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6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 14:25

 

"Qui fait des pieds de nez avec sa langue ​

s'assouplit l'esprit"...

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 14:16

 

Voilà l’été et l’occasion de faire quelques révisions, n’est-ce-pas ?

Lever à 5 heures tous les jours et pratique avant le petit déjeuner !!! (Dépêchez-vous car bientôt, il fera franchement nuit à cette heure là (et aux suivantes jusqu’à 8h d’ailleurs…)

 

La forme du 8 mouvements (qui en compte plus exactement 10...) est une forme pédagogique intéressante à plusieurs titres:
Elle permet à tous, débutants ou non, de (re) travailler sur des bases incontournables.

Elle est courte et la concentration est donc simplifiée, on peut porter son attention sur l'écart de hanches, ou sur la respiration, ou sur la bonne verticalité du corps, ou sur les finitions, ou...

Il ne faut cependant pas sous- estimer cette "petite" forme, c'est une mine...
Elle est courte disions nous : il n'y a aucune excuse pour ne pas la faire chez soi!
Elle se fait quasiment sur place sans déplacements linéaires, on peut donc la faire chez soi! (bis repetita), et…
Elle est simple à retenir, on peut donc la faire chez soi tout seul!
Les mouvements se font une fois à droite, une fois à gauche: c'est une forme équilibrée.
          

Mouvement 1: l'ouverture
  QI SHI:   

inspir : passer le poids du corps à droite, soulever le pied gauche en déroulant lentement le pied du talon vers la pointe, écarter
expir : reposer le pied en  déroulant de la pointe vers le talon, centrer le poids, basculer le bassin, s’installer

inspir : poursuivre en levant les bras, jusqu'au niveau des épaules (pas comme le petit chinois de l'image!),mains relâchées        
expir : redescendre, mains relâchées

 jusqu'au niveau du bassin

... Allez-y, je vous regarde!

PHOTO Xiao Long

Mouvement 2

Voilà un mouvement avec un nom qu'on mémorise bien: "repousser le singe" (juan gong shi).

Nous avons fini l'ouverture en expirant, maintenant...
à l'inspir : faire descendre le bras droit relâché sur le côté, remonter à 45°, paume vers le ciel, on se sert de la taille pour gagner en amplitude, naturellement sans exagérer la rotation. Oui, mais... Oui, mais... que fait la main gauche pendant ce temps? La main gauche se place devant soi, au centre du corps, paume vers le sol et la main se tourne vers le ciel au moment où...l'autre main se tourne vers la terre (Heureusement, on n'a que deux mains...)

Expir : repousser le singe, la main droite glisse sur l'avant bras gauche pour repousser le singe, pendant que la main gauche s'efface et revient vers le côté gauche du corps. Les pieds ne bougent pas

                                           

Mouvement 3

Nous avons "repoussé le singe" c'est le moment de " brosser le genou"!
Et voilà qu'il va falloir s'occuper aussi de nos pieds (tranquilles jusque là!).

Tout est dans les pieds vous dira-t-on: ils assurent la stabilité de votre posture, il faut donc veiller à bien les placer dans les déplacements (latéraux pour le 8 mouvements ou linéaires pour les autres formes).
Le principe est toujours le même: en position finale, mon bassin doit être face à l'axe de déplacement et les pieds doivent respecter l'écartement naturel du bassin. Si les pieds sont trop proches, ou (pire!!!) sur la même ligne, ma base est instable (comme si on voulait faire tenir une pyramide, la pointe en bas... essayez, vous verrez, ce n’est pas gagné !).
Il est donc important d'apprendre à veiller sur ses pieds (sans pour autant les garder toujours à l'œil en baissant la tête... ils ne s'échapperont pas, promis!).
Bon, mais et le haut du corps alors?

... La main gauche "brosse le genou", la main droite pousse. En fin de mouvement et malgré ma "poussée", mon genou ne dépasse pas mon pied. Après avoir exécuté avec maestria un "lou xi ao bu"  sur la gauche, il n'y a "pluka" en faire un de l'autre côté...

 

 

PHOTO Xiao Long

Mouvement 4

Une fois les "singes repoussés" et "les genoux brossés" et propres... nous pouvons nous occuper de notre monture (qu'il faut ménager, c'est bien connu!) et "séparer la crinière du cheval" (Ye Ma Fen Zong).


Nous venons de terminer un Lou Xi Ao Bu à droite, après une délicate transition où les mains glissent à l'horizontale, nous reprenons notre ballon, main droite en haut pour réaliser le Ye Ma Fen Zong du côté gauche.
Puis, transition à nouveau (la même mais de l'autre côté... c'est là que ça se corse!!!), je reprends mon célèbre ballon, main gauche en haut cette fois pour réaliser le mouvement à droite...

Il faut veiller à ne pas "écraser" ou rétrécir" son ballon et dérouler les mains, en les faisant glisser en diagonale lentement de façon à ce que le mouvement des mains finisse en même temps que le pied finit de se poser (toujours du talon vers la pointe) et s’ancre au sol.
Le corps est vertical, le regard horizontal, les pieds espacés de la largeur des hanches bien sûr, pour une bonne stabilité.


Pour éviter de devenir tout bleu, pensez à respirer, tranquillement, inspirant sur la préparation du mouvement (former le ballon), expirant sur le dérouler, la réalisation de la technique, tranquillement.
 

Mouvement 5

Nos genoux sont bien propres, nous avons consciencieusement caressé la crinière de notre cheval , voilà qu'à présent nos mains vont écarter les nuages. Yun Shou (nuage - main : prononcé un peu comme iuèn s(h)o ou) est un mouvement assez complexe, un de ceux où l'on a l'impression d'avoir trop de mains et de pieds pour arriver à synchroniser le tout... Mais mouvoir les mains dans les nuages, ça se mérite !

Les pieds: nous allons commencer par eux, ils se déplacent latéralement, le pied droit va se rapprocher du pied gauche (l'espace entre les deux pieds est d'un ... pied... à peu près), puis je déplace mon pied gauche sur le côté droit (c'est un peu comme un pas chassé, mais lent, tranquille). Je prends le temps de dérouler mes pieds à chaque fois que je les soulève (je décolle du talon vers la pointe) ou que je les pose (de la pointe vers le talon). Je me déplace ensuite de la même façon de la gauche vers la droite (le pied gauche se rapproche du pied droit, le pied droit se soulève et va se reposer un peu plus loin sur le côté. Accessoirement je n'oublie pas de respirer, ça peut aider!

Les mains: Elles se meuvent dans les nuages, souples... mais pas molles non plus !

 Indescriptible... Surtout quand, après, il faut synchroniser les mouvements des mains et les mouvements des pieds...
Le regard suit le mouvement des mains. C'est un mouvement dans lequel la taille joue un grand rôle, c'est elle qui permet l'amplitude du mouvement. Et c'est un mouvement très agréable à faire (dès que l'on a plus à réfléchir à "oùske j'mets mon pied?" et "oùskell est ma main?"
 
Allez, je vous laisse un peu vous amuser... avant le

 

PHOTO Xiao Long

Mouvement 6

Après avoir bien dégagé le ciel de tous les nuages, voilà le coq. Ce coq d'or, Jin Ji (et non pas dort...) va se tenir sur une seule patte,  Du Li, (comme un flamand rose!). Jin Ji Du Li va donc poser quelques problèmes d'équilibre.


Les pieds: A la sortie du mouvement précédent, je repasse en appui sur mon pied gauche, je m'y installe confortablement, je prends bien le temps d'ancrer mon pied au sol, puis avec la délicatesse qui nous caractérise, nous allons soulever le pied droit, monter le genou à angle droit, le pied naturel, relâché (pas de pied raide "en porte-manteau"!).
Puisque le coq a deux pattes, il va faire ensuite la même chose de l'autre côté: on redescend le pied droit qui va devenir mon pied d'appui et -quitte à se répéter-, on s'installe tranquillement, on s'enracine bien et... on lève le pied gauche. Voilà pour les pieds!


Les mains: Lorsque je termine mes "nuages", ma main droite est en haut, ma main gauche est en bas et, comme le dit le fameux proverbe de Xiao Long:
 "Tout ce qui est en bas ira vers le haut et tout ce qui est en haut ira vers le bas, et vice versa"
donc la main gauche remonte au niveau du plexus, la main droite descend, puis à nouveau, la main droite remonte à la verticale, pouce vers soi alors que simultanément la main gauche redescend pour se poser du côté gauche.
Nous ne voyons là que les "extrémités", les mains. Et même si cela peut paraitre étonnant, elles sont rattachées aux bras, et les bras aux épaules, et les épaules au corps... si, si!

Ce mouvement prend son origine dans la taille, l'impulsion vient de là et pour le réaliser mieux encore, il n'est pas inutile d'avoir à l'esprit l'application martiale, qui nous poussera naturellement à avancer un peu l'épaule en finition...

Une autre difficulté pour ce mouvement: la bonne synchronisation du haut et du bas, pieds et mains finissent en même temps, la main qui se trouve en bas a souvent tendance à finir avant tout le monde... ou a rester un peu "vide", sans consistance. Voilà l'essentiel pour Jin Ji Du Li, il y aurait encore quelques détails... à voir sur patte (euh, sur place!)

 

Mouvement 7

Deng Jiao (à ne pas confondre pour les initiés à Fen Jiao où le pied est pointé...Ici, il s’agit du coup de talon), voilà le mouvement qui suit le Jin Ji Du Li . Et l'équilibre sera une fois de plus à l'ordre du jour...

Que se passe-t-il en bas:
Je termine le Coq et mon pied gauche se pose et s'ancre au sol, tranquillement (c'est du Tai Ji Quan, il n'y a pas le feu au lac!), je soulève le pied droit, genou plié, puis je déplie artistement (ben, oui !) pour donner mon coup de talon à 45°, avant de replier en douceur et de reposer le pied au sol.  "Tout ce qui se fait d'un côté, se fait de l'autre côté" (vieux proverbe de Xiao Long), donc je reprends racine à droite pour donner mon coup de talon à gauche.


Élémentaire direz-vous en lisant ces lignes, mais... il y a un mais: il faut prendre le temps et être modeste. J'explique:
prendre le temps signifie ne pas zapper la phase où la jambe monte ou descend repliée. Si la jambe se soulève directement, le déséquilibre menace! On se sent partir vers l'arrière et on est pressé de retrouver le sol!
être modeste signifie que nous ne sommes pas aux "Folies Bergères" et qu'il n'est pas primordial de lever haut la jambe. Ce coup de talon peut viser les côtes, il peut aussi viser le genou ou le tibia, voire la cheville de l'adversaire, donc il n'est pas nécessaire de monter très haut. L'important est d'être stable et "confortable", sans douleur nulle part! Tai Ji Quan est synonyme de bien-être, de plaisir pas de douleur ou de corvée...
(Pour les "trucs" sur l’équilibre, revoir les articles sur le sujet dans la catégorie Tai Ji Quan)

Que passe-t-il en haut:

Au sortir du Coq, les mains se placent croisées devant le corps, paumes vers soi, main droite dessous, je monte les mains, la droite "portant" la gauche et naturellement (!) les mains se retrouvent paumes vers vous, main droite à l'extérieur ("Car la main qui était à l'intérieur se retrouvera à l'extérieur" encore un adage de Xiao Long)!
Les mains s'écartent, le bras droit à l'avant est placé dans la même direction que le pied droit (45°), le bras gauche à l'arrière, un peu plus haut que le bras avant, sert de balancier.
C'est le plus souvent le bras à l'arrière qui est un peu "vide", on a tendance à l'oublier et il se place un peu comme il a envie... souvent plus à côté que derrière, ou plus bas que le bras avant et ces petits "détails" n'aident pas à tenir l'équilibre.

Comme toujours, il faut ensuite bien synchroniser le mouvement du haut du corps avec celui du bas... Mais, il faut se réjouir nous approchons de la fin de cet enchainement et il n'y a plus d'équilibre sur un pied à réaliser!!! Et sur nos deux pieds, rien ne nous arrête!

 

PHOTO Xiao Long

Mouvement 8

Nous voilà arrivés à l'un des mouvements les plus riches de cet enchainement: Lan Que Wei 雀尾 (saisir la queue de l'oiseau ou du moineau selon les traductions finalement plutôt fidèles puisque Lan signifie serrer, attacher; Que: moineau, oiseau et Wei: queue, bout).

C'est un mouvement qui regroupe 4 techniques de base du Tai Ji Quan que l'on retrouve sous le nom de "4 portes" ou "4 potentiels" : Peng (parer), (tirer ou rouler vers l'arrière), Ji (presser), An (pousser). Vous m'en direz tant! C'est quoi ces potentiels?

Peng: sert à parer, à se protéger, sert à pousser aussi: il est "expansif". C'est l'idée du ballon qui grâce à son élasticité reste solide et "plein", même si on appuie dessus pour le comprimer.
: sert à tirer, à emmener le partenaire jusqu'à sa limite d'équilibre, à le déraciner: il est "attractif" et relativement passif, puisque on ne fait que poursuivre le mouvement initié par le partenaire qui avance vers vous et le prolonger.
Ji: se fait à deux mains, il est proche de Peng, il sert à propulser le partenaire: on ajoute à "l'expansif" de Peng, l'"impulsif", et la main en "Peng" se voit renforcée par l'autre main pour une plus grande efficacité.
An: absorbe et utilise les paumes, (poing ou pied) pour pousser et déraciner le partenaire.

 

Peng, Lü, Ji, An correspondent aux points cardinaux (sur ces points cardinaux, les attributions sont fluctuantes... de quoi y perdre le nord, son latin et le peu de chinois que l’on connait!

En ce qui concerne Xiao Long, il reste fidèle à l'enseignement de son Maître:
Peng au sud, Lü à l'ouest, Ji à l'est et An au nord.
On appelle ces 4 techniques Si Zheng (4 directions).


Comme ce mouvement, "saisir la queue de l'oiseau",  comprend les principes fondamentaux du Tai Ji Quan, certains le surnomment "Le petit Tai Ji".

Bien, mais ce n’est pas tout ça! Dans le 8 mouvements, qu'en est-il de cette queue d'oiseau?
Nous allons la saisir d'abord à droite, puis à gauche. Une fois les coups de pieds finis, les mains se replacent autour du "ballon", main gauche en haut, puis on déroule, comme pour Ye Ma Fen Zong, mais la main devant se place à l'horizontale  (et non en diagonale), puisque l'on "pare". Et PENG!

Puis la taille pivote légèrement, les mains se placent pour "tirer" en Lü. On tire en diagonale, vers le côté, pas de face, sans quoi votre partenaire, s'il était là, vous écraserait les pieds, et ce n'est pas agréable du tout!

Puis on se replace de face, les mains se rejoignent et se positionnent pour le Ji. On part du principe que l'on "presse" à sa hauteur (nos "adversaires fictifs" ne sont jamais plus grands - ni plus petits -  que nous: cela nous permet de conserver les coudes et les épaules relâchées).

 

Enfin, après avoir absorbé, les mains se préparent à pousser). Et voilà, le moineau est bien attrapé à droite, il n'y a plus qu'à s'occuper de celui de gauche!

Je vous rappelle que le 8 mouvements en comprend insidieusement 10. Nous sommes près de la fin, mais il faut attendre encore un peu pour pouvoir "fermer". Mais, bon, nous ne sommes pas pressés puisque nous pratiquons le Tai Ji Quan!

 

Mouvement 9

Ayant "saisi la queue de l'oiseau" avec maestria, il nous faut à présent "croiser les mains" (Shi Zi Shou)...
Nous sommes en Gong Bu (pas de l'archer) sur la gauche, les 2 mains devant nous et jusque là, tout va bien ...


Prenons le mal à la racine: les pieds!
Le pied gauche se "ferme" et se replace perpendiculairement à l'axe de déplacement  (pour ceux qui auraient déjà perdu le nord, face au miroir... euh... pour ceux qui pratiquent, ouverture face au miroir... Si vous n’avez pas de miroir, alors… on est mal… Ah! le manque de repères...).

 Puis le pied droit "s'ouvre" vers la droite afin de pouvoir confortablement faire passer le poids du corps vers la droite. Le pied droit se "ferme" ensuite (face au dit "miroir"), on porte le poids sur le pied gauche, on prend appui sur l'intérieur du pied droit pour le rapprocher du pied gauche avec fluidité, légèreté (et non pas en criant "Han" comme la dynastie du même nom et en forçant sur le dos pour ramener son pied!!!).
Et nous voilà face au "miroir", pieds parallèles avec nos « mains en dix ».

Et les mains? Je vous dirais volontiers qu'elles suivent les pieds. Mais encore? Dans le mouvement "fermer pied gauche, ouvrir pied droit", la main gauche reste en place, la main droite suit la trajectoire et va vers la droite à l'horizontale, on se retrouve  donc bras écartés. 

Les mains vont se rejoindre lorsque les pieds se rapprochent dans un mouvement de "jardinier qui ramasse les feuilles en automne, mais qui ne pique pas du nez pour ce faire" (appellation non contrôlée mais brevetée Xiao Long...).

 Enfin, les mains sont croisées, main droite à l'extérieur, devant la poitrine alors que les pieds sont parallèles.
Ce mouvement est aussi nommé "mains en dix", car le caractère
+ (Shi) signifie 10 ! Pour indiquer avec les doigts le nombre 10, on croise les 2 index l'un sur l'autre.
Il faut veiller donc  à ne pas "piquer du nez" lorsqu'on "ramasse" les feuilles! Le dos reste vertical, il n'est pas utile de toucher le sol avec les mains. On descend jusque là où nos jambes nous descendent... C'est à elles de faire le travail, pas au dos!

PHOTO Xiao Long

Mouvement 10

Il faut bien s'y résoudre: c'est l'heure de la fermeture... retour au calme.
 


On avait bien nos mains croisées devant nous et voilà, c'est "Shou Shi". Les paumes des mains qui étaient vers nous se retournent doucement pour regarder le sol (la main droite est dessous), on écarte les mains lentement, largeur des épaules, on baisse les mains et on "remonte": les jambes retrouvent leur position naturelle... une fois les mains posées sur les jambes, on les fait glisser sur les côtés pour retrouver la position de départ alors qu'en même temps, on rapproche les pieds. C'est fini!!!

Ainsi tout finit là où tout a commencé.
Les formes finissent toujours là où elles ont commencé: du vide (pied joints, bras le long du corps) nait le mouvement et dès le départ, l'alternance Yin-Yang est partout, dans les appuis (on passe de la droite à la gauche, de l'avant à l'arrière, du plein au vide...), dans les mouvements de la taille, des bras,  (en haut, bas, droite, gauche, avant, arrière...).

Cette alternance est continue, sans cassure, jusqu'à la fin, où le mouvement s'arrête, où l'on revient au repos, où il ne se passe plus rien. C'est l'image de la vie dans un enchainement...

 

Pour voir la forme :

https://www.taijiqigongevreux.com/videos/fengyulong/formes-de-tai-ji-quan/

 Quand je vous dis qu’on peut la faire partout !!! Même entre deux rochers dans le sable humide et avec lunettes de soleil : rien n’arrête le pratiquant de Tai Ji Quan !

Allez,  on chinoise un  peu ....

Leçon de chinois du week-end: BA SHI = 8 mouvements

La colonne 1 vous donne une idée de la prononciation des nombres.

La colonne 2 est la transcription pinyin mais sans les jolis petits tons dont nous devrons nous passer....

La colonne 3 donne la prononciation approximative du pinyin (qui, il faut bien l'avouer, ne nous aide pas toujours beaucoup....

Il y a du travail....

 

1    (yi)

Qi shi

Tchicheu

Ouverture

2    (er = eur)

Juan gong shi

Tjuènkonkcheu

Repousser le singe

3    (san)

Lou xi ao bu

Loou chi ao pou

Brosser le genou

4    (si = seu)

Ye ma fen zong

Yé ma fèntzonk

Séparer la crinière du cheval

5    (wu = wou)

Yun shou

Iuènchoou

Mouvoir les mains comme des nuages

6    (liu = liou)

Jin ji du li

Tjintjidou li

Le coq d’or sur une patte

7    (qi = tchi)

Deng jiao

Tèngtjiao

Coup de talon

8    (ba)

Lan chewei

Lan tcheuweï

Saisir la queue de l’oiseau

9    (jiu =tjiou)

Shi zishou

Cheutzeuchoou

Les mains forment un dix

10  (shi = cheu)

Shou shi

Chooucheu

fermeture

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
1 août 2022 1 01 /08 /août /2022 14:49
PHOTO Xiao Long

 

Il ne sert à rien de jouer du luth

 devant des bœufs...

 

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
30 juillet 2022 6 30 /07 /juillet /2022 16:57
 
 
   L’araignée n’est pas franchement appréciée de tous. C’est un pur délit de « sale tête » qui la condamne à finir ses promenades sous une chaussure…
Ce qui s’avère fort regrettable- pour elle d’abord- et pour vous, puisque elles chassent insectes et acariens dans nos intérieurs et protègent  nos plantations à l’extérieur (on estime qu’elles dévorent bien une tonne d’insectes par an par hectare !)   
 
 
 
PHOTO Xiao Long

En Chine, l’araignée est un porte-bonheur ! On l’appelle « Zhīzhū» 蜘蛛, Et on aime la voir descendre le long de son fil, on dit alors que le bonheur descend du ciel (belle image, plus glamour qu’avoir une araignée au plafond…)

 

L’araignée du matin apporte le bonheur (et non pas du chagrin, comme chez nous…)  et celle du soir la richesse (… bel espoir !)

 

 On voit parfois un objet décoratif curieux : une araignée sculptée sur une sorte de pied humain, car zhī signifie bien araignée, mais zhū est proche de zú qui signifie pied et, …知足 se traduit par « connaitre la joie, être content, satisfait ». Donc, c’est un porte-bonheur ! (c’est le pied ?)

🕸Sa toile, si complexe est comparée au dessin des 8 trigrammes.

 

On lui attribue de nombreuses « vertus » :

Certains disent qu’elle protège des mauvais esprits (qui s’empêtrent dans sa toile ?)

 

🕷Voir une araignée annoncerait le retour d’un parent ou d’un ami, ou encore une visite prometteuse.

 

L’araignée rouge annoncerait une richesse proche.

 

Lors de la fête du Double Sept, sous les Tang, les femmes qui souhaitaient devenir de bonnes brodeuses enfermaient de petites araignées dans des boites en os ou en argent et examinaient leur toile au matin pour s’en inspirer.

 

Un proverbe chinois dit « Quand l’araignée arrive au bord d’un toit, elle va toujours par paire », ce qui correspondrait pour nous à « un bonheur n’arrive jamais seul ».

 

Deux araignées seraient symbole de double félicité, donc bonheur et longévité !

 

Alors, voyez-vous à présent ces petites bêtes différemment ?

 

PHOTO Xiao Long

Bien, alors du coup, n’allez pas voir ce qu’en pensent nos amis Japonais, car même si au Japon aussi l’araignée apporte la chance et qu’il est de mauvais gout d’en ratatiner une de bon matin (mauvaise journée en perspective !), cette douce image cohabite avec celle de Jorō-gumo n’est pas aussi sympathique :

C’est un esprit, Yokai, une araignée qui peut prendre l’apparence d’une très belle femme et charme les hommes en leur jouant un petit air de musique et lorsqu’ils s’endorment les enserre dans une toile inextricable… ensuite, âmes sensibles s’abstenir, elle les laisse périr ou les dévore !!

C’est une vraie araignée qui se cache derrière tout ça, elle atteint adulte une belle taille et se pare de belles couleurs (rouge, jaune…), Non, non, il n’y en a pas chez nous….👀

 

 

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 16:09

 

 

"Le tigre aussi a besoin de sommeil."

 

 

PHOTO XIAO LONG

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 16:05

 

On en parle souvent et c'est drôlement frustrant de se demander ce que c’est exactement ! Pour pouvoir enfin retrouver le sommeil (Xiao Long exagère toujours un peu...), le Petit Dragon va essayer d’éclairer nos lanternes (chinoises).

 Ce terme de méridien nous vient de la médecine chinoise traditionnelle (MTC). Cela vient du fait que nous ne voyons pas le corps humain de la même façon. Pour nous  la notion de corps humain se résume à nos quelques cours de siences nat, on imagine bien les organes, le squelette, le réseau rouge et bleu des veines artères etc…

 Alors, rassurez vous, les Chinois voient aussi tout ça, mais… ils y voient encore autre chose : des méridiens et des points dessus (et en dehors d’ailleurs aussi, tant qu’à faire).

Certains diront que ces méridiens aux trajets alambiqués sont de pures inventions de l’esprit, car comment une tête rationnelle pourrait-elle envisager un réseau de canaux interconnectés dans lesquels circule « l’énergie » ? Quoi de plus impalpable que cette « énergie », quoi de plus irréaliste (pour nous) que des canaux invisibles qui irrigueraient tout le corps ? Bref, cette vision n’est pas « scientifique ».

 C’est sur cette idée pourtant que repose la médecine traditionnelle chinoise ainsi que par exemple le shiatsu. Et dans nos pratiques cette façon de voir le corps est essentielle.

On ne peut nier pourtant que la MTC ait un effet, ou que le shiatsu ait un effet (pur hasard ?) de même que l’on ne peut nier que parfois les traitements scientifiques n’ont pas l’effet escompté (pur hasard ?). La sagesse voudrait sans doute que l’on soit ouvert à toutes les possibilités et que l’on prenne le meilleur pour nous  d’un côté et de l’autre.

 

PHOTO Xiao Long

Alors, c’est quoi ?

Mais revenons à nos « canaux » (Jīng Luò; 经络)  et continuons notre voyage – c’est un peu Venise tous ces canaux ou Suzhou pour rester couleur locale!

Ils  transportent le Qi et le sang dans tout le corps, reliant les viscères aux extrémités et l’intérieur avec l’extérieur. Il y a les principaux, les grands axes,  « Jīng » et les secondaires, branches plus fines, « Luò ».

Il y a 12 méridiens liés à un organe (poumon, foie, cœur, rate, reins.) et on y ajoute le  péricarde, et ils sont yin -  ou on leur associe une entraille (estomac, intestin grêle, gros intestin, vésicule biliaire, vessie.) et on y ajoute le triple réchauffeur. Et ils sont yang.

 Lorsqu’on parle d’organe, on entend en fait une ensemble de fonctions lié à cet organe et non l’organe lui-même, c’est pourquoi on y adjoint en toute logique le système du triple réchauffeur  qui n’est pas une entraille « matérialisée », de même le système du péricarde représente un ensemble de fonctions et non pas un organe au sens propre.

… et ces canaux  sont liés entre eux aussi.

L’ensemble est complexe, mais nous ne sommes pas des praticiens de MTC ! En ce qui nous concerne, si nous connaissons ces 12 méridiens principaux, il nous faudra encore compléter cette base avec :

Rèn Mài; 任脉, le vaisseau conception, il part du périnée et il aboutit finalement dans les orbites des yeux, en passant par le milieu de l'abdomen et à travers la joue

Dū Mài; 督脉, il est dans le dos : à partir du périnée, il suit la colonne vertébrale jusqu’à la tête la tête et il aboutit à   l’intérieur de la lèvre supérieure  

et  Dài Mai (seul méridien horizontal, particulièrement intéressant puisqu’il fait le lien entre le haut et les bas,  ce méridien « ceinture » porte bien son nom).

On y fait régulièrement référence, et il vaut mieux savoir où ils se trouvent. Il y en a d’autres, mais, une fois encore, nous ne cherchons pas à être des spécialistes. Il vaut mieux en connaitre peu, mais les connaitre, savoir les situer, savoir leur utilité, plutôt que de savoir un grand nombre de noms qui seront rapidement oubliés.

 

Voilà une très brève approche de ce système particulier qui, je l'espère, vous aidera à mieux comprendre la démarche de nos disciplines.

Suite… une autre fois !

Livret simple et utile : (les trajets et sans commentaires): "Schémas des méridiens et des zones réflexes du pied et de l'oreille" chez You Feng 

NB: de nombreux livres existent, ils sont souvent compliqués et peu digests pour nous . Selon l'intérêt que vous porterez à ce système, il vaut mieux avoir ces ouvrages en mains et les feuilleter pour savoir quels sont ceux qui vous correspondent le mieux.

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Published by Xiao Long - dans Points Méridiens Energétique
16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 15:04

                             

 

                     

  Rien n’abrège la vie

Comme les pas perdus,

Les paroles oiseuses

Et les pensées inutiles.

 

PHOTO Xiao Long

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 14:50

Quoi de plus naturel que de manger avec des baguettes (non, la bonne réponse n’est pas « manger avec une fourchette » !) ?

Mais, c’est une arme double qu'il faut apprendre à manier, si l’on veut espérer attraper quelque chose avec.

 

Ce n’est pas une invention récente : Elles nous viennent de la Dynastie Shang (XVIème-XIème avant J-C) et leur usage se répand largement au IIIème siècle, toujours avant J-C!

 

Pourquoi ?

 

Il existait alors un impôt (eh oui, déjà!!!) sur le fer, si bien que les familles ne possédaient le plus souvent qu'un wok et un couteau. Les autres ustensiles étaient en bambou, en bois  ou en porcelaine... Que ne ferait-on pas pour payer moins d’impôts !

Bien sûr, il existe aussi une légende pour expliquer l’utilisation des baguettes :

On raconte qu'un Empereur chinois fit interdire couteaux et fourchettes (?) de peur d'être assassiné et que l'on inventa alors les baguettes afin de ne pas manger avec les doigts...

 

Une autre histoire attribue à Yu le Grand cette invention:

Cet Empereur mythique, fondateur de la première dynastie chinoise des Xia était si impatient de manger la viande qui mitonnait dans le pot, qu'il arracha deux branchettes d'un arbre dont il se servit comme d'une pince afin de ne pas se brûler les doigts...

 

Une autre légende circule encore: il s'agirait de Zhou, un roi chinois, qui, craignant pour sa vie faisait goûter ses plats par sa concubine favorite (en plus!). Le plat étant trop chaud, celle-ci retira deux baguettes qui retenaient  sa chevelure pour manger... (D'où l'expression "cheveu sur la soupe"??) La coutume s'installa dans le pays.

 

PHOTO Xiao Long

 

Plus prosaïquement, il semble que les baguettes aient été préconisées par Confucius, considérant couteaux et fourchettes comme des symboles de violence (des armes blanches ?!) alors que les baguettes ne reflètent que gentillesse et bienveillance, la nourriture arrivant déjà découpée sur la table...

Tout le travail de découpe se fait lors de la préparation des plats, ce qui n’est pas le cas chez nous. Cela évite d’avoir à découper une pauvre bête une fois à table ! Et permet une meilleure digestion puisque on ne peut pas avaler d’énormes morceaux.

 

A vous de choisir votre version... Il y en a certainement d'autres tout aussi surprenantes!

 

Mode d'emploi:

Les baguettes chinoises sont longues, à bouts cylindriques: à ne pas confondre avec les baguettes japonaises plus courtes, à bouts pointus. Le mode d'emploi est rarement livré avec ...

 

Bien utiliser les baguettes demande une certaine pratique. Il existe plusieurs techniques, dont la plus simple consiste à :

1. Placer les deux baguettes dans le creux formé par le pouce et l'index de la main droite ou de la main gauche pour les gauchers.

2. Fermer la main sans forcer de manière que les baguettes soient soutenues dans le haut par le pouce. Majeur, annulaire et auriculaire viennent automatiquement se placer autour des baguettes. L'auriculaire doit soutenir la baguette se trouvant vers le corps. Cette baguette est également soutenue par la partie inférieure du pouce, qui exerce une légère pression.

La deuxième baguette repose légèrement sur le majeur. Elle est en plus maintenue par l'index et l'extrémité du pouce. Seule la baguette du haut est mobile. En recourbant légèrement l'index, le majeur et le pouce, il est maintenant possible de saisir des petites bouchées comme vous le feriez avec une pince.

 

PHOTO Xiao Long

 

Code dans la pratique périlleuse des baguettes:

 

Certaines règles sont connues déjà des utilisateurs de couverts classiques:

 

Il ne faut pas utiliser ses baguettes pour pousser les plats, ne pas les agiter en tous sens en discutant, ni les pointer vers quelqu'un, ne pas farfouiller dans le plat pour trier les morceaux, ne pas prendre un plat dans la main qui tient les baguettes, ne pas lécher ostensiblement ses baguettes...

On évitera aussi de tambouriner sur la table avec (comportement des mendiants qui prient pour de la nourriture), de les faire tomber (porte malheur...).

On espèrera tomber sur des baguettes de longueur égale sans quoi on risque fort de rater son avion, son train, son bateau... et on ne plante pas ses baguettes dans le riz! (cela ressemble trop aux bâtons d'encens que l'on plante dans le sable des brûle-parfums).

 

Si les baguettes sont croisées, l'affaire se complique: ce peut être pour signifier que l'on a fini et que l'on attend l'addition, certains y voient le malheur, d'autres une invitation romantique... Dans le doute...

Il semble que jeter ses baguettes par la fenêtre lors d’un mariage est une manière de souhaiter aux mariés une abondante descendance. (NB : viser bien la fenêtre et vérifier qu’il n’y a personne qui passe par là !)

 

On ne pose pas ses baguettes sur le bol (sinon, on signifie que le repas n'était pas terrible...), mais à côté.

On évite également de se gratter la tête avec (!) ou de s’en servir de cure-dent (pour ce faire, il y a des … cure-dents).

 

Bien, on va s'arrêter là, sinon, vous serez tellement occupé à penser à ce qui se fait ou ne se fait pas avec des baguettes que vous n'aurez plus d'appétit...

 

 

Des chiffres:

De nos jours, 30% de la population mondiale mange avec des baguettes, 30% avec des couverts et 40% avec les doigts (Vive les hamburgers et les sandwiches !)...

J'aimerais beaucoup savoir comment on a pu compter tout ça... Avec un boulier peut-être?

 

PHOTO Xiao Long

 

Déforestation ?

On n’aime guère se servir des baguettes déjà utilisées et lavées, on leur préfère les baguettes jetables. Résultat, on consomme en Chine plusieurs millions de tonnes de bois car 80 milliards de paires de baguettes sont mises à la poubelle chaque année. La Chine est le premier consommateur  et importateur de bois au monde.

Pour freiner cette consommation massive, on veut inciter les Chinois à utiliser des couverts.

 L’alternative est de renouer avec certaines traditions et de porter sur soi, dans un étui, ses propres baguettes. On est ainsi toujours prêt  - arme au poing pour ainsi dire-  en cas de petit creux. Et, avantage non négligeable, cela vous épargne le casse-tête (chinois) des baguettes (chinoises)  attachées ensemble qu’il faut casser proprement, ce qui est rarement le cas !

Bref, dégainer ses baguettes persos hors d’un bel étui, c’est quand même plus classe que de s’acharner sur deux malheureux bouts de bois qui n’ont pas l’intention de vous laisser manger !

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Published by Xiao Long - dans CULTURE
9 juillet 2022 6 09 /07 /juillet /2022 14:54

🐀

 

De fameux courriers peuvent parcourir mille li en un jour,

Mais ne peuvent attraper le rat

Ainsi que le fait le chat ;

Chaque chose a sa capacité.

 

Zhuangzi

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
9 juillet 2022 6 09 /07 /juillet /2022 14:47

Nous avons déjà brièvement abordé le sujet, mais il mérite un petit détour supplémentaire !

 

"Zhuangzi rêva qu'il était papillon, voletant, heureux de son sort, ne sachant pas qu'il était Zhuangzi .

Il se réveilla soudain et s'aperçut qu'il était Zhuangzi.

Il ne savait plus s'il était Zhuangzi qui venait de rêver qu'il était papillon ou s'il était un papillon qui rêvait qu'il était Zhuangzi."

 

Ce "rêve" de Zhuangzi, date du IVème siècle avant notre ère et fait partie d'un recueil de contes allégoriques, de fables, de paraboles qui contiennent tout l'esprit du Tao.

Le Zhuangzi, 莊子, est une des œuvres majeures du taoïsme avec le Dao de jing (Lao Zi).

Même les experts ne savent pas d’ailleurs lequel de ces ouvrages a précédé l’autre, mais ce n’est pas forcément le plus important dans cette histoire… ce sont des textes incontournables de toute façon.

 

Et comme souvent pour des œuvres aussi anciennes, certains pensent qu’il s’agirait de textes écrits par Zhuangzi – mais pas que !  Il y aurait aussi d’autres auteurs, ce serait une sorte de « compil », le fait qu’il s’agisse de petites saynètes autour d’une même thématique va dans ce sens…

Zhuangzi cependant a bien existé, né dans l’Etat de Song (Henan), il a vécu à l'époque des Royaumes Combattants dans le royaume de Chu. Il aimait la nature. Petit fonctionnaire (surintendant du jardin d’arbres à laque), il décline l’offre du roi de Chu d’occuper un poste très en vue et se retire loin de la cour pour vivre de la vente des sandales en paille qu’il tresse, puis voyage à travers les états sans rechercher succès, renommée ou richesse.

 

Ce recueil rassemble donc de petites histoires qui ne sont pas dénuées d’humour, le ton y est parfois un peu provocateur. Il est agréable à lire, et nous laisse pensif !

 

Il invite l'homme au Wuwei, un non-agir qui ne signifie pas passivité (rien à voir avec une petite sieste postprandiale sous un arbre, les doigts de pieds en éventail – par ailleurs, c’est un très gros effort d’avoir les doigts de pieds en éventail, je vous assure : essayez !), mais plutôt conformité de l'action à la nature des choses et des êtres.  

Certains textes montrent combien la connaissance humaine est limitée. La logique, les raisonnements poussés à l’extrême , peuvent devenir pervers et sont des leurres. Souvent l’histoire se clôt sur un non sens patent qui n’est là que pour nous faire prendre conscience d’une autre vérité. Où est la frontière entre le rêve et la réalité ? Où est la frontière entre la connaissance et l’ignorance ? Est-ce déterminant ?


 

PHOTO Xiao Long

 

"Le rêve du papillon" est sans doute le passage le plus connu du Zhuangzi et pose la question de la nature de la réalité...

Dans notre volonté de tout contrôler, nous scindons la réalité, ce qui nous donne l’impression de mieux la maitriser. Nous oublions ce qu’est l’expérience immédiate –et donc incontrôlable.

 L’unité avec le Dao ne peut être atteinte que par le détachement, la quiétude (contraire de l’inquiétude !), ne pas se demander où cela nous mène, mais simplement suivre.

« L’homme authentique » qui atteint cet état est le sage par excellence, invincible, rien ne le touche. (NB : ce nom « homme authentique » est souvent utilisé dans la dénomination de mouvements de formes de Dao Yin Yang Sheng Gong »)

 

Si vous voulez  butiner plus, il vous suffit de voleter tranquillement, de vous poser chez  votre libraire et de chercher "Le rêve du papillon", de Tchouang Tseu (et oui, une autre transcription!!!), par exemple aux éditions Albin Michel, collection "spiritualités vivantes".

 

 Quel intérêt pour nos pratiques :

 Ben, oui, nous ne sommes que des humains et nous cherchons à savoir en quoi ces lectures nous apportent quelque chose (on peut aussi régler le problème autrement et se dire que, si toute connaissance est vaine, ce n’est pas la peine de passer un weekend sur cette œuvre… Mais, bon, c’est un peu facile ça !!!)

 

Deux idées peuvent êtres pertinentes :

Que faisons-nous en Tui shou ? Adhérer, coller, suivre…, se détendre, être présent à l’action qui se fait, ne pas s’opposer directement… Avez-vous remarqué comme les idées préconçues se prêtent peu au Tui shou ? Si vous partez avec l’idée que vous allez faire ceci ou cela, c’est-à-dire que vous partez en voulant contrôler ce qui va se passer, en général, il n’en sort rien de bon (rien du tout même !)

Il vaut mieux s’adapter et ne rien imposer. C’est très Zhuangzi tout ça !!!

 

Dans un autre texte de ce recueil « Le boucher de Ding », il est question des artisans dont le savoir-faire est si ancien qu’il en devient une seconde nature, il devient instinctif et leur pratique est en accord total avec la nature. L’art acquis, nous sommes dans le « sans effort », le lâcher-prise.

 Nous sommes des artisans en Tai ji quan, lorsque nous pratiquons, notre esprit est libre, nous sommes plus instinctifs que « raisonnés ».

Bon, je vois les sourires en coin d’ici… On est d’accord, ça ne vient pas tout de suite, d’ailleurs le boucher dit : « Au début, je ne voyais que le bœuf ; à présent mon esprit opère plus que ma vue » …

Et nous au début, nous sommes focalisés sur les détails, ce  qui disperse notre pensée et ne permet pas à notre forme d’être fluide. Mais au fil du temps…

 

 Bref, il ne faut pas croire que ces « vieux » textes soient dépassés. Il y a bien des sujets de réflexion pour les soirées d’hiver ou … les siestes d’été au frais au milieu de cette nature simple et en perpétuelle mutation.
 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans DES PAGES et DES IMAGES CULTURE

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