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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:43

 

Sur le sable du rivage

à chaque trace de pas

le printemps s'allonge

 

Masaoka Shiki

PHOTO XIAO LONG

PHOTO XIAO LONG

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Published by Xiao Long - dans HAIKU
23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 14:34

Un coup d’œil sur le titre et voilà, vous pensez déjà que Xiao Long est passé du côté obscur de la Force !

Emporté par un Ego surdimensionné, il pense tout savoir et imposer ses vues !!!

Mais non, rassurez-vous, Xiao Long a toujours les deux pattes arrière sur terre (les pattes avant sont trop courtes pour ça !).

 

Bon, dans tous les cas au menu du jour, nous allons parler de Moi (non, pas moi, mais du Moi, de vôtre Vous quoi !). Car notre pratique est là pour que notre vrai Moi s’exprime…

 

Le côté obscur :

 

L’EGO : l(surnommé "le melon "?!)

 

C’est un sujet … sensible et le terme n’est pas franchement positif. Au départ, c’est simplement le « moi/je »… À l’arrivée, cela peut être autre chose.

 

Dans certaines approches spirituelles, l’ego est la représentation fausse que l’on se fait de soi-même. , l'ego n'a pas réellement de réalité, il ne serait qu'un « complexe » produit par des constructions mentales, des dysfonctionnements psychiques… Pour le bouddhisme, par exemple, l'ego ne correspond à aucune réalité tangible. Il n'est ni dans le corps ni dans l’esprit.

Au départ cependant, aucune connotation négative…

 

Et pourtant lorsqu’on parle d’ego, on n’est généralement sur le chemin qui mène à l’égo-centrisme,  la vanité, l’orgueil, l’envie de pouvoir et autres joyeusetés du même acabit, qui vous empêchent du coup de « passer les portes ».

Bref, c’est ce qu’on pourrait appeler « avoir le melon » … quoique dans ma région d’origine, où l’on ne fait jamais les choses à moitié, ce serait plutôt « la pastèque »…

 

Et cette fausse image est un obstacle à l’expression de la vraie nature de la personne concernée. Dans cette conception, une personne libérée de son ego connaît l’éveil spirituel.

La voie bouddhiste par exemple consiste, entre autres, à libérer l'être humain de cette perception qui le place au centre de tout, et surtout, de le libérer de la souffrance liée notamment à la croyance de l'existence du moi.

Car il faut un moment arrêter de croire que tous les yeux sont posés sur nous, arrêter de tout prendre pour  « soi », arrêter de se dire que le monde est injuste, regarder son nombril et murmurer:

« Je suis malheureux, on ne m’aime pas, on m’en veut, j’aurais dû mieux faire, réussir… etc. … »

Le côté lumineux de la Force :

PHOTO Xiao Long

Le vrai Moi :

Plus on avance sur le chemin de nos disciplines, plus on comprend que « le but ultime de notre Tai-chi est justement d’atteindre, par la pratique, l’éveil du Moi », comme l’exprimait Maitre Gu Mei Sheng. Maitre Gu disait aussi : « Ce vrai Moi, c’est le tai-chi en vous ».

On touche là à la dimension interne du Tai Ji Quan. Quand on parle d’art martial interne, on vous dit le plus souvent que la différence avec l’externe c’est notre lenteur… Ce n’est pas faux… mais est-ce tout ?

Ce n’est pas tout…

 

Au début, on apprend les techniques, les règles, l’enchainement et le Moi, là-dedans n’a pas trop de place tant on a à penser. On est encore englué dans un gentil ego : on craint un peu le regard des autres, on a peur de « mal faire », bref… on est encore tourné vers le dehors.

 

Se libérer des règles après les avoir apprises et appliquées est un pas important. On s’aperçoit alors que si le geste est juste, il n’est pas unique et que chacun selon sa sensibilité, son vécu, interprètera la technique/ le mouvement différemment. Voilà un peu de votre Vous  qui apparait.

 

Et Xiao Long insiste (en tapant du pied !) :

Il n’y a pas UNE façon de faire correcte et d’autres qui seraient fausses.

 

Il n’y a que des intransigeants parfois (honnêtement convaincus du bien-fondé de leur démarche) qui voudraient imposer « une/leur » façon de faire.

De ce côté-là Xiao Long a ses idées aussi (mais ne vous les imposera pas…) :

Un professeur apprend à ses élèves l’alphabet (technique) qui permettra à ses élèves de lire dans tous les livres (taolu). Mais, nous n’avons pas tous la même écriture, certains feront de belles boucles, rajouteront des gros points sur les « i », d’autres écriront plus sobrement… même si à la base, le texte est identique. Et c’est bien ainsi !

 

Car avant tout, nous pratiquons pour nous-même et pas pour la galerie. Nous sommes tous différents. Notre pratique est différente. La seule chose importante est que l’idée portée par la technique de base soit juste (axe, racines, amplitude, fluidité, intention …)

 

Au début de l’apprentissage, on trouve souvent deux façon de faire :

soit on mémorise seul, on « récite » son taolu, bien concentré –donc déjà un peu tourné vers l’intérieur, même si ce sont surtout les neurones qui chauffent et que notre petit Moi est encore bien coincé ; soit on imite les mouvements en regardant les autres…

Là, l’œil est encore tourné vers l’extérieur. Et il faudra prendre confiance en « soi », pour se détacher des modèles…

 

 Mais une fois que l’on sait, que l’on est imprégné de l’enchainement et des techniques, que l’on a déjà quelques « heures de vol », alors on peut laisser son Moi, tout son être agir au point de ne faire qu’un avec le mouvement.

 

 Ce qui fait d’ailleurs que l’on peut tout à fait perdre le fil directeur, se tromper, ou s’interrompre, ou sans s’en apercevoir tout de suite passer à une autre forme.

Et peu importe ! On est enfin dedans (et plus dehors !)

 

C’est ici le contraire du « Je pense, donc je suis » ! C’est le « Je ne pense plus, donc je suis vraiment » … C’est une forme de prise de conscience instantanée de l’éphémère au moment même où l’on fait une forme.

 

Il est toujours difficile de mettre des mots sur des expériences de ce type : ou l’on devient pompeux (et pompant !), ou l’on passe dans l’expression poétique trop éthérée… un brin psychédélique (et la moquette est un peu passée de mode !)

 

Bref, où que vous en soyez sur la route … sachez que le Tai Ji Quan n’est pas juste « une gymnastique de santé » comme on le trouve encore trop fréquemment dans de nombreux articles.

 

C’est une découverte de soi, de son unité, de son lien avec la Nature …. C’est une approche constructive et positive de soi. Et c’est donc aussi une approche positive des autres.

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 15:36
PHOTO XIAO LONG

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On croyait les fêtes de fin d’année finie, mais non, pas du tout puisque dimanche  10 avril à Paris se fêtait Chaul Chnam Thmey !

បុណ្យចូលឆ្នាំថ្មី signifie « Entrer dans la nouvelle année » et ce sont nos amis cambodgiens qui fêtent l’année nouvelle à ce moment-là.

Le nouvel an khmer se déroule sur trois jours et les dates correspondent à l’ancien horoscope. En dehors du Cambodge, on peut modifier les dates afin de faire la fête un weekend.

La date d’ailleurs a subi quelques évolutions au fil du temps : vers la fin du Xe siècle la "Nouvelle Année" tombait le mois de MIKASIRA, entre fin novembre et début décembre selon le calendrier solaire. Ce mois était le premier mois du calendrier lunaire. Au XIe siècle, la fête de nouvel an khmer a été déplacée au cinquième mois lunaire (mi-avril) par les rois Suryavarman II ou Jayavarman VII, les avis sont partagés… cette modification correspond a rythme de vie de la grande majorité des Cambodgiens  qui alors travaillaient la terre et étaient très occupés pendant la période de novembre à mars. Au mois d’avril les moissons sont terminées et on se pose un peu avant le début de la saison des pluies. Si au départ la fête suivait les rites brahmaniques, elle suit à présent les rites bouddhiques.

PHOTO XIAO LONG

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Le déroulé :

Les cloches et les gongs des pagodes annoncent l'arrivée du Nouvel An dans presque tous les villages.

Moha Sangkran (មហាសង្រ្កាន្ត) - 1er jour

Moha Sangkran, « la grande marche », marque la fin de l’année et le début d’une nouvelle. Pour ce premier jour de fête, on décore la maison. Le matin, on apporte des repas aux bonzes à la pagode et on leur pose des questions.

On allume des bougies et des bâtonnets d’encens. Les membres de chaque famille rendent hommage au Bouddha et le remercient pour ses enseignements en s’inclinant, et se prosternant trois fois devant son image.

L’après-midi,  place aux jeux traditionnels, généralement dans l’enceinte de la pagode. Pour les jeunes, le nouvel an est une occasion de faire des connaissances et quelques couples s’y forment.

Voreak Wanabat (វ័នបត)– 2e jour

Ce second jour est consacré à l'adoration et à la charité et on va à la pagodes pour honorer leurs ancêtres. On érige également des monticules de sable  ou de paddy (riz brut) sur le sol des pagodes symbolisant un stupa, celui protégeant les cheveux et le diadème de Bouddha.

Thngai Laeung Saka (ថ្ងៃឡើងស័ក) – 3e jour

Ce jour, est l’« entrée dans le nouveau millésime ». C’est le jour de la cérémonie du Pithy Sroang Preah. Les bonzes sont mis à contribution pour présenter des vœux aux trois joyaux (Bouddha, Dharma et Sangha) et aux mânes des parents ; enfin on libère des animaux, surtout des oiseaux, achetés au préalable au marché.

 

A Paris, le weekend dernier la communauté cambodgienne et leurs amis fêtait à la grande pagode de Vincennes le nouvel an. Les familles sont venues nombreuses pour les rites, ou encore pour se promener dans le bois de Vincennes et y faire une promenade en barque et… pour pique-niquer sur l’herbe au soleil: les innombrables étals proposait des en cas pour tous les goûts !

La pagode était ouverte et chacun pouvait y entrer. À l’entrée des vasques accueillait des bâtons d’encens au pied d’un Bouddha doré entouré de fleurs. Une belle fête en ce début de printemps !

 

Soursdey Chnam Thmey !

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Published by Xiao Long - dans CULTURE
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 19:37

 

 

Barque et rivage

Se répondent

Dans la longueur du jour

 

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Published by Xiao Long - dans HAIKU
6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 14:46
PHOTO XIAO LONG

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À partir du 8 février 2016, on passe de l’année de la Chèvre de bois à l’année du Singe de feu. Il va y avoir de l’animation…

 

Qui est le Singe ?

Le Singe est lucide, intelligent, mais se sent un peu supérieur et aime plastronner. Il accumule les connaissances, est inventif et original.

Désinvolte, il aime les discussions, la concurrence et aime que l’on parle de lui. Il semble s’entendre avec tous, mais il est astucieux et souvent intéressé, même si son abord est agréable. Indépendant et personnel, il ne faut jamais rien lui imposer.

Malgré ses travers (vanité, mensonge, manque de scrupules… mais qui n’en a pas ?) on le recherche pour son intelligence, son esprit rapide et avisé, son acuité d'esprit. Le Singe aura en général une bonne situation.

 

2016 !

Pour les personnes nées pendant une Année du Singe, 2016 est une année où l’on aspirera à l’accomplissement personnel. Pour les autres signes du zodiaque chinois, l'endurance et  la patience seront à l’ordre du jour pour profiter au mieux  de l’énergie vivifiante du Singe qui apportera son aide à ses amis. 

L'année du signe du Singe apportent de la vitalité et de l'innovation dans les affaires et les relations personnelles. Ainsi, cette année sera, parait-il, propice aux rentrées d'argent au sein du foyer. Espérons cependant qu’il n’est pas question de monnaie… de singe ? 2016 sera aussi un bon moment pour les personnes qui souhaitent repenser leur quotidien et bondir hors de leur routine.

Certains nous promettent –en lien avec la conjonction Singe et feu- des conséquences négatives dans la marche du monde, des tensions politiques ainsi que des marchés financiers instables (pas le moment de passer à l’action ?!!); Mais, bon… il n’est pas besoin d’être malin comme un singe pour ressentir cette évolution. 1968 était une année sous le signe du Singe…

Le Singe … et les autres n’en resteront pas moins optimistes et sauront profiter de cette nouvelle année pleine de surprises, puisque tout le monde est d’accord sur un point : l’année du Singe, tout peut arriver (ou pas…).

Car cet animal, le Singe, est fantasque, adepte de la grimace, de l’humour, de la dérision, il est intelligent et rusé.

Le Singe a ses amis et les « experts » en horoscope leur promettent une belle année:

Le Rat, aussi malin que le singe se sentira particulièrement bien en 2016 et devrait avoir de la chance dans ses entreprises. 

Le Bœuf que le Singe taquine, cessera peut-être enfin de ruminer le passé pour profiter du présent 

Le Dragon et le Singe  feront une bonne équipe.  

Le Serpent, prudent, se fera bousculer un peu par son ami le Singe qui poussera le Serpent à prendre confiance et à tenter l’aventure.

Le Cheval bénéficiera aussi de l’influence du Singe qui l’aidera à évoluer. 

La Chèvre, qui sort de son année, est pleine de projets et son ami le Singe la soutiendra.

     Deux Singes ensemble, voilà du mouvement et du succès en vue. 

Le Chien aussi sera actif et profitera de l’influence positive du Singe.

Le Cochon, va prendre les choses en main pour atteindre ses objectifs.

Mais il n’a pas que des amis…

Le Tigre, un peu téméraire, devra modérer son enthousiasme et reprendre pied dans la réalité.

Le Chat aussi sera peut-être un peu trop confiant, il devra rester vigilant et prudent. 

Le Coq, impulsif, devra prendre le temps de réfléchir à des stratégies et ne pas chanter… trop tôt sa victoire.

… Mais tout ça, ce ne sont peut-être que des singeries….

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE
24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:16

 

Sur la lande sans vie

Un peigne de femme

Du temps des herbes folles.

 

Ihara Saikaku

 

 

 

 

 

Haiku de la semaine du 25 au 31 janvier 2016
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Published by Xiao Long - dans HAIKU
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 15:30

 

Son nom vient du chinois 龙眼 ; lóngyǎn  et du vietnamien lung ngaan, qui signifient œil de dragon. Ce petit fruit rond vient du longanier, un grand arbre aux belles feuilles persistantes et aux fleurs blanc-jaune- qui se rassemblent à l’extrémité des branches en grappes d’une quarantaine de centimètres de long. Originaire du sud de la Chine le longane est le « petit frère du litchi », sa chair blanche et translucide entoure une graine ronde lisse et noire, brillante comme… un œil de dragon.

Le longane est une mine de vitamines C et A. Le fruit est riche en potassium, fibres, protéines, magnésium, cuivre et contient plus de fer que les épinards (vous me direz, ce n’est pas difficile, cette réputation étant largement usurpée… Pauvre Popeye !!! S’il avait su !).

 

Ce fruit aurait de nombreuses vertus :

Il semble calmer les nerfs et revitaliser le système circulatoire, il soulage en cas d’œdèmes et de palpitations cardiaques.  Le fruit séché est utilisé comme remède comme l’insomnie. Les feuilles contiennent de la quercitrine (antioxydant et antiviral), et sont utilisées dans le traitement des allergies, du diabète et des maladies cardiovasculaires.
Ne me regardez pas avec cet œil rond (de dragon ?)…

 

Pour ceux qui ne souhaiteraient pas en consommer (et c’est pourtant pas mauvais du tout…), on peut aussi s’en servir de « démaquillant » pour nettoyer et purifier la peau du visage (Petit dragon préfère les manger!).

Les graines broyées (Aïe ! les yeux !!!) du longane produisent une mousse, qui peut servir de shampoing.

Bref, le longane est plein de ressources… et son bois est aussi utilisé pour fabriquer des meubles… rien ne se perd donc !

 

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES
10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 10:26

 

L’hiver, voilà une saison où il fait bon avoir des amis…

Sui Han San You, les trois amis de l’hiver sont des plantes robustes et hautement symboliques :

Le pin tout d’abord est toujours vert, même en hiver. Cette image nous est familière aussi et notre « beau sapin, roi des forêts » (Je ne chanterai pas, promis !) est son cousin…

Rien d’étonnant donc : le pin est symbole de longévité. On retrouve le pin associé au champignon Lingzhi et à la grue en tant que symbole de longévité.

Il est aussi symbole de sagesse.

Une légende veut que sa sève se change en ambre dès que le pin atteint ses mille ans !

On dit aussi que s’il est planté autour des tombes, le conifère éloigne le Wangxiang, une créature maléfique qui a la fâcheuse habitude de dévorer le cerveau des défunts.

 

Photo Xiao Long

Le bambou aussi est un ami de l’hiver (et des pandas...) : il est flexible, solide, résistant au froid. Il est symbole de force. Comme il pousse massivement (attention où vous le plantez dans votre jardin… sous peine d’être rapidement envahi…), il est aussi devenu un symbole de fertilité, de famille heureuse et de piété filiale.

Une histoire raconte qu’un fils, pour faire plaisir à sa mère gravement malade qui souhaitait manger une soupe de pousses de bambous, se lança malgré la neige à la recherche de jeunes plants. Mais ce fut en vain. Il se mit alors à pleurer et ses larmes attendrirent le sol gelé. De jeunes pousses apparurent et grandirent si rapidement qu’il pût les cueillir le jour-même et préparer pour sa mère une bonne soupe.

 

Le prunus dont les branches servent de décorations d’intérieur lors du nouvel an est symbole de vie et de beauté… de mariage aussi : un couple représenté sous un prunus ne peut bénéficier que d’une vie longue et heureuse

 

L’association de ces trois plantes résistantes au froid : le pin, le bambou et le prunus  symbolise le soutien mutuel des hommes de bien et l’amitié qui les soudent face aux défis de la vie.

 

Les trois amis de l’hiver sont très présents dans les arts comme la calligraphie ou la peinture chinoise. Ils incarnent à eux trois les vertus de persévérance, d´intégrité et de modestie, qualités primordiales du Lettré.

 

Les trois plantes associées apparaissent pour la première fois dans un poème du poète Zhu Qing Yu 朱慶餘 (Dynastie Tang). L´artiste Zhao Mengjian 趙孟堅 (dynastie Song) et ses contemporains  rendirent populaire ce motif des « trois amis de l´hiver » en peinture.

La toute  première mention connue de ce terme se trouve dans un texte de l´écrivain Lin Jingxi  林景熙, (dynastie Song).

 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE
3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 16:31

 

Haïku… Qu’est-ce que c’est ?

 

Il s'agit d'un petit poème extrêmement bref visant à exprimer la fugacité des choses. C’est une sorte de « concentré » de sensation, d’émotion, de simplicité, d’évidence et d’humour parfois qui vous laisse dans un premier temps souvent perplexe…

 

Il nécessite le détachement de l'auteur qui va droit au but, s’exprime sans détours. C’est un instantané : le haïku ne se « travaille » pas, il saisit le moment présent –déjà passé-(!!?), il est rapide et concis.

Il doit évoquer plus que décrire, on ne rentre pas dans les détails. Pour l’apprécier, on préfère l’écouter, lu à haute voix et en une respiration (d’où l’intérêt de sa brièveté…). On peut ainsi en au mieux capter la vitalité et l’éphémère. Le haïku nous interpelle : son humilité fait sa force. C’est un poème « origami », que l’on regarde, que l’on déplie lentement pour découvrir ce qu’il y a à l’intérieur.

 

Ce poème obéit à quelques règles et une des règles du haïku (qui saisit l’évanescent) est le kigo : « mot de saison », une référence à la nature (le durable) ou un mot clé concernant l'une des quatre saisons, le jour de l’an figurant une saison à part entière ! On y trouvera donc, des cerisiers (printemps), des hannetons (été), des roseaux (automne) ….

 

Pivoine d’hiver
Les pluviers doivent être
Un coucou dans la neige

Matsuo Bashô (1644-1695)

 

 

Si l’image le plus souvent parle d’elle-même… elle peut en cacher une autre…

 

Et ça vient d’où ?

 

Le haïku est un terme créé par le poèteMasaoka Shiki (1867-1902). On attribue la paternité de cette forme poétique d’origine au poète Bashô Matsuo (1644-1694).

Cela signifie-t-il que le haïku est d’origine japonaise ? Pas si sûr… car il semble que Bashô ait lui-même fait allusion à l’origine chinoise de cette forme poétique :

 

« Quant au haïkaï de Chine

J’interroge

Le petit papillon qui voltige »

            Bashô, A Kyoto rêvant de Kyoto

 

Il serait ici question de Zhuang Zi (IVème siècle avant JC) lorsqu’il raconte son rêve et sa confusion (rêve-t-il qu’il est un papillon ou le papillon rêve-t-il qu’il est Zhuang Zi ?).

 

 

 

 

Yuan Ming (365–427) proposait :

 

Les nuages

Sans intention

Surgissent des cimes des montagnes

 

 

Wang Wei (701-761) écrivait:

 

Au printemps l'étang est large et profond

J'attends le retour de la barque légère

Lentement, lentement, les lentilles d'eau se rassemblent

Le saule pleureur les balaye, à nouveau les éparpille

 

 

Tung Po ((1023–1089) a composé :

 

Adossé à un vieux saule

Quelqu’un vend

Des citrouilles jaunes 

 

On ne peut nier l’influence de la Chine sur de la culture actuelle japonaise. Certains peuples chinois utiliseraient des caractères depuis -2500 (!!!) et l'assimilation de l'écriture, chinoise, par les japonais ne commence qu'au IVème siècle.

C’est avec l'écriture qu’arrive la poésie. Mais si l’esprit haïku est né en Chine, c’est bien au Japon qu’il a trouvé son aboutissement et c’est là que cette forme très particulière a prospéré.

 

Le vieil étang

Une grenouille qui plonge

Le bruit de l’eau

 

Bashô

 

En V.O :

furuike ya
古池

kawazu tobikomu
蛙飛込

mizu no oto
水の

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Chinois n’ont cependant pas jeté l’éponge… La langue chinoise qui ne manque pas de caractère(s)…(D’accord, elle est facile… mais comment résister…) se plie cependant bien au haïku et Ying Chen, poète contemporaine, en a écrit quelques-uns.

Ying Chen est née en Chine, mais vit à Vancouver. Elle a étudié Les Lettres françaises à Shanghai et à Montréal et vient souvent à Paris. Elle nous propose :
 



Terrasse vide
Des voitures passent
Le vent arrive

 



Entre les nuages
Et les vagues, parfois
Aucun bateau ne passe


 


Une pluie fine
Chaque maison est une île
Le reste est la mer

 

 


La pluie apporte
Le son d'une cloche
Dimanche chez nous

周日在家
风雨中传来
教堂钟声

 

 

 

 

Ying Chen
haïkus écrits en chinois, traduits en français par l'auteur.

 

Cet article vous livre quelques haïkus :

Attention, les haïkus sont comme les excellents chocolats, il ne faut pas tout engloutir d’un coup, mais prendre le temps de les apprécier avant d’en prendre (délicatement) un autre !
 

La langue japonaise et la langue chinoise se prêtent donc merveilleusement à cet exercice et il est plus délicat de composer un haïku en français, le flou, l’ambiguïté est plus difficile dans notre langue « compliquée » d’articles, de conjugaisons… plus avide de ponctuations diverses…

                                                 

Si la plume vous démange ...

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Published by Xiao Long - dans HAIKU
22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 14:53

 

Si on regarde de loin, pour le non initié, Tai Ji Quan ou Qi Gong c’est un peu du pareil au même… Quelquefois même on regroupe ces deux pratiques sous le terme de « gymnastique chinoise »…

On se meut lentement, dans la fluidité, la lenteur, la continuité…On applique les mêmes principes de structure corporelle, le même enracinement, le même étirement vers le Ciel. On y recherche la même unité du corps et de l’esprit en correspondance avec la pensée et la philosophie chinoises.

 

Donc, vu de l’extérieur, ces 2 disciplines semblent identiques pour certains. De plus la confusion n’est pas rare entre « Qi » de Qi Gong et « Ji » de Tai Ji Quan qui pour notre oreille occidentale se prononcent quelque chose comme « tchi »…

Nous aimons bien mettre les choses dans des cases bien définies. Et si possible, il faut que rien ne déborde… Un peu rigide quand même notre système… Pas très dans le Yin/Yang… pour d’autres, elles sont radicalement différentes : l’une à visée thérapeutique, l’autre à but martial…

 

Même si dans le Tai JI Quan on travaille sur le QI comme en Qi Gong, l’intention n’est pas similaire. Mais il faut avouer que le Tai Ji Quan dans sa pratique de santé tend à se rapprocher du Qi Gong, les aspects martiaux ont une petite tendance à se dissoudre….

 

Pour les pratiquants, il semble que le Tai Ji Quan soit plus « difficile » dans son apprentissage, car les « mouvements » apparaissent comme plus complexes et la mémorisation des enchainements (souvent plus longs que les enchainements de Qi Gong) sollicite parfois de gros efforts.

 

 Xiao Long ajoutera que cette mémorisation n’est pas toujours facilitée du fait même que l’aspect martial des techniques n’est pas toujours enseigné…

 

Les 2 pratiques permettent  l’amélioration de toutes les fonctions vitales : respiratoires, digestives, cardio-vasculaires, nerveuses et aussi un meilleur contrôle du système nerveux central donc une meilleure gestion du stress et des émotions.

Tous les liquides du corps (sanguin, interstitiel, synovial, lymphatique et cérébro-spinal) sont en action et les organes internes sont massés. De plus les mouvements d’ouverture et de fermeture Kai/He favorisent une bonne respiration. Enfin, les deux disciplines jouent un rôle sur la souplesse articulaire…

 

Alors ?

 

On le sait bien : « C’est l’intention qui compte » !

L’intention n’est pas la même : Le but du Qi Gong est la préservation et l’amélioration de la santé, quelques connaissances de base de médecine chinoise sont nécessaires pour rendre efficaces les mouvements que l’on exécute.

Pour guider le Qi correctement et faire circuler au mieux l’énergie dans tout le corps, la concentration « douce » sur certains points, certaines zones ou trajets de méridiens est essentielle.

Dans le Tai Ji Quan, ce qui donne vie à notre enchainement est l’intention martiale, connaitre la finalité (ou une finalité…) de la technique est indispensable. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de travail énergétique. Simplement la concentration n’est pas portée particulièrement sur ce travail.

 

Pour Xiao Long –car ce Petit Dragon réfléchit beaucoup… tout est une question d’intention : on peut réaliser un enchainement de Qi Gong avec une intention martiale (de nombreux mouvements s’y prêtent merveilleusement), on peut aussi réaliser un enchainement de Tai Ji Quan « à la Qi Gong », se concentrant sur des trajets énergétiques par exemple. Donc, si ce n’est pas complètement  pareil, ce n’est pas non plus totalement différent (on pourrait en faire un proverbe –chinois ?)

 

Le Tai Ji Quan est infiniment riche, art/martial/interne, est une bonne définition. Un bon équilibre entre l’aspect artistique, l’aspect martial et l’aspect interne-énergétique n’est pas le plus simple à trouver… Le Qi Gong a ses propres trésors de travail en profondeur.

 

 La pratique du Dao Yin Yang Sheng Gong et des formes de Yang Sheng Tai Ji créées par maitre Zhang Guan De est très révélatrice de cette osmose. Xiao Long y a découvert ce qui ressemble le plus à une synthèse du Tai Ji Quan et du Qi Gong et s’y complait… ce qui ne l’empêche aucunement de pratiquer toujours avec plaisir le style Yang ainsi que des Qi Gong de santé…

 

Car l'ouverture de l'esprit (ainsi que des cases où l'on veut souvent emprisonner les choses) est primordiale.

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN

Recherche

 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

https://www.taijiqigongevreux.com/

 

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