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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 17:32

 

"Si les weekends étaient plus longs,

les semaines seraient plus courtes"

 

(faux) proverbe chinois.

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 17:28

 

Avant de renouer avec nos articles sur la technique et avant de nous replonger dans la grisaille automnale (elle viendra, elle viendra...), prenons un peu de couleurs... un peu de bleu !

 

PHOTO Xiao Long

Dans la Chine ancienne le bleu était la couleur affectée aux morts (ça commence bien!), symbole des âmes des défunts.

Lao Zi écrivait :

"Le Tao est le principe du ciel et de la terre ; les deux modes d’être du Tao sont sa nature insaisissable et sa nature corporelle phénoménale ; ensemble, on les nomme "bleues", ou "incompréhensibles", "bleues et encore bleues", ou incompréhensibles au dernier degré".

Je crains que ce texte ne soit bleu aussi, à la première lecture en tout cas...

Le bleu symbolise parfois le Tao, la Voie sacrée, l'insondable des êtres...

Dans la tradition bouddhiste tibétaine, le bleu est la couleur "de la Sagesse transcendante, de la potentialité et en même temps de la vacuité, dont l'infini du ciel bleu est une image possible".

Le Bleu,   (lán), est aussi la couleur du yin ne l’oublions pas, même si nous sommes habitués à voir cette représentation du yin/yang en noir et blanc, le noir n’est pas noir… mais bleu sombre, lié à l’Eau, au Rein...

 Pourtant le bleu est souvent considéré comme un bleu/vert : est formé de 3 composantes : l’herbe (en haut, les deux petits « brins ») et l’herbe n’est pas bleue (ou alors juste après le passage des pesticides ☹). On y trouve ensuite une lame, couteau ainsi qu’un récipient… Mais globalement sa symbolique est positive.

Mais, car il y a un mais – quelle règle n’aurait pas d’exception, je vous le demande ?- pour les personnages de l’opéra, le bleu n’est pas positif du tout, il symbolise alors la ruse, la méchanceté !

 

PHOTO Xiao Long

Sur un plan général pour nous, le bleu serait couleur de la guérison ( ?), de la confiance, de la vie ; il favoriserait la contemplation, la passivité, la méditation, le repos...

 Ne nous posons pas trop de questions, et profitons encore de cette fin d'été, sur une chaise longue, admirant le ciel ...bleu?

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 16:54

 

On ne peut marcher en regardant les étoiles

Quand on a une pierre dans son soulier...

 

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 16:51

 

Connaissez-vous les "portes de lune"? Je suis d'accord, on connait mieux les gâteaux de lune, mais, bon... Tout ne peut pas se manger!

Dans les jardins chinois si bien pensés et aménagés, il est bien rare de ne pas trouver au moins une "porte de lune" 月亮 yuèliàng mén. Il s'agit d'une simple ouverture ronde pratiquée dans un mur.

Car le jardin chinois est conçu comme une œuvre d'art avec ses vides et ses pleins, ses avant-plans, ses arrière-plans… et doit offrir au regard sans cesse de nouvelles perspectives. On ne voit jamais l'ensemble du jardin. On aperçoit une chose, puis une autre... y déambuler est une découverte permanente. C'est un cheminement...

Des fenêtres ajourées, des portes, des pagodes, des étangs, des recoins où s’arrêter et se poser, transforment le jardin en mini-univers où les yeux découvrent à chaque pas un nouveau "tableau" et l'on passe ainsi de scène en scène, de la "forêt de bambous" aux "montagnes" ou au "lac"... Car ces éléments, eau, pierre et végétaux sont incontournables.

Comme une estampe sur rouleau qui ne dévoile que très progressivement l'œuvre créée, un jardin chinois vous mène de surprise en surprise.

PHOTO Xiao Long

 Cet élément d'architecture, la porte de lune,  marque clairement et symboliquement le passage dans un autre "monde" , ce n’est pas une coupure, c’est une ouverture.

Lorsqu'on franchit la porte, parfaitement ronde, on en forme soi-même le centre. On retrouve ici l'influence de la philosophie taoïste, où l'homme s'intègre à l'univers, où il est une partie de la nature.

Cette porte ronde comme une pleine lune est pour certains une allusion au renouvellement incessant, au cycle de la vie, à la renaissance ou encore au cercle familial, union et force… Les symboles sont comme toujours nombreux et chacun pourra y adhérer selon sa sensibilité…

 Traditionnellement, il semble que les portes de lune n’étaient cependant pas parfaitement rondes, seul le haut de la porte représentait un demi-cercle, le bas avait la forme d’un rectangle et elles n'avaient pas de seuil. Ce grand rectangle à la base du cercle devait marquer l’équilibre entre Ciel et Terre, l’équilibre entre yin et yang.

Le jardin chinois n'est pas l'œuvre du hasard, tous les éléments sont choisis pour leur signification symbolique. Le jardinier en est le créateur et doit respecter l'équilibre naturel. Le promeneur n’aura plus qu’à se laisser guider et profiter de cet univers miniature, un petit paradis, un jardin préservé et abrité, protecteur…

Cette jolie "porte" ronde, sans porte (!), représente encore un avantage : personne ne pourra la claquer sur votre nez !

 

PHOTO Xiao Long

 

 

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE SYMBOLES
27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 14:04

 

On ne s’égare jamais si loin

que lorsqu’on croit connaitre la route...

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 13:58

 

Je vous ai interrompu en plein Qi Gong des 5 animaux? Peut-être étiez-vous justement en train de saisir une pêche... Désolée!

Si vous passez  l'été à cueillir des pêches, savez-vous que la pêche est symbole de bonheur et d'immortalité et que les branches de cet arbre étaient utilisées pour chasser les démons ? Le pêcher est d’ailleurs un arbre originaire de Chine.

Longévité, jeunesse éternelle, immortalité, voilà ce que vous promet la pêche dans la symbolique chinoise. On comprend donc pourquoi les simples mortels rêvent de la manger !

Dans la mythologie taoïste un pêcher fabuleux  pousse dans le Palais de Xi Wang Mu, Reine Mère de l'Occident: il ne fleurit que tous les 3000 ans (il faut être patient !),  et ses fruits ne murissent qu'une fois tous les 3000 ans! Les pêches une fois mûres sont mangées par les immortels (et on comprend pourquoi!) au cours d'un banquet solennel.

Dans le film "Le Royaume Interdit" dont Xiao Long a déjà parlé, on voit une scène où le Dieu Singe perturbe cette réunion, mécontent de ne pas avoir été convié à ce repas, et dérobe toutes les pêches.

Plus prosaïquement pensons à Kungfu Panda qui le confond avec un « pêcher normal » et ne se prive pas d’en avaler quelques-unes.

Bref ce symbole est omniprésent.

La pêche est un des attributs du Dieu de la longévité, le Dieu étoile Shou Xing ("étoile du vieil âge"), il la tient dans sa main droite. On le reconnait à son grand front! Il est parfois accompagné d'une  cigogne, d'une grue...

Les deux autres Dieux étoiles sont le Dieu du bonheur (Fu Xing) et le Dieu de la prospérité (Lu Xing). Comme on pouvait le deviner, Xing signifie "étoile".

 

PHOTO Xiao Long

 

 Arts :

la pêche est un motif souvent utilisé sur les porcelaines, dans les sculptures, broderies, tableaux chinois. Certains sceaux étaient confectionnés en bois de pêcher.

Douceur :

 Dans un autre domaine, il existe une pâtisserie chinoise, sorte de petits pains cuits à la vapeur, fourré aux graines de lotus, 寿桃« Shoutao », pêche d’immortalité. Ces petits pains sont souvent offerts lors des anniversaires justement pour souhaiter longue vie à la personne en question. Cet usage persiste, on peut même en trouver au rayon surgelé des supermarchés ! (une forme d’immortalité de la pêche-gâteau ?).

 Curiosité :

la pêche plate que l’on voit apparaitre sur les marchés n’est pas une nouveauté, puisqu’il s’agit d’une mutation qui se serait produite en Chine il y a environ 2000 ans. C’est un Anglais qui la fit connaitre en Europe dans les années 1820

Utilisation :

 Dans la pharmacopée chinoise l'amande de pêche séchée (Tao Ren) est prescrite pour ses propriétés purificatrices (foie et intestins) et tonifiantes. Elle vivifie le sang, arrête la toux … Elle aurait une action sédative sur les enfants trop agités.

 Sa fleur (Tao hua) est utilisée pour ses effets sur la peau (pas encore de pêche, mais ça viendra !), elle contient vitamine C et carotènes, apaise et purifie.

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 15:18
PHOTO Xiao Long

 

« En se courbant d’un pied, on se relève de huit pieds.

Mais se courber de huit pieds pour se relever d’un pied,

Ce n’est vraiment pas raisonnable… »

 

Mong Zi

 

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 15:09

Cette pause estivale a permis à quelques-uns d’entre vous de renouer avec l’épée.

L'épée est l'arme noble, l'arme « vraie » (pas comme l'éventail, selon certains ... Petit Dragon estime que la discussion est ouverte...).

Voici donc quelques points à considérer :

 

Comment la choisir?

L'épée a une lame droite à double tranchant, l'extrémité est fine, elle peut être souple ou rigide et plus ou moins lourde.

Il est important lorsqu'on choisit une épée pour la pratique de la soupeser et de se demander si on pourra s'exercer avec longtemps sans solliciter excessivement son bras. Il en est de très belles mais souvent, ce sont des épées qui ne conviennent pas à l’entrainement à moins de vouloir en même temps faire un peu de « muscu » !

Bref, il est essentiel d’avoir une épée qui soit adaptée à l’étét de vos petits muscles…

La taille de la poignée est aussi un paramètre à prendre en compte, on doit avoir son épée bien en main, si le pommeau est trop gros, on ne peut la tenir correctement (Xiao Long songe à ces dames qui n'ont pas, heureusement, de grosses "paluches" et se retrouvent à tenir leur épée la main à demie ouverte, ce qui ne permet pas de sensations correctes et fatigue également le bras inutilement...).

Enfin, il faut vérifier si l'équilibrage est bon: une épée facile à utiliser est équilibrée très près de la garde. Plus elle est équilibrée vers l'avant, plus le bras va forcer et la retenir, surtout sur les mouvements larges où l'on tient l'épée à bout de bras.

Ainsi, même si certaines épées rigides sont très belles, elles ne sont pas toujours très pratiques. Il vaut mieux, dans ce cas, les réserver à la décoration... (Une petite épée au dessus de la cheminée, ce n’est pas top déco ça?! C’est quand même mieux qu’une tête de cerf !!!)

 

PHOTO Xiao Long

Pour s'entrainer, on peut acheter une épée télescopique. Avantage (c'est, à mon sens, le seul... car il n’est guère possible de ressentir un point d’équilibre) on peut l'emporter partout. Il existe aussi des épées en bois, particulièrement intéressantes si l'on souhaite travailler à deux sur des applications martiales par exemple sans risquer de découper son partenaire...

-« Et le pompon alors? »

Ah, oui, le pompon: que serait une épée sans pompon (une pizza sans anchois!).

Traditionnellement le pompon est rouge. Mais on en trouve de couleurs et ... de longueurs différentes. Question longueur, restez raisonnables et conscients que le pompon est un élément TRES mobile et qu'il peut avoir une fâcheuse tendance à s'enrouler autour du poignet, ou de la garde au mauvais moment, il n'est pas exclu non plus, qu'il vienne sournoisement frapper un œil si, emporté par l'élan de la forme (42 ou Wudang), vous faites tournoyer votre épée à hauteur du visage (ça sent pas le vécu ça?)... Bref, restez modeste!

 

Conclusion: votre épée fait partie de vous, vous devez être à l'aise dans toutes les techniques. Que l'on  bloque, coupe, fende, pique de la pointe ou frappe du pommeau, on doit avoir son épée bien en main, la tenir fermement sans crispation, tout près de la garde...

Et rien ne vous empêche de donner un nom à cette arme qui vous accompagnera longtemps  (Excalibur, c'est déjà pris...)

 

PHOTO Xiao Long

 

L'EPEE, toute une histoire

Un peu d'histoire tout de même... Non, non, ne partez pas! Rassurez vous, on ne va pas passer en revue TOUTES les périodes, on fera des raccourcis!

                         Même si on a longtemps utilisé la pierre pour fabriquer des armes, L'Empereur Jaune, Huang Di,  qui ne riait pas toujours... (-2697/-2597) possédait  des épées en jade, mais aussi en cuivre ou en or. Sous les Shang (-1766/-1122) apparaît le bronze.

Les progrès de la métallurgie sont stimulés par les guerres, chacun recherchant des armes plus efficaces, plus tranchantes et solides: Les Zhou se battent contre les Shang et prennent le pouvoir (-909/-255), puis - on oublie un peu la période "Printemps Automne", qui porte pourtant un bien joli nom... - s'ouvre une longue période de guerres civiles (Royaumes Combattants)... Les forgerons sont alors tenus en grande estime!

Et hop! Nous faisons un petit bond par-dessus les Han jusqu'à la période des "Trois Royaumes" (-220/-280) où le général Cao Cao (prononcé tsao tsao...) possédait des épées d'acier trempé capables de couper le fer.

Nouveau petit saut, cette fois par dessus les Sui et les Tang, dynasties pacifiques... (Il y en a!), et les "Cinq Dynasties"  pour atterrir chez les Song (960-1279) qui perdent le pouvoir face  aux Mongols (Dynastie Yuan 1271-1368): ce brassage de cultures modifie les styles d'épées.

L'évolution se poursuit sous les Ming (1368-1644), puis les Qing (Mandchous). Depuis les Ming, on distingue les épées militaires (plus lourdes) des épées civiles parfois incrustées dans la lame de 7 pastilles de cuivre, représentant la constellation de la grande ourse, qui ont pour but de faire circuler l'énergie.

Sous les Qing (1644-1911) apparaissent des épées courtes offertes aux dignitaires ou aux étrangers, dont l'étui était en laque ou en galuchat (peau de raie ou de requin), on est là sur l’arme de prestige !

Les épées dont on se sert aujourd'hui sont toujours de style Ming ou Qing!

 

PHOTO Xiao Long

L’EPEE, C’EST UNE LAME !!!

Oui, c’est une lame ! Il convient de le rappeler… car :

Une épée est une arme (et si !). Il faut apprendre à la connaitre pour être plus conscient des techniques que l’on devra exécuter dans un enchainement. Sans quoi, on s’expose à l’agiter comme une vulgaire cuillère en bois, ce qui n’a rien de spécialement martial…

 

L’épée a une pointe (estoc)

L’épée (spatha en latin) est une « chose plate » à deux tranchants (taille).

Entre ces deux tranchants, on trouve le plat que l’on n’utilise jamais pour parer, la lame pourrait se briser. Les frappes de taille (frapper avec le tranchant de la lame) tendent à faire de longues entailles impressionnantes.

L’épée a une garde

Elle protège la main. Les épées chinoises ont des gardes assez petites.

L’épée a une poignée

 Et sans elle, il serait bien difficile de la tenir !

Elle a un pommeau

 L’extrémité de la poignée la plus proche de nous, il sert de butée pour éviter à la main de glisser, à l’occasion, il peut aussi servir à frapper… (On fait feu de tout bois !)

 

L’épée a un fil

Le fil de la lame est la partie tranchante de la lame. Parer avec le tranchant entraîne une détérioration du fil de la lame (cf le poisson scie ?)

L’épée a aussi un axe

Le coup de pointe n'est efficace que s'il pénètre dans l'axe de la lame. Cela permet de transpercer ( ! virtuellement pour nous… je vous rassure) son adversaire.

L’épée a un faible (pour qui ?) :

Le tiers de la lame le plus éloigné de la main est en général la partie la plus souple. Normalement on ne pare jamais avec le faible. Par contre, on s’en sert pour lacérer (Comme Zorro, lorsqu’il laisse son initiale ou lorsqu’il coupe les bretelles du sergent García !).

Si elle a un faible, elle a aussi un fort : c’est la partie la plus solide de la lame, celle qui sert à parer les coups.

Le deuxième tiers de la lame sert à trancher.

Dans le Kung Fu Shaolin, l’épée (Jian) est surnommée le « gentilhomme des armes » : il faut donc la manier avec « noblesse »…

Liée à l’élément Feu, son maniement est subtil, ses techniques aériennes, fluides,  les attaques sont coulées dans le mouvement (rien à voir avec Bayard, le Moyen-âge et l’épée à deux mains qu’on abat en criant « han ! »!).

Le but est d’affaiblir l’adversaire par des frappes précises avec les angles de la pointe, tranchants comme des rasoirs!

Plus la lame est droite, plus les mouvements doivent être circulaires pour avoir une réelle efficacité...

 

PHOTO Xiao Long

L’autre épée :

Si la main droite tient une épée, la main gauche est vide. Avec les doigts on fait un « mudra », index et majeurs tendus, les autres doigts repliés. Ce mudra « Pran », épée magique du taoïsme, contribue à l’équilibre général de la personne...

Symbole de l’épée, on lui confère un sens énergétique. Au-delà de sa fonction d’équilibrage, il semblerait aussi qu’autrefois on combattait avec le fourreau de l’épée, on le tenait en posant les deux doigts en question dessus pour le contrôler. Le fourreau restait contre l’avant-bras, prêt à parer en cas de besoin.

 

Voilà, j’espère que vous trouverez quelques infos utiles  et… gag mis à part, la spatule en bois, maniée dignement, est un bon moyen de s’entrainer dans son salon sans avoir ... à refaire la déco !!!

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 14:12

 

Insensé celui qui veut puiser toute l'eau de la mer

 avec une petite cuillère...

 

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 13:56

 

                   C'est toujours la grosse question qui empêche de dormir (Non, même pas?!): "Qui a inventé le Tàijí quán alors?"

Ce serait plus simple de dire qui a inventé le téléphone ou qui a inventé le fil à couper le beurre (encore semble-t-il ne pas l'avoir inventé... pas malin!).

 Et il est toujours aussi délicat, lorsqu'on s'aventure sur ces sentiers,  de savoir où commence le conte, où s'arrête l'histoire véridique. Sans doute pourrait-on trouver un proverbe chinois pour affirmer que " Pratiquer sans curiosité, c'est pratiquer l'esprit libéré"?

Mais Xiao Long est un dragon curieux (et un curieux dragon aussi !).

Quoiqu’il en soit, quelques noms sont à connaitre …

La belle histoire de Zhāng Sānfēng

  ...  Il est dit que Zhāng Sānfēng (张三丰 , entre dyn. Song et début dyn. Ming ?), retiré dans la solitude de sa cabane et récitant les Classiques, fut interrompu soudain par un cri étrange.

A pas feutrés, il se dirigea alors vers la fenêtre, il se pencha et vit un oiseau, une grue. Immobile, elle scrutait un serpent lové au pied de l'arbre où elle avait bâti son nid.

L'oiseau tout à coup, poussa un cri et vola vers le serpent, gonflant ses plumes, battant des ailes, cherchant à le piquer avec son bec. Le serpent se dérobait toujours à ses attaques, esquivait, ondulait, ses glissements sinueux, fluides, en spirale le rendait insaisissable.

Zhāng Sānfēng décida de se rapprocher pour les observer, mais lorsqu'il atteignit le pas de la porte, l'oiseau et le serpent avaient disparus...

Avait-il rêvé?

C'est ainsi, dit-on, que Zhāng Sānfēng posa les principes fondateurs de ce qui deviendra le Tàijí quán: la souplesse prime sur la rigidité, le mouvement continu sur le mouvement saccadé, l'absorption sur la force de l'adversaire.

 

PHOTO Xiao Long

Le serpent et l'oiseau sont opposés et complémentaires, on peut y voir l'image du  Yin et du Yang, ils peuvent symboliser les arts martiaux internes et externes et bien d’autres choses encore...

Il existe évidemment  bien des versions et des variantes de cette histoire, on dit même que ce moine taoïste n'a peut-être jamais existé, mais la légende est belle et pleine d'enseignements et il n'y a pas que les enfants qui aiment les histoires...

Il serait le fondateur de l’école des arts martiaux du mont Wudang.

 

Nos origines :

Chén Wángtíng (陈王庭, 1600-1680) semble bien être celui qui crée le Tàijí quán, même s'il n'existe encore aucune théorie du Tàijí quán sur le papier, la technique est bien là ! Il se serait inspiré d’un ouvrage militaire d’un général (dyn.Ming).

Passionné d'arts martiaux et de littérature, Chén Wángtíng associe sa connaissance des techniques de santé, de la philosophie taoïste, de la stratégie militaire (il était commandant des garnisons du comté de Wenxian) pour inventer une nouvelle boxe caractérisée par des mouvements souples et fluides, combinés à de puissantes explosions de force.

A la recherche du mouvement logique et efficace, il crée  quelques enchaînements (7 formes dit-on, une 108, un enchainement « poing canon », et encore 5 autres qui auraient été oubliés).

Tous les principes de base sont là: technique martiale, technique de respiration, circulation énergétique dans les méridiens, alliance Yin Yang...

 Mais il faudra encore attendre un siècle avant que Wáng zōngyuè, 王宗岳, ne pose par écrit la théorie du Tàijí quán dans un traité (Tàijí quán lùn, 太極拳論 ).

Le style Chen, dont découle le style Yang, est toujours largement pratiqué, mais demande une bonne condition physique si on veut réaliser fidèlement les mouvements vrillés, les sauts, les fājìn (explosions de force), les postures basses...

PHOTO Xiao Long

 

Le théoricien :

Wáng zōngyuè (1736-1796) est natif du Shanxi, il aurait vécu sous le règne de Qiánlóng,.

Selon les sources Wáng zōngyuè aurait fait halte à Chénjiāgōu et aurait appris son art auprès de la famille Chén... On affirme parfois qu’il aurait été le maître de Jiang Fa. D’autres documents attestent qu’il aurait, dans son vieil âge, été professeur dans sa propre école de Luoyang en 1791. On dit aussi qu’il aurait été actif encore en 1795 à Kaifeng… Difficile de s’y retrouver.

Une chose est sûre cependant: son livre le " Tàijí quán lùn ", autrement dit le "Traité sur le Tàijí quán ", a beaucoup contribué à la propagation du nom de cette discipline. Cette œuvre en constitue le fondement théorique, puisque pour la première fois des textes définissent la pratique de cette « boxe du faîte suprême ».

Sa thèse s’inspire avant tout du : Yì jīng, le bien connu « Classique des Mutations », le plus ancien traité divinatoire du monde, qui doit permettre à celui qui le consulte, de mieux comprendre l’ordre de l’univers, la situation qu’il vit lui-même et peut l’aider à prendre une décision, à déterminer sa conduite pour vivre en harmonie avec la Nature.

Au début, il y a le wújí,  l’indifférencié, qui existe depuis toujours.

C’est le moment où dans la forme l’individu est statique : on est calme, on existe simplement, le poids est réparti également sur les deux pieds, il n’y a ni avant, ni arrière, ni gauche, ni droite, ni intérieur, ni extérieur.

De cette immobilité naît le mouvement. L’énergie circule dans le  dān tián  bien qu’il n’y ait pas d’action. C'est le Tàijí .

 

PHOTO Xiao Long

Dès le premier mouvement le Yin se sépare du Yang. Ils se distinguent dans la droite et la gauche, le haut et le bas, l’avant et l’arrière.

 Ainsi se dessinent les 5 déplacements (wǔ bù, comme dans wǔ bù quán le petit enchainement que beaucoup d'entre vous connaissent... mais si, vous connaissez...) correspondants aux 5 éléments (wǔ xíng)) : le feu avance , l’eau recule , le bois regarde à gauche , le métal prend garde à droite , la terre occupe le centre.

        Les déplacements s’orientent selon 8 directions (bā guà ) les 8 points cardinaux. On obtient les 8 portes (bā mén) qui correspondent à 8 techniques: parer (Peng), tirer (Lu), presser (Ji), pousser (An), emmener vers le bas (Cai), déraciner vers le côté (Lie), coup de coude (Zhou), coup d’épaule (Kao). C'est bien, vous n'avez pas perdu le nord...

Bref, c'est Wáng zōngyuè qui pose sur le papier les bases théoriques du Tàijí quán!

 

Quand le Tàijí quán s’adoucit :

Yáng lùchán (1799-1872) est connu comme le fondateur du Tàijí quán, de style Yang. Il n'a donc pas créé le Tàijí quán, puisqu'il apprit lui-même les techniques dans la famille Chén.

On dit que travaillant au service de cette famille, il apprit en secret les techniques en espionnant les cours de Chén.  Découvert, il fit une démonstration de ce qu'il savait et Maitre Chén aurait été si impressionné qu'il aurait décidé de le prendre parmi ses élèves!

Plus tard, il se rendit à Běijīng enseigna à ses propres élèves puis à partir de 1850 (dynastie Qing),  enseigna à la famille impériale et à quelques membres  de la garde impériale mandchoue...

Toujours vainqueur des défis qu'on lui proposait, on le surnomma "l'invincible"!

Il fit évoluer la pratique, retira les "explosions de puissance"( fājìn), et réserva  dans un premier temps l’apprentissage de ses techniques à quelques initiés.

Ce style n'a cessé d'évoluer, d'où l'existence d'écoles différentes, de pratiques différentes, de la "gymnastique santé" au ... martial.

Les pratiquants d'arts martiaux japonais ont pour coutume de saluer la photo du Maitre avant de commencer le cours: si nous devions en début de séance saluer un Maitre, ce serait sans Yáng lùchán puisque nous travaillons le style qui porte son nom... même si ses formes ont évolué au fil du temps et que les écoles se sont multipliées...

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN CULTURE

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 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

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