventail en os, nacre, écaille, plume, bambou, en papier huilé ou en tissu précieux, dans la province du Hubei à Jiangling. L’éventail symbolise aussi le pouvoir impérial, celui des mandarins et de ceux qui ont gagné l’immortalité. Il était donc couramment utilisé lors de cérémonies et accompagnait parfois son propriétaire dans la tombe. 

 

De très belles images sur www;fandeventails .fr

 

Bien plus tard, apparaissent les éventails pliables, il en existe de tout « bois »… y compris en bois de santal : parfumé, on les laisse dans les placards la nuit afin de chasser les insectes nuisibles (… qui ne manquent pas d’air de venir nicher dans vos armoires !). L’éventail plié s’implanta en Chine sans doute après un petit voyage en Corée).

Plus tard et surtout à partir de la dynastie Tang (618-907) apparait une nouvelle mode : orner son éventail de peintures ou de poèmes. Les éventails avaient une utilité sociale, permettaient de se cacher le visage, de présenter ou de recevoir un objet, d’accompagner la danse, de battre la mesure, ils étaient aussi offerts en cadeau et servaient à entretenir le souvenir des disparus.

 

Apparait aussi l’utilisation des éventails dans certains arts martiaux (aucun écrit ne permet cependant de dater nettement le phénomène) et dans certaines danses traditionnelles. L’objet s’y prête car il est très esthétique. Du même coup, nombreux sont ceux qui considèrent que l’éventail n’est pas une arme… Tout dépend de la définition que l’on donne à ce mot.

 

www.fandeventails.fr

L’éventail est un objet utilitaire « détourné », on se sert de ce que l’on a sous la main, de la même façon que l’on se défendrait avec une canne, un parapluie (et en Normandie, on est donc armé toute l’année !) : d’apparence anodine, on peut utiliser l’éventail comme un bâton court et donc frapper ou bloquer. Et on le sait, il peut arriver qu’un éventail reprenne sa liberté et se retourne contre son propriétaire… Une arme « autonome » alors qui ne s’adresse pas seulement à votre adversaire donc !!!

 

Maitre Wang Yen Nien (1914-2008) disait que l’éventail est une arme « saisissante ou surprenante ». Il surprend par le bruit lorsqu’on l’ouvre. Il peut masquer une attaque de poing, tenir à distance. Il peut parer ou détourner une attaque en « capturant » l’arme de l’adversaire. Il pique (et des deux côtés !). Il tranche (avec le fil… du tissu !) : on est bien capable de se couper tout seul avec une feuille de papier !!! Et … (voir divers films chinois) c’est aussi une arme de jet. Y cacher des lames et en faire un boomerang est possible… au cinéma. Dans la réalité, j’ai encore un petit doute…

L’éventail propose tout un (éventail ?)- choix de techniques : on y retrouve  des techniques de l’épée, du sabre, de la lance, des mains nues… et quelques autres inédites spécifiques à lui-même.

 

PHOTO XIAO LONG

PHOTO XIAO LONG

Au Japon existent également deux sortes d'éventails, le « sensu » qui se plie et « l’uchiwa » en bambou, rond, qui ne se plie pas. L'inventeur du « sensu » au VIIe siècle aurait été inspiré par les ailes des chauves-souris(!).

L’éventail « martial », repliant serait une invention japonaise du VIIIème siècle, importé en Chine un siècle plus tard.

On faisait au Japon la différence entre le « gunsen », éventail de guerre en acier qui servait aussi sur le champ de bataille pour communiquer des instructions aux troupes et le « tessen » plutôt réservé aux femmes.

Il est probable aussi que l’éventail permettait aux guerriers et nobles d’être « armés » constamment : lorsqu’il était nécessaire d’abandonner ses lames pour pénétrer à l’intérieur d’une demeure, l’éventail restait autorisé. Porté à la ceinture, il pouvait servir à se défendre…

 

On parle même de duels gagnés à l’éventail de fer contre une épée !

Importé en Europe au XVIème siècle par les portugais l’éventail reste pour nous un simple accessoire de mode (ou pas !).

ARMES : L’EVENTAIL CHINOIS

Du point de vue de la santé, la pratique de l'éventail en Tai Chi stimule tous les méridiens du corps, et permet une amélioration de la circulation énergétique dans le corps. Il a un caractère très tonifiant, et est connu pour favoriser la vigueur et la joie.

L'éventail serait, pour certains, lié à l'élément Eau.

 

Les mouvements précis, fluides et spiralés de l'éventail sont très esthétiques et artistiques : leur pratique développe une maitrise de l’équilibre, de la force, de la souplesse, de la respiration et de la mémoire.

En Asie il est un élément culturel incontournable. Que ce soit dans le théâtre, la danse, les arts martiaux ou au quotidien, l’éventail reste omniprésent… pour notre plus grand plaisir !

PHOTO XIAO LONG

PHOTO XIAO LONG

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 13:49

Une épée est une arme (et si !). Il faut apprendre à la connaitre pour être plus conscient des techniques que l’on devra exécuter dans un enchainement. Sans quoi, on s’expose à l’agiter comme une vulgaire cuillère en bois, ce qui n’a rien de spécialement martial…

 

L’épée a une pointe (estoc).

 

L’épée (spatha en latin) est une « chose plate » à deux tranchants (taille).

 

Entre ces deux tranchants, on trouve le plat que l’on n’utilise jamais pour parer, la lame pourrait se briser. Les frappes de taille (frapper avec le tranchant de la lame) tendent à faire de longues entailles impressionnantes.

 

L’épée a une garde : elle protège la main. Les épées chinoises ont des gardes assez petites.

 

L’épée a une poignée : sans elle, il serait bien difficile de la tenir !

 

ARMES: L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!ARMES: L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!

Elle a un pommeau : l’extrémité de la poignée la plus proche de nous, il sert de butée pour éviter à la main de glisser, à l’occasion, il peut aussi servir à frapper… (On fait feu de tout bois !)

 

L’épée a un fil :

Le fil de la lame est la partie tranchante de la lame. Parer avec le tranchant entraîne une détérioration du fil de la lame (cf le poisson scie)

 

L’épée a un axe :

Le coup de pointe n'est efficace que s'il pénètre dans l'axe de la lame. Cela permet de transpercer ( ! virtuellement pour nous…je vous rassure) son adversaire.

L’épée a un faible (pour qui ?) :

le tiers de la lame le plus éloigné de la main est en général la partie la plus souple. Normalement on ne pare jamais avec le faible. Par contre, on s’en sert pour lacérer (Comme Zorro, lorsqu’il laisse son initiale ou lorsqu’il coupe les bretelles du sergent García !).

Si elle a un faible, elle a aussi un fort : c’est la partie la plus solide de la lame, celle qui sert à parer les coups.

 

Le deuxième tiers de la lame sert à trancher.

 

ARMES: L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!

Dans le Kung Fu Shaolin, l’épée (Jian) est surnommée le « gentilhomme des armes » : il faut donc la manier avec « noblesse »…

Liée à l’élément Feu, son maniement est subtil, ses techniques aériennes, les attaques sont coulées dans le mouvement (rien à voir avec Bayard, le Moyen-âge et l’épée à deux mains !). Le but est d’affaiblir l’adversaire par des frappes précises avec les angles de la pointe, tranchants comme des rasoirs.

Plus la lame est droite, plus les mouvements doivent être circulaires pour avoir une réelle efficacité.

 

 

ARMES: L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!

L’autre épée :

Si la main droite tient une épée, la main gauche est vide. Avec les doigts on fait un « mudra », index et majeurs tendus, les autres doigts repliés. Ce mudra « Pran » , épée magique du taoïsme, contribue à l’équilibre général de la personne.

Symbole de l’épée, on lui confère un sens énergétique. Au-delà de sa fonction d’équilibrage, il semblerait aussi qu’autrefois on combattait avec le fourreau de l’épée, on le tenait en posant les deux doigts en question dessus pour le contrôler. Le fourreau restait contre l’avant-bras, prêt à parer en cas de besoin.

 

ARMES: L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!ARMES: L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!

Gag mis à part, la spatule en bois , maniée dignement, est un bon moyen de s’entrainer dans son salon sans avoir à refaire la déco !!!

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 15:44

Obiwan_Kenobi_1.jpgTai Ji Quan et Qi Gong sont complémentaires, cela n’est pas une nouveauté ! Le Qi Gong permet d’approfondir l’aspect interne et énergétique, de consolider la force interne (cf. Obi-Wan Kenobi et son Bang laser...).

Si on connait bien (ou presque !) les formes de Qi Gong à « mains nues », on ne sait pas toujours qu’il existe aussi des exercices avec « support » (et non, pas avec « arme » quoi que…). On peut travailler avec une balle, en bois de préférence- Tai Ji Qiu- ou bien avec une règle –Tai Ji Ci- ou encore avec un bâton : Tai Ji Bang.

img_0261.jpg---copie.jpgVous me direz, quel est l’intérêt d’un ustensile en Qi Gong… Comme si ce n’était pas déjà assez dur de se concentrer sur ce que fait notre corps ! Eh bien, justement… On trouve parfois difficile de se détendre correctement, et même on peut avoir la sensation d’être de plus en plus tendu à force de penser à … se détendre ! Pour remplacer les « mille pensées » par une seule, faire tourner un Bang est une bonne solution. L’esprit est alors concentré sur une seule chose. L’énergie dispersée se rassemble en un point.

Ce bâton de bois, arrondi aux extrémités peut avoirbang1cornerfini.jpg jusqu’à 40 cm de long selon les écoles et exercices. On peut le tordre, « l’essorer », le faire tourner, en spirale, en cercle…

 

Les principes :

Comme pour la pratique du Tai Ji Quan, le corps est détendu, les épaules décontractées, les coudes relâchés, la poitrine légèrement creusée, les genoux un peu fléchis pour un meilleur enracinement.

 

Les effets :

Le Bang est en contact avec les paumes, les doigts et stimule ainsi les points situés sur les 6 méridiens des membres supérieurs. Ainsi, la circulation du Qi est favorisée dans tout le corps, le travail des jambes relançant la circulation énergétique dans les 6 méridiens des membres inférieurs, les mouvements images-copie-1.jpgde la taille favorisant la communication entre le haut et le bas.

Les mouvements se répètent et le corps se détend, la respiration se calme. On peut s’exercer sur place ou en déplacement.

On renforce les tendons, les articulations, les muscles des membres supérieurs.

On peut aussi se servir du Bang pour des automassages, pour percuter certains points… (Ou accueillir Monsieur s’il rentre trop tard ?)

On peut enfin travailler à deux, une sorte de Tui Shou avec Bang pour entrainer la coordination, la synchronisation des mouvements !

 bk sc807

Les écoles :

Elles sont nombreuses, chacune ayant développé les exercices les plus pertinents pour leur propre pratique de Tai Ji Quan. Il existe même une forme au double « bang ».

 

Pour notre pratique :

Le Tai Ji Bang Dao Yin Yang Sheng Gong, crée par Me Zhan Guan De, demande de préférence un bâton léger, fin et assez court pour faciliter les mouvements de rotation.

  Nos formes (il en existe deux), sont aussi de bons échauffements avant la pratique du Tai Ji Quan, cela permet de mobiliser en douceur les articulations, et de stabiliser l’esprit avant de pratiquer nos taolus.

Le travail du poignetest particulièrement intéressant pour la pratique de l’épée et de l’éventail qui demande une grande souplesse et un bon contrôle de notre centre (taille) et des membres supérieurs de l’épaule jusqu’au bout des doigts.

taichiwand_photo-xs.jpgLe Tai Ji Bang est encore rarement proposé et souvent méconnu. Il ne faut pas laisser passer l’occasion de découvrir cet art du « petit bâton du Tai Ji ». Les mouvements sont très doux et agréables… et vous pourrez en plus utiliser votre Bang pour étaler votre pâte à tarte. (Tartelette…)

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:35

FANCY-CHINESE-OLD-JADE-SPEAR-WITH-TOAD.jpgL’étude et la pratique des armes ne se limitent pas à l’apprentissage de techniques de défense. Maîtriser une arme, c’est avant tout une forme de travail personnel, un moyen d’unir corps et esprit  dans l’exécution de techniques.

L’origine des armes remonte à…. Bien loin ! On suppose que les premières armes seraient de simples branches épointées (des armes longues donc), ce qui explique que le bâton, Gun,  soit appelé « mère de toutes les armes ». Et autrefois le but premier de l’arme était bien de s’en servir pour se défendre !

Weapons-1-.jpgLe bâton long ou court, simple ou double, est encore très pratiqué, surtout dans la Chine du Sud et en Malaisie. Avec l’utilisation du silex et du jade, les armes se perfectionnèrent. Puis les armes de cuivre et de bronze virent le jour (dyn.Zhou). La plupart des armes anciennes existent encore, s’y sont ajoutées cependant d’autres armes au fil du temps : ceci explique la grande richesse de la panoplie chinoise !

Même dépassées par l’évolution des stratégies militaires et des matériaux, on a continué à produire les « vieilles » armes. Pour respecter la tradition, elles ont aussi perduré dans l’équipement de base des troupes chinoises !!

Qing_Manchu-armee-imperiale-19000.jpg En 1937, le Commandant Le Prieur, un observateur français, notait que la hallebarde de Guan (Guandao) faisait partie des épreuves imposées aux élèves officiers… Il s’étonnait devant la quarantaine de kilos d’équipement obligatoire (qui comprenait un parapluie de toile ciré et un siège pliant…). Il indiquait d’ailleurs aussi que faute de munitions, c’était le groupe qui criait le plus fort « Pao » (BOUM !) qui marquait le point dans les batailles simulées… (Photo de l'armée impériale en 1900)

Dans un souci légitime de clarifier les choses, on a cherché à plusieurs reprises à classer les armes. Et ce n’est pas étonnant de voir qu’il existe de nombreuses classifications (selon les périodes ou /et les écoles…) Chacune possède sa logique propre.

83470479ratelier-jpg.jpgLa plus connue et la plus utilisée est celle de Maître Pai Yu Feng (XIIème siècle), Patriarche du Temple de Shaolin. C’est la classification des 5 mouvements ou 5 éléments (Wu Qi Wu Fa) :

La grande hallebarde, Guandao, correspond au Bois (est, printemps…), au Tigre. Le travail avec cette arme – lourde- renforce les muscles et les tendons… et le Foie.

L’épée droite à double tranchant, Jian, correspond au Feu, au Phénix (sud, été…). L’énergie du Cœur est favorisée, son maniement favorise la circulation sanguine.

Le bâton long, Gun, est lié à la Terre (centre, cinquième saison…), à l’Ours ! Ses techniques permettent la régulation de l’équilibre général et renforcent la Rate.

Le sabre à un tranchant, dadao, correspond au Métal (ouest, automne…), au Héron. Son maniement rapide favorise le Poumon, le travail sur le souffle…

La lance, Qiang, est liée à l’eau (nord, hiver…) au Singe ou au Serpent. Os et articulations sont renforcés, le rein est favorisé.

En Tai Ji Quan, on classe souvent le bâton dans le Bois, le sabre dans le Métal, la lance dans le Feu, l’épée dans l’Eau (coup d’épée dans l’eau ?). Le poing représente la Terre.

Il existe aussi la classification des « 18 armes principales », correspondant aux « 18 Arhats de Lohan » qui sont les disciples du Bouddha.

emeici.jpgUne autre classification dénombre 365 armes (!!!?) et chacune y trouve sa place, que ce soit l’éventail de fer (Tie Shan), la lance serpentine (She Qiang), la griffe volante, le tambourin à lames (méfiez-vous des musiciens !), l’aiguille tournante du mont Emei (photo), les cymbales hurlantes, ou le parapluie (arme normande par excellence), ou encore le… banc d’auberge (pour les fêtards ?)… Bref, la moindre paire de baguettes devient une arme en des mains expertes… (Très expertes : c’est déjà assez dur d’attraper le riz avec !)

Selon la théorie du « chaque chose à sa place », l’épée était réservée aux nobles, dignitaires impériaux, officiers de haut rang (certaines sont de véritables œuvres d’arts et n’ont pas dû croiser le fer bien souvent). La taille de l’épée, les ornements de poignée ou de fourreau, la couleur des attaches, la hauteur de suspension à la ceinture étaient codifiés. La grande hallebarde ne pouvait être portée que par les officiers de la garde impériale ou les « Généraux Tigres » des corps de cavalerie. Le bâton était attribué aux « bâtonniers » ( !?) magistrats et officiers de police. Le sabre revenait aux militaires, la lance aux gardes des villes et des palais.

guanyu.jpg Pour tous les autres, les objets les plus courants servaient d’armes : les religieux se servaient de … pelles (Chan) qu’ils utilisaient pour creuser les tombes (le « deux en un » quoi !), ils maniaient aussi à ravir les bâtons à anneaux qui faisaient fuir les insectes ( entre autres…) pour ne pas les écraser (eux), les sceptres figurant les mudras (Fu Shou), les maillets (Shuai) à faire retentir les cloches (et à les sonner…), les anneaux de prière (Fou Shou Shuan)…

faucille.jpgLes paysans faisaient « feu » de tout instrument agraire : râteau (Ba), houe (Ba Dao), fourche à trois dents (Char), plantoir (Gen), faucille (Lian en photo), fléau (Gieh)… On retrouve l’utilisation du même attirail à Okinawa, groupe d’îles japonaises longtemps sous influence chinoise (le nunchaku est un Gieh, le Saï est le Gen…).

Depuis nos pratiques se sont pacifiées dans des enchainements codifiés … Il est cependant intéressant de se rendre compte que l’efficacité d’une arme n’est pas dans la forme de l’arme elle-même : tout objet peut être détourné de son utilisation première et se transformer en arme. Esprit, Energie et Corps unis feront l’efficacité de … la fourchette !

iron_shaolin_bunny_kwan_dao.jpg

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 18:20

image sorties idLa boxe du startège Sun Bin (Sun Bin Quan) mérite le détour. Connue sous le nom de "boxe des longues manches"(Chang Xiu Quan), on imagine déjà mieux la chose: les pratiquants de cette boxe avaient coutume de s'entrainer avec leurs manches s'étirant jusqu'à leurs doigts.

Et ceux qui ont lu quelques romans de Van Gulik, savent que sous la dynastie des Tang, les femmes qui évoluaient dans les milieux à risques, chanteuses, courtisanes, prostituées, apprenaient à frapper les importuns avec leurs longues manches lestées avec des oeufs de fer (et pas en chocolat!!!).

le secret des poignards volants 50141Dans le roman "Le motif du saule",une acrobate utilise ses manches pour tuer un agresseur, avant de casser le bras d'un autre! Un seul coup, bien placé, les libérait des admirateurs trop empressés...Discrétion et efficacité assurées!

Il existait aussi dans la panoplie vestimentaire des écharpes plombées, armes insoupçonnables, souvent utilisées par les tueurs à gages chinois. D'un mouvement sec, ils étaient capables de broyer la gorge d'un adversaire, comme on peut le lire dans "Meurtre à Canton".

Il est vrai que cela plombait un peu l'ambiance...

Sun BinLa "boxe du Général Sun Bin" est une boxe du Nord, créée selon la légende par ledit général (380-316 av J-C), que l'on confond souvent avec Sun Zi (544-496 av J-C), auteurs tout deux d'un ouvrage nommé l'Art de la guerre.

Ce texte semblait être perdu, on doutait même de son existence, jusqu'au jour où l'on découvrit dans un tombeau des han de l'Ouest, en avril 1972, à Yinqueshan, dans le district de Linyi, province du Shandong, des lamelles de bambous, sur lesquelles était retranscrit non seulement les texte de Sun Zi, mais aussi celui de Sun Bin! Cela permit de distinguer nettement les deux auteurs et leurs spécificités.

danseusesCe style n'apparait néanmoins, historiquement parlant, qu'à partir de la dynastie des Qing, lorsque Zhang You Chun l'enseigna à Yang Ming Li. On le pratiquait à Qingdao(province du Shangdong) où il est resté populaire.

Il existe plus de 14 formes en Sun Bin Quan. Ce sont les trois premiers enchainements qui sont connus sous le nom de "boxe des longues manches".

Pour se faire une idée de ce style:

 

http://www.youtube.com/watch?v=43nOpyvIJWY&feature=related

http://www.dailymotion.com/video/x31hho_sun-bin-quan-boxe-de-sun-bin_sport

 

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 11:16

Pour ceux qui, sur leur lancée, veulent poursuivre le 18 mouvements épée, voilà les noms des techniques que nous avons - et/ou - allons travailler. Un nom recouvre (malheureusement!) plusieurs mouvements parfois, ce qui ne simplifie pas le repérage (désolée!!!). Mais, en fermant bien les yeux et en se concentrant très fort, voilà de quoi se remémorer cet enchainement:

 

1. Ouverture  -                                      Qi Shi

2. Pointer pieds joints -                       Bin Bu Dian Jian

3. Reculer et frapper renversé -          Ce Bu Fan Ji

4. Pas en avant et piquer à plat -        Jin Bu Ping Ci

5. Tirer à droite -                                  Xian You Ping Dai

6. Tirer à gauche -                                Xian Zuo Ping Dai

7. Piquer vers le haut sur un pied -     Du Li Shang Ci

8. Tourner, pas de l'archer, fendre  -   Zhuan Shen Gong Bu Pi Jian

9. Pas vide, tirer l'épée en arrière (cacher l'épée) - Xu Bu Hui Chou

10. Piquer pieds joints -                        Bin Bu Ping Ci

11. Pas de l'archer, bloquer à droite -   You Gong Bu Lan Jian

12. Pas de l'archer, bloquer à gauche - Zuo Gong Bu Lan Jian

13. Pas en avant, piquer à l'envers -      Jing Bu Fan Ci

14. Avancer, suspendre et fendre -        Shang Bu Gua Pi

15. Pied pointé, Bloquer, ramener l'épée - Ding Bu Hui Chou

16. Tourner couper essuyer -                 Xuan Zhuan Ping Mo

17. Pas de l'archer, avancer, piquer -    Gong Bu Zhi Ci

18. Fermeture -                                       Shou Shi

 

 

Le plus souvent dans ces noms, apparait en premier la position des pieds ou la direction (pieds joints: Bin Bu... Shang Bu: avancer...), suivie du nom de technique d'épée ( Pi : fendre, Fan Ji : frapper renversé, Ci : piquer....). Ainsi, si nous y perdons en poésie avec ces noms là (pas de "balayer le lotus" ou de "grue blanche" qui bat des ailes...), nous y gagnons en précision! 

 

Voilà de quoi étudier, et revoir la déco de votre salon: n'oubliez pas qu'une épée a une... lame!

Un lien vidéo pour se rafraichir la mémoire...

http://www.youtube.com/watch?v=V3FPfnRzw20

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 10:13

kung-fu-fan.jpgCet enchaînement est différent des enchaînements de "Tai Ji éventail" classiques, et son nom annonce la couleur: il y a du Kung Fu dans l'air... (et il ne faudra pas en manquer pour arriver au bout avec sérénité...). Un beau défi pour ceux qui recherchent la maitrise du souffle et de l'équilibre.

Il existe à vrai dire deux enchaînements du même nom (que l'on trouve sur le site Deyin Taijiquan Institute sous les appellations "1st routine", "2d routine"). Ils se réalisent sur la même musique (que certains d'entre nous connaissent si bien qu'ils la chantent sous la douche au grand dam des voisins...).

Pour ceux qui veulent réviser les paroles:

http://www.jingwu.asso.fr/download/Documents/Autre/Paroles%20eventail.pdf

 

La forme 1 est aussi connue sous le nom de 52 mouvements. (Il y en avait 52, et on ne s'en était même pas aperçu!!!). Ces mouvements portent de bien jolis noms comme "l'abeille retourne à la ruche" ou "les démons de la nuit  recherchent la mer"... sans parler du chat qui attrape le papillon!

 (à voir sur pdf:

http://www.egreenway.com/taichichuan/Taiji%20Fan%20List%201.pdf, admirable travail, avec les noms en anglais, en allemand, en espagnol, en chinois, en pinyin et... ouf! en français!!!)

 

Pour ceux qui seraient intéressés, Maître Faye Li Yip sera à Bois d'Arcy autaiji_fan.gif gymnase Perdreau les 2 et 3 octobre pour un stage organisé par le Club Yang Arcisien sur la forme 1 du Tai Ji Kung Fu Shan.

Faye Li Yip est la fille de Maître Li Deyin (dont les DVD sont une mine, même en chinois... ). Elle est en Europe la représentante du Tai ji Kung Fu Fan .

Li Deyin est un "trésor de la Chine", il a créé, en collaboration avec d'autres grands maîtres réunis en comité, la forme 42 et la 48. Il est aussi à l'origine du   Kung Fu Fan.

 

taiji_kung_fu_fan_.gifA visiter:

 

le site du Deyin Taijiquan Institute qui vous propose (de dérouiller votre anglais...) et de voir des vidéos sur les deux enchaînements Taiji Kungfu Fan:

http://www.deyin-taiji.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

nb: on trouve parfois "Fan", éventail en anglais, parfois "Shan", éventail en chinois...

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 15:07

Lorsqu'on parle du bâton (Gun), on se dit que ce n'est pas une arme bien glorieuse comparée à ses compagnes: l'épée est plus noble, le sabre a du panache, la lance est guerrière, tout ça brille, et a du ... piquant!

Mais le bâton... C'est oublier un peu vite qu'un instrument est ce que l'on en fait. Combien de beaux combats au parapluie dans les films chinois! ou au journal (qui sert enfin à quelque chose!) roulé en ... bâton. Tout peut devenir une arme si on en décide ainsi. Le bâton eut donc rapidement la faveur de ceux qui, ni nobles, ni soldats devaient se défendre avec ce qui se trouvait à disposition.long-baton.jpg

Le bâton est semble-t-il assez peu pratiqué en Tai Ji (Tai Ji Gun), même si de nombreuses écoles affirment que le bâton contient toutes les autres armes, car il correspondrait à la Terre (le centre, l'harmonie, où se rejoignent Feu, Bois, Métal et Eau).

Les deux mains tiennent le bâton, ce qui demande une approche différente en comparaison des armes tenues à une seule main, et c'est une arme longue (2M environ), ce qui n'est pas sans avantages! 

On peut pratiquer aussi le "bâton collant" grâce à des exercices similaires aux exercices de Tui Shou à mains nues...

Les techniques sont variées: tuigun: pousser, jigun: frapper, jiégun: intercepter, chuogun: piquer, pigun: fendre, liaogun: tourbillonner, zhagun: percer, saogun: balayer, mogun: essuyer...

Il existe aussi des bâtons courts (à préférer si vous voulez ménager votre plafond!). Le point commun: pas de tranchant, pas de pointe, les deux mains peuvent manipuler le bâton dans tous les sens.

 

PetitBaton.jpg

 

 

Moins connu, le Tai Ji Bang ou bâton taoïste qui permet le travail à deux, l'auto-massage, le renforcement des tendons... Les exercices au "bâton de longévité" auraient été crées par Chen Po Tuan plus connu sous le nom de "sage de la rivière" (Dynastie Song). Il aurait voyagé des monts Wudang aux monts Hua et développé des exercices comme "24 exercices saisonniers" ou le "qi gong du sommeil".kungfu.jpg

 

Sabre, épée, éventail, bâton... Vous avez donc le choix des armes...

Il sera prudent cependant d'attendre un peu avant d'imiter la technique proposée sur la dernière photo. Car... "Tout ce qui s'élève, retombe aussi" (proverbe de Xiao Long) et... plus dure sera la chute!

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 07:54

Dao!
Encore une arme que l'on peut utiliser dans la pratique du Tai Ji. Ce qui distingue le sabre de l'épée dont nous avons déjà parlé, c'est le fait qu'il ne possède qu'un seul tranchant. Les techniques en tiennent comptent. On peut poser la main sur le dos de la lame pour renforcer certains blocages  par exemple, ou saisir la lame pour désarmer l'adversaire...
Il utilise 5 mouvements, liés aux 5 éléments: taille, estoc, contre, tournoiement, blocage.
Il combine 7 manoeuvres: Tang (fendre), Pi (couper de haut en bas), Kan (couper), Mo (frotter), Chan (ouvrir), Tiao (crocheter), To (hacher!!!).
Le sabre a un dos, un tranchant, une pointe, un plat de lame, une tête, une garde, une poignée.
Plus solide que l'épée, le sabre traditionnel est légèrement courbe avec une tête élargie, mais il en existe à lame droite aussi. Le sabre est une arme moins "noble" que l'épée, c'est l'arme du soldat, du champ de bataille, facile à dégainer et qui permet de dégager l'espace autour de soi.
La divinité attachée au sabre est le Dieu des batailles Zang Er, et le terme Dao Bing (sabre-arme) désigne aussi la guerre en général.
C'est une arme "yang", c'est l'avant bras qui travaille (pour l'épée, arme "yin", c'est le poignet). Il correspond à l'élément "métal".  
Les plus anciennes pièces retrouvées étaient en bois dur, il en existait de plus petite taille, en jade ou en pierre. La légende dit que le sabre a été inventé par Sui Jen Shi, le second des empereurs mythiques de la Chine, puis amélioré par Huang Di. Le premier aurait forgé un sabre en or, le second en bronze.  Puis apparut le sabre en fer (Royaumes combattants) puis, sous les Song, il prit cette forme "en feuille de saule" (Liu Ye Dao) et gagna en solidité. Sous les Ming, on fait la différence entre les sabres "civils" moins lourds, plus courts, sans fourreau et les sabres "militaires" en acier trempé, avec fourreau de cuir ou de bois. Les types de sabres se multiplient ( on en compte au moins 18!) et, rien que pour la beauté des noms, il y eut, le sabre en "plume d'oie", en "tête de démon", le sabre "aux neufs crocs", "aux trois anneaux", en "oreille de buffle", "papillon cantonnais", "nouille" (!, je n'invente rien... c'est un sabre très souple, à lame très mince qui tranche comme un rasoir), en "ailes de libellule"...
Voilà quelques informations sur cette arme que certains viennent de découvrir. Il y aurait encore beaucoup à dire...

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