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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 14:53

 

 

Chats sur le matelas:

gare aux frimas!

 

PHOTO Xiao Long

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 14:05

 

shí liù shì   十六式

 

Dans la progression sur la voie du Tai Ji Quan, le 16 est une forme intéressante: dans la forme huit, les déplacements sont limités et il suffit d'aller à droite, à gauche, le tout bien sûr en respectant la position des pieds, l'écartement des hanches...

Pour le 16, voilà que s'amorce le déplacement linéaire caractéristique des formes traditionnelles. Et c'est la compréhension (déjà acquise grâce au 8 mouvements!) de l'alternance du yin et du yang qui va nous faciliter les choses!

C’est une forme simple, sans équilibre sur un pied.

Je vous propose de regarder d’abord comment cette forme est construite:

qǐ shì: ouverture

zuǒ yòu yě mǎ fēn zōng: séparer la crinière du cheval

bái hè liàng chì: la grue blanche déploie ses ailes

zuǒ yòu lǒu xī ào bù: brosser le genou

jìn bù bān lán chuí: avancer et coup de poing

rú fēng sì bì: fermeture apparente

dān biān : simple fouet

shǒu huī pí pá: jouer du pipa

dào juǎn gōng; repousser le singe

zuǒ yòu chuān suō: la fille de jade lance la navette

hǎi dǐ zhēn: l'aiguille au fond de la mer

shǎn tōng bì: séparer les mains comme un éventail

yún shǒu: mouvoir les mains comme des nuages

zuǒ yòu lǎn què wěi: saisir la queue de l'oiseau

shí zì shǒu: croiser les mains en dix

shōu shì : fermeture


 

On peut voir que de nombreux mouvements sont déjà connus et apparaissaient dans la 8, voilà donc qui va nous simplifier la tâche, même si, ici, la direction n'est  pas identique!

Nous pouvons passer sur l'ouverture qui est en tout point identique. Et nous finiront agréablement (14, 15,16) sur un enchainement appris pour la forme 8 mouvements. Que d'économies....

Pour nous donner du courage, il faut se dire que les quelques mouvements nouveaux de la 16 mouvements se retrouveront... dans la forme 24: laissez transparaitre votre joie face à cette excellente nouvelle!!! Finalement, c’est un principe de poupées russes… il suffit de commencer par la « petite » !

 

🐴 Prochain épisode donc, avancer en séparant la crinière du cheval !

A l'issue de notre ouverture, nous voilà prêt au départ:

Je saisis mon ballon Tai Ji, main droite en haut (et donc... main gauche en bas!), je passe mon poids dans la jambe droite pour libérer le pied gauche, et c'est parti! Je pose mon pied gauche par le talon sur le sol et je déroule lentement, bien sûr je déroule mes bras en même temps afin que mon mouvement soit coordonné, ce qui me permet, tout naturellement (si, si!), de "finir" simultanément haut et bas, mains et pieds.

 

Je n'ai pas oublié de respecter l'écartement de hanches en posant mon pied. Je n'oublie pas de regarder l'horizon (et non mes orteils). J'ai tout bien respiré, inspir en préparation, expir en finition (l'apnée, c'est que pour la plongée.🐟..).

Je porte mon poids sur ma jambe avant (pas de l’arc), je soulève doucement la pointe du pied gauche en faisant passer mon poids sur la jambe droite, j'ouvre la pointe en pivotant sur le talon, et replace mon pied, pointe orientée vers la gauche à 45° (on viendra vérifier, attention!), je place tout mon poids dans la jambe gauche pour libérer ma jambe droite, tout en reprenant mon ballon main gauche en haut.

Puis je ramène le pied près de la jambe gauche avant de la reposer devant en respectant l'écartement de hanches et je repars tranquillement pour le second mouvement, séparant doucement la crinière de ma monture!

🐥 Une fois la crinière de notre monture soigneusement caressée et par deux fois (!), voilà qu'apparait la grue blanche, une grue qui bat des ailes (et non de l'aile!!!)

Difficulté avec cet animal: le demi-pas.

On a souvent tendance à faire un pas (complet) et à caler le pied gauche juste derrière le pied droit. Et là, on est bien obligé de battre des ailes pour tenir en équilibre! Mais cela manque singulièrement d'élégance... pas digne d'une belle grue chinoise!

Il faut donc se contenter d'effectuer un vrai demi-pas, afin de rester bien stable et pour pouvoir confortablement "s'asseoir" sur sa jambe arrière.

Problème, enfin, non,  petit soucis n°2: le pas vide.

Une fois que l'on est bien "assis" et alors seulement, je libère le pied avant, le soulève doucement et repose le pied, impavide, en pas vide (Xü Bu). Et s'il est vide... il n'est pas plein (!), le poids du corps reste entièrement sur la jambe arrière (et l'on redécouvre certains muscles à l'occasion?).

La taille est un élément vital dans le battement d'aile de la grue. Le mouvement des bras part du centre, ce qui donne l'amplitude nécessaire au mouvement pour battre des ailes avec aisance. 🐣

Enfin, voilà un oiseau qui souffre souvent du syndrome du "yoyo":

Au cours de ces déplacements de pieds, de poids sur les pieds, droit, gauche... le volatile est enclin à utiliser ses pattes comme des ressorts et monte par-ci, descend par là...

Et l'on se pose une question: la grue aurait-elle un coup dans l'aile?

On pensera alors à bien choisir sa "hauteur" de pratique, afin de pouvoir rester toujours au même niveau et éviter des oscillations dignes de l'encéphalogramme de Xiao Long le jour du blog!📈

La grue s'est posée en douceur et il faut à présent "brosser le genou". Le mouvement n'est pas très compliqué, bien moins que la grue, d'autant plus que si vous avez appris le 8 mouvements, cette technique est déjà connue.

On commence par brosser son genou droit, dégageant largement la poussière de la main droite et poussant face à soi de la main gauche.

Il suffit de vérifier:

*que le corps reste vertical (penser au fil!),

*que le genou ne dépasse pas les orteils en finition d'un beau gong bu (avec poids plus en avant et non pas un gong bu "d'occasion" avec poids trop au milieu... pour le cas où il faudrait partir plus vite que prévu!) 

*que les épaules soient détendues, les coudes relâchés...

Rien que de très classique tout compte fait!

Puis on reproduit cette technique de l'autre côté.

 

D'un point de vue moins "ménager" (dépoussiérer ses genoux...) et plus efficace, on peut imaginer que la main qui brosse bloque et dévie une attaque de poing ou de pied, ce qui donne un peu de contenu au mouvement de balayage latéral.

L'autre main peut pousser ou frapper, pousser l'épaule du partenaire (si l'attaque est croisée) ou frapper au plexus, ce qui peut aider à conserver la main à un niveau correct et logique (on ne s'attaque jamais à plus petit que soi! C'est une question d'éthique! Ni d'ailleurs à plus grand... C'est une question de prudence!)

Genoux propres... prochaine mission: coup de poing en avançant!

 Le poids du corps passe sur la jambe arrière (droite), le pied gauche s’ouvre à 45°. Je prends appui sur la jambe gauche. Le poing droit se prépare passant près du corps, la main gauche protégeant l’avant et placée devant le poing en question, comme pour le dissimuler. J’inspire sur la phase préparation.

Le poing sort de sa cachette (Ban) et en même temps le pied droit se pose par le talon pour avancer. J’expire.

Le pied s’ouvre à 45° vers la droite au moment où les deux bras s’écartent vers les côtés (chacun le sien…): à droite le poing, pouce vers l’arrière et à gauche la main ouverte (Lan). J’inspire. La main gauche poursuit son chemin vers l’avant pour bloquer-dévier, la main (poing) gauche continue vers l’arrière, puis passe à la taille, prêt pour la suite !!!

Au milieu de tout ça, je n’oublie pas d’avancer (Jin Bu) : appui arrière droite, talon gauche au sol, je n’ai plus qu’à passer le poids du corps sur la jambe gauche tout en frappant du poing (Chui), droit vers l’avant, la main gauche venant renforcer le poing au niveau du poignet. J’expire.

🙄Un bien joli mouvement où la synchronisation est à l’ordre du jour : nous avons en effet, pour ceux auxquels ce fait aurait échappé, 2 bras, 2 jambes, ces éléments s’articulant en harmonie (en plus !), le tout coordonné à la respiration (eh oui, on respire, on ne se refuse rien!)

A présent la « fermeture apparente », que l'on prononce un peu comme "lou fenk si pi"... est appelée dans sa traduction "fermeture apparente", (l'autre fermeture – la vraie, à la fin,  ne l'est pas?).

En fait, littéralement, "ru feng si bi" signifie "comme scellé étroitement" ou "semblable à enfermer" ( ce qui pourrait m'arriver à force de chercher des traductions parlantes pour ces techniques...).

Notre « dévier, parer, coup de poing » étant fini, nous voilà poing droit en avant, main gauche en renfort près du poignet droit. La main gauche passe sous le poing droit qui s'ouvre, les deux mains ouvertes  se "posent" à plat et se placent comme pour tirer les deux bras de l'adversaire vers soi;

Coudes et épaules restent bas et souples. On ramène vers soi les deux mains ouvertes au niveau de la poitrine, soulevant la pointe du  pied avant afin d'avoir une bonne amplitude de retrait, le poids du corps est transféré sur la jambe arrière; le corps reste droit, tête tenue par le petit fil céleste (pas à la patte celui-là!) accroché à Bai hui, au sommet du crâne.

Puis les deux mains descendent doucement jusqu'au Dan tian, les paumes ouvertes se dirigent vers l'avant pour repousser. 

On peut utiliser cette technique pour se dégager d'une saisie au poignet par exemple, la main libre, passant par dessous l'autre, la dégageant, puis une main posée sur le poignet, l'autre sur le coude de l'adversaire, on peut le déraciner l'amenant vers soi sur un côté, ou le repoussant vers l'arrière ...

Au sortir de la fermeture apparente, nous sommes en gong bu (pas de l'archer), poids sur la jambe gauche (en avant). On passe le poids sur la jambe arrière (la droite donc!), afin de libérer la jambe gauche: le pied gauche se rapproche et se place, pointé, à côté du pied droit.

Voilà le simple fouet, c’est une technique que l'on retrouve dans de nombreuses formes. Dans la forme 88, la forme longue, ce simple fouet revient régulièrement... (10 fois... Pour s'endormir certains comptent les moutons, d'autres les simples fouets de la 88...).

Ah, s'il n'y avait que les pieds... on serait sauvés, mais non, les mains aussi ont leur mot à dire! Lorsque le poids du corps se replace en arrière, la main droite part en arc de cercle par le haut, pour se placer, en crochet, sur la droite, à hauteur de l'oreille. Pendant ce temps, la main gauche ne reste pas inactive et part en arc de cercle, par le bas, avant de se replacer à hauteur de l'avant bras droit. Ah, j'allais oublier: on inspire...

Bien, nous voilà en position, mais... ce n'est pas fini! Le bras gauche s'ouvre, s'éloignant de la poitrine, en arrondi alors que le pied gauche (qui était en léger appui sur sa pointe) se soulève et se repose en avant (sur l'axe de déplacement an conservant l’écartement de hanches ad hoc) par le talon.

Et enfin, enfin, on déroule le pied avant, pour terminer en pas de l’arc, plaçant la paume gauche vers l'extérieur comme pour pousser. On expire.

 

🤼Et que faire de cette technique, martialement parlant? L'imagination débordante de Xiao Long propose d'interpréter le crochet de la main en saisie ou en frappe. Si l'on saisit de la main en crochet, on peut frapper ou pousser de la main ouverte en avant, sous l'aisselle (par l'extérieur), au plexus (par l'intérieur). Si l'on pare et dévie une attaque de la main ouverte, le crochet peut servir à frapper au visage, à la gorge... Les versions sont nombreuses. (et parfois un peu fantaisistes…)..

🎸Un peu de musique à présent ! Jouons du pipa

Le pipa (琵琶; pinyin: pípá) est un instrument de musique à cordes pincées. Muni de 4 cordes en soie, ou à présent en acier (moins poétique tout de même...). On le retrouve parfois sous l'appellation de "luth". On parle de pipa déjà dans certains textes datant du IIème siècle AV J.C!

A l’issu du simple fouet, on fait un demi-pas  (Attention, un demi seulement, pas un entier, qui rapprocherait  trop les deux pieds et nous pousserait au déséquilibre…). En même temps, la main droite qui formait le crochet (Gou) se déplace vers l’avant. Le poids du corps se trouve donc sur la jambe gauche.

Puis, je prends appui sur la jambe droite (arrière) et je « m’assois » tout en ramenant la main droite (en fait, c’est la torsion de la taille qui fait se déplacer le bras), le bras gauche suit naturellement (il bouge assez peu). Inspirer.

Les mains se placent pour jouer du pipa, main gauche en haut, main droite au niveau du coude gauche et pressent l’une vers l’autre.

Le pied gauche se place devant, sur le talon (qui peut servir à bloquer le pied du partenaire ou… à lui écraser discrètement les orteils?).   Expirer.

Cette technique peut être appliquée comme une clé : la main en bas saisissant ou contrôlant le poignet, la main du haut exerçant une (désagréable) pression sur le coude de l'adversaire (on parle ici d'adversaire car après cet exercice, il ne sera peut être plus votre partenaire...).

Ainsi les mains ne peuvent être trop "proches" l'une de l'autre, puisqu'elles doivent tenir compte de l'espace entre le poignet et le coude.

Nous sommes arrivés au bout de la ligne, il ne reste plus qu’à … retourner vers notre point de départ… Et nous démarrons en marche arrière !

🐵 Repousser le singe par deux fois, fait suite au "pipa".

La main droite descend, bras relax, et va décrire un demi-cercle à 45°, la paume regarde naturellement le ciel. La taille initie le mouvement. Et la main gauche se replace devant soi, en avançant un peu le bras vers l'avant, paume vers le sol au même moment (enfin, on essaye!), les bras ne sont pas "tendus, bloqués".

La main gauche se tourne vers le ciel à l'instant précis où la main droite se tourne vers la terre. C'est une phase d'inspiration. Inspiration d'autant plus utile que ... le pied gauche se soulève au moment où... les mains commencent à monter.

Et les pieds alors ?

La pointe du pied gauche se repose au sol derrière le pied droit, au moment où la main droite, paume vers le sol, commence à glisser sur l'avant-bras gauche pour repousser la bestiole.

C'est une phase d'expiration, d'ancrage au sol. Veillez à ne pas "croiser" les pieds (ce n'est pas une danse folklorique! Quoi que...): si le pied gauche se pose trop près derrière le pied droit, l'équilibre est plus difficile à tenir. La "torsion" ne vient pas de la position des pieds, mais de la flexibilité de la taille.

Penser à:

*Le corps reste vertical: le déséquilibre peut pousser à se pencher trop en avant.

*Le regard suit la main droite.

*Les mouvements des bras sont détendus, on ne retient pas le bras lorsqu'il descend, on remonte en arc de cercle (pas de coude proéminent!).

Une fois réalisé à droite... Vous avez le droit de le faire à gauche aussi, n’est ce pas merveilleux ?

Bien, nous voilà sur le chemin du retour et il va falloir se retourner

 

⚠  Attention, virage !!!  ↩

Le pied gauche, posé sur la pointe en fin de "repousser le singe", se replace en appui talon afin de pouvoir pivoter (le pied droit est pied d'appui...il en faut un...) et replacer la pointe dudit pied gauche vers le miroir (on part du principe erroné que nous pratiquons tous en commençant face à un miroir... et tant pis pour ceux qui n'en ont pas!!!). Le pied gauche devient mon pied d'appui, ce qui va me permettre de soulever le pied droit pour le replacer correctement sur mon axe de "retour".

Pendant "qu'en bas" s'effectue cette manœuvre, en haut, les bras ont aussi à faire! La main droite qui était au niveau de la taille en fin de "repousser", remonte, paume vers le ciel vers la main gauche (qui était en finition, paume vers le sol, bras (pas tout à fait) tendu sur l'axe de déplacement "aller").

La main droite passe au-dessus de la main gauche, puis les deux mains se replacent, paumes face à face comme pour tenir un ballon, main droite en haut. Ce passage entre repousser le singe  (倒卷肱) et la fille de jade lance la navette  (穿梭) est très délicat et demande une bonne coordination pieds/mains!

🚀 Mais si la "fille de jade" veut pouvoir lancer sa navette en toute stabilité, il faut en passer par là!

On soulève le pied droit pour le replacer correctement par rapport à la ligne "retour" de déplacement, afin de retrouver un écartement de pieds valable... On inspire.

On soulève le pied gauche et on le replace à 45° gauche par rapport à l'axe dudit déplacement (gnurrf!!!?*^°). Pendant ce temps les mains font "rouler" le ballon, la main droite passe en bas, paume vers l'avant, la main gauche en haut, paume vers soi.

Puis tout en prenant appui sur le pied gauche, la paume de la main gauche se tourne vers l'extérieur, comme si on bloquait un coup venant de haut en bas avec son avant-bras.

La main droite "remonte" et passe de la hauteur du ventre à hauteur de poitrine pour repousser. On expire.

Le poids du corps se replace dans le pied droit, la pointe du pied gauche se "referme" pour retrouver l'axe de déplacement. Les deux mains décrivent une sorte de S, l'idée étant de dévier une attaque adverse en diagonale, main droite sur le poignet de l'autre, main gauche sur son coude, avant de saisir à nouveau le ballon, main droite en bas cette fois, main gauche en haut.

Le pied droit se libère pour se replacer à 45° à droite de l'axe de déplacement (gnurff!!!?/^* aussi). On inspire. Même mouvement à droite cette fois pour finir, main droite en haut en blocage, main gauche en poussée. On expire.

Attention:

*Conserver la forme du ballon pour faire "rouler", ne pas l'écraser (ce n'est pas un ballon de rugby!).

*La main qui bloque en haut est placée au dessus et en avant de la tête (pour ne pas se manger le coup de l'adversaire et son propre bras à la fois...).

*Pour la transition en S, imaginer que l'on dévie le bras de l'adversaire pour garder un écartement logique entre les deux mains

*Ne pas zapper les changements d'orientations, bien aller vers les côtés pour réaliser la navette, prendre le temps de bien repositionner la pointe du pied sur l'axe à chaque fois, pour ne pas avoir le corps dans une direction et le pied dans une autre, ce qui casserait l'harmonie et défierait toute logique (sans parler des genoux qui ne seront pas d'accord non plus et vous le feront comprendre douloureusement...)

Le mouvement est très fluide, très rond, très agréable, sans contraintes. La fille de jade lance la navette en douceur (ne pas confondre navette et batte de baseball...)

🏊‍♀️ La fille de jade a lancé la navette avec succès, mais... elle a perdu son aiguille au fond de la mer ! Bon, on va aller la chercher !

Le poids du corps est dans la jambe droite à la fin du mouvement précédent, on y place progressivement tout son poids afin de libérer le pied gauche qui avance d'un demi-pas. Progressivement, on "s'assoit" sur sa jambe gauche, ce qui libère... la jambe droite (bien! tout le monde suit!). Le pied droit se repose, pointé devant.

Que se passe-t-il en haut?

L'élément essentiel dans le mouvement du haut du corps reste la taille: ce ne sont pas tant les bras qui "bougent" que le haut du corps tout entier. Très souvent, la tentation est de "piquer au fond de la mer" en restant immobile au niveau de la taille, ce qui rigidifie le mouvement.

Pour plus de fluidité (et on est en pleine mer...), c'est la taille par sa torsion qui ramène les bras vers le côté gauche du corps, les mains restent assez fidèlement dans la position initiale (fin "fille de jade"). Simultanément, l'appui passe sur la jambe gauche. On inspire.

Puis au moment où le pied se pose pointé devant, on brosse avec la main droite, et la main gauche - dans un élégant mouvement de roue d'ancienne locomotive à vapeur -!!!?)- remonte légèrement du côté gauche avant de piquer vers le bas. On expire.

Attention :

*Ce n'est pas parce que l'on vise le fond de la mer, qu'il faut plonger en avant et "piquer du nez" par la même occasion. C'est juste le fond de la mer, pas les abysses!

*Le regard est dirigé vers le bas, on admire les coraux, pas ses pieds...

*Le dos reste droit: on est légèrement penché vers l'avant, dos droit. Eh oui, le dos peut être droit alors que l'on se penche... (Il n'est pas vertical: vertical signifie droit sur l'axe Terre Ciel)

*Pensez à ne pas trop rapprocher le pied arrière du pied avant dans le demi pas ce qui permet d'être plus stable dans le changement d'appuis.

Et voilà, c'est bon, on a trouvé l'aiguille au fond de la mer! Après ce gros effort, on eut bien ouvrir son éventail et se rafraichir un peu…

Shan Tong Bei   est traduit de différentes façons (pas de surprises) : Shan peut être « briller, étinceler ou esquiver », Tong signifie « passer à travers », communiquer et Bei se traduit par « bras », (bi), on trouve aussi bei, dos,  mon tout serait alors « L’éclair traverse le dos » (à ne pas confondre avec un lumbago qui se déclare !) ou « Esquiver la force avec les bras » (style Chen).  On imagine alors que l’on frappe avec la rapidité de la foudre…

Il existe en fait, en Chine, une race de singe aux bras longs qui peuvent se gratter le dos facilement (bien pratique) et que l’on nomme « Tong Bei Yuan ».

Nous (style Yang guiding) appelons cette technique, « séparer les mains comme un éventail », sans doute parce qu’on y retrouve un mouvement d’ouverture de bras similaire à un éventail qui s’ouvre… car il y a Shan bras et Shan éventail…. Bref, retenons l’image…

 

L’aiguille est trouvée, et …tout en soulevant le pied droit, les mains se rejoignent : la main gauche remonte, paume vers soi, pendant que la main droite jusqu’alors sur le côté se replace au niveau du coude de la main gauche, paume vers le coude (« l’éventail » est fermé).

Puis je pose le pied droit pour passer en pas de l’arc pendant que les mains s’écartent, « l’éventail s’ouvre », la main gauche au niveau de la tête, paume vers l’extérieur ; la main droite poussant vers l’avant au niveau de l’épaule.

Comme toujours, on peut se demander le pôrquoi de ce mouvement : il y a plusieurs possibilités. On peut, dévier et se protéger avec le bras droit et pousser ou frapper sous l’aisselle notre partenaire avec la main gauche. On peut aussi dévier et saisir une attaque de poing avec la main droite et appliquer une clé à l’aide de la main gauche au niveau du coude du partenaire. On peut…faire plein de choses plus ou moins gentilles…

Points clés :

* Ne pas lever excessivement le coude droit en dépliant l’éventail

* Bien synchroniser passage de poids du corps dans la jambe avant et utilisation de la main gauche en frappe ou poussée afin de mobiliser l’ensemble du corps et pas seulement les membres supérieurs.

* Savoir s’arrêter en finition, pour que le genou ne dépasse pas le pied !

* Conserver un écartement de hanche naturel (ne pas avoir les pieds sur la même ligne !).

* Accessoirement, respirer, cela peut être utile, en respectant la règle : préparation en inspiration, finition en expiration.

 

☁ 🌦 Après avoir repêché notre aiguille enfouie au fond de la mer et s’être aéré pour la peine à grands coups d’éventail, voilà que la météo change et que les nuages arrivent. Les nuages, ce n’est pas ça qui nous fait peur !!! On en connait un rayon (de soleil ?)

Arrivé en bout de « ligne », éventail ouvert (main droite devant, main gauche en blocage latéral, position gong bu, appui jambe droite), il est temps d’inverser la vapeur…

Et les pieds :

Le poids du corps repasse dans la jambe gauche. Le pied droit, libéré, pivote sur le talon (le pied se ferme) pour orienter la pointe du pied vers le « miroir »(c’est-à-dire qu’on se retrouve dans la position de départ), le pied gauche peut se permettre de glisser gentiment afin d’être parallèle au pied droit, (évitons la position chasse-neige qui n’est  pas du goût de tous les genoux…). Puis on va se déplacer vers la droite, ramenant le pied gauche près du pied droit (pas trop près ! Prenons garde à l’équilibre…), écartant le pied droit du pied gauche (pas trop loin ! Prenons garde au jeu du yoyo…), ramenant à nouveau le pied gauche près du pied droit. Le poids du corps va s’installer dans la jambe gauche : le pied droit reste pointé (en attendant la suite des évènements !)

Et les bras :

Au moment où le poids du corps passe dans la jambe droite, la main droite descend tranquillement pour amorcer le mouvement des nuages. La synchronisation pieds/mains est un point délicat. On peut globalement se repérer sur trois points : quand la main droite est en haut, le pied gauche est allégé ; main/pied sont sur une diagonale. Quand les pieds sont rapprochés, les mains sont au centre, droite en bas, gauche en haut. Quand je déplace le pied droit vers la droite, la main gauche est en haut… C’est pas du beau Yin Yang ça ?

Une fois /, une fois I et une fois \( ce n’est pas une histoire belge !)

Et la tête (alouette) :

Le regard suit le mouvement des mains : on suit le mouvement, pas les mains ! Si votre regard se fixe sur la main elle-même, au deuxième nuage, on perd la tête ! (et plus encore dans la 88 où il y en a 5 de suite !!!). Il s’agit d’avoir sa main « en visuel », la voir ne signifie pas la regarder, la fixer (et si on veut en lire les lignes, il vaut mieux s’arrêter…)

Accessoirement… il peut être utile de respirer (Prenons garde à ne pas devenir tout bleu…). Main droite en bas, inspirer, main droite en haut expirer…

Le mouvement reste léger, sans à-coups ni crispation des mains, et ce, même si l’on souhaite exprimer une intention martiale. Le mouvement s’appelle « les mains dans les nuages » et pas « casser le bras du débardeur des halles 💪 » (beaucoup moins poétique et aucunement céleste).

Et à présent  il ne resta qu’à  saisir la queue de l’oiseau, en voilà une idée curieuse !!!= 雀尾est selon les traductions saisir la queue de l'oiseau ou du moineau

 

🐦 Ce mouvement regroupe 4 techniques de base du Tai Ji Quan : les "4 portes" ou "4 potentiels" : Peng (parer), (tirer ou rouler vers l'arrière), Ji (presser), An (pousser).

Peng: offensif et défensif, il sert à parer, à se protéger, sert à pousser aussi: il est "expansif". C'est l'idée du ballon qui grâce à son élasticité reste solide et "plein", même si on appuie dessus pour le comprimer.
: tirer, une fois le partenaire à la limite de l'équilibre, on le déracine: il est "attractif" et relativement passif, puisque on ne fait que poursuivre le mouvement initié par le partenaire qui avance vers vous (on ne tire pas comme un malade sur le bras de son malheureux partenaire...)
Ji: se fait avec les deux mains superposées, il est proche de Peng, il sert à propulser le partenaire: on ajoute à "l'expansif" de Peng, l'"impulsif", et la main en "Peng" se voit renforcée par l'autre main pour une plus grande efficacité.

An: absorbe et utilise les paumes, poing ou pied pour pousser et déraciner le partenaire.

Nous allons donc maintenant saisir cette queue de moineau, d'abord à droite, puis à gauche.

Dès que nous sommes sortis de nos nuages…on saisit notre "ballon", main gauche en haut, puis on déroule, comme pour séparer la crinière du cheval , mais la main devant se place à l'horizontale  (et non en diagonale), puisque l'on "pare". Et PENG!
Puis la taille pivote légèrement, les mains se placent pour "tirer" en Lü. On tire en diagonale, vers le côté, pas de face, pour ne pas récupérer son partenaire, s'il était là, directement sur nos pieds… (Elémentaire, mon cher Watson !)
Puis on se replace de face, les mains se rejoignent et se positionnent pour le Ji. On part du principe que l'on "presse" à sa hauteur : nos "adversaires fictifs" sont de notre taille Cela nous permet de conserver les coudes et les épaules relâchées.

Enfin, après avoir absorbé, les mains se préparent à pousser. Et voilà, le moineau est bien attrapé à droite, il n'y a plus qu'à s'occuper de celui de gauche!


Tout a une fin!😭

 Comme dans la forme 8, on commence par "croiser" les mains en dix: nous sommes en pas de l’arc, les 2 mains devant nous...


Que se passe-t-il "en bas"?

Le pied gauche se ferme: on veut retrouver notre position initiale!

Le pied droit s'ouvre (normal! puisque le gauche se ferme...) et le poids du corps passe à droite. Afin de faire passer "naturellement" le poids du corps de l'autre côté (lequel? au secours!!! gauche, puisqu'il était à droite!), le pied droit se ferme à son tour: on prend appui sur l'intérieur du pied droit pour le replacer près du pied gauche.

Cet appui permet, Ming de rien (je sais, elle est facile, mais je n’y résiste pas), de gagner en stabilité et en confort, donc en fluidité (et vos lombaires vous remercient par avance!!!).

Enfin les pieds sont parallèles...

Que se passe-t-il "en haut"? Dans la phase "fermer le pied gauche et ouvrir le pied droit" la main gauche ne bouge pas vraiment, la main droite, elle, suit la trajectoire et va vers la droite, à l'horizontale: on se retrouve bras écartés. Et les mains (qui suivent les pieds... heureusement!) se rapprochent lorsque les pieds se rapprochent en un mouvement du "jardinier qui ramasse les feuilles d'automne". C'est la saison d'ailleurs... .Les mains se croisent "en dix". Shi: + (enfin un caractère facile à retenir!!!) signifie 10.

Durant ce passage, on évitera de regarder s'il y a des coccinelles dans les feuilles sèches, le dos restera vertical et nos jambes ne nous descendront que modestement pour nous éviter de piquer du nez vers le sol...

Et ENFIN la fermeture : on écarte lentement les mains qui étaient croisées paumes vers nous en dirigeant les paumes vers le sol, puis on baisse les mains et ...

En bas: on "remonte" en position de départ.

En haut: une fois les mains posées sur les jambes, devant, on les laisse glisser sur les côtés pour retrouver leur position de départ. On rapproche les pieds et.... la vie reprend son cours! (Mais pas trop vite....)

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
19 novembre 2022 6 19 /11 /novembre /2022 14:25

 

"Lorsque l'on se cogne la tête sur un pot
et que cela sonne creux,
ce n'est pas forcément le pot qui est vide"
Confucius

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
19 novembre 2022 6 19 /11 /novembre /2022 14:09
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Qui sait si ce proverbe ne nous vient pas finalement de Chine? 

En Tai Ji Quan on ne va jamais assez lentement. C'est la règle n°1.

Pensez à/sentez  ce que votre corps est en train de faire, ne laissez pas votre esprit errer, oubliez ce que votre corps a fait, n'anticipez pas sur ce qu'il va faire. Prenez le temps de ressentir ce que vous faites. Profitez...

Cette lenteur permet un meilleur contrôle du corps, de l'équilibre, on prend le temps de poser le pied, de dérouler le pied avant de prendre appui sur le pied... tranquille.

"Tout est dans les pieds" (proverbe de Xiao Long!), ils doivent être posés au bon endroit, au bon moment et recevoir le poids du corps ou au contraire s'alléger au bon moment: ils sont nos racines. Et si les racines ne sont pas bien ancrées dans le sol... Aïe! (ou paf!)

On ne force pas, on est détendu.

Observez-vous de haut en bas (essayez maintenant, en lisant cet article...): la mâchoire est-elle crispée? La nuque est-elle relâchée? Pourquoi vos épaules sont-elles si proches de vos oreilles? Les doigts sont-ils naturels ou bloqués? Bon, c'est vrai qu'il n'est pas toujours facile d'être l'image même de la « zénitude » quand on apprend un enchaînement: les neurones travaillent dur et la fumée sort parfois des oreilles! Mais dès que l'on tient le mouvement, il faut se laisser aller en gardant à l’esprit qu’il n’y a aucune recherche de performance.

D'un autre côté, il ne faut pas non plus se ramollir complètement!

Xiao Long a écouté son maitre et, comme lu, dit toujours que le Tai ji quan, c'est la version économique, le « diesel » des arts martiaux chinois: on travaille avec le minimum de tonus,  juste ce qu'il faut pour que le mouvement ait un contenu. Ce n'est pas du café lyophilisé pas besoin d'en rajouter pour donner du goût! Ce n’est pas du déca, ni un double expresso… mais un bon café bien équilibré.

L'intention n'est pas dans la raideur. Notre quête, c'est la force tranquille... l'interne...

L'esprit est calme, la respiration est calme, le mouvement est lent, le Qi circule harmonieusement dans tout le corps...

On le sait, le Tai Ji Quan n’est pas une activité speedante ! Les affairés et autres fourmis pressées d’engranger et d’arriver au but ne peuvent qu’en être déçus.

Si je vous dis donc, qu’il faut savoir prendre le temps de s’asseoir en exécutant votre forme, vous n’en serez aucunement étonné ! Mais attention, il ne s’agit pas de faire une pause (bien méritée pourtant, je n’en doute pas !), de prendre un siège confortable et de siroter un bon petit thé en dégustant de bons petits gâteaux…

Non, nous sommes dans l’action pure : il faut s’asseoir… en avançant.

Ici, on s’assoit –sans chaise- dans le vide… ce qui nous permet d’avoir le dos plus droit, les genoux plus souples, donc une meilleure amplitude de mouvement. La colonne vertébrale se redresse, le bassin se place de façon que les tensions dorsolombaire soient réduites et que les lordoses (lombaire et cervicale) s’adoucissent.

On cherche à gommer les cambrures mais en finesse, sans rétroversion complète du bassin. La tête « colle » au ciel, le coccyx « colle » à la terre.

S’asseoir, c’est s’ancrer et c’est un « ralentisseur », car c’est grâce à la lenteur que l’on peut passer par cette posture.

Si on prend le temps de passer par (pas d’y rester une heure non plus, ce serait casser la fluidité du déplacement) cette étape, la respiration, les mouvements deviennent plus amples, plus lents encore, la coordination haut/bas est meilleure. On a toujours tendance à se projeter en avant un peu trop « vite » et à oublier que notre corps « ballon » oscille entre deux pôles, comme si un élastique nous tirait vers l’arrière, alors qu’un autre nous amène en avant.

 

PHOTO Xiao Long

Être assis : c’est un « stabilisateur », comme les petites roues des vélos pour les enfants ! Voilà un bon moyen de gagner des points en équilibre, en particulier dans les postures de « la grue » (qui du même coup peut se permettre de déployer ses ailes en toute sérénité), du « pipa » ou du « repousser de singe » (moins malheureux d’avoir à reculer sans rétroviseur).

 

Bref... il n’y a que des avantages à évoluer en lenteur et à prendre le temps de s’asseoir, position du corps plus agréable, rythme tranquille, coordination plus fine, meilleur équilibre... En prime, cela renforce la musculature de nos petites jambes…

Personne ne dit que cela est facile. Mais pour vous récompenser de ces efforts, vous pourrez toujours vous laisser tomber dans un bon vieux canapé moelleux au retour de votre pratique !

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 14:03

 

Il vaut mieux réparer ses fenêtres

avant que la pluie ne survienne...

 

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 14:00

 

Il existe un nombre faramineux de formes, de styles, d’écoles de Tai Ji Quan.

Rien que dans notre style « officiel, » il y a la forme 8 mouvements, la 16, la 24, la 88 sans parler des deux formes 48 et 42 (même si elles ne sont pas du Yang « pur sucre », elles font partie du package !) et une dernière née, la 26. Alors, si on y ajoute une ou deux cuillérées d’épée (18 et 32 par exemple sans parler de la 42 ni de la « new classic »), une pincée de sabre (13 postures), deux ou trois feuilles d’éventail et qu’on touille tout ça avec une petite lance ou un bâton… on a bien de quoi occuper une vie et même plusieurs !!!

Il ne faut pas cependant, et même si cela est tentant, succomber à la collectionnite aigüe…

C’est une maladie qui se répand assez facilement par contact (« Tu as vu, eux là-bas, ils connaissent celle-là et nous non, allez, il faut qu’on s’y mette ! ») et même au seul visuel (« Wouah, elle est vraiment intéressante cette forme, il faut absolument que je l’apprenne ! »). Il ne faut pas sous estimer non plus la dérive de la collectionnite qui peut facilement dégénérer en melonnite chronique (« Ouais ! Moi, je connais plein de formes, et plein de styles aussi- et pas toi, et paf !")

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Xiao Long connait la collectionnite (il en a été atteint comme tous les enthousiastes !) et il vous rassure : elle n’est pas incurable, si on prends le temps de s'arrêter cinq minutes et si on est (… devient) raisonnable.

Voilà le mot lâché ! Le temps…

 Car,  accumuler simplement des formes comme on pose des timbres de couleurs dans un album, ce n’est pas si compliqué avec un peu de mémoire. Mais, il est frustrant souvent d’apprendre une forme puis de devoir l’oublier aussi sec pour en apprendre une autre que l’on aura  pas le temps d’approfondir avant de passer … à la suivante !

Alors, si on souhaite progresser en douceur, sans torturer ses neurones, sans faire exploser son planning, l’apprentissage d’une forme peut s’envisager selon ces étapes :

Apprendre une forme :

Une bonne mémoire visuelle, une belle régularité dans la pratique et un peu d’huile de coude sont suffisants pour apprendre une forme. Cette phase peut durer plus ou moins longtemps, nous ne bénéficions pas tous des mêmes facilités d’imitation. Gérer le corps dans l’espace, coordonner, demande un réel travail de concentration. Chacun doit prendre son temps, ne rien bousculer : il n’est pas raisonnable de vouloir poser le toit de la maison s’il manque un pan de mur ! Il faut avancer à son rythme propre sans se décourager.

Et on est content à chaque « pas » réussi ! Car tant que l’on se pose des questions sur le mouvement qui va suivre, (« C’est lequel déjà ? », « Comment j’avance là ? Zut, c’est quel pied ? », « Mince ! C’est le bug complet : Qu’est-ce que je fais après ! »). Enfin, le niveau 1 est atteint, les pièges sont déjoués et on sort des oubliettes !

    Connaitre une forme :

Une fois mémorisée, la forme est connue, « en surface ». On sort des geôles, le châtelain nous libère !  C’est un peu comme une « récitation » par cœur : elle est encore « légère », un peu « coquille vide ». Mais on apprécie déjà de ne plus avoir à froncer le sourcil en permanence et on a le sentiment d’avoir réussi quelque chose. La phase digestive s’annonce bien…

 Approfondir une forme :

Voilà qui commence à devenir très intéressant ! Il n’y a plus de question réelle sur l’enchainement proprement dit… et une foule d’autres choses surgissent. On se sent bien en faisant cette forme, mais la tête reste active et on peut commencer à « remplir » vraiment la coquille…

 

On détecte alors les mouvements où l’on n’est pas 100% à l’aise et on cherche l’origine jusqu’à trouver la respiration juste, la bonne position du corps, la finition juste…

On sort la loupe et on peaufine : quelle est/sont la/les  finalité(s) martiale(s) de ce passage, est ce que mon mouvement est cohérent avec ces interprétations ? On envisage aussi le point de vue énergétique, cet insaisissable, on « s’écoute », on affine les sensations… Bref, on creuse ! On ne creuse pas tous pareil, ni dans la même direction… peu importe, ce qui compte c’est de creuser… Et on atteint le niveau 4, le donjon !

 

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S’approprier une forme :

On a bien gratté et on commence à personnaliser « sa » forme. On a fait des choix dans les réponses à nos questions et on va opter pour ce qui « nous » parle le plus. Voilà ce qui explique les différences de réalisation d’une même forme, chacun s’y investit et donne un accent particulier à la forme… et quoiqu’on en dise, c’est bien.

Cela ne signifie pas que tout est fini : il faut savoir retourner vers les fondamentaux régulièrement pour éviter d’aller trop loin et « dé-former » les mouvements, il faut prendre le temps toujours et encore de vérifier la cohérence martiale et énergétique de ce que l’on s’est approprié. Nous voilà dans l’escalier à vis (sans fin) qui monte vers le sommet du donjon !

 Apprécier, profiter du travail accompli.

Il n’empêche qu’on peut s’arrêter tranquillement (à chaque meurtrière !) et admirer le paysage : on est de mieux en mieux et on ne va pas bouder notre plaisir ! Bref, c’est le nirvana du pratiquant, il ne réfléchit plus… il ressent, il flotte ! (Non, il n’a pas mis la main sur une des plantations de l’herboriste !).

 

Attention cependant à l’ivresse des sommets !

Il faut accepter que les autres, partis dans d’autres directions, s’épanouissent aussi et ne pas vouloir imposer son propre chemin en pensant qu’il n’y en a qu’un et que c’est uniquement celui-là le bon !

Humilité et ouverture d’esprit restent les qualités fondamentales du pratiquant qui gravit les marches de cette tour (pas infernale du tout !).

Et une petite table ronde de temps  en temps avec les autres chevaliers permet d’échanger les idées et les expériences…

Et on s’aperçoit alors que l’on est encore un tooooout petit dragon qui a bien des choses à apprendre… et c’est tant mieux ! !!

 

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 13:33

 

Quand la bécassine et la palourde se querellent,

c'est le pêcheur qui emporte la mise...

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 13:30

! dāo!

 

Le sabre fait partie des 4 armes de base avec la lance, l’épée et le bâton.

 

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Encore une arme que l'on peut utiliser dans la pratique du Tai Ji. Ce qui distingue le sabre de l'épée, dont nous avons déjà parlé, c'est le fait qu'il ne possède qu'un seul tranchant.

C’est une arme qui s’utilise de « haut », dans la cavalerie par exemple, c’est l’arme idéale pour dégager le terrain ! On la porte sur le dos dans son fourreau, ce qui permet de dégainer rapidement d’une main tout en restant en mouvement sur son cheval. Plus efficace encore, le grand sabre chinois, dàdāo !

Les techniques en tiennent comptent. On peut poser la main sur le dos de la lame pour renforcer certains blocages  par exemple, ou saisir la lame pour désarmer l'adversaire...

Il utilise 5 mouvements, liés aux 5 éléments: taille, estoc, contre, tournoiement, blocage.

Il combine 7 manœuvres: Tang (fendre), Pi (couper de haut en bas), Kan (couper), Mo (frotter), Chan (ouvrir), Tiao (crocheter), To (hacher!!! Là ça fait mal…).

Le sabre a un dos, un tranchant, une pointe, un plat de lame, une tête, une garde, une poignée.

Plus solide que l'épée, le sabre traditionnel est légèrement courbe avec une tête élargie, mais il en existe à lame droite aussi.

Le sabre est présenté comme une arme moins "noble" que l'épée, c'est l'arme du soldat, du champ de bataille, facile à dégainer et qui permet de dégager l'espace autour de soi.

La divinité attachée au sabre est le Dieu des batailles Zang Er, et le terme Dao Bing (sabre-arme) désigne aussi la guerre en général.

C'est une arme "yang", c'est l'avant bras qui travaille (pour l'épée, arme "yin", c'est le poignet). Il correspond à l'élément "métal". 

 

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Les plus anciennes pièces retrouvées étaient en bois dur, il en existait de plus petite taille, en jade ou en pierre.

 La légende dit que le sabre a été inventé par Sui Jen Shi, le second des empereurs mythiques de la Chine, puis amélioré par Huang Di. Le premier aurait forgé un sabre en or (efficace ?) , le second en bronze.  Puis, apparut le sabre en fer (Royaumes combattants) puis, sous les Song, il prit cette forme "en feuille de saule" (Liu Ye Dao) et gagna en solidité.

Sous les Ming, on fait la différence entre les sabres "civils" moins lourds, plus courts, sans fourreau et les sabres "militaires" en acier trempé, avec fourreau de cuir ou de bois. Les types de sabres se multiplient ( on en compte au moins 18!) et, rien que pour la beauté des noms, il y eut, le sabre en "plume d'oie" ( c’est bien douillet ça, les plumes d’oie !) , en "tête de démon", le sabre "aux neufs crocs", "aux trois anneaux", en "oreille de buffle", "papillon cantonnais", "nouille" (!, je n'invente rien... c'est un sabre très souple, à lame très mince qui tranche comme un rasoir… ), en "ailes de libellule"...

Il faut remarquer que pour nous, le sabre est moins « utilisé » que l’épée, sans doute les films de cape et d’épée européens y sont-ils pour quelque chose ? L’épée transperce et … c’est la fin du méchant !Sans doute aussi sommes nous imprégnés des traditions anciennes, romaines par exemple (le glaive court romain ? l’épée gauloise ?)

En Asie, au Japon par exemple, c’est le sabre, c’est-à-dire la lame à un seul tranchant qui est traditionnelle, le katana, le wakizachi, le tantô sont des sabres.

Voilà quelques informations sur cette arme que certains viennent de découvrir. Il y aurait encore beaucoup à dire... mais ce sera pour plus tard!

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Published by Xiao Long - dans TAI JI QUAN
29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 13:50

 

 

Même une horloge arrêtée

donne l'heure exacte

deux fois par jour...

 

 

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Published by Xiao Long - dans PROVERBES
29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 13:43
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Un peu de couleur dans notre grisaille : le rouge ! Cette belle couleur feu qui réchauffe…

En Chine, le rouge (hóng) est symbole de la vie, du bonheur.  Elle est reliée à l'élément "Feu", au Sud, au cœur... Elle est yang.

 Cette tradition du rouge remonte à bien longtemps :

Le rouge apparait très tôt dans la vie quotidienne impériale. Cette couleur pour le moins voyante met bien en valeur ce qui est important…Il est alors évident que si  on occupe une haute position, le rouge est de rigueur... Nous n’allons pas faire un grand cours d’histoire, mais si l’on regarde dans les dernières dynasties, la dynastie des Ming, par exemple, le rouge était une couleur largement utilisée sur les constructions, les objets et les vêtements.

Pour le peuple (qui lui, n’avait pas droit au rouge sinon), le rouge était essentiellement la couleur des activités festives importantes, véhiculant cette idée de joie et de porte-bohneur.

De nombreuses expressions utilisent également la référence au rouge : Par exemple, lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il a le visage rouge, le cœur rouge, c’est qu’il est un modèle pour tous, car le rouge symbolise la fidélité. Dans l'opéra de Pékin, les maquillages sont très typés et chacun a une couleur dominante et un sens particulier. Le rouge  symbolise la droiture, la loyauté, la sincérité et le courage! Que de belles qualités...

 

 Selon la vision antique chinoise, toutes les choses  de tous les domaines relèvent de cinq mouvements (métal, bois, eau, feu, terre) représentés souvent sur une "étoile" à cinq couleurs : blanc, vert, noir, rouge et jaune. Les empereurs, afin de s'assurer un beau et long règne,  demandaient au Ministère des Rites de déterminer quel serait le mouvement dominant de leur dynastie. La couleur  correspondante serait adoptée et marquerait leur règne, ce qui ne manquerait pas de rendre le Ciel favorable et ne pouvait être que de bon augure. On peu supposer qu’il valait mieux tomber juste , pour celui qui lançait cette prédiction… (L'empereur aurait pu se fâcher... tout rouge?)

C’est ainsi que sous les Ming (1368 – 1644), le rouge fut respecté plus de 270 ans ! (Et tant pis pour ceux qui n’appréciaient pas cette couleur !) Les VIP impériales arboraient donc le rouge : chars rouges,  décorations rouges … (L’or et le jaune ne remplacèrent le rouge que plus tard).

Les bâtiments revêtent également cette couleur : Les nobles recouvraient leur porte de laque rouge. Cette  la porte rouge  est devenue le symbole de richesse et de pouvoir. Certains- ne voulant pas sans doute être en reste- laquaient l’intégralité de leur maison en rouge, Ces pavillons rouges sont très présents dans  la littérature chinoises.

Le grand classique : « Le Rêve dans le pavillon rouge » de Cao Xueqin en est un (le !) magnifique exemple. Si vous aimez lire, c'est l'ouvrage idéal, c'est certainement un des plus longs romans connus (120 récits et quelques 400 personnages... on peut s'y perdre un peu...)

Les poèmes écrits sous les dynasties des Tang et des Song n’y résistent pas non plus, voilà du romantisme à l’état pur : une belle jeune fille qui soupire, un beau pavillon rouge,  des saules doucement bercés par le vent, une pièce d’eau  dans un jardin… le cadre idéal pour rêver…

Dans les histoires d’amour chinoises d’ailleurs, le mouchoir rouge était très populaire. Souvent l'histoire d’amour classique commençait par un mouchoir perdu volontairement par une jeune fille et finissait par des noces bien sûr!  Les poètes décrivaient volontiers dans leurs poèmes le mouchoir rouge qui était un traditionnel témoignage d'amour.

Aujourd’hui, avec les mouchoirs en papiers, on y perd un peu… Mais, les mariages, ou les fêtes traditionnelles, surtout la fête du Printemps, sont inondés de rouge.

On s’amuse sous les lampions rouges, les décorations sont rouges, des éclats de pétard rouge jonchent le sol : le rouge est symbole de fête, de joie, de retrouvailles entre amis et membres de la famille.

La distribution d’étrennes au jour de l’an se fait dans des enveloppes rouges. Traditionnellement, ces enveloppes étaient distribuées par les aînés aux enfants et aux jeunes non encore mariés, et avaient surtout la valeur symbolique de porter chance durant toute la nouvelle année.

 

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Aujourd’hui, le mariage typiquement chinois existe encore, même s’il existe des mariées qui choisissent des robes occidentales blanches, et font des séries de photos dans cette tenue, un grand nombre d’entre elles portent encore la qí páo rouge, et les mariés épinglent une fleur rouge à leurs habits de cérémonie.

Les grands caractères rouges du « double bonheur », et les inscriptions parallèles, dédiées à la noce sont toujours populaires. Et les  grosses et belles voitures se parent de ballons rouges, et l’argent offert aux mariés se présente encore dans une enveloppe rouge (hóng bāo)…

 

Le rouge est toujours positif, même pour les entreprises : Lorsqu’on y partage des profits, la cérémonie est dénommée " fēn hóng ", qui signifie "partager le rouge"! Si quelqu'un est très apprécié par son patron, on l'appelle " hóng rén ", "personne rouge.

Au niveau psychologique le rouge représente la joie de vivre, l’optimisme, la passion! ... On s’en doutait un peu !

Donc, le rouge n’a pas fini de régner en maitre ! D'ailleurs, c'est peut-être le moment d'équiper votre épée d'un pompon rouge?

 

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Published by Xiao Long - dans SYMBOLES

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 Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.

Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.

https://www.taijiqigongevreux.com/

 

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