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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 17:38

On pourrait faussement croire que les communications entre les pays étaient autrefois  peu performantes et peu fréquentes … quoique, en ce moment, évoquer les communications, les transports, les trains, les métros … c’est un peu délicat ! Il faut peut-être songer au bateau ?  Que Petit Dragon vous raconte l’histoire d’un petit bateau sur l’eau…

En 1323, il y a donc un petit moment, sombrait au large des côtes coréennes un navire marchand de la dynastie chinoise des Yuan, les cales remplies  d’une multitude d’objets. Il était  en route pour le Japon. Son épave est restée enfouie dans les eaux de Sinan un grand moment et  six siècles et demi plus tard, après onze campagnes de fouilles (1976-1984), cette épave a refait « surface » grâce à un pêcheur : il  naviguait au large de Jeungdo, une île du canton de Sinan (province du Jeolla du Sud), et a ramené dans son filet six vases de céladon ! Drôles de poissons !

Bien sûr, la rumeur se répand vite et même si des fouilles officielles sont prévues, les pillards sont bien tentés d’aller fureter, attirés par ces objets précieux qui, la rumeur enflant, sont certainement innombrables.

Les eaux environnantes ont finalement été classées en zone de protection du patrimoine culturel.

 

 

L’épave n’était pas très fraiche après plus de six siècles, on le conçoit ! Le pont et la mâture étaient presque entièrement recouverts de rouille, mais la boue avait préservé la coque en l’empêchant de prendre l’eau. À l’époque de sa découverte, le navire mesurait 28,4 mètres de long, sur 6,6 mètres de largeur maximale et 3,4 à 3,8 mètres de profondeur (sans doute a-t-il un peu rétréci au « lavage »).

 

Extraire les objets ne s’est pas fait sans peine (peu de visibilité, couche de boue considérable…), mais la découverte de ce navire marchand parti du port de Ningbo, au sud de Shanghaï , à destination de Hakata et de Kyoto a permis d’éclairer bien des aspects du commerce de cette époque: on y a trouvé  plus de 20 000 pièces de porcelaine (dont 5 303 pièces de porcelaine bleue et blanche… C’est bon, on peut changer les assiettes à chaque service…), des objets en métal variés, des laques, des verreries, des poteries en grès, des articles en os et en corne, des épices (notamment du poivre noir et du genévrier de Chine), des pierres à encre, des thés, des plantes médicinales et des céréales diverses…

 

Le succès que connaissaient alors les produits de provenance chinoise au Japon est incontestable, que ce soit les productions  céladon issues des fours de Longquan (province de Zhejiang), les vases et encensoirs, les théières et ustensiles destinés à la consommation de thé comme les bols, bocaux ou étuis ou encore les meubles en bois de rose ( on parle de 1 017 pièces, sans doute pour ranger la vaisselle J!).

Il y avait même des pièces de monnaie chinoises en cuivre (28 tonnes !!! Il faut un très gros porte-monnaie…). Chaque paquet de pièces portaient une étiquette en bois décrivant le contenu, la somme, la date et le nom du propriétaire  (le Japon n’émettait pas sa propre monnaie, il lui fallait faire venir ces pièces chinoises !).

La cargaison est maintenant exposée au musée maritime national de Mokpo (Corée) qui en 2016  célébrait le quarantième anniversaire de la première découverte de l’archéologie sous-marine coréenne.

Alors,  si vous passez par là…

 

 

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Published by Xiao Long - dans CULTURE
21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 15:03

 

 

 L’année s’en va

Le chat demeure

 Sur mes genoux blotti.

 

SOSEKI

 

PHOTO XIAO LONG

 

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Published by Xiao Long - dans HAIKU
21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 14:26

Extrait du mémoire « TAI JI QUAN, la voix de l’équilibre » présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 – MPC.

 

 

Il y a parfois confusion entre les termes tài jí quán et tài jí.

On utilise l’un pour l’autre en considérant « tài jí » comme une abréviation de tài jí quán en langage courant. Mais en voulant faire « plus court », on fait surtout peu juste. Il faut distinguer l’art martial de son concept fondateur.

 

Tài jí est le « faîte suprême », elle évoque l'idée de la poutre faîtière qui préserve l'existence de tous les êtres et les choses. Ce faîte suprême est le principe supérieur, au-delà duquel il n’existe rien.

 

Le tài jí quán, 太极拳, est une discipline, un art martial interne. Le premier caractère tài signifie très ou trop. Le second caractère jí signifie sommet, ou extrémité, ou pôle. Le dernier caractère quán signifie poing ou boxe.

La traduction proposée est le plus souvent « boxe du tài jí » ou encore « boxe du faîte suprême ». Le terme boxe renvoie à la dimension martiale de la discipline. Le terme tài jí renvoie quant à lui à la dimension culturelle et philosophique de cet art, à la notion de sommet ultime. De cette clef de voûte, qui soutient la structure entière de l’univers, naissent le yīn et le yáng.

Lorsqu’on parle communément  du « tài jí », on fait allusion en réalité au taì jí tú, 太极, concept taoïste appelé aussi plus simplement « symbole du yīn et du yáng ». On y trouve l’idée d'un axe principal, essentiel, du point central, du fondement originel de l'univers.

 

(…)

 

Si on reste fidèle à cette image, le tài jí quán, qui repose sur les concepts précédemment évoqués, est une pratique qui s’effectue sur la plus haute crête de la montagne, entre adret et ubac, sur l’ultime cime, entre yáng et yīn.

Yáng et yīn ne sont pas opposés mais complémentaires.

Nous avons dans yīn et dans yáng une première partie commune qui symbolise une colline  colline.

 

(…)

 

La graphie moderne conserve l’idée fondamentale avec le choix commun de « colline » associée à « lune » pour le yīn et à « soleil » pour le yáng.

Le pratiquant se déplace sur un fil, sur un axe. Ce dernier représente l’équilibre parfait. Toute oscillation vers un côté est immédiatement compensée par une oscillation vers l’autre côté, pour réaliser un centre permanent et mouvant.

Le tài jí quán est la représentation parfaite de l’équilibre qui se construit sans cesse, et n’est jamais acquis, une mutation perpétuelle.

La forme est un cycle, elle est une vie qui se déroule et qui se termine là, où elle avait commencé. C’est le chemin du wú jí au wú jí, de l’indifférencié à l’indifférencié...

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 14:54

 

Extrait du mémoire "TAI JI QUAN, la voix de l'équilibre"

présenté pour le passage du 6ème Duan fédéral en juin 2019 - MPC.

 

Le taì jí tú des origines selon Hú Wèi

 

Il existe encore une autre image possible, la plus courante et que nous associons directement dans nos esprits au concept yīn et yáng.  Elle nous est plus familière : celle du taì jí tú des origines.

Les Chinois l’appelle « poissons yīn et yáng ». Le point noir figure l’œil du poisson blanc, alors que le point blanc figure l’œil du poisson noir. Selon Hú Wèi (1633-1714), auteur de l’ouvrage « Discrimination des diagrammes de mutations »,  ce dessin représente le mouvement d'alternance des qì yīn, en noir, et yáng, en blanc. Inconcevables l’un sans l’autre, chacun recèle aussi le germe de l’autre. Lorsque l’un décline, l’autre prospère.

C’est cette image qui est aujourd’hui la plus connue. Le yīn évoque entre autres, le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité … Le yáng, quant à lui, représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur, le mouvement …

 

Le taì jí tú de Lái Zhīdé

 

 Le taì jí tú de Lái Zhīdé[1] est une représentation ancienne moins connue. Créée par un néo-confucianiste et pratiquant taoïste de la dynastie Ming, elle est moins complexe que celle envisagée par Zhōu Dūnyí.

Lái Zhīdé1525-1604) est l’auteur d’un important commentaire du Zhōu yì, autre nom du Yì jīng. Nous y retrouvons le cercle bien sûr, mais il y a cette fois un fort axe central. Nous imaginons sans peine les concepts complémentaires de yīn et de yáng ainsi que la dynamique qui anime l’ensemble, grâce à la spirale qui émane du centre et s’élargit vers l’extérieur.

 

Cette représentation souligne le rôle central de pivot du principe li[2].

« Cette spirale relie un cercle extérieur large à un cercle intérieur petit. La vision en creux est le lien par une spirale vide d’un vide infini extérieur à un vide limité intérieur. [3]»

 

L’idée fondamentale que l’on retrouve dans ces diverses représentations reste celle d’une interaction, d’un mouvement créateur d’équilibre. Cependant ces représentations ne sont que des dessins et nous donnent une image figée d’un processus tout en dynamique. C’est bien ce mouvement qui les anime et qui est la clé même de la compréhension de ces concepts.

Pour moi, le taì jí tú de Lái Zhīdé est l’image la plus adéquate pour symboliser notre pratique.

Le centre y est nettement matérialisé. Le centre librement s’exprime. Il suggère la dynamique de laquelle va naitre l’équilibre. On imagine aisément le mouvement de rotation, le tourbillon, qui nait de cet axe central fort.

Il figure l’expansion au sein d’un cercle, la rondeur, la solidité de la structure, la notion de « rempli », de spirale énergétique … Il peut figurer en même temps un vortex, qui absorbe, comprime l’énergie. Entre compression et expansion, il figure l’équilibre parfait.

 

 

[1] Lái Zhīdé (来知徳) :1525-1604,  néo-confucianiste et pratiquant taoïste de la dynastie Ming, auteur du Zhōu yì zhù (周易集注) (1598), important commentaire du Zhōu yì dans lequel se trouve son diagramme.

[2] Li, les lois de la nature antérieures au Qi, l'intelligence universelle en tant que cause efficiente, dans le Confucianisme.

 

[3] Extrait de l’article «  Spirale et logo de la Faemc » de Hugues Deriaz , Yi Mag n°5 juin 2017. Commentaire de la représentation du  « Fanghu waishi » de Lu Qianxu (vers 1550).

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN QI GONG
23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 14:42

 

Dans la rosée blanche

 Je m’exerce

 Au paradis

 

 

Kobayashi Issa

 

PHOTO XIAO LONG

 

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Published by Xiao Long - dans HAIKU
16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 16:20

 

Il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’en Chine pour voir de belles armes et armures anciennes. Quelques objets prestigieux qui viennent de la cour impériale chinoise sous la dynastie des Qing* sont présents au musée de l’armée à … Paris.

 

PHOTO XIAO LONG

On peut, entre autres, admirer un habit « de guerre » de l’empereur Qianlong (1711-1799). Cette tenue d’apparat était revêtue par l’empereur lors de grandes cérémonies militaires.

On n’y retrouve la symbolique habituelle : la couleur jaune, réservée à l’empereur, le motif du Dragon à cinq griffes que seul l’empereur avait le droit d’arborer. Même si cet habit est en soie, il reste militaire : des lamelles de métal sont fixées à l’intérieur.

 

 

On  voit bien dans cette exposition de nombreuses

PHOTO XIAO LONG

armes, haches, hallebardes, sabres, épées… et aussi le mousquet de l’empereur Kangxi: l’empereur Kangxi (1654-1722)  l’utilisa notamment lors d’une fastueuse chasse organisée en présence de sa suite et au cours de laquelle il abattit deux fauves (et voilà !!! encore deux tigres qui finissent mal).

 

En souvenir de cet exploit, et désireux de rendre hommage à son grand-père, son petit-fils Qianlong baptise cette arme « Esprit du Tigre ».

 

 

*Les Qing (1644-1911) sont des empereurs d’origine mandchoue. Kangxi et Qianlong sont les deux plus grands souverains de cette dynastie. Ces deux monarques agrandissent considérablement l’empire et  nouent  des  contacts bienveillants avec les missionnaires jésuites. Succédant aux Ming peu militarisés, les Qing ont apporté au cœur de la cité interdite les traditions de la steppe.

 

On y trouve également des armes et armures japonaises. Très travaillées, elles sont constituées d’éléments de métal laqué. Ils sont réunis entre eux par des lacets de soie. Ces armures japonaises allient souplesse et rigidité et sont conçues pour résister aux flèches plus qu’aux coups de sabre… mais elles seront perfectionnées par la suite !

 

PHOTO XIAO LONG

On y voit un kabuto (le kabuto est le casque porté par les samouraïs) en forme de queue de poisson des années 1720 au milieu d’autres aux formes parfois curieuses… très créatifs ces Japonais !

PHOTO XIAO LONG

 

De nombreuses armes dont un éventail, un sabre pour enfants, des tanto (couteau japonais légèrement courbe à un seul tranchant dont la taille de la lame est inférieure à 30 cm…) sont également exposées.

 

PHOTO XIAO LONG

Ainsi donc, pour les amateurs de beaux objets et d’armes de tous poils… une visite au Musée de l’Armée de Paris s’impose !!!

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 15:25

 

Elle tombe et tombe

 la feuille du paulownia

aux rayons du soleil...

 

Takahama Kyoshi

 

PHOTO XIAO LONG

 

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Published by Xiao Long - dans HAIKU
5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 15:15
PHOTO et CREATION NEKO

 

L'amigurumi (編みぐるみ « peluche tricotée ou crochetée ») est l’art japonais qui consiste à confectionner de petits animaux ou de petites poupées en tricot ou au crochet. Le mot japonais ami, signifie « crocheté » ou « tricoté », et nuigurumi, « peluche ». Et en ce moment, c’est la folie avec ces petites bêtes !!!

L’association Crochet Guild of America fait état de poupées crochetées ou tricotées retrouvées en Chine qui seraient les  exemples les plus anciens de ces travaux tridimensionnels. Il se pourrait que la technique du tricot soit apparue sous l’ère Edo alors que le Japon commerçait avec les Pays-Bas.

 

Les samouraïs auraient aussi contribué au développement de ces arts en confectionnant eux-mêmes certains de leurs accessoires : cordons, étuis, bourses… peut-être même certains de leurs sous-vêtements confectionnés à partir de fil de soie ou de coton.

On imagine, quelques rônins (47 au moins ?) assis au coin du feu et tricotant leurs chaussettes pour l’hiver en chantant des balades… Une maille endroit, une maille envers ou une maille serrée.... (Xiao Long va finir sous la lame d’un katana !!!!)

Plus tard, sous l’ère Meiji, les Japonaises se tournent vers les travaux d’aiguilles à l’occidentale. Et lors de la crise économique qui suivit la seconde guerre mondiale, ces techniques de tricot et de crochet proposaient une alternative sympathique pour pouvoir créer soi-même à moindre frais des jouets pour les enfants.

 

PHOTO et CREATION NEKO

Ce n’est que depuis les années 2000 que les amigurimi sont devenus populaires à l’extérieur du Japon.

Ils peuvent prendre la forme de petits animaux, mais aussi de petits objets comme des sacs, des bonnets, des bijoux… et s’inscrivent dans la grande tradition du kawai… かわいい * (« mignon », « adorable »). Ce concept nous semble parfois trop enfantin pour être pris au sérieux, un côté exagéré et un peu curieux, comme les personnages de manga avec leurs yeux surdimensionnés, leur petit nez …

  • En kanji : 可愛い où « » veut dire « capable de » et « » affection, amour
  •  

Les amigurumi sont typiquement crochetés ou tricotés à partir d’un fil et le plus souvent en spirale. Ils sont également fabriqués avec un crochet de plus petite taille que celle indiquée sur les pelotes de fil, en mailles serrées, de façon à créer un maillage sans trous, et à éviter des fuites de rembourrage (surtout s’ils sont destinés à devenir des jouets ! Même si, ils sont de plus en plus de simples objets décoratifs…).

Et pour vos nuits d’insomnies…. Si jamais vous vient l’envie de confectionner un Petit Dragon….

:)

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Published by Xiao Long - dans CULTURE
28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 09:23

Lorsqu'un troupeau de moutons est uni,

 le loup n'ose l'attaquer.

 

 

PHOTO XIAO LONG

 

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Published by Xiao Long
9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 18:43
https://www.icone-gif.com

 

Petit Dragon va se reposer un peu  et reprendra ses activités le 2 septembre...

 

 

 

 D'ici là, bonnes vacances à tous, de belles promenades, de bonnes lectures...

 

... et une agréable pratique dans la nature!!!

 

 

 

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Published by Xiao Long

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 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

https://www.taijiqigongevreux.com/

 

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